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Quel partage d’expérience de liaison à travers la vérité de la maladie vous avez apporté ensemble à la conscience du monde, complice, éprouvant, magnifique
Merci Michelle d’ÊTRE !

REEF

Where you used to be, there is a hole in the world, which I find myself constantly walking around in the daytime, and falling in at night. I miss you like hell.”     -Edna St. Vincent Millay

I lost someone on May 29th 2020.

I lost a friend I never saw in person—only in photos.

I lost a close friend whose physical voice I heard on a single occasion, when she activated the Voice Call function while we were using Facebook Messenger. We had been close for about fourteen months when she did this.

You get used to a person when you rely on messaging online. You think of their distinctive way of messaging—the grammar and rhythms of it—as them. And then you hear their actual voice, those vibrations from their own vocal folds, and it’s like someone pressed a high-powered “refresh” button. Suddenly, there is more…

Voir l’article original 4 985 mots de plus

coeur arc-en-ciel

 

 

 

Voici le vrai temps du cœur

Celui qui vient nous révéler

Sa vérité

 

 

 

 

 

 

 

Voici le vrai temps du cœur

Celui qui nous émotionne,

Qui nous désarçonne,

Qui déteste la routine

 

Celui qui jette à terre

Toutes nos fausses croyances

Tous nos faux-fuyants

Tous nos mensonges !

 

En vérité, combien ce temps

Est exigeant et entier !

dauphin3

Photo d’illustration imaginaire. Source inconnue

À Geneviève,

 

En ligne majestueuse

On les a d’abord entendus

Dans la nuit, au loin

dans le Saint-Laurent

dans le Rhône

dans la Tamise

dans le Yang-Tsê

 

Partout, ils sont revenus

en force et en nombre

là où ils n’étaient pas

venus depuis trop longtemps

 

Les Dauphins ont chanté leurs chants

Les gens sont sortis confinés

dans leur cour, sur leur terrain, sur leur balcon

Ils sont pleurés de joie

Le retour de l’enfant prodigue

 

dauphin1Le jour enfin levé

On a pu les voir

Les apercevoir

Parfois, on a pu les toucher

les embrasser

Après, avec nos frères, nos sœurs

Des millénaires

Une immense liesse s’est levée

Sur la terre

Plus rien n’a été pareil

Plus rien n’a jamais pu être pareil

S’est levé un temps

De concorde et de pureté

 

Je ne sais plus si c’était

un rêve ou une réalité

Mais je sais que dans mon cœur

c’était la vérité

 

 

[Écoutez aussi la piste 2 de mon disque, un extrait de mon récit  »Le Fiel à la bouche » écrit en 1995.] (voir sur le côté droit de mon blogue) >

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Voir vidéo du retour des animaux et des poissons pendant la pandémie de la COVID-19 https://www.dailymotion.com/video/x7ssedh

 

 

 

TRANSFORMATION

Trans-for-ma-ration
Trans-fort-ma-nation
Trans-fort-ma-potion
Trans-fort-ma-dimension
Trans-fort-mon-intention
Trans-fort-mon-intuition
Trans-fort-ma-connexion
Trans-fort-mes-relations
Trans-forme-ma-diversion
Trans-porte-mon-attention

sur la vie
sur les gens

DÉCOMPRESSION 🙂
RALENTISSEMENT général du rythme
DÉCROISSANCE et TRANSITION vers l’essentiel

Parc Angrignon

Je suis couchée sur une de ces chaises longues en bois dont on avait enlevé la neige sur le bord de l’étang glacé. Après un petit moment de repos, mon attention se tourne vers le saule pleureur. Je me mets à observer le lent balancement des branches pendantes, jaune pâle sur un fond de ciel de craie, un très doux contraste. Ce grand parc, avec peu de repères humains construits, donne subitement une de ces images d’éternité. Ce temps présent est de tous les temps en même temps. Ce balancement aurait pu avoir eu lieu il y a des milliers d’années ou peut-être le sera-t-il encore d’autres milliers d’années… Léger vertige… Même nature avec la sensation furtive de percer la mystérieuse ligne de temps et de n’en faire qu’une…

Poursuivant ma marche, je tente de trouver le mot-clé de mon impression, après quoi les autres mots me sont « versés ». C’était comme… comme, comme… un déhanchement.

