Category: poésie


Il y a ces meurtrissures

Atelier écriture-yoga-danse_Mon affiche_crédit photo Laetitia de Coninck

Lecture de nos textes durant l’atelier. Crédit photo : Laetitia de Coninck

Bonjour à mes lectrices et lecteurs, il y a trop longtemps que je vous ai écrit…

J’ai planché plus intensivement depuis août sur mes Mémoires de mon projet «Tricotés serrés», une médiation culturelle pour le 375e de la fondation de Montréal. J’en suis enfin à l’impression, je vous un mettrai en extrait très bientôt.

 

En attendant, je vous mets un extrait d’un autre projet, une formation interdisciplinaire que je fais actuellement qui intègre l’écriture à la pratique du yoga et de la danse avec Caroline Loncol Daigneault et  Élaine LaBrie. Après une journée et demie intense où nous avons notamment  écrit des formes par terre, yeux fermés puis se couchant, dansant dessus, se mêlant aux autres écritanseurs, la dernière activité d’écriture automatique est sortie  bien spéciale… En effet, la lecture de leur écriture a tiré des sanglots à plusieurs de leurs  auteures.. une écriture qui était une forme de catharsis pour quelques-unes. Tout était si véritable, authentique, imagé, chargé, touchant, révélateur, libérateur. Nous avions comme seule consigne de commencer chaque phrase par «Il y a».

Voici un extrait de ce que j’ai écrit, comme si je sentais un peu à l’avance ce qui allait arriver.

*/*

Il y a ces meurtrissures dures et joyeuses catapultées dans l’univers, maman-lune nous protégeant avec sa coque de tortue puissante.

Il y a il y a toi et nous sans soi, source de nos abris.

Il y a aussi ces doux moments passés sous le soleil.

Il y avait nos genoux tordus par les roches des montagnards si tant soit peu qu’on osait les regarder ohohoh quand tu posais tes pieds sur mon ventre plein de merveilles à venir merveilles aussi génitrées par les courants profonds du monde.

 

Voir aussi sur ma page fb professionnelle https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpermalink.php%3Fstory_fbid%3D867167056790018%26id%3D750633708443354&width=500« >https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpermalink.php%3Fstory_fbid%3D867167056790018%26id%3D750633708443354&width=500
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Quizz Symboles - Quiz Société

Pour le prochain numéro de la revue Possibles* (Montréal), nous sommes à la recherche de poèmes, nouvelles littéraires, récits, photos, peintures, dessins, BD, partitions, chansons, extraits de pièces de théâtre inédites ou autres formes mixtes d’expression artistique portant, de près ou de loin, sur la musique comme instrument de réconciliation et de résistance à la déshumanisation.

 

Il s’agit de résistance tout aussi sociopolitique qu’existentielle, culturelle et spirituelle, par le surgissement ou l’amplification du sens, de son désir (réenchantement), de beauté et de ses conditions d’existence. Parmi les principaux sujets abordés, nous nous intéresserons plus particulièrement (mais pas exclusivement- à titre indicatif seulement, car vos autres idées sont les bienvenues pour notre comité de sélection) à :

 

  • L’écriture musicale sous l’angle social des poètes et auteur.e.s/compositeurs/interprètes : solidarité, culture(s), levier et terreau de résistance; les musiques associées aux minorités ostracisées, autochtone, hip-hop & afro-américaine, rom, arabe, etc.
  • La transmission de la musique d’art, vivante et passée : médias, éducation, pédagogie; « le grand art pour le peuple »; y compris des extraits commentés de partitions ou des liens internet de musique
  • La passion musicale sous l’angle esthétique: mélomanie, ses formes et expériences; thérapie affective; beauté
  • La passion musicale sous l’angle spirituel / existentiel : sens, transcendance, ravissement, recentrement, extase, communion, drogue
  • La réflexion sur l’esthétique de la musique contemporaine et future. En particulier, l’écologie musicale, l’après-post-moderne, beauté et révolution, floraison et radicalité, esprit, amour et prophétie, solidarité, enchantement, ironie, joie et mélancolie, désir et contemplation, etc.
  • La musique solidaire des autres formes d’art.
  • Etc.

La date limite pour soumettre votre proposition est le 31 octobre 2017 pour les textes et le 31 décembre pour le visuel. Pour avoir les détails, communiquez avec moi en écrivant un commentaire ci-dessous ou dans l’onglet«à propos» en haut de page .

Poésie km

De mes archives, automne 2000

Édition d’un de mes poèmes, publié dans un livre collectif d’art,

aux Inéditions de Bonaventure

Tiré de «Omphalos». Bonaventure: 2000. éd. Inéditions

«Poésie km» de Ève Marie Langevin. Tiré du livre d’art «Omphalos» (boitier sculpté par Guillaume Lachapelle). Bonaventure: 2000. éd. Inéditions

 

 

Poésie km_p.1a

Page couverture sur papier oignon de «Poésie km» de Ève Marie Langevin. Bonaventure: 2000. Éd. Inéditions

José Tommi. illustration de «Poésie km» d'Ève Langevin. 2000.

Illustration de Josée Tommi, pour «Poésie km» d’Ève Marie Langevin. Bonventure: 2000. Éd. Inéditions

 

 

 

 

 

 

 

« je laisse en toi voler des oiseaux blancs

[…]

nos morts ne s’envolent  pas

sinon en nous-mêmes »

Paul-Marie Lapointe, «Hibernation»

J’avais promis dans mon dernier billet sur l’état mental de la maladie d’y donner suite, mais je n’ai pas encore trouvé les mots. Ce n’est que partie remise.

Pour le jour de Pâques j’aimerais produire un billet de renaissance printanière qui se termine de façon constructive, inspirante. Mais avant, il semble qu’il faille passer par le tragique et yeux bien en face. J’avais voulu commencer ce blogue (en juillet 2012) en disant : le temps des corrompus est terminé ! Maintenant j’écris : le temps du déni est terminé. Voyons voir.

