Exigeons une Commission d’enquête publique et indépendante sur le travail des forces policières pendant la crise sociale

Lettre ouverte aux citoyens et citoyennes du Québec

Nous, les soussigné.e.s, sommes des participant.e.s et des sympathisant.e.s d’Occupons Montréal.

Nous avons été indignés et consternés par les opérations policières du printemps dernier pendant la plus longue grève étudiante de l’histoire du Québec.

Nous nous rappelons des déclarations mal avisées — au plus fort du conflit — de la ministre de l’Éducation, du ministre de la Sécurité publique, de la ministre de la Culture, du premier ministre. Nous nous rappelons également les écrits incendiaires de chroniqueurs de La Presse et du Journal de Montréal.

Nous reconnaissons que les forces de l’ordre ont agi dans un espace public dominé par les appels à la répression. Cependant, nous refusons que le contexte politique serve d’excuse à passer sous silence le comportement des corps policiers.

Nous avons vu une escalade dans les moyens de répression. Nous avons vu des blessures graves infligées à des civils. Nous avons entendu des propos injurieux et méprisants de la part de représentants de la loi.

Encore aujourd’hui, alors que la contestation a diminué d’ampleur, le Service de police de la Ville de Montréal continue d’utiliser des tactiques inappropriées et exagérées (arrestations au milieu des foules, harcèlement de journalistes, prises en souricière, émissions abusives de contraventions sous prétexte d’infractions au Code de la sécurité routière, etc.) Ces pratiques alimentent la colère des manifestants, humilient les membres de la société civile et créent une perte de confiance envers les forces de l’ordre. S’il n’y a pas de volonté politique pour régler la situation, nous ne croyons pas que les choses changeront.

Attendu que :

– Des actes illégitimes ont été commis par des policiers durant les manifestations contre la hausse des frais de scolarité au Québec en 2012 : violence physique et verbale, arrestations arbitraires (dont certaines furent massives), profilage politique, détentions et amendes injustifiées, blessures par armes létales, etc. ;

– Cette inquiétante répression d’une ampleur sans précédent dans notre histoire contemporaine ainsi que son caractère systématique ont mis en évidence une culture et des pratiques policières inacceptables.

Nous sommes convaincus qu’une enquête publique et indépendante sur les actions des forces policières pendant la récente crise sociale au Québec est devenue nécessaire. Nous appuyons la demande d’une rencontre avec la première ministre du Québec en vue d’obtenir que la lumière soit faite sur ces dérapages. Nous souhaitons d’une part, plus de transparence dans l’examen des dérives policières, et d’autre part, des solutions pour mieux respecter le droit de manifester.

Pour ces raisons, nous demandons aux citoyens et citoyennes du Québec d’appuyer cette demande de rencontre avec la première ministre pour qu’une Commission d’enquête publique et indépendante sur le travail des policiers soit créée.

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Cette lettre est en appui à une Coalition d’une cinquantaine d’organismes et collectifs de la société civile qui a présenté une demande formelle à la première ministre du Québec, Pauline Marois, le 13 novembre 2012.

Enregistrement de la conférence de presse : http://chirb.it/7rvtcN

Clip : http://www.facebook.com/photo.php?v=4253367530079

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Les suites :

  • En hiver 2013,  le gouvernement du Parti Québécois récemment élu a mis sur pied une commission d’enquête gouvernementale (non-indépendante). Les conclusions ont montré des abus. Voir les commentaires ci-dessous.
  • En 2016, une policière a été mise en prison après des mois de procès.

 

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