Déhanchement des branches

Soul qui pleure

De tous les temps

25 décembre

crédit_Ève Marie Langevin 2010_ Eastman 041

crédit photo :  Ève Marie

Mystère de la nativité

Du sauveur en soi

Le guérisseur

Au plus sombre du jour vide

Revient transfigurer

Notre nuit inf-âme

Barbares salvateurs

En soi étaient au pouvoir

Ceux qui, dominés par leur peur

Leur colère, leur chagrin,

Ne s’étaient pas encore regardés

De face

 

Lumière toujours monte

Si tant est qu’il y avait

La possibilité

D’un passage

 

Lorsqu’au dernier jour

Du jour le plus sombre

Jour premier de l’hiver

Le rayon se lève enfin

Une pépite de joie

Entrée par la petite porte

Presque invisible

Parfois ignorée

Le jour se lève à nouveau

Éternel, déjà

Dans son presque rien

Une trace au chemin

Vers son zénith

À l’été de sa plénitude

 

Joyeux Noël à toutes mes lectrices et à tous mes lecteurs ! En conclusion, je crois que nos conflits internes se reflètent (et vice-versa) dans les confits sociaux et politiques… Pour cette année, à retenir que les structures, règles et pouvoirs sociaux n’ont de sens que s’ils sont vraiment au service du peuple, sans quoi de sérieuses confrontations seront assurées dans cette nécessaire époque de transition !

Alors vraiment bonne année 2020 !

Tiré de mes archives du 4 février 2009 et mise à jour

Westerkamp à l'UQAM

Une de mes publications dans le journal Le Devoir, le 4 février 2009, suite à la diffusion du film  »Polytechnique » de Denis Villeneuve, film initié et joué par Karine Vanasse. (1)

Comment représenter l’abject? L’art soigne-t-il? Voilà deux questions fort intéressantes posées par Le Devoir pour la sortie du film Polytechnique. Il y a une vingtaine d’années, avec le chœur de l’UQAM dirigé par Miklos Takash (2), j’ai chanté «École Polytechnique» de la compositrice germano-canadienne Hildegard Westerkamp, une magnifique œuvre qui porte sur cet événement. Je me souviens que plusieurs choristes avaient refusé de la chanter. Un des passages à la fois contenu et émotif consistait à lancer les noms des 14 victimes, pendant peut-être deux interminables minutes. La partition indiquait «slowly as a prayer», avec crescendos et decrescendos, se terminant par des chuchotements. Puis, nous reprenions avec différents jeux de souffle pendant encore deux minutes. Je me souviens avoir eu les jambes si tremblantes que je faillis m’évanouir sur scène, en raison non seulement de la charge émotionnelle, mais d’un volontaire effet du chant en quasi-hyperventilation.

À la fin, l’œuvre, pourtant terrible, eut immédiatement sur moi un effet inattendu de «rédemption esthétique», pour employer le beau terme du professeur Habib dans votre article. Elle m’a donné un genre de compréhension spirituelle de l’événement très difficile à décrire en quelques mots, d’autant plus que nous chantions à l’extérieur, dans le froid de l’automne et sous les cloches de l’UQAM. J’ai eu l’impression que nous avions
envoyé cela au ciel pour que les personnes impliquées et l’événement guérissent. Le public semblait avoir discrètement apprécié. «Un langage simple et direct», avait alors commenté Le Devoir. Les œuvres de ce genre qui arrivent à rester sobres dans leur forme mais vaillantes, énergiques et sans complaisance dans leur puissance d’évocation, ont tout un effet sur leur public ou sur leurs acteurs.

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À l’opposé, il y a une quinzaine d’années, à titre de programmatrice du festival Silence elles tournent (dédié aux œuvres des femmes), j’ai été placée devant un choix à la fois éthique et formel pour la sélection d’un court métrage. Une cinéaste indépendante américaine proposait un film traitant du viol. Le film montrait une femme qui se fait violer par deux hommes dans une forêt, non loin d’une route de campagne. La scène du viol était terriblement «belle» et frappante, c’est-à-dire qu’on était plus frappé par la beauté cinématographique des images de LA scène que par l’horreur de son contenu. Nos émotions mêlées étaient le dégoût, l’admiration, le choc, la colère devant cet effet de
«magnification». J’avais l’impression que la réalisatrice avait cédé à la tentation de nous montrer son extraordinaire savoir-faire et avait perdu de vue l’énormité de son propos. Avec un petit groupe de femmes et d’hommes, après discussion, nous avions alors décidé de ne pas sélectionner ce film, tout en nous demandant si ce n’était pas une autre forme de censure. Je n’ai jamais regretté ma décision. Précisément pour cette raison posée également dans toutes les œuvres de ce genre : rendre belle la violence nous semblait une aberration.

J’ai toujours été frappée par la description de type clinique que les survivants d’atrocités font de leur expérience, une forme de distance nécessaire devant l’horreur. C’est probablement un des meilleurs points de vue à adopter pour un artiste ou un auteur qui veut traiter de ces sujets et qui le transposera sur le plan formel, mais qui n’est certes pas sans écueils. La même question est posée dans le livre de Gil Courtemanche, Un dimanche à la piscine à Kigali, portant sur le génocide rwandais, avec des scènes d’amour et la description des tueries et des cadavres.

Westerkamp et Courtemanche arrivent, chacun à leur manière, me semble-t-il, à ce niveau de terrible sobriété. Tout en ne magnifiant pas de terribles événements, ils réussissent à nous ébranler profondément et à nous poser des questions pertinentes sur l’humanité et ses dérives.

***

Mise à jour 8 décembre 2019. Vous pouvez écouter un extrait de cette œuvre sur le site de Westerkamp au https://www.hildegardwesterkamp.ca/ J’avais d’ailleurs remercié la compositrice personnellement, quelques années plus tard, réalisant mieux l’ampleur du drame et de la tâche. j’ai finalement vu le film de Polytechnique et il a atteint, à mon humble avis, ce même niveau de sobriété dans la représentation de l’abject.

Je me souviens encore de ma répétition du 7 décembre 1989 au chœur de l’UQAM (autre université à Montréal), le lendemain de la tragédie. La plupart d’entre nous avaient le même âge que les assassinées. En début de répétition, le chef, feu Miklos Takacs, nous avait délicatement proposé une minute de silence. Je ne me souviens pas d’avoir senti une onde d’horreur… Nous étions encore toutes et tous sous le choc, plus ou moins conscients de nos émotions.

En effet, déni pendant plusieurs années de la gravité de cette tragédie, cette année, en 2019, permettra définitivement d’ajouter un des mots les plus atroces de notre vocabulaire, le mot  »féminicide », qui a une grande différence avec le mot  »homicide » qui veut dire  »meurtre » avec ou sans intention idéologique.

Surlendemain de cette 20e commémoration, j’écoutais ce matin un animateur de Radio-Canada vouer une émission entière aux compositrices féminines, mentionnant à quel point les femmes sont »essentielles ». Ce simple commentaire m’a tiré une larme ! Cela m’indique à quel point cette tragédie nous/m’a personnellement affectée consciemment ou inconsciemment. Puis relatant un récent sondage auprès des spécialistes, sur les compositeurs les plus importants de tous les temps, il remarquait avec une certaine tristesse, la présence de seulement trois femmes dans le décompte, dont une en 7e position, dont j’ai malheureusement déjà le nom… C’est dire à quel point nous n’avons jamais exposés à ses œuvres, contrairement du magnifique Bach arrivant évidement en 1re position…

À toutes les familles des victimes et aux travailleurs/travailleuses touchées
de près par cette tuerie, mes hommages pour vos résiliences.

Une loi pour le
contrôle des armes à feu doit être votée au plus vite

par le gouvernement
canadien.

Commémoration de la tragédie à la Polytechnique, 20 ans plus tard. Crédit Bernard Brault - La Presse

Commémoration de la tragédie à la Polytechnique, 20 ans plus tard. Tous les 6 décembre, 14 faisceaux lumineux éclairent le ciel au-dessus du Mont-Royal à Montréal à la mémoire des victimes de l’attentat antiféministe de Polytechnique. Crédit Bernard Brault – La Presse

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(1) Voir https://www.ledevoir.com/opinion/idees/231382/polytechnique-comment-representer-l-abject

(2) À noter que Miklos Takacs est décédé en 2015.

 

 

Gratitude

MOUCHEs À FEUÇa faisait longtemps que je n’avais pas vu autant de mouches à feu (1) dans mon jardin ou ailleurs ! Quelle magie de la nature !

Ça me rappelle cette chaude soirée d’été sur un petit chemin de campagne avec mon amie Paola dans les années ’90 où nous marchions ensemble presque silencieuses, émerveillées par les milliers de mouches à feu qui s’allumaient autour de nous et à l’infini, comme des bouquets de lumières.

« Lorsque nous trouvons du plaisir à voir une chose avec une utilité pour nous, nous disons qu’elle est bonne; lorsque nous trouvons du plaisir à la voir sans que nous y démêlions une utilité présente, nous disons qu’elle est belle. » Montesquieu, ad 1720

Comme l’a écrit Montesquieu, cette «chose» est belle parce qu’elle n’est d’aucune aucune utilité. Elle est belle, car elle émeut et ravit nos sens, notre âme, en dehors de tout rapport matériel et pratique. Et comme l’ai dit Oscar Wilde, l’humain est le seul à avoir la possibilité de «créer ce superflu essentiel : la beauté.»

Ça me donne le goût d’être plus attentive à toutes ces petites choses du beau et à la gratitude de pouvoir les vivre et les exprimer.

Bonne beauté !

MOUCHEs À FEU_jour

Mouche à feu / luciole

P.-S. Une belle activité à faire avec les enfants est d’en récolter quelques-unes dans un pot de verre et attendre la nuit venue avant de les libérer…

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(1) «Mouche à feu » est un régionalisme pour LUCIOLES (Québec, Madagascar, Afrique de l’Ouest)» selon https://community.languagetool.org/rule/show/MOUCHE_A_FEU?lang=fr&subId=1

«Afin que vif et mort, ton corps ne soit que roses.»

Pierre de Ronsard, 1578

Sweet Silent Walks 001C’est le temps des rosiers sauvages et des pivoines, ces arbustes sauvages et fleurs cultivées de juin qui sentent si fort et si bon, fleurs par excellence du début de l’été. Une collègue de travail m’avait conseillé une activité de marche dans le cimetière Mont-Royal qu’elle venait de faire il y a deux semaines. Elle avait adoré «Sweet Silent Walks sur la montagne», organisée par Christelle Franca (1), activité rituelle nouveau genre (et sans prétention) pour de petits groupes de marcheurs en silence dans un parc hors du commun sur le flanc nord-ouest du Mont-Royal à Montréal, un côté fort peu connu du grand public et encore moins des francophones, puisqu’il s’agit d’un cimetière surtout anglo, jouxtant un cimetière juif. La communauté anglophone a historiquement toujours eu un goût prononcé pour les espaces verts, la plantation et la  conservation des arbres, et ce bien avant le mouvement écologique… Ce cimetière, avec ses arbres tricentenaires et son aménagement unique en fait un haut lieu montréalais de beauté, de tranquillité (sans jeu de mot 😉 ) et même de sérénité… si les mots «mort», et la vue de «tombes» ou d’«épitaphes» ne vous font pas peur et si vous y êtes même ouvert.

Après un accueil chaleureux de Christelle, suivi d’une sorte de méditation inspirée par quelques commentaires philosophiques de son cru, notamment sur les paradoxes de la vie et de la nature, elle demande à une nouvelle personne (puisqu’il semble y avoir des habitués de son réseau de connaissances et amis), moi en l’occurrence ce jour-là, de piger une carte dans un jeu de tarot qu’elle a elle-même conçu. La carte pigée inspirera notre marche. Je pige la carte «Force et unité», avec une de ses photos, ici une main ouverte à côté d’un arbre du cimetière. Elle commente cette carte en disant sentir un grand regroupement de forces constructives. Justement, elle pensait nous faire la tournée des plus forts arbres du parc, ça tombe bien et tout le monde semble avoir, comme moi, le cœur réjouit par cette proposition. C’est le début de la soirée, la lumière du soleil commence à changer dans une de ces très longues journées qui suivent (et précèdent) le solstice, avec près de 16 h de lumière à ce temps de l’année.

Nous pénétrons d’abord un petit boisé sur le bord d’un ruisseau (un des rares ayant survécu à l’urbanisation).

À l’entrée de ce boisé, j’ai immédiatement la vue d’un rayon de soleil pénétrant à travers le feuillage touffu et se jetant sur l’eau d’où l’on voit une très légère brume en sortir, phénomène naturel que je n’avais pas eu encore le plaisir ni la chance de goûter de mes yeux… Magique ! Quelles autres surprises m’attendent dans ce paysage hors du commun ? Nous passons un moment devant un triple érable argenté, un «grand-père» (ainsi que les appellent les Autochtones) qui doit faire certainement dans les trois-cents ans, probablement le plus vieil arbre de toute la montagne, l’arbre de la photo de ma carte pigée. Après en avoir fait le tour avec admiration, je m’y colle le dos quelques instants puis m’y assois un peu afin de bien le sentir et mieux observer ses ramages, cherchant d’où vient le chant des oiseaux.

Au creux de la montagne sur la cime d’un arbre mort, nous avons la chance de voir un de ces grands oiseaux carnassier, plutôt rare, un urubu à tête rouge (comme un dindon) qui nous regarde aussi… puis il prend son majestueux envol… Quel spectacle ! Justement, avant de partir, une amie de Christelle m’avait raconté que lors d’une marche précédente, ils avaient vu de loin trois de ces oiseaux en train de manger un raton laveur crevé, puis envolés ensemble à leur approche, un «puissant moment de vie» dit -elle… ce à quoi j’ajoute avec le sourire… «de vie… et de mort». Ma collègue qui était là à cette marche m’en avait parlé aussi, le genre de situation qu’on n’oublie pas…

 

Marche au Jardin botanique1_crédit photo Ève Marie Langevin

Selon la conteuse et psychanalyste Clarissa Pinkola Estés, le pommetier en fleur symbolise « un aspect féminin magnifique, l’aspect de notre nature dont les racines plongent dans le monde de la Mère Sauvage et le nourrissent par en-dessous » et dont le fruit symbolise « la nourriture et la maturation de notre connaissance de Soi. » (3)

Plus loin, une série de pommetiers très tardifs encore en fleur, blanc et rose, me font rêver; c’est l’heure de s’enivrer, comme le disait mon arrière-grand-oncle le grand peintre Ozias Leduc (2) qui avait une pommeraie à Saint-Hilaire, paraphrasant peut-être Baudelaire.

« La beauté d’une couleur simple lui vient d’une forme qui domine l’obscurité de la matière et de la présence d’une lumière incorporelle qui est raison et idée. » Plotin

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Puis, dans ce cimetière protestant, je trouve presque caché, au pied d’un arbuste, un minuscule hôtel bouddhiste… on n’est pas sectaire dans le coin, on dirait… Marche au cimetière Mt-Royal_crédit photo Ève Marie Langevin 007

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Presque à côté, une petite sculpture me tire les larmes, celle d’un enfant mort. Je pense à ma tante marraine, récemment décédée, qui avait fait une fausse couche pour son premier et dont les tombes se trouvent de l’autre côté de la montagne….Marche au cimetière Mt-Royal_crédit photo Ève Marie Langevin 006

 

 

 

 

 

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Non loin, une tombe majestueuse et récente (car c’est le côté du vieux cimetière, la plupart des tombes datent du 19e, début 20e siècle) de Molinari (sans prénom, ce qui est rare). Sur le coup, je pense qu’il s’agit de la tombe du peintre du même nom, que j’avais jadis croisé en compagnie d’un de ses camarades, le peintre Serge Lemoyne, et qui m’avait fait grande impression, surtout par ses poèmes, pas tellement par sa peinture à laquelle je n’y comprenais pas grand-chose et sur laquelle j’avais gentiment ironisé. Mais non, il s’agit d’une femme au nom de famille Molinari, dont le nom complet est inscrit à l’arrière, ainsi qu’une épitaphe qui m’a vraiment impressionnée : « Parce que je suis solaire / et je retournerai à la lumière », aussi une des rares épitaphes en français de ce côté du cimetière.

Marche au cimetière Mt-Royal_crédit photo Ève Marie Langevin 005À ce moment, je sors mon cellulaire pour prendre une photo. Je ne pensais pas me déconcentrer en faisant en plus des photos, mais je ne peux y résister et je retourne même quelques mètres plus loin pour faire deux autres photos des artéfacts précédents qui m’avaient frappée… me jurant d’en faire un usage modéré, car la photo empêche souvent de vivre le moment présent, une activité en soi à laquelle je préfère me consacrer entièrement, vie d’ex-vidéaste oblige…

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Marche au cimetière Mt-Royal_crédit photo Ève Marie Langevin 008Sur le haut flanc est, aux limites de ce jardin, nous prenons un moment de repos, admirant un nouveau point de vue du couchant sur le Centre-ville qu’on devine au loin, entre les grands arbres matures. Heureusement, Christelle a prévu un chasse-moustique aux huiles essentielles -qu’elle a fait elle-même-, car c’est l’heure de la mouche qui pique… Nu-pieds une bonne partie du trajet, je marche sur de doux tapis qui sentent si bons… serait-ce du thym fleuri ? Mais oui… Un des seuls moments où je parle en le faisant remarquer à un autre participant.Marche au cimetière Mt-Royal_crédit photo Ève Marie Langevin 009

Au retour, sur une tombe, Christelle attire notre attention sur une sorte de minuscule «ver» (?) jaune brillant de la minceur d’un cheveu qui bouge en s’entortillant sur lui-même… tout simplement inusité et magnifique comme insecte… Elle sait comment attirer notre attention sur toutes sortes de beautés.

Marche au cimetière Mt-Royal_crédit photo Ève Marie Langevin 010C’est la brunante, il fera bientôt noir et nous nous dirigeons vers la sortie. À ma grande surprise, il y a ici la tombe (?) de la peintre Marcelle Ferron où en tout cas un banc avec son épitaphe s’y trouve, avec une phrase puissante sur la détermination à être elle-même et à vivre par elle-même à une époque conservatrice du Québec qu’on a appelé la Grande Noirceur des années 1930 à 1960 :

« On nous considérait à l’époque comme des révolutionnaires alors que nous nous étions seulement à l’heure. On avait osé être nous-même et on s’est retrouvé à l’avant-garde.  Marcelle Ferron, artiste-peintre signataire du manifeste du Refus global » (1948)

Banc Marcelle Ferron2_crédit Ève Marie Langevin 07-19De retour à l’entrée, nous faisons de nouveau une mini méditation, puis je lui parle de Marcelle Ferron qu’elle ne connaissait pas encore, en lui expliquant qu’à l’époque, ce groupe d’artistes du Refus global ont payé très cher leur choix de rester eux-mêmes, poussés pour plusieurs à l’exil et bouleversés dans leur famille. Mais malgré tout, ils avaient réussi à créer de grands œuvres ouvrant ainsi la voie à ce qui nous semble aujourd’hui plus «normal» et un peu plus «aisé» à faire.

L’activité terminée, sortis du cimetière, en voulant rejoindre la rue Côte-Sainte-Catherine, Christelle propose de passer par un sentier qui nous mènera au coin de la rue Mont-Royal et Côte-Sainte-Catherine. Il fait presque noir, c’est l’heure entre chien et loup. Elle nous montre une clairière jouxtant le sentier, un lieu spécial où les merles se rencontrent en journée.  Nous croisons un marcheur qui parle sur son cellulaire en promenant son chien… cette manie moderne de faire deux choses en même temps… J’entame une conversation avec elle en lui parlant de la carte pigée et de son intéressant commentaire sur les forces constructives. Oui, il y a plein de belles initiatives plus ou moins connues (je pense au numéro de la revue Possibles où j’ai participé et où nous parlions de cela justement [4]) et souvent ignorées des médias qui préfèrent le drame. Elle me dit entrainer son attention pour les voir et les entendre -ça c’est ma «leçon» du jour-. Je sens le besoin d’exprimer néanmoins un point de vue complémentaire au sien. Je lui dis que je sens aussi une grande colère latente dans la société québécoise et que j’ignore comment cela se canalisera… Dans d’autres pays, elle s’exprime déjà librement… Elle avait parlé des paradoxes dans la nature, dans le monde. Je lui dis en voilà un autre, des forces de vie, des forces de mort s’activent puissamment. Elle me dit oui, j’ai vécu à Beyrouth. Je lui réponds, les forces d’unité, c’est vrai il y en a plein, mais il faut éviter les lunettes roses. Il y a toujours Éros et Thanatos. On vit toujours le cycle. Tu vis le cycle. Ainsi se termine notre amicale et passionnante conversation.

«J’ai toujours tout unifié en faisant de tout, de chaque chose, un miroir de mes pensées. » Fernando Pessoa

Nous terminons notre marche en silence. En bas, je les salue et les embrasse tous ainsi que Christelle que je remercie grandement pour cette belle découverte. Elle est vraiment créatrice de nouveaux rituels, notre société en a bien besoin !

En attendant l’autobus, j’écris ceci dans mon carnet :

Le livreur de St-Hub

S’étire

En gazant au Pétro-Canada

Drôle de façon

De livrer du gras

 

Dans l’autobus, la chauffeure se plaint d’avoir une bursite au talon. Elle dit à la passagère à l’avant avec qui elle est en grande conversation : «Je ne savais pas qu’on pouvait avoir mal là ! ». Elle rit. Sa passagère sort à ce moment et rit aussi, faute de mieux. Oui, c’est vrai, c’est tellement drôle la douleur !… Mieux vaut en rire ?

 

Ainsi va le siècle, ainsi va le cycle.

 

Je pense maintenant à mon petit cousin, le poète Gilbert Langevin.

«Vienne vienne le temps des vivants

Le vrai visage de notre histoire

Vienne vienne le temps des victoires

Et le soleil dans nos mémoires.»(un texte qu’il avait donné à la chanteuse Pauline Julien)

Mais aussi :

«Année de malheur où la peur était reine

On trempait son courage dans un baquet de haine

Des épines couronnaient le désir dénoncé

L’amour avait des gants pour ne pas se blesser.»

______________________

(1) https://www.christellefranca.com/services?tag=about

(2) Ozias Leduc fut le maitre de peinture du peintre Paul-Émile Borduas, auteur principal du manifeste du Refus Global (1948) que signa notamment sa jeune étudiante en peinture Marcelle Ferron et dont voici un extrait. Ainsi se transmet et se transmute « le trésor, la réserve poétique, le renouvellement émotif où puiseront les siècles à venir » de génération en génération d’artistes.

(3) Clarissa Pinkola Estés. 1996. «Femmes qui courent avec les loups. Histoires et mythes de l’archétype de la Femme sauvage» Paris : Grasset

(4) Revue Possibles, 40e anniversaire « Utopies concrètes et pratiques émancipatoires» vol. 40, no 2. Automne 2016. Montréal http://redtac.org/possibles/category/utopies-concretes-et-pratiques-emancipatoires-40e/imaginer-les-utopies-concretes/

De mes archives, 1999 (mise à jour)

 IMG_20150214_0001À la fin des années ’90, le nombre d’immigrants commençait à être visible à Montréal et nous commencions à comprendre qu’un jour, leurs enfants seraient majoritaires à Montréal. On commençait à réaliser la richesse de leur apport; c’est le point de vue (aujourd’hui devenu une habitude, voire un cliché) que je défendais à l’époque, en faisant connaitre un peu leur travail, leur questionnement et surtout leurs difficultés. J’y affirmais, entre autres, qu’au début du 21e siècle, ce serait les artistes migrants qui renouvelleraient les arts à cause de leur expérience unique en si grand nombre dans l’histoire humaine. Je pensais que les questions identitaires deviendraient au centre des discussions. Je ne me suis pas trop trompée… Néanmoins, en conclusion, par discipline journalistique, je me méfiais de moi-même, de mon si grand enthousiasme et de mes lunettes (peut-être) roses; j’émettais en filigrane des doutes sur l’unique positivité de l’immigration.

Depuis j’ai travaillé et enseigné la langue aux immigrants adultes. J’ai appris à les connaitre. Depuis les premières avancées de l’interculturalisme au Québec, après la Commission sur les accommodements raisonnables de Bouchard-Taylor (2007-2008), après la Charte avortée sur les valeurs québécoises, la laïcité et le voile des musulmanes du Parti Québécois en 2013 (voir ma série d’articles sur ce sujet), puis finalement la loi sur la laïcité de l’État et l’interdiction du port de signes religieux des fonctionnaires en position d’autorité et des enseignants (CAQ, 2019) et après les multiples événements de radicalisme, intégrisme ou terrorisme issus principalement d’une fange imbuvable et dangereuse de l’islam ou de l’extrême droite, on est maintenant collectivement mûr pour se poser ces questions : à quel moment une société cesse-t-elle d’être capable d’intégrer correctement ses immigrants ? Quels sont les facteurs psychosociaux du risque de nous faire tomber (de part et d’autre) dans un repli identitaire, un nationalisme autocentré, voire des violences ethniques, religieuses ou antidémocratiques (comme celle de Charlie Hebdo et autres -voir ma série d’articles sur ce sujet) ? Comment le discours sur l’importance de la «diversité» est toujours celle des autres, mais rarement la sienne (comme on le voit par exemple dans le Québec baching des commentateurs et politiciens anglophones hors-Québec qui critiquent le manque d’ouverture à la diversité des élus québécois… sans se rendre compte qu’ils sont ainsi peu ouverts à la diversité des priorités provinciales dans leur propre pays »… comme quelques délicates questions que la gauche hésite encore à (se) poser.

Quatre ans avant d’écrire ce long reportage ci-dessous, en 1995, j’ai écrit un récit-conte poétique qui se passait dans un avenir rapproché (donc plus ou moins en ce moment…) où je plaçais le décor social de mon héroïne Amanda, dans une post-4e guerre mondiale, urbaine et larvée par des… terroristes qui font sauter des églises et où on apprend un grand scandale opéré sur des « câbles optiques » (la technologie des fibres optiques pour le câble télé commençait à peine à l’époque) devant les tribunaux militaires. Vous pouvez trouver un extrait de ce récit sur mon blogue au https://evemarieblog.wordpress.com/2013/12/26/refusons-la-societe-de-surveillance-et-vive-edward-snowden/ et écouter quelques extraits de mon CD sur la droite de cette page.

Voici donc rétrospectivement  l’intégrale de ma recherche journalistique sur l’intégration des artistes émigrés que j’avais réalisée en 1999, pour le compte de la revue d’art Esse Arts + Opinions, et publiée à Montréal.

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Auteure : Ève Langevin, Esse arts + opinions, 1999

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Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Ève Langevin_Esse Art_1999

Ève Langevin_Esse Art_1999

Ève Langevin_Esse Art_1999

Auteure, Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Ève Langevin_Esse Art_1999

Ève Langevin_Esse Art_1999_p.8

Ève Langevin_Esse Art_1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

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Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Ève Langevin_Esse Art_1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

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Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

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Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Ève Langevin_Esse Art_1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

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Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999 (suite de l’article plus haut, p. 41)

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Art, 1999

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Ève Langevin_Esse Art_1999_p.28

Auteure : Ève Langevin, Esse Arts, 1999

Auteure : Ève Langevin, revue Esse Arts + Opinions, 1999

Auteure de l’article : Ève Langevin, revue Esse Arts + Opinions, 1999

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