L’actualité se bouscule et cette semaine, c’était les attentats tragiques à Bruxelles du groupe armé État Islamique (EI) qui ont fait 32 victimes civiles innocentes et 340 blessés. Comment avez-vous vécu cela ?

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Guerre du golfe, 1990. Dans le sens des aiguilles d’une montre depuis le haut: USAF F-15E, F-16 et F-15C volant au-dessus des puits de pétrole koweïtiens en feu; troupes britanniques du régiment de Staffordshire pendant l’opération Granby; vue par caméra d’un Lockheed AC-130; « autoroute de la mort »; M728 Combat Engineer Vehicle. Crédit photo : Wikipédia

Comme vous le savez sûrement si vous êtes Canadiens, le Canada est officiellement en guerre contre le groupe EI depuis plusieurs mois, action déclenchée par l’ancien gouvernement fédéral conservateur Harper (1) et maintenue par le nouveau gouvernement libéral Trudeau, quoiqu’avec des moyens assez différents, plus axés sur la formation. Avec une coalition d’une soixantaine de pays.

Un commentateur journaliste, Joseph Facal, aussi ancien ministre sous un gouvernement provincial péquiste, a déclaré cette semaine à l’émission Bazzo.tv que « nous étions en guerre », ce qui a surpris les gens, peu habitué à entendre ce mot, surtout, qu’apparemment, le gouvernement Trudeau ne l’a pas employé pour justifier les nouveaux millions destinés à être dépensés en Irak et en Syrie. Même l’ancien gouvernement n’aurait pas utilisé le mot « guerre », selon un autre journaliste, ce qui m’a vraiment surprise, ce serait à vérifier effectivement, car en ce domaine, la sémantique diplomatique n’est pas le fruit du hasard et est plutôt fortement significative pour tout observateur politique averti. Sur les ondes de l’émission de Gravel le matin, à Radio-Canada, Nicolas Hénin, journaliste français spécialiste des mouvements djihadistes et ancien otage dit que « L’État islamique cherche à nous entraîner dans la guerre, mais il faut se retenir d’employer le discours guerrier de l’ennemi. […] Le terrorisme est une guerre de propagande », souligne-t-il. «Cet état islamique est en quelque sorte le miroir très désagréable des dysfonctionnements de notre société» (2).

Ceci dit, les médias occidentaux ne reflètent pas correctement la réalité du terrorisme actuel. On oublie que que les actes terrorismes pour d’autres causes ont été très importants dans les années ’70. On ne se sent pas suffisamment compte qu’encore aujourd’hui, de terribles attentats visant des chrétiens sont survenus… dans un parc à Lahore au Pakistan, faisant 72 morts et 300 blessés, dont de nombreux enfants musulmans (3). Rappelons que les attentats terroristes des moudjahidines, toujours perpétrés par cette fange salafiste ou wahabiste (djihad du Moyen-Orient et de l’Afrique) ou par les Talibans afghans ou pakistanais, sont plus fréquents dans leurs propres pays. Ils sont à très grande fréquence, quasi-quotidienne à Bagdad et ont fait des milliers de morts parmi les civils cette année (4). Au Nigeria par exemple, la fréquence de ce type d’attentat est bi-hebdomadaire comme le faisait remarque le journaliste Jean-Jacques Sanson à l’émission Midi-Info sur Radio-Canada (5)… et que les médias internationaux suivent peu. Cette distorsion dans le rapport de l’information nous donne une fausse représentation de la réalité.

Il y a aussi donc des questions à poser à ces porteurs de la vision/interprétation hyper-conservatrice (charia) et anti-femmes de la religion musulmane. Un très rare témoignage de l’intérieur du groupe EI vient de paraitre, écrit par Sophie Kasiki «Dans la nuit de Daech. Confession d’une repentie» (6) qui aide à comprendre les manque psychologiques et émotionnels qui amènent des Occidentaux à se rendre en Syrie pour combattre. Autre piste de compréhension : l’échec des politiques de division du Moyen-Orient par les puissances occidentales au XXe siècle, en commençant par les tractations anglaises avec Laurence d’Arabie pendant la 1re guerre mondiale où l’Angleterre a fédéré des nations arabes pour provoquer la chute le l’Empire Ottoman.

Bref, il faut non seulement réfléchir à ce qu’implique collectivement et personnellement être en état de guerre politique et à ce qu’on peut faire individuellement si tel est le cas, comme actuellement, pour cultiver plus que jamais un état mental sain et pacifique, capable de prendre de bonnes décisions, capable de résister à la propagande de la haine et de l’intolérance et capable de développer/continuer des relations saines et aimantes autour de soi. Comme le disait un autre journaliste lors de cette émission de télé, c’est dans les périodes de guerre qu’on voit les comportements les plus aberrants et inhumains se produire. Il importe de ne pas se fermer les yeux et d’aborder la réalité à bras le corps aussi franchement que possible. Assez du déni.

***

Il y a longtemps que l’état de guerre me taraude en tant qu’artiste, auteure et poète. Je m’y intéresse depuis 1995 lorsque j’ai commencé à écrire le «Fiel la bouche» suite à une manifestation monstre à Washington des membres et sympathisants de Nation of Islam « « The Million March Man » et dont je parle brièvement dans un ancien billet portant sur Ed Snowden (7). Plus que la majeure partie des personnes en Amérique, j’ai une peur terrible de la guerre. Je me souviens avoir très mal réagi lors de la 1re guerre contre l’Irak au Koweït déclenchée en août 1990 : « la guerre du Golfe ».  Et vous ? Probablement que vous vous en souvenez à peine. Moi, je m’en souviens exactement, où je marchais ce jour-là d’hiver lors des premières frappes, ce que je pensais alors ce soir-là sinistre, mon insécurité, au début de cette guerre dite « chirurgicale », comme si ce n’était pas de vraies personnes que l’on tuait (8)… Remarquez, je ne suis pas la seule à m’en souvenir, Jean Leloup en a fait une chanson très dansante « 1990 »… Oui oui c’est bien au sujet de cette « Coalition » internationale de 34 pays issus de l’ONU dont la participation modeste du Canada, contre l’envahissement du Koweït par l’Irak. Une « 3e guerre mondiale » qui n’en a jamais porté officiellement le nom, car un seul territoire était visé. Vous en souvenez-vous ? Avez-vous « sauvé votre âme avec cette chanson » ? : https://www.youtube.com/watch?v=VI3C6MROOvY

Il y a longtemps que je nous considère dans cet espace mental de guerre et maintenant matériel et de plus en plus concret. L’avantage que j’ai sur la plupart d’entre vous, c’est que je réfléchis discrètement à la guerre et à la mort depuis longtemps… Thèmes pas très populaires, j’en conviens dans notre société hédoniste, de culture généralement superficielle et consommatoire de l’instant, le « présentisme », comme on commence à l’appeler… Voici donc une partie de l’état de mes réflexions, en commençant par mes débuts à moi.

Voici le poème que j’avais écrit plus ou moins 2 ans avant le 11 septembre 2001 et qui se trouve sur mon premier disque réalisé en 2003.

***

Petite histoire de ce poème : 1re lecture à CKUT (Radio McGill) à Montréal le… 10 septembre 2001, lors d’une entrevue avec Anne Farrell du Mouvement humaniste, au sujet de la violence, de la révolte et du fascisme. Lecture publique la plus récente : le 12 mai 2012, lors de l’évènement JAPPEL12M15M organisé entre autres par Occupons Montréal (Occupy) et des étudiants en grève du Printemps érable, à la Place du peuple (square Victoria) à Montréal.

Déclaration de guerre 15 octobre 1999

par Ève Marie   

 

Gisons, gisant, les lèvres pleines de fumées

Pour qu’ils n’y voient qu’un leurre

pire que la mort

 

Plantons un bulbe d’amour

À chaque coin de rue

 

Cousons cousins des mots incendiaires

sous chaque rebord de robe

Chaque mot prononcé en trop

est une minute de plus à vivre

surtout parler

la bouche un peu moins pleine

J’en connais beaucoup

qui mourront très jeunes

Ou qui sont déjà morts d’overdose

 

hum… [expression de plaisir]

 

Mangeons lentement

les plus belles fleurs du monde

Pendant qu’il en reste encore

Broutons, comme des vaches, s’il le faut

Et râlons, hurlons comme des louves

Pour le prochain enfant à naître

 

aou aou [cri de loup]

 

Il paraît que je suis dans l’espace

Que je marche sur des nuages mal pelletés

Il paraît qu’un rayon vert me porte

(C’est ce que les Djinns m’ont dit)

 

grr grr [grognement de colère]

 

Il paraît que je suis au bord de la crise de nerfs

Au sud, au nord, à l’est,

qu’il ne manque qu’il ne manque qu’une perle

Les petits soldats de bois

Déboulant les escaliers

Ils ont tant de peines

Un seul souffle suffit

pour les faire tomber

Ils sont si bien alignés

 

Il paraît que nous sommes en guerre

Et nous ne le savions même pas.

 

[Écoutez le pièce no7 ci-contre. Désolée pour la répétition commerciale du nom de la compagnie qui a fait le transfert de mon disque sur mp3…]

***

Revenons à aujourd’hui, j’ai fait un rêve bizarre tôt ce matin. Le voici.

Les chatons viennent de naitre et ont été mis dans des sortes de casiers sur l’accoudoir de mon sofa, très peu large –juste la largeur de l’animal. Puis mon chaton le dernier reste et les séparateurs sont enlevés. En passant, je bouscule par mégarde ce chaton et le pauvre, aveugle, commence à tomber à l’intérieur du sofa mais réussit à s’accrocher avec une patte. Pour lui, si petit, cela est très haut, même et surtout qu’il ne voit pas ! Il lâche en même temps un méga « miaou » quasi cosmique super puissant qui me glace d’effroi et je réussis à l’attraper au passage pour ne pas qu’il tombe et le remets doucement sur l’accoudoir. Il me semble que ce cri si fort a été entendu dans le monde entier !

Je me réveille brutalement, à la fois surprise, effrayée et résolue.

Puis je me dis en me réveillant, encore un peu branchée sur mon inconscient, comme une révélation : le chaton, c’est moi, c’est nous les Occidentaux qui sommes tombés en perdant Dieu. La chute est plus grave qu’on l’a pensé jusqu’à maintenant sur nos consciences. Nous en prenons progressivement conscience radicalement, surtout depuis les événements sociaux très troublants des dernières années et surtout des derniers mois. L’inconscient et l’âme de tous sont en panique et se généralisent alors avec des comportements individuels et collectifs de plus en plus aberrants. Nous sommes dans une sorte de cauchemar permanent dans lequel on ne sait comment sortir et duquel il ne suffirait que de… se réveiller… Le réveil est-il proche ? Avez-vous vous aussi entendu ce cri, rêver ce cri du peuple ?

Il reste maintenant de mon rêve ce cri de minou, ce cri animal… Il me semble, maintenant que mon esprit a repris un état de veille quasi « normal », que c’était un vrai cri du cœur (le mien, le vôtre?) qui vient d’être lancé et que tout le monde l’a entendu dans son inconscient… C’est la poète qui parle ici, vous l’aurez compris.

Je les emmerde ces faiseurs de guerre, c’est leur guerre, pas la guerre du peuple. Les mêmes causes de 2001, avec les mêmes moyens donneront les mêmes mauvais effets. Déjà en octobre 2001, alors que j’organisais avec le Mouvement humaniste de Montréal une manifestation contre la guerre en Afghanistan, j’écrivais que cette guerre contre le terrorisme contribue à une spirale de la violence par laquelle le terrorisme ne sera pas défait mais encouragé dans son développement et sa propagation. (voir notre communiqué de presse dans les archives en bas de ce billet).

Pour terminer en riant, pour une fois, très noir : voir ce stand up très ironique de l’humoriste américain George Carlin : https://www.youtube.com/watch?v=CwuP9rMhiQQ

***

Alors que faire ? Je crois qu’il faut cultiver son mental adéquatement par toutes sortes d’exercices visant à le maitriser, non l’annihiler, car il est le propre de la pensée de toujours fonctionner. La méditation est un de ces bons moyens, Mathieu Ricard et Y. M. Rinpotché ont écrit des livres réputés sur ce sujet. Se nourrir aussi de bonnes productions culturelles, être créatif de petites choses chaque jour. Aller chercher la beauté. Aimer recevoir/procurer de petits plaisirs. Nourrir et entrainer son corps le mieux possible. Téléphoner plus souvent, se parler en personne, sortir un peu des nouvelles technologies qui isolent infailliblement. Nourrir, le moment venu, ses amitiés, amours. En revanche, faire les ruptures qui s’imposent… de manière cohérente avec ses valeurs. Cultiver l’empathie comme notre qualité humaine la plus précieuse qui nous distingue des roches. Ralentir!!! Etc. Il faut commencer par l’action la plus facile à atteindre pour progresser. Et vous que faites-vous ?

Quelques idées glanées sur You Tube :

-Do in chinois (automassage) 5 minutes pour bien commencer sa journée : https://www.youtube.com/watch?v=t0XIzXDDsDA&list=PL5rfbOkU_mUW_KRKl3qb1g_YRrixujJs3&index=9

– Exercices de médecine chinoise de qi-gong : https://www.youtube.com/watch?v=559Iw6Tvt8U&list=PL5rfbOkU_mUW_KRKl3qb1g_YRrixujJs3&index=1

ou https://www.youtube.com/watch?v=p72J7YxZa5Q&index=3&list=PL5rfbOkU_mUW_KRKl3qb1g_YRrixujJs3

ou https://www.youtube.com/watch?v=fjzkIDvgNx4&index=3&list=PL5rfbOkU_mUW_KRKl3qb1g_YRrixujJs3#t=7.70839

ou https://www.youtube.com/watch?v=SqHBUVAznCg&list=PL5rfbOkU_mUW_KRKl3qb1g_YRrixujJs3&index=7

– 5 petits rituels pour bien commencer sa journée : https://www.youtube.com/watch?v=8nZ6GYAVnO4&index=10&list=PL5rfbOkU_mUW_KRKl3qb1g_YRrixujJs3

« Il est dans la beauté et dans la vertu

un charme indicible

qui fait tomber les portes de fer

et qui amollit les cœurs de bronze. »

Voltaire

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(1) http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201410/03/01-4806080-le-canada-sen-va-en-guerre-contre-le-groupe-etat-islamique.php

(2) @ 7:22 http://ici.radio-canada.ca/emissions/gravel_le_matin/2015-2016/

(3) http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/466736/attentat-a-lahore?utm_source=infolettre-2016-03-29&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

(4) Selon l’ONU, 575 civils sont morts dans des attentats seulement au mois de mars, et 1196 civils ont été blessés (Source : journal Métro, 05-04-16)
(5) http://ici.radio-canada.ca/emissions/midi_info/2015-2016/

(6) extrait : http://fr.calameo.com/read/000913544a9b626d85584

(7) https://evemarieblog.wordpress.com/2013/12/26/refusons-la-societe-de-surveillance-et-vive-edward-snowden/

(8) « La destruction des usines hydroélectriques et autres installations électriques irakienne, qui a permis d’anéantir les capacités de command and control de l’armée irakienne, a provoqué l’explosion d’épidémies de gastroentérites, de choléra et de typhoïde, en empêchant le fonctionnement des centres de traitement d’eau potable et d’eau usagée. Peut-être 100 000 civils sont ainsi morts indirectement, tandis que le taux de mortalité infantile» (Source : Rizer, Kenneth, « Bombing Dual-Use Targets: Legal, Ethical, and Doctrinal Perspectives[archive], Air & Space Power Journal, mai 2001).

« Le rapport d’une mission de l’ONU, dirigée par le sous-secrétaire Martti Ahtisaari et envoyée en mars 1991 pour évaluer les besoins humanitaires de l’Irak, décrivait l’état du pays comme « quasi apocalyptique ». (Source : Javier Pérez de Cuéllar. Report S/22366 to the United Nations Security Council, detailing the findings of the mission undertaken by Under-Secretary-General Martti Ahtisaari to assess the humanitarian needs arising in Iraq in the aftermath of the Gulf War.) Sur Wikipédia (page consultée le 27 mars 2016). Sans parler du désastre écologique local avec la destruction de 732 puits de pétrole koweïtiens par l’Irak.


de mes archives

19 octobre 2001

Pour diffusion immédiate

 

MOBILISATION POUR LA PAIX

PAR LE MOUVEMENT HUMANISTE DE MONTRÉAL

 

Montréal, 19 octobre 2001.― L’horreur du massacre du 11 septembre et la folie de la guerre déclarée par le gouvernement de George W. Bush et appuyée par le gouvernement canadien contribuent à une spirale de la violence par laquelle le terrorisme ne sera pas défait mais encouragé dans son développement et sa propagation.

Le Mouvement Humaniste de Montréal invite les MontréalaisEs à venir exprimer leur solidarité avec toutes celles et ceux qui s’opposent à cette violence par la participation à ses deux activités dans le cadre de la semaine Option non-violence : une conférence et un débat public sur les alternatives à la guerre le 20 octobre à l’UQAM et une marche pour la paix et la non-violence le 21 octobre au Carré Phillips.

 

Plusieurs actions seront aussi organisées partout dans le monde par les humanistes le 19 octobre, dans le but de dénoncer la violence et de proposer des alternatives. Parmi les dizaines d’événements prévus, notons la campagne d’information publique à l’Union Square à New-York,  un rallye devant l’ambassade de Grande-Bretagne à Zurich, une marche de protestation à Munich, une minute de silence dans plusieurs écoles en Grèce, une démonstration publique dans la région du Trans-Nzoia au Kenya, la visite des ambassades à Buenos Aires, une marche pour la paix en Hongrie, une visite des consulats à Hong Kong.

 

Le Mouvement Humaniste International réprouve fermement les attaques des États-Unis et de la Grande-Bretagne contre l’Afghanistan, qui semblent faussement motivées par un combat contre le terrorisme.

 

  1. CONFÉRENCE POUR LA PAIX

Samedi le 20 octobre : « Quelle alternative à la guerre ? »

À 12h30 à l’UQAM, au RM-150, niveau métro Berri-UQAM,

pavillon Alexandre-de-Sève, coin Ste-Catherine et Sanguinet

Conférenciers invités :

Dr Silvia Bercu, membre du mouvement humaniste de Londres

  1. Rezeq Sariq, membre co-fondateur du Groupe Palestiniens et Juifs Unis (PAJU).

 

  1. MARCHE POUR LA PAIX ET LA NON-VIOLENCE

Départ : Dimanche 21 octobre à 12h30 au Carré Philipps (coin Ste-Catherine et Union)

Le Mouvement Humaniste de Montréal invite tous ceux et celles qui sentent l’obligation de conscience de manifester leur désir de dire non à la guerre, en participant à une grande marche pour la paix et la non-violence et montrer leur refus à une réponse militaire fait au nom du droit à la vie et de la «liberté immuable».

Le peintre Nikolaï Kupriakov, dévoilera une nouvelle peinture ayant comme titre «U.S. War Department kill everybody that is not with us». Le groupe Sertao avec Lavanya Narasiah (voix, percussions) Nicolas Lépine (guitare), Geneviève Lapointe (sax) et Jean-François Bourdon (basse), seront également présents ainsi que d’autres surprises.

 

Pour information :

Courriel : humaniser@hotmail.com, site internet : http://www.geocities.com/forumhumaniste

 

-30-

 

Source : Ève Marie ou Ali Z.

Voir également  notre communiqué de presse sur le détail de nos activités internationales.

 

 

 

 

J’étais chez lui, mais je ne le savais pas.

Cet été-là, je couchai aussi loin que possible de l’auberge de jeunesse où je travaillais. Les nuits bruyantes et bien arrosées m’empêchaient tout simplement de dormir.

Dans la forêt, j’avais trouvé, par un petit sentier, une clairière bien dégagée où restaient les anciennes fondations d’une maison de ferme.

J’y avais établi mon campement pour l’été avec une simple tente petite sans fenêtre que Jean-Luc m’avait prêtée.

Sauf l’histoire du serpent que j’ai racontée dans « Le Fiel à la bouche », je passai là des nuits tranquilles. Au début, c’était un défi pour moi d’y marcher au crépuscule ou souvent plus tard jusqu’à ma tente, surtout les nuits sans lune, sans avoir peur…

Mais j’y découvris la lumière brillante des nuits de pleine lune éclairant de loin mon petit chemin. Au gré des nuits, j’y marchais progressivement confiante, ayant plus peur d’un éventuel homme soûl qui me suivrait que de l’épaisseur ou de la solitude de la forêt.

J’y avançais, tour à tour, dans le mystère opaque d’une nuit noire et sans vent ou dans une nuit habitée par la lune, en compagnie des ombres réveillées.

Un matin frisquet de la mi-août, je fus réveillée par un halètement de chien, tout prêt de mon oreille droite. Très endormie, je bougeai un peu ma couverture métallique et le son d’animal disparut aussitôt. Je me rendormis bien vite, sans plus de cas.

Mais un peu plus tard j’entendis le même son. Il était revenu! Deux fois de suite et à la même place près de mon oreille, ce n’était pas « normal »! Cette fois-ci, je me réveillai raide : ce halètement… C’était plus rauque qu’un chien! C’était sauvage! Je ne pouvais pas voir, seulement entendre. C’était… c’était… petit ou moyen. Était-ce un ours ou quoi? Je bougeai à nouveau ma couverture mais cette fois-ci, je l’entendis se déplacer sur le site avec un cling-clang de veilles tôles abandonnées.

 

Je cherchai prestement mon vieux canif dans mon sac. Je ne l’avais pas utilisé depuis longtemps. J’essayai d’ouvrir la lame, tout en me concentrant pour visualiser le seul bon mouvement fatal que j’aurais peut-être la chance de faire avec le canif si l’animal m’attendait à ma sortie…

Après quelques tentatives infructueuses pour ouvrir ce canif, je dus me rendre à l’évidence : il était un peu rouillé et jamais je ne réussirais à l’ouvrir avec mes doigts.

J’écoutai de longues minutes : à part le vent qui halait dans les feuilles, plus rien. L’animal était-il parti ou m’attendait-il devant ma porte zippée? Impossible de le savoir. Après un long 15 minutes silencieux, je me décidai enfin à sortir : je ne pouvais tout de même pas rester là toute la matinée! Et puis j’avais faim.

J’ouvris d’abord une partie basse du zip de ma tente pour regarder : pas de pattes devant… Puis plus grand : toujours rien. Enfin, sac à dos devant comme ridicule bouclier, je sortis. Balayage visuel. Rien. Je cherchai brièvement des pistes mais ne vis rien.

Certaine de ne pas y revenir coucher ce soir-là, je défis ma tente rapidement et retournai à l’auberge pour le déjeuner.

Je racontai mon histoire. Un ami me proposa de venir chercher les pistes. Il en trouva, effectivement.

J’étais sur le territoire du coyote.

*/*

Deux ou trois jours plus tard, tannée par le bruit incessant des vacanciers festifs, je cherchai sans succès un autre site où dormir dans le bois. Je compris aussi que c’était l’odeur de la pêche pourtant bien enveloppée qui avait sans doute attiré mon coyote.

Je résolus donc de retourner à la même place, mais sans fruit dans ma tente pour accompagner mon réveil. De toute façon, sachant le coyote curieux mais farouche, je n’étais plus vraiment inquiète. Je lui fis une petite offrande en pensée.

Il m’accepta et ne revint pas. Je fis quelques feux, surtout les premières nuits pour me rassurer et lui signifier ma présence. Je dormis paisiblement et ne rêvai pas de lui.

Et c’est ainsi que le coyote devint mon animal fétiche et que je cherchai une de ses dents pour honorer mon réveil.

Aouou! Aï-aï-aï-aï-a

*/*

Crédit photo: Mark William

Crédit photo: Mark William

Sons de coyotes

http://www.youtube.com/watch?v=0ga0i1FSXZQ

En complément de programme, poème de Mark William et son récit en musique de coyote:

http://www.youtube.com/watch?v=0ga0i1FSXZQ

 

Éco-F

Affiche du jour de la Terre 2014, tiré de la plateforme Unify http://unify.org/earthdayElle,
Blessée, Pansée
Am-put-ée Consolée,
Violée, Soulagée,
Inféodée, Libérée,
Déviargée, stérilisée, Enivrée, ensemée,
Polluée. Nettoyée

Elle,
Meurtie, Rafraichie
Blanchie, Rassainie
Vomie, Radoucie
Noircie, Reverdie
Trahie, Servie
Reniée, Fidèle

Elles,
Profanées, Sacrées
Exploitées, Écoutées
Écrasées, Révoltées
Dévastées, Vivifiées
Brutalisées, Encouragées
Ensanglantées. Purifiées
Enlevées, Unifiées
Battues, Fertiles
Agressées, Comprises
Tuées. Nées enfin.

Elles,
Affamées, Rassasiées
Interdites, Permises
Obéissantes, Transgressantes
Soumises, Insoumises
Impuissantes, Puissantes
Méchantes, Aimables
Hypocrites, Courageuses
Manipulatrices. Ouvertes

Elle,
Souillée, respectée
Corrompue, respectée
Empoisonnée, respectée
Infectée, respectée
Salie, respectée
Ravagée, respectée
Détestée. aimée

Elle,
Asséchée, fécondée
Contaminée, nourrissante
Infertile, fertile
Épuisée, gorgée
Piétinée, bénite
Inculte, cultivée
Conquise, pacifiée
Désolée, arrosée
Désertique, luxuriante
Volée, donnée
Accaparée. conservée

Elle, la Terre polluée dévore
La Mer acidifiée détruit
Réchauffée engloutit
Ses enfants

Elles, les femmes vénérées
Portent, enfantent, nourrissent, travaillent, apportent au monde

Nous lui appartenons

16-03-2013

Rimbaud1

Rimbaud, dessiné par Coussens, vers 1871.

Démocratie

« Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois étouffe le tambour.

« Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les révoltes logiques.

« Aux pays poivrés et détrempés! – au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires.

« Au revoir ici, n’importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce : ignorants pour la science, roués pour le confort, la crevaison, pour le monde qui va. C’est la vraie marche. En avant toute!»

Arthur Rimbaud (Illuminations), 1873-75

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Contexte : «Démocratie», poème écrit trois ans après la guerre franco-prussienne et le siège de Paris qui va provoquer la Commune de Paris comme 2e expérience de démocratie directe par le peuple, et quelques années après la loi sur la liberté de la presse de 1868 qui permet l’émergence publique de revendications économiques anticapitalistes. Ce poème a traditionnellement été interprété comme une critique du colonialisme. On peut ajouter qu’il est probablement aussi une allusion à l’échec de la Commune de Paris de 1871 qui durera  seulement 2 mois et demi, avant d’être écrasée dans le sang au cimetière du Père-Lachaise, non loin des récentes immenses et historiques manifestations en hommage aux victimes journalistes et caricaturistes de Charlie Hebdo, policiers et clients d’une épicerie juive de Paris, tués par des djihadistes français (2015).

Paris_XI_rue_Fontaine-au-roi_n17_plaque_communeDe nos jours, on peut toujours trouver ce poème encore immensément actuel!

Selon Wikipédia :

La Commune de Paris, «C’est la consécration du gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple : une démocratie directe reposant sur une citoyenneté active, renouant avec l’esprit de la constitution de 1793 qui fait du droit à l’insurrection « le plus sacré des droits et le plus imprescriptible des devoirs » (article XXXV de la Déclaration des droits de l’Homme de 1793, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793#Insurrection populaire : droit le plus sacré, devoir le plus indispensable).

La Commune de Paris ouvre la citoyenneté aux étrangers : « Considérant que le drapeau [rouge] de la commune est celui de la République universelle ; considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent… » Marie-Danielle Demélas et Alain Boscus.

Lien sur les caricaturistes de la démocratie : http://upge.wn.com/?query=hommage_%E0_charlie_&pagenum=2&language_id=1&template=cheetah-photo-search%2Findex.txt#/videos

Charlie Hebdo et Salman Rushdie

Source : ACAB Media

Traduction : «SALMAN RUSHDIE CONDAMNE LES ATTENTATS À CHARLIE HEBDO.

Forme médiévale de déraison, la religion, combinée aux armes modernes, devient un réel danger à nos libertés. Ce totalitarisme religieux a causé une mutation meurtrière au cœur même de l’Islam et aujourd’hui, à Paris, nous en voyons les tragiques conséquences.

Comme nous le devons tous, je soutiens Charlie Hebdo pour défendre l’art de la satire qui a toujours été pour la liberté et contre la tyrannie, la malhonnêteté et la stupidité. Le ‘respect de la religion’ est devenu un code convenu voulant dire ‘peur de la religion’. Les religions, comme tout autre concept, méritent la critique, la moquerie, la dérision et aussi, oui, oui, notre intrépide irrespect.»

LANCERS LÉGERS de DISQUE et PÊCHE-POÉSIE avec CLAVECIN…

 Anatoly Orlovsky et Ève Marie lancent leur nouveau disque de créations de poésie

et de compositions au clavecin.

« Soleils,

                       éclater

                                                           dans le ciel »

 

Mardi 17 juin 2014 à 19 h, au Café coop l’Artère, 7000 av. du Parc, Montréal

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Ève Marie, pendant l’enregistrement

Rencontre unique de la musique contemporaine au clavecin, de la poésie et du récit slamé ou récité : l’artiste interdisciplinaire Ève Marie Langevin et le compositeur et musicien Anatoly Orlovsky vous invitent à partager leur goutte d’eau, leur grain de sable à compte d’auteur.

Anatoly Orlovsky au clavecin fait  par le facteur Yves Beaupré

Anatoly Orlovsky au clavecin fait par le facteur Yves Beaupré

————————————————Leur cœur petite musique.

Sur leur disque, ils ont aussi invité deux talentueux artistes : le violoncelliste virtuose Claude Lamothe et la violoniste des Violons du Roy Michelle Seto à jouer deux pièces.

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Voir le rêveur de sa vie

                                                  Voir le rêve dans le réel

   Montrer le réel dans le rêve

 

… Entendre tous les soleils éclater dans le ciel

Sentir la vie se recomposer peu à peu

Voir venir les nouveaux risques

Ceux qui ne ressemblent à rien

Cesser de traduire constamment le passé

mais y rester relié dans le temps …

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Ève Marie au lancement. «Soleils, éclater dans le ciel»

Ève Marie au lancement. Crédit photo: Marc Savoy

Le disque est présenté en trois parties :

–          Lais pour oiseaux de cœur orange est constitué de trois compositions au clavecin d’Anatoly et de trois poèmes de Ève Marie (1), colorés, émotionnels, lyriques.

–          Le Fiel à la bouche est  un récit poétique et prophétique de fiction écrit par Ève Marie en 1995 (2). Elle y présente ici quelques extraits, accompagnée principalement au clavecin par Anatoly, mystérieux, puissants, spirituels.

 –          Cœur petite musique sont deux compositions d’Anatoly, deux poèmes de Ève Marie accompagnée par Claude Lamothe et par Michelle Seto, ainsi qu’une chanson autochtone de la Samie Mari Boine, interprétée par Ève Marie, parfois incantations, parfois berceuses, toujours rêveurs.

Anatoly Orlovsky au lancement. Crédit photo: Marc Savoy

Anatoly Orlovsky au lancement. Crédit photo: Marc Savoy

Pour Anatoly, son adoré instrument, construit avec amour et finesse par le facteur Yves Beaupré (à Montréal), est «un clavecin aimanté, corps-de-nerfs frissonnant d’amour∞fracture & partout ces fils d’éléctroparaffine mélodique pour tendre-vers… Chants de la sève qui s’altère : le clavecin-en-soi (néon ƪ chanvre) ou simulant sa simulation digitale ou un libre-cri de guitare électrique pixellisée – ces gouttes appellent un déluge d’agapé vert-tendre, les mots ‘toi, tu’ dicibles, à neuf, là où le pôle reverdit.»

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 Vous pouvez écouter ici quelques extraits de Soleils, éclater dans le ciel :

Merci à notre technicien, André Lafrance!

Lieu : http://artere.coop

À Montréal, notre disque est disponible pour l’instant chez le disquaire indépendant L’Oblique (coin Rivard et Marianne), et chez le libraire indépendant François Larocque La Boite à son, en face du cinéma du Quartier latin.

Il est disponible aussi sur commande sur ce site, en m’envoyant un message ici-bas, dans la section commentaires.

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Notices biographiques

Anatoly Orlovsky, compositeur montréalais dont les œuvres récentes furent créées en 2013 à la Chapelle Historique du Bon-Pasteur et en 2014 à l’Église Saint-Jean-Baptiste, a également enregistré trois disques de sa musique et s’est produit en 2010 au Studio-théâtre de la Place des Arts, où il a créé une œuvre de théâtre musical et littéraire d’inspiration nordique, intitulée « Wawaté, l’or des neiges », en collaboration avec la poète et performeuse Ève Marie Langevin, le violoncelliste Claude Lamothe et la poète innue Joséphine Bacon. M. Orlovsky, qui est aussi poète et photographe, travaille présentement sur un opéra de chambre et a écrit une trame sonore entendue en 2009 au Festival International des Films sur l’Art de Montréal.

Ève Marie Langevin est une artiste interdisciplinaire montréalaise, poète, enseignante du français langue seconde et… tricoteuse du peuple. Dans son travail de création, elle intègre la performance, le mouvement dansé, les arts martiaux, le slam ou la poésie et le chant, avec plus récemment la peinture gestuelle. Elle a donné un concert poétique au Studio-théâtre avec le compositeur et pianiste Anatoly Orlovsky et Claude Lamothe. Pour un hommage à la poétesse Marie Uguay, à la Maison de la culture Marie-Uguay, elle a aussi réuni autour d’elle un chœur de poésie, dirigé par le compositeur et musicien André Pappathomas. « Soleils, éclater dans le ciel » est son 2e disque, après « Arraché ».

Claude Lamothe est virtuose du violoncelle et compositeur de musique pour la télévision, le théâtre et le cinéma. Ancien membre de l’orchestre de chambre I Musici, nommé «révélation du Printemps de Bourges » en 1995, M. Lamothe s’est produit comme soliste au Carnegie Hall de New York, à l’Auditorium National de Madrid, au Concertgebouw d’Amsterdam.

Michelle Seto, violoniste canadienne et membre des Violons du Roy depuis 1992, s’est aussi produite comme soliste avec les orchestres symphoniques de Québec, Calgary, Vancouver et du Centre National des Arts à Ottawa. Mme Seto, formée à Londres et à l’Université McGill de Montréal, s’est distinguée comme lauréate du Concours de musique du Canada, du Concours CIBC et de celui de l’Orchestre symphonique de Québec.

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Écoutez nos entrevues média :

– Douteux.tv :  5 juillet, émission «SoloVox» no 69, avec Éric Roger http://www.douteux.tv/archives/id_emission-42-id_episode-2088-part-2

– Radio-Ville-Marie : 16 juin, émission «Premières loges», avec Alice Côté-Dupuis.

– CHOQ.ca : 9 juin 2014, la présentation approfondie et écoute de notre travail par le journaliste culturel Fabrice Marcoux : positionner le curseur @ 1:17:27

– CHOQ.ca : 21 juillet 2014, entrevue  avec Ève Marie, par Fabrice Marcoux.

– CHOQ.ca : 4 août 2014, entrevue avec Anatoly Orlovsky, par Fabrice Marcoux

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(1) Voir un extrait au https://evemarieblog.wordpress.com/2013/03/17/germination-manifestive-2/

(2) Voir quelques extraits à la fin de mon article https://evemarieblog.wordpress.com/2013/12/26/refusons-la-societe-de-surveillance-et-vive-edward-snowden/

 

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Facebook

Le centre de serveurs de Facebook, en Suède. «Le droit fondamental à une intimité sans encombre est rendu caduc par l’usage abusif des avancées technologiques par les États et par des entreprises dans leurs activités de surveillance.» Crédit photo : Agence France-Presse, Jonathan Nackstrand

[Voir l’extrait de mon récit poétique «Le Fiel à la bouche» à la fin du texte.]

Pour faire suite à mon article critique sur l’impact numérique dans l’éducation, (https://evemarieblog.wordpress.com/2013/07/23/quand-lindustrie-numerique-sabote-leducation) je veux relayer une information qui me semble essentielle : 562 écrivains de renom de 80 pays, dont 5 prix Nobel, ont récemment publié dans tous les grands journaux du monde une lettre qui s’adresse aux Nations Unies pour dénoncer la surveillance numérique institutionnelle et titrée :

« Refusons la société de surveillance! ».

Essentiellement, en plus de critiquer la violation du droit à la vie privée et de la Constitution par les États et des entreprises, ils réclament des Nations Unies une « déclaration internationale des droits numériques » :

«Le pilier de la démocratie est l’intégrité inviolable de l’individu. L’intégrité humaine s’étend bien au-delà du corps physique. Dans leurs pensées et dans leur environnement personnel et de communication, tous les êtres humains ont le droit à une intimité sans encombre. Ce droit fondamental est rendu caduc par l’usage abusif des avancées technologiques par les États et par des entreprises dans leurs activités de surveillance.

Une personne placée sous surveillance n’est plus libre ; une société sous surveillance n’est plus une démocratie. Pour rester valides, nos droits démocratiques doivent s’appliquer aussi bien dans le monde virtuel que dans le monde réel. La surveillance viole la sphère privée et compromet la liberté d’opinion.» Les 562 écrivains, 11-12-2013 (1)

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Depuis longtemps, je suis préoccupée par la confidentialité des communications sur Internet et la notion de vie privée dans un monde de plus en plus numérisé.

J’écris ici, je crois, un des mes plus étranges textes. J’ai l’air de sauter du coq à l’âne, mais à la fin, à vous de faire les liens… Je suis une pensée plus latérale que linéaire, une pensée que je découvre moi-même au fil de l’écriture…

Grosse parenthèse. Dans un récit que j’ai écrit en 1995 « Le Fiel à la bouche » (inédit) et dont l’action se passait dans un proche avenir, je mettais en scène une héroïne, Amanda, qui devient aveugle suite à une morsure d’un de ses serpents dont elle est amoureuse, et ce pendant une guerre du genre phase 2 postKoweit alors que des terroristes font sauter quelques églises de Montréal dans un climat de peur, de suspicion préfolie collective… Quand j’ai écrit ça, ce sont les éditeurs et mes quelques lecteurs qui pensaient que j’étais devenue un peu « guerlot », comme on dit par chez nous… On connait la suite… Septembre 2001. Au Canada, loi anti terrosrste donnant plus de pouvoir à la police et aux services secrets, suspension de certains articles de la Constitution pour certains prisonniers, et de plus en plus d’actes terroristes dans la population civile dans le monde, genre de nouvelle guerre larvée prenant pour cible au hasard des non-militaires, des passants des grandes villes … (2)

Malheureusement, la réalité est devenue pire que ma fiction… Cependant, je suis aujourd’hui plus optimiste qu’à l’époque (il y a 20 ans), je sens que le vent tourne enfin… mais c’est à chaque citoyen de souffler dessus pour qu’il gonfle définitivement et prenne vraiment son envol. C’est pour cela que j’écris moi aussi. Voici, en très bref, pourquoi.

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The Million March Man à Washington d.c., 1995

Dans le milieu des années ‘90, lorsque j’ai écrit « Le Fiel à la bouche », les technologies des fibres optiques commençaient à peine à être développées et Internet n’était pas encore connu dans le grand public. Le déclencheur de ce récit a été une nouvelle que j’avais enregistrée par hasard à la radio et relatant cette très grosse manifestation organisée par « Nation of Islam », un mouvement communautaire, politique et religieux américain (légal) musulman-noir, évènement appelé aussi « The Million Man March », à Washington. Cette «marche» n’était pas ouverte aux femmes ni aux blancs. J’avais été… disons… très… pertubée… impressionnée… dérangée… par cet événement.

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Malcom X, en 1964. Crédit Photo : wikipédia

Nation of Islam a eu Malcom X comme porte-parole et organisateur, dans les années ’50 au début ‘60 (mais il été assassiné par des membres de son Mouvement après avoir critiqué son association pour racisme à l’envers [contre les blancs], avoir quitté NOI et pour s’être intéressé à une autre branche de l’islam). L’Association est dirigée depuis 1978 par Louis Farrakhan. À l’époque, je ne me suis pas renseignée sur cette association pour écrire. Comme la plupart des citoyens, je ne réalisais pas la gravité de la tension entre musulmans et chrétiens qui se dessinait peu à peu; pour moi, c’était juste un (curieux) déclencheur.

J’avais plutôt choisi une écriture impressionniste, voire automatique et sans contredit surréaliste. Ce n’est pas ma tête qui a écrit, mais ma main et mon cœur. J’ai moi-même été surprise de l’étrange résultat qui en est sorti… C’était aussi l’avis des éditeurs que j’avais approchés pour sa publication… J’ai aussi soumis mon récit de « fiction » plusieurs fois  aux concours de Radio-Canada en tout ou en partie, mais sans jamais qu’il ne soit remarqué… et pourtant. L’actualité, 20 ans plus tard, me donna raison. Fin de la parenthèse.

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Edward Snowden

Edward Snowden, 2013. «Une question de conscience», