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Totalement ignorés par les médias québécois, des indignés en France sortent depuis 3 nuits intitulées initialement « Le 31 mars, on ne rentre pas chez nous » ou sur Twitter #NuitDeboutParis. Source : Le Monde, 01-04-16. Voir ici

Des centaines de personnes se sont réunies en assemblée générale, place de la République à Paris,  hier soir vendredi 1er avril 2016, pour la deuxième soirée d’affilée, #Nuit Debout.

Dans le sillage des Indignés espagnols de Podemos, d’Occupy Wall Street (ici localement : Occupons Montréal) ou du printemps arabe, le collectif improvisé Convergence des luttes (1), dont de nombreux étudiants en grève, a appelé sur les réseaux sociaux à une «Nuit debout. On ne rentre pas chez nous». Ils manifestent depuis 3 nuits pour contester une loi libéralisant le Code du travail français en diminuant notamment le filet social. Cette loi veut notamment favoriser les ententes locales avec les employeurs, ce qui pourra affaiblir encore davantage les travailleurs précaires et les jeunes avec de nouvelles mesures visant par exemple à diminuer le salaire des heures supplémentaires et visant à affaiblir les syndicats (VOIR ICI)  (2). En même temps, des discussions sur le système capitalisme et le sauvetage des banques ont lieu.

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Nuit Debout du 31 mars 2016. Crédit photo : Revelli-Beaumont/SIPA

Des manifestations ont aussi donné lieu à des échauffourées avec la police… avec la technique de répression de la «souricière» contre des manifestants pourtant pacifiques, comme nous l’avons vu qu’à l’écœurement pendant le Printemps érable ici au Québec en 2012 et après. À noter aux nouvelles de France1 ce pm qu’un policier qui a manifestement abusé de ses forces dans une de ces manifestations contre la loi Travail la semaine dernière en frappant un lycéen (3), vient d’être retiré de ses fonctions pendant l’enquête. Il peut être passible de trois ans de prison.

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En parallèle, et à la suite des attentats de Paris de novembre dernier, cette nuit (2-3 avril), la mairesse de Paris (les Français disent « maire » pour une femme…) Anne Hidalgo invitait à la discussion et à la réflexion publique dans la rue et autres lieux publics. (4)

Pour approfondir la réflexion, voir aussi l’économiste du CNRS Frédéric Lordon qui parle de la «violence néolibérale» de la nouvelle loi Travail :

La fin du discours de Lordon est-elle surprenante pour vous ?

Oui et non pour moi : axée sur une philosophie nihiliste de la catastrophe, est-ce vraiment le seul moyen pour sortir de l’impasse politique-économique-sociale ? Oui c’est surprenant, car il s’agit d’une approche destructrice et pour laquelle on a assez peu conscience des conséquences sur nos vies; non pas très surprenant, car on entend de plus en plus souvent, au Québec aussi, cet appel désespéré, en particulier chez les jeunes dans la 20taine et la 30taine ne voyant pas d’issues, dans un ras-le-bol.

Comme je l’ai exprimé maintes fois sur ce blogue, en appeler d’une prise de pouvoir par un nouveau groupe ne changera rien sur le fond. Même les meilleurs intentionnés reviendront vite aux mêmes mauvaises habitudes du pouvoir : les mêmes travers personnels amèneront aux mêmes résultats. Il faut aussi et surtout chercher dans l’âme humaine : qu’est-ce qui amène les gens à voter de telles lois, à taper gratuitement sur des manifestants, à voler l’argent des épargnants dans les banques grâce à une économie spéculative, etc., etc., etc. ? Qu’est-ce qui amène l’humain, une fois «arrivé» à son petit pouvoir, à agir comme cela ? Et vous et moi, dans nos relations humaines de tous les jours?

Tant qu’une masse critique de personnes n’aura pas trouvé/compris clairement des réponses communes à ces questions, nous serons condamnés à tourner en rond comme des rats en cage, en pensant qu’un simple changement de gouvernement apportera une meilleure vie collective. À mon humble avis, une autre rÉvolution est à faire : celle de tenir compte de ces travers inéluctables des comportements humains dans une autre structure politique et économique à échelle humaine et se rappeler que les sciences économiques sont d’abord et avant tout une science humaine… C’est aussi cela le message d’Occupy.

Cette réflexion sur la nature humaine en politique a pris progressivement forme au XXe siècle en Asie. Dans le message de communication non violente de Gandhi et plus récemment dans le message de Aung San Suu Kyi, alors qu’elle était en détention surveillée au Myanmar (Birmanie), mais aussi dans la vieille philosophie millénaire chinoise taoïste.

« La révolution est essentiellement celle de l’esprit. » « La vraie liberté, c’est de ne pas vivre dans la peur.» Aung San Suu Kyi

« Les révolutions politiques sont chose excessivement grave. On ne doit les engager qu’en cas d’extrême nécessité, quand il ne reste plus d’autre issue. Tout le monde n’est pas appelé à une telle action, mais seulement celui qui a la confiance du peuple, et il ne l’entreprendra que si les temps sont mûrs. Il faut dans une telle affaire procéder de la façon correcte de manière à réjouir le peuple et à éviter les excès en l’éclairant. On doit en outre demeurer exempt de toute visée égoïste et venir réellement en aide aux besoins du peuple.» Yi King. Le livre des transformations (trad. De Étienne Perrot)

Nuit Debout_ Occupons_nouvelle-nuit-debout-place-de-la-republique-paris_2-04-16

3e Nuit debout du «33 mars» 2016

 

Voir aussi le blogue «Les indignés du Québec» au https://lesindignesduquebec.wordpress.com/2016/04/02/les-indignes-de-france-feront-ils-tomber-le-gouvernement/

3 avril

Selon le journaliste Pierre Tremblay, du média alternatif québécois Ricochet, le groupe Nuit Debout-Convergences des luttes est «associé à l’organisation altermondialiste ATTAC, l’association DAL («Droit au logement») et le syndicat français Sud-PTT.» https://ricochet.media/fr/1057/nuit-debout-symbole-de-lindignation-francaise

Inspirés par le carré rouge québécois en feutrine et 2005 et 2012, le symbole est devenu un rectangle rouge, comme la forme du livre du code civil dont les participants dénoncent la réforme.

Le scandale des paradis fiscaux Panama papers, dévoilé par un consortium international de journalistes d’enquête (ICIJ – dont au Canada CBC/Radio-Canada et le Toronto Star) sort. http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/467197/panama-papers?utm_source=infolettre-2016-04-04&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Les riches et les puissants de ce monde, dont des banques et des hauts dirigeants de divers pays (sauf aux États-Unis ?!?) y sont notamment dénoncés. Cela donne encore plus de crédibilité aux économistes ou mouvements comme ATTAC,  Occupy et maintenant Nuit Debout qui dénoncent ce genre d’activités financières à l’abri des impôts pendant que le peuple souffre notamment des politiques d’austérité et de coupures budgétaires, de lutte au déficit et de lois qui l’appauvrissent toujours plus partout dans le monde !

les panama papers

Au Canada, ce scandale des panama papers qui vient de sortir, révèle que la «Banque Royale du Canada (RBC), [qui] aurait créé plus de 370 sociétés-écrans, surtout au Panama et aux îles Vierges britanniques.» (Le Devoir). Au Québec, seules les coopératives bancaires des Caisses Desjardins n’ont aucun actif dans les paradis fiscaux. Je viens d’entendre dans une entrevue un économiste à Radio-Canada : il disait que le Québec perd 3.5 milliards de dollars par année en revenus dans les paradis fiscaux ! À ce jour, le consortium ICIJ a dénombré pas moins de 109 entreprises québécoises qui placent leur argent dans les paradis fiscaux. Un journaliste économique réputé de la SRC a dit qu’entre le placement légal et illégal, la ligne est mince. Une fois placés légalement leurs avoirs, des entreprises «oublient» de les déclarer à leur pays d’origine et négligent de payer les impôts qui devraient revenir au peuple pour des services sociaux de meilleure qualité.

Combien de milliards, pendant toutes ces années, nous ont-il échappés ainsi ? Pas étonnant de voir le système d’éducation, de santé et autres se détériorer si rapidement et à ce point ! Et pendant ce temps, ces services se privatisent, les entreprises sont doublement «gagnantes»… sans réaliser qu’elle finiront par tout perdre quand elles finiront pas faire faillite quand la grogne populaire éclatera vraiment ! Pas besoin d’être devin ou docteur en sociologie pour voir que nous sommes très près de ce point de non retour si des mesures très sérieuses ne sont pas prises par nos gouvernements (en partie eux-mêmes corrompus par ces mêmes intérêts avec le trafic d’influence et le financement illégal des entreprises…)  pour récupérer l’argent volé au peuple !

Sur les effets de ces opérations d’avarice, voir https://www.youtube.com/watch?v=F6XnH_OnpO0

8 avril

Le mouvement continu et s’élargit ! Voir les commentaires.

16 avril

J’entends des versions contradictoires. M. Seymour, prof à l’UdeM, dit que le mouvement a duré 10 jours et touché 60 villes françaises. Il ne dit pas qu’il a touché quelques villes européennes aussi. Puis j’entends le soir une entrevue avec un militant qui commence sa 1re journée de Nuit Debout à Bayonne en France, dans une émission d’information de Radio-Canada. Vraisemblablement la 2e version est plus exacte, mais je n’ai pas le temps de vérifier maintenant. À suivre… La bonne nouvelle est que les médias traditionnels commencent ici à s’y intéresser 2 semaines plus tard…

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(1) http://www.convergence-des-luttes.org/

(2) http://www.lemonde.fr/videos/video/2016/04/02/la-loi-travail-expliquee-en-patates_4894397_1669088.html

(3) http://www.lemonde.fr/societe/video/2016/03/24/manifestations-contre-la-loi-el-khomri-un-lyceen-violemment-frappe-par-la-police-l-igpn-saisie_4889756_3224.html

(4) http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/03/25/a-paris-hidalgo-veut-refaire-le-monde-la-nuit_4890357_823448.html

 

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Montréal, aux abords du métro Mt-Royal, 27 septembre ’14.

La tricoteuse du peuple au métro Mt-Royal, Montréal, sept. 2014, pendant les Journées de la culture. Crédit photo: Laurent Dansereau

Montréal, Plateau Mt-Royal, aux abords du métro. Il fait spécialement chaud et beau, bien sûr, les gens sont de très bonne humeur. En même temps, il y a un musicien et il y a deux comédiennes qui lisent du Michel Tremblay un peu plus loin ainsi qu’un mini groupe de manifestants au sujet des trainées suspectes très polluantes de petits avions supposés induire le climat. Belle ambiance culturelle sur la Place!

La tricoteuse du peuple enseigne à un garçon, métro Mt-Royal, Montréal, sept. 2014

La tricoteuse du peuple enseigne à un garçon, métro Mt-Royal, Montréal, sept. 2014. Crédit photo: Laurent Dansereau

À peine arrivée, je n’ai pas le temps de me faire mon « masque » de laine… qui sera très léger aujourd’hui vu la chaleur, que déjà des curieux et surtout des curieuses (peu d’hommes viennent tricoter aujourd’hui) m’approchent pour me demander ce que je fais, c’est quoi le Tricot du peuple, annoncé sur mon affiche par terre. Il y a les vraies tricoteuses qui me montrent des points en me donnant de bonnes adresses pour la laine ou de réseau social comme Ravelry, tout en échangeant sur le sort du monde. Il y a une maman (sur la photo) qui est venue spécialement avec ses enfants, car elle avait beaucoup aimé l’activité d’un groupe de tricot-graffiti, Les Villes-Laines, à l’école de ses enfants. Il y a cette dame et son mari qui me raconte sa vie. Une chinoise accompagnée par son mari francophone, mais qui ne parle pas français et avec qui j’essaie de converser en anglais, mais elle préfère se concentrer sur le tricot, alors je la laisse; une femme voilée qui veut faire tricoter sa fille très timide. Il y a ce jeune homme qui veut apprendre comment tricoter et insiste pour me donner des carottes avant de partir quand je lui dis que je n’ai pas encore diné, ou cet artiste-peintre qui arrive d’une perfo dans le cadre aussi des Journées de la culture et qui a envie de partager et plusieurs autres. Deux heures debout en bougeant peu, en plein soleil chaud, à converser et à montrer à tricoter, c’est une discrète performance pour moi, mais quand même qui me rentre dans le corps après; surtout, je raffine l’art de la conversation. Je me trouve meilleure, depuis le temps -depuis mes débuts en 2012, j’ai refait cette perfo 10 ou 15 fois dans différents contextes, le plus souvent dans le cadre de manifs et événements sociopolitiques. Aujourd’hui le thème qui ressort tourne autour du geste de donner/recevoir : plusieurs personnes l’ont soulevé d’elle-même, sans que je le suggère.

Affiche du Tricot du peuple, Montréal, sept. 2014

Affiche du Tricot du peuple, Montréal, sept. 2014. Crédit photo: Laurent Dansereau

La tricoteuse du peuple discute avec une participante, Montréal, sept. 2014. Crédit photo: Anatoly Orlovsky

Le lendemain, aux abords du métro de l’Église à Verdun, près de chez moi cette fois, du jeune homme engagé qui me parle de son souvenir du printemps érable qui reste mémorable et gravé à jamais dans son cœur, aux personnes âgées, plus nombreuses dans ce quartier, à une jeune femme d’origine indienne, j’ai des conversations particulièrement passionnantes : je n’en reviens toujours pas de la sagesse du peuple. Les gens très isolés par la vie urbaine et contemporaine ont besoin de parler et ne dédaignent pas un brin de philosophie sociale. Mais surtout aujourd’hui plus que les autres fois : les gens s’ouvrent immédiatement à moi. Les personnes conversent entre elles, si bien que nous finissons par former un miniclub social au coin de la rue, car il y a des bancs, mobilier urbain essentiel pour les rencontres de voisinage autant que pour le repos des passants. À quelque distance, un homme parle en anglais de moi et de mon tricoteur sur son cellulaire,  et ne tarit pas d’éloges, il décrit en détail mon costume et sa couleur (safran), comme étant la couleur des bouddhistes. J’ai l’impression d’être un personnage de film. Il ne sait pas qu’on entend presque tout son échange… À un moment, mon tricoteur me dit : il parle de vous. Alors je me tourne vers l’homme et je lui dis avec un large sourire : nous vous entendons! Je lui fais signe avec un tricot dans les mains de se joindre à nous. Interloqué, il me fait signe que non, continue quelques mots au téléphone puis s’éloigne en parlant… malheureusement. Mon tricoteur expert, un homme de 75 ans me raconte que son frère est mourant et qu’il est son exécuteur testamentaire, avec plusieurs tableaux de grands peintres chez lui et que cela lui pèse. Une femme plus âgée encore nous raconte son combat pour se faire respecter par le personnel soignant, considérant que leur méthode de bandage de sa jambe n’est pas adéquate. Elle nous montre sa jambe… vraiment très enflée et un grand oh! sort de nous. Elle nous dit « c’est mon corps après tout! Alors maintenant je fais à ma façon ». Difficile de croire qu’une jambe puisse être enflée à ce point et qu’elle puisse encore marcher! Quand même un peu inquiète, je lui demande pendant combien de temps ils ont mis des bandages et elle me répond : 2 ans!

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Ève Marie, la tricoteuse du peuple, sept. 2014. Crédit photo: Anatoly Orlovsky

Je constate, plus que jamais avec mon costume, mon maquillage coloré et soutenu et mon masque, que je projette sur les gens l’archétype de l’artiste, voire du clown (comme me l’a fait remarquer une amie) : cela met les gens immédiatement en confiance et je sais mieux comment la développer par mon écoute attentive, mes commentaires ou questions appropriés. Aujourd’hui et hier un peu aussi, on me parle surtout de paix. Ma nouvelle approche est de demander comment elles font pour appliquer ceci ou cela tous les jours dans leur vie quotidienne… Vaste sujet!

Les tricots du peuple, détails, 2014

Les tricots du peuple, détails, 2014. Crédit photo : Laurent Dansereau

Les tricots avancent très lentement à coups de quelques mailles à quelques rangs à chaque fois par les passants. Sont encore en cours les deux tricots d’origine, rendus à environ 75 X 40 cm. L’un est rouge (+ un peu de jaune), couleur du mouvement des carrés rouges de 2012 et l’autre est jaune (+ un peu plus de rouge), couleur du mouvement Occupons/Occupy de 2011.  Les deux couleurs mélangées symbolisent l’union et la relation qu’il y a eu entre les deux mouvements. Quelquefois, je tricote quand il n’y a personne qui vient ou lorsque la personne renonce à tricoter et préfère seulement me parler. Mais ils sont presque entièrement tricotés par des passants ou des participant.e.s à des actions sociopolitiques. Je dis aux gens : ces tricots dégagent une très bonne énergie, mais la plupart du temps, ce sont les gens qui me le disent spontanément. Un 3e tricot est terminé, il a été fait par ma cousine Julie-Élaine Roy (militante bien connue des Sourds et malentendants du Québec, initiatrice avec Raymond Dewar er Paul Bourcier de la langue des signes québécoise LSQ) pendant le printemps étudiant de 2012, alors qu’elle ne pouvait pas sortir pour prendre part aux manifestations devenues mouvement social. C’était sa façon à elle, me dit-elle, d’y participer, d’encourager le mouvement et de canaliser son indignation devant la réaction politique du gouvernement et celle des policiers.

Les gens me demandent ce que je ferai de ces tricots : je leur réponds qu’un jour (mais je ne suis pas pressée), je les exposerai. Hier, une dame qui avait déjà tricoté pour un abri d’itinérants me donne l’idée d’en donner un à un de ces organismes, d’autant plus que quelques itinérants y ont participé, à la Place Émilie-Gamelin, lors de ma 1re perfo (voir mon article de juin 2012).
Aujourd’hui le soleil est moins chaud, alors lorsqu’un ami, Anatoly Orlovsky, venu pour faire quelques photos et une amie voisine passée là par hasard, nous nous attardons un peu au plaisir de la douceur du temps, mes affiches rangées. Jacinthe nous raconte à quel point la mauvaise situation de la langue française à Montréal la met au bord de larmes, bilinguisme larvé et début d’assimilation, mais que sa situation personnelle ne lui permet pas, pour le moment, de militer.

Je vais revenir ici s’il y a encore de belles journées d’automne.

Ève Marie, 10-10-14

La revue québécoise Possibles vient de mettre en ligne tous ses articles de leur numéro de février 2013 sur Occupons Montréal/Occupy et les grèves étudiantes : «Du printemps arabe au printemps érable. Un nouveau cycle de luttes sociales». Voir http://redtac.org/possibles/category/du-printemps-arabe-au-printemps-erable-un-nouveau-cycle-de-luttes-sociales-vol-36-no-2-hiver-2013/section-i-du-printemps-arabe-aux-indignes/

On y retrouve, entre autres, un article de l’auteur de Noir Canada Alain Deneault, un témoignage des activistes à Occupons Montréal François Genest et feu Wassim Al Ezzi avec une analyse du mouvement , mon bilan sur Occupons Montréal, mon texte sur la tricoteuse du peuple et de mes poèmes.

À noter qu’un numéro sur le capitalisme est en préparation pour l’automne 2013.

Dernières nouvelles. Des activistes d’Occupons Montréal sont encore en action. Il y a eu une occupation nomade du groupe de quartier Occupons le cœur de l’ile avec deux jours au parc Molson au début juillet 2013.

Eve Marie, la tricoteuse du peuple en train de convaincre un policier de tricoter pour l’avenir du peuple… Crédit photo_Peter-Thomas Kennedy_OM99%

Durant cet événement Occupons le Sud-Ouest de septembre dernier à Montréal, il y a eu plusieurs passants sur la rue pour participer à mon Tricot du peuple, mais moins que d’habitude. La rue Notre-Dame est plus tranquille à cette hauteur à St-Henri. Jeunes, vieux, enfant, hommes, femmes, touriste japonaise et son chum ont tous tricoté le nouveau tissu social du peuple. À un certain moment, c’était tranquille. Une voiture de police était juste à côté de moi. Deux policiers avaient assisté à mes derniers échanges. Comme ces deux policiers n’avaient rien de mieux à faire que de surveiller des pacifistes réunis en ateliers de discussion, je me suis dit : tient, pourquoi pas leur proposer de participer au Tricot…

Je vous rappelle ici que je suis dans mon personnage théâtral de tricoteuse du peuple et que tout me semble possible; j’ai un maquillage des yeux, un masque avec des fils de laine rouge qui m’entourent le visage, un costume plutôt chic, des bijoux… Le policier ne dit pas non, je m’approche, je lui demande s’il sait tricoter, il répond non. Je lui demande s’il veut que je lui montre et, à ma grande surprise, il accepte.

Intérieurement, je me dis, merde… qu’est-ce que je suis en train de faire, là ? Je ris un peu, et je me sens un peu nerveuse comme lorsque je rentre en scène. Heureusement ça passe vite. Alors je m’exécute le plus sérieusement du monde et lui donne un petit cours de tricot; il dit que je dois faire de beaux chandails et à sa grande surprise, je lui dis non, que tout ce que je sais faire pour l’instant, c’est le point de base, mais que les participants m’en montrent parfois de nouveaux… que je dois pratiquer… Tous les autres beaux points, ce n’est pas moi qui les ai faits, ce sont des passants ou participants lors des manifestations étudiantes et populaires du printemps/été érable ou dans les occupations des parcs par Occupons Montréal… Je lui montre la partie du tricot faite de petits carrés rouges dans la trame jaune. Je glisse dans la conversation que je suis prof de français dans la vie, et que quand on est prof, on peut enseigner n’importe quoi après.

À ce moment, les fils de laine montent un peu sur le trottoir, car les balles sont tirées au loin vers les occupants en discussion et les gens ne peuvent plus passer sur le trottoir. Un jeune couple veut passer, et je leur suggère qu’ils sautent, comme lorsqu’on était jeune et qu’on jouait à l’élastique… À ma grande surprise, ils s’exécutent et nous rions un bon coup. Puis une vieille dame passe et je descends les fils de laine en lui faisant une large révérence. Le policier, toujours dans sa voiture, dit : je vais sortir, ça va être plus facile. Une fois ma démonstration de tricotage terminée, je lui demande s’il veut tricoter. Entretemps, trois de ses collègues sont sortis de leur voiture pour assister au cours de tricot et notre apprenti n’ose pas… Il refuse, mais je sens que je peux le ‘tricoter’… et tisser un petit lien avec lui. Je lui dis que je suis très déçue de son refus, j’explique ma démarche artistique. Pendant qu’il tricotera, il devra penser à ce qu’il souhaite de meilleur pour l’avenir du peuple québécois, mettre son cœur et ses pensées dans chacun de ses gestes. Je lui remontre le tricot. Je lui dis : regardez, toutes les personnes qui ont fait ça avant vous, elles ont imprégné le tricot de leur cœur et de leurs pensées et c’est à votre tour maintenant de refaire le nouveau tissu social… Je lui dis, que, s’il préfère, il pourra m’envoyer le tout par la poste. Je lui explique que c’est un geste à la fois artistique et politique. Il me répond : oui je vois ça !

A protester opposing Quebec student tuition fee hikes holds a ball of wool during a demonstration in Montreal, Friday, June 1, 2012. THE CANADIAN PRESS/Graham Hughes

Je continue à tricoter. Nous sommes maintenant cinq. Quatre policiers et moi sur le trottoir à bavarder. Un autre policier raconte que sa grand-mère lui a montré à tricoter quand il était jeune et je lui dis : tricoter, c’est comme faire de la bicyclette, ça ne s’oublie pas… Il réplique qu’elle fait des pantoufles en phentex et je lui réponds de faire attention à ce qu’il dit parce que là ses camarades vont lui passer une grosse commande pour Noël et qu’il va devoir tricoter lui aussi pour suffire à la demande… Il rit. Tout le monde joue son rôle à merveille; pour eux, ça les relaxe un peu et c’est très bon pour leurs relations publiques et pour moi c’est un jeu sans précédent… C’est un paradoxe, puisqu’en même temps, je suis très sincère… En tout cas, ça nous change des stupides clivages et symboles habituels sur Brutus [1] le flic… Bien oui, il y a des humains qui se cachent derrière des bœufs et derrières des manifestantes. Bon, en tout cas, c’est sans importance, puisque ça, c’est ce que je me suis dit plus tard; là je suis très concentrée sur le moment présent et je ne porte aucun jugement de valeur.

Je vous rappelle encore que je suis dans l’action de ce qu’on peut appeler une performance relationnelle dans un art in situ visant, entre autres, à se réapproprier l’espace public. Le visuel compte, les interactions comptent, le lieu compte, le hasard compte, également. Hum, ça doit fait bien faire dix ou quinze minutes que cela dure, je vois que j’ai presque gagné mon homme (le premier). Il va peut-être enfin se sentir en confiance et se laisser tenter… mais ils ont un call et décampent tous en quatrième vitesse. Fin de la mémorable histoire (j’imagine le running gag que ça va faire au poste…). Pour moi, c’est un morceau d’anthologie dans mon activisme à Occupons Montréal depuis un an….. Complicité limite interruptus. Mais, oh combien plaisante à raconter par la suite…

Ève Marie, Parc Georges-Étienne-Cartier, Montréal, 15-09-12

+Une autre expérience dans le genre est relatée sur le blogue http://madmanknitting.wordpress.com/

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[1] Du latin brutus = lourd, stupide ou idiot. Marcus Junius Brutus, à la fin de l’empire romain, tua ou contribua à l’assassinat de Jules César pour sauver l’empire de l’esclavage. Pour parvenir à ses fins, il a joué au fou d’où son surnom. Dans l’imaginaire populaire, «brutus» est davantage associé à «brute» d’où un grand nombre de mots français sont dérivés. «Dans Les Douze Travaux d’Astérix, on peut voir Brutus siéger avec les conseillers de César et « jouer » constamment avec un couteau. Jules César finit par lui dire « Brutus! Cesse de jouer avec ce couteau! Tu finiras par blesser quelqu’un! » (il se blesse effectivement lui-même).» (Wikipédia)

Brutus Bonaparte, nom que le frère de Napoléon Bonaparte, Lucien Bonaparte, a pris pendant la Terreur après la révolution française «en hommage au personnage de la Rome antique qui assassina Jules César pour « sauver la République ».

Sans être naïve non plus, la violence policière existe aussi. Voir http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/10/10/004-matricule-728-spvm-arrestation.shtml  Voir aussi sur mon blogue la lettre ouverte au sujet de la violence policière que j’ai préparée avec Occupons Montréal : https://evemarieblog.wordpress.com/2012/11/04/une-enquete-sur-la-violence-policiere-est-incontournable/

Ruines archéologiques de condos à Montréal

Visite de l’installation «Archéo-condo 2112» de Ève Marie et Xavier Gillet, dans le cadre de l’évènement «Occupons les condos».

20 août 2012, pour publication immédiate – Les membres de l’Assemblée Citoyenne Autonome de Verdun (ACAV) invitent tous les citoyens et les citoyennes de Verdun, de Pointe St-Charles et de St-Henri à venir pique-niquer en territoire occupé dimanche prochain, le 26 août, à 11 h 30 dans le stationnement au bord du canal de Lachine, à côté de la passerelle du marché Atwater, au 2741 St-Patrick à Montréal.

 Notre action, à la fois artistique et politique, vise à remettre en question la politique et les règlements d’urbanisme qui favorisent uniquement la construction des condominiums au détriment du logement social et du logement locatif. Pour ce faire, nous proposons, dans un cadre convivial, une discussion et des animations sur le bien commun.

 Nous explorerons le temps, un siècle dans l’avenir. Ce 26 août 2112, nous inaugurerons le «chantier archéologique des condos» construits en 2012, et nous célébrerons le 100e anniversaire de l’espace des logements sociaux, correspondant à 30 % de cet ancien projet de condos, toujours bien vivant.

Cette action, dans le cadre de la campagne électorale, vise également à interpeller les candidats locaux de tous les partis politiques à la problématique du logement dans Verdun/Sud-Ouest. Les candidats sont donc aussi officiellement invités à venir se prononcer lors du pique-nique sur cet important enjeu local et national.

L’ACAV est un regroupement spontané de citoyens bénévoles de Verdun, crée en juin dernier dans la mouvance des Casseroles et du mouvement social issu des mouvements étudiants et Occupy. L’ACAV se réunit une fois par semaine, généralement les samedis à 11hrs sous le chapiteau dans le parc le long du fleuve, au coin de la rue de Verdun et du boul. LaSalle. Tous et toutes sont les bienvenus !

Info générale : https://www.facebook.com/groups/341553685912801/

Lieu de la construction de futurs condos et lieu de notre intervention in situ + groupe de discussion. Rue St-Patrick, au abord du Canal de Lachine, Montréal

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Chewing gum on a sidewalk in Reykjavík

Chewing gum on a sidewalk in Reykjavík (Photo credit: Wikipedia)

Pendant les élections, j’ai décidé de m’impliquer à l’assemblée citoyenne de mon quartier à Montréal, et ce dans le but d’organiser et de réaliser des actions directes axées sur le rire. Le compte à rebours est commencé. Il est Charest moins une !

Par ce type d’actions piquantes mais légales, l’idée de fond est de frapper l’imaginaire des gens, créer des images réflexives pour pousser le débat plus loin et de favoriser un long purgatoire des libéraux provinciaux, comme nous l’avons fait au fédéral, mais sans le remplacer pour pire…

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 Dans les années ’60, l’animateur social Saul Alinsky rappelait aux étudiants au prise avec des règlements anti-divertissements sur leur campus «qu’une tactique consiste à faire ce peut avec ce qu’on a… Qu’est-ce  que vous avez ? Que vous est-il permis de faire ? ‘Pratiquement rien, répondirent-ils, sauf bien sûr mâcher du chewing-gum’. Parfait, Votre arme, c’est le chewing gum. Rassemblez deux ou trois cents étudiants, demandez à chacun d’en acheter deux paquets, d’en faire une grosse boule et de la jeter dans les allées du campus. Un véritable tohu-bohu s’ensuivra. Pourquoi ? Parce qu’avec cinq cents boules de chewing-gum, je peux paralyser Chicago en arrêtant toute circulation dans le Loop. Ils me regardèrent effarés, comme s’ils avaient affaire à un cinglé. Deux semaines plus tard, je recevais une lettre : ‘C’est absolument fantastique. Cela a marché. Maintenant nous pouvons faire pratiquement tout ce qui nous plait, du moment que nous ne mâchons plus de chewing-gum.» in «Manuel de l’animateur social/Rules for Radicals».

 

MISE EN CONTEXTE

Tiré de «Désobéir par le rire» éd. le passager clandestin, disponible à la coop de l’UQAM :

Ce genre d’action vise «à attirer l’attention ou la réflexion d’une manière détournée, légère ou contraire appuyée, sur les aspects insolites, absurdes ou choquants de la réalité.» Il s’agit de procéder par détournement des objets et des lieux pour les représenter dans un nouveau contexte qui va frapper les gens. «L’activiste non-violent ne craint pas d’affirmer ses désirs, de revendiquer le droit pour tous au plaisir et la nécessité même de mettre dans l’action autre chose que le seul ‘sentiment du devoir’ indéniable, mais bien fragile lorsqu’il s’agit d’affronter des adversaire parfois violents et déterminés.» «le rire déclenché par des actions directes fait reculer le sentiment d’impuissance» que nous vivons tous. De plus, l’humour protège de la peur que transgression des conformismes, des lois, des règles coutumières tendent naturellement à faire naitre». Ce rire-là, qui ne se veut pas cynique, mais va plutôt chercher parmi les moyens les plus puissants au monde, soit la satire et le ridicule; ce n’est généralement pas non plus de «l’ironie blessante, le mépris ou la condescendance mais plutôt l’ouverture à l’autre, l’appel à l’intelligence et au bon sens.» et idéalement «redonne ainsi une chance au dialogue». C’est montrer que le roi est nu. C’est le rôle du fou du roi dans l’espace public.

 

IDÉES D’ACTIONS EN VRAC, à discuter selon les enjeux locaux/nationaux :

–          Récupération de stationnement ou de terrains à condo, pour y faire la sieste, chanter, jouer dans le but de lutter contre la ‘condomisation’ de Montréal et contre les îlots de chaleur et pour plus de logements sociaux. Cette action peut se transporter à une intersection si le but est de parler des transports en commun, mais ça doit être plus court et y avoir plus de monde. C’est cette idée qui avait semblé recueillir le plus d’intérêt.

–          Attentat alimentaire : chemin de vieux cornichons récupérés dans les restos et au marché devant le local des libéraux. Un participant avait ajouté : s’adjoindre les Casseroles libres.

–          Création de mots d’humour, analogies, métaphore comiques ou calembours (qui embrasse trop manque le train/mes illusions sont des truites) et slogans (Let workers pay the tax so investors can relax).

–          Groupe de rire dans les manifs pour désamorcer la violence, in congrès, conférences de presse, débats des candidats, etc. ou rire préenregistré ou sons de moutons.

–          Apporter un soutien embarrassant qui va révéler l’adversaire.

–          Occupation de commerces : matelas de camping où se love deux amoureux, pêcheur avec sa ligne pour attraper de gros poissons au rayon poissonnerie, partie de pétanque dans les allées. Ici un participant à la réunion a suggéré de la faire lors des visites libres de condo.

–          Défilé de … (objet ressortant de la campagne électorale)

–          Concours urbain avec affichage sauvage : dessine-moi un mouton…

–          Campagne d’humour dérisoire sur twitter contre les libéraux et Charest, en visant particulièrement les erreurs et les mensonges.

–          + Un autre participant avait suggéré l’occupation d’une banque. Avec des billets de monopoly.

Quelques références :

http://www.adbusters.org/blogs/adbusters-blog/laughriot.html

http://www.forbes.com/sites/kenrapoza/2012/05/16/occupy-wall-street-plans-laugh-riot-at-g8-summit-and-beyond/

Verb Conjugation

Verb Conjugation (Photo credit: Aaron Landry)

« une nation qui parle une autre langue que la sienne perd insensiblement son caractère.» Meilhan, 1795

Il semble que le sujet soit dans l’air du temps…  Dans le journal Le Devoir d’aujourd’hui, on rapporte les démarches et les propos d’un haut fonctionnaire de l’ONU, dont je vous rapporte quelques extraits car seuls les abonnés ont droit à la version internet.

«Avec les années, Dominique Hoppe a vu la situation du français se dégrader rapidement dans les organismes internationaux. À l’Office européen des brevets par exemple, il y a 30 ans, tous les fonctionnaires parlaient les trois langues officielles de l’organisation : le français, l’anglais et l’allemand. ‘Aujourd’hui, tout se déroule en anglais, dit-il. Même lorsque des francophones se réunissent, ils leur arrivent de se parler en anglais !’»

Et plus intéressant, encore : «Avec l’anglais, c’est la pensée unique qui s’impose, dit-il. Comme les fonctionnaires ne parlent qu’anglais, tous les logiciels, les modèles économiques, sociologiques ou de gestion de projets sont anglos-américains. Puisqu’ils parlent mieux l’anglais, ce sont les anglophones qui finissent par occuper les postes les plus influents.»

«Il s’agit d’un combat pour préserver la diversité culturelle, dit-il. On ne sauvera pas la langue si on sauve pas la culture.»

Voilà donc un excellent exemple de comment le bilinguisme finit par devenir unilinguisme, impose sa culture et sa vision du monde. Et comment le combat pour le développement et le respect du français chez nous en est encore un d’avant-garde. Autre exemple actuel : les Jeux olympiques. Voilà pourquoi je milite en faveur d’une seule langue d’échange à Occupons Montréal. Ce qui ne veut pas dire sans souplesse et sans exception. Chaque personne, bien informée et consciente de cet éternel dilemme et enjeu profond qui fait partie du projet de société que nous essayons de mettre de l’avant, choisit à l’occasion les moments où c’est tout simplement plus utile de parler ou d’écrire en anglais. Je crois que dans une petite organisation, la confiance et l’ajustement a préséance. Ce qui ne veut pas dire que ça nous épargne un débat, bien au contraire, c’est dans ce débat et cette réflexion qu’une meilleure compréhension va naitre, se développer et se maintenir.

http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/354579/les-pays-de-la-francophonie-doivent-agir?utm_source=infolettre-2012-07-14&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Ève Marie, 14 juillet 2012

je t'aime, je t'aime pas

je t’aime, je t’aime pas (Photo credit: canadapost)

C’est bien évidemment une question très sensible qu’on soulève ici, et dont on n’aura jamais fini de parler. Ce que j’essaie de faire remarquer c’est que l’intérieur (Occupons Montréal- OM) n’est pas différent de l’extérieur (Mtl /le Québec). Les défis linguistiques qu’on vit au Québec sont aussi les défis linguistiques qu’on vit à Occupons Montréal, et ce dans un contexte d’anglicisation de Montréal. Comment les résoudre ? Dans une petit organisation où il y a plusieurs anglophones et allophones, il est évident qu’il nous faut une métho de facilitation, d’accueil et d’ouverture à l’autre. Et je ne parlais pas de tri/multilinguisme de d’autres langues qui sont toute une autre question, idéalement souhaitable. Je parle de la relation spécifique du français et de l’anglais dans notre contexte; et comme on le sait, en Amérique, ces deux langues ne sont pas sur le même pied d’égalité. C’est sur cette inégalité fondamentale qu’il faut intervenir. Je m’inquiète qu’on confonde camaraderie individuelle et nécessité collective. Bien sûr qu’on aime avoir des conversations avec nos camarades one by one dans différentes langues. Mon commentaire était au sujet des communications et échanges collectifs et publics (affiches, annonces de projets et langue(s) de réunion, etc.).

Je maintiens cependant que la loi 101 s’applique à tous les Québécois, y compris les participant.e.s à OM. Je ne comprends pourquoi nous ferions exception. Et pour le volet international d’OM, l’anglais est évidemment incontournable. Alors la question est : comment intégrer à court terme et encourager à connaitre la langue et la culture commune à moyen terme ? La connaissance est un de nos engagements «M’éduquer et encourager l’échange des connaissances.», alors quel est le problème ? Encourager les personnes à apprendre la langue officielle du Québec me semble tout à fait normal. Pour cela ça prend une motivation. Si tout était bilingue, il n’y aurait plus aucune motivation. C’est pour cela que mes étudiants immigrants viennent dans mes classes. Ils savent qu’ils doivent parler français pour travailler à Montréal (sauf dans certains postes clé du pouvoir comme à la Caisse de dépôt, au gouvernement du Canada ou aux Canadiens de Montréal…). De nombreuses langues sont en voie de disparition dans le monde. Les exemples de bilinguisme comme étape intermédiaire à l’unilinguisme sont tout aussi nombreux.

Ce qui n’empêche que j’aimerais écrire et parler ma seconde langue aussi bien que certains de mes amis et connaissances. Vous pouvez être fiers !

Ève Marie, 7 juillet

Flag of La Francophonie Français : Drapeau de ...

Drapeau de la francophonie

Claude Hagège à la Conférence-débat "La F...

Claude Hagège (Photo credit: Wikipedia)

LANGUE FRANÇAISE. Dans la foulée du Forum de la langue française, le grand linguiste polyglotte Claude Hagège, habituellement chantre de l’enseignement des langues secondes dans le monde sert un avertissement sans équivoque sur le risque de ‘bilinguisation’ institutionnelle et collective, et dans le cas du Québec, qui sera suivie de l’assimilation. Le Devoir rapporte que pour Hagège :

«la Francophonie est ni plus ni moins ‘en guerre’ non pas contre l’anglais, mais contre une américanisation qui veut imposer une langue unique sous le couvert de la mondialisation». Il estime que, compte tenu des menaces spécifiques que l’anglais fait peser sur français au Québec, celui-ci ne devrait pas être enseigné trop tôt».  (1)

 

Ça prenait bien un Français pour venir nous rappeler de nous respecter nous-même. La loi 101 est là pour ça. Dans l’espace public et au travail, on parle français. C’est simple et c’est tout. Je suis encore traumatisée qu’au Centre des médias alternatifs, lors du Sommet des Amériques en 2001, la langue d’échange dans nos locaux n’était que l’anglais. On était justement là pour critiquer la mondialisation et la pensée unique et hop tout le monde à l’anglais, sans traducteur. Dans un événement international, l’anglais a bien évidemment une très grande place, mais dans ce contexte militant, c’était tout simplement choquant qu’il soit impossible de s’adresser à tous en français, sans qu’on ait pensé à des interprètes. À Occupons Montréal (OM), la semaine dernière, je voyais encore une affiche promo bilingue d’un projet OM. Aujourd’hui, un ami anglo me demandait gentiment de traduire mes communications pour un projet… sans réaliser l’énormité de sa demande. Il y a des cours de français gratuits dans les commissions scolaires pour ça. La réponse est clairement non, et je n’ai pas à m’excuser pour être ‘gentille’ avec mes amis anglos (qui comprennent d’ailleurs généralement mieux que certains francos la précarité de notre situation linguistique).

Au Québec, notre situation spécifique veut clairement dire que le bilinguisme des institutions (ville, gouvernements) est la 1ère étape d’une assimilation rapide en une ou deux générations à Montréal, deux ou trois dans le reste du Québec. La dernière fois que je suis allée magasiner un cellulaire au centre-ville de Montréal, un vendeur m’a demandé pour la 1ère fois de ma vie,  et ce sans aucune gène, «Do you speak english ?» Signe des temps.

Ève Marie, artiste, enseignante et linguiste

____________________

(1) http://www.ledevoir.com/politique/quebec/353897/claude-hagege-s-oppose-a-l-enseignement-intensif-de-l-anglais

Déclaration des engagements individuels et collectifs, mis de l’avant par Occupons Montréal.

Dans le but de favoriser la participation de personnes d’horizons différents à une mobilisation sociale et un mouvement concerté, Occupons Montréal (Mouvement du 15 octobre) affirme que les engagements suivants constituent notre fondement au dialogue et à l’action.

Le contexte

Nous nous sommes d’abord mobilisés en manifestant notre indignation à travers le mouvement Occupy, localement ‘Occupons Montréal‘, parce que :

  • les mécanismes et les principes économiques actuels portent atteinte à la dignité des personnes et causent des injustices grandissantes ;
  • la recherche aveugle du profit dégrade l’environnement à une vitesse qui menace la vie ;
  • la liberté de pensée et la vie démocratique des ‘99%’ du peuple sont menacées par l’emprise du ‘1%’.

L’objectif des engagements

Nous voulons maintenant aller plus loin en adoptant des engagements individuels ayant un impact collectif. En nous entendant sur ces valeurs, nous nous engageons à changer en même temps que nous changeons le monde, car l’un ne va pas sans l’autre.

« En vue de participer dès maintenant aux changements collectifs en cours, c’est personnellement et volontairement que je m’engage à faire de mon mieux pour :

HUMANITÉ : Développer le lien qui m’unit aux autres et chercher la valeur dans les relations humaines plutôt que dans les marchandises.

ENVIRONNEMENT : Respecter les êtres vivants, leurs habitats et consommer de façon responsable.

CONNAISSANCE : M’éduquer et encourager l’échange des connaissances.

RESPONSABILITÉ : Cultiver l’esprit de conciliation dans les relations et communications avec les autres.

JUSTICE : Prendre la parole et agir pour dénoncer les injustices.

INCLUSION : M’ouvrir à la diversité des êtres et respecter les différences.

NON-VIOLENCE : Défendre mes valeurs avec dignité sans tomber dans le piège de l’oppression.

TRANSPARENCE : Être intègre et ne pas accepter les mensonges et la corruption.

SANTÉ : Prendre soin de moi.

EMPATHIE : Reconnaître les sentiments des autres et en tenir compte.

HUMILITÉ : Reconnaître que je peux être dans l’erreur.»

C’est l’implication des personnes qui fera la différence En adoptant ces comportements, nous souhaitons contribuer aux changements qui amèneront une société plus juste. Pour mettre un terme aux agissements d’une minorité de personnes qui se réservent le contrôle des principales ressources de notre planète, il est nécessaire d’avoir une participation massive de la population au sein d’une mobilisation démocratique. Car chaque geste compte! Occupons Montréal vise, par ce texte, à susciter une prise de conscience qui bénéficiera à l’ensemble du monde et des générations à venir.

Allons de l’avant !

 

VOTÉ EN ASSEMBLE GÉNÉRALE SPÉCIALE À MONTRÉAL, LE 25 FÉVRIER 2012

_____________

Ce texte a été développé principalement par Patrick Painchaud, Denis McCready, Fabrice Marcoux, François Genest, Paulette Panych, Thérèse Lavoie, Kristiane Gagnon et Gérard, et moi-même Ève Marie, ainsi que plusieurs ayant participé aux occupations d’octobre et novembre 2011 et aux assemblées générales de 2012.

Ce texte est diffusé selon les termes de la licence Creative Commons.

Version 0.99

La source de ce document vivant se trouve au http://www.occupons-montreal.org/?page_id=5 et http://www.occupons-montreal.org/wp-content/uploads/Vol2No15-FINAL-2a.pdf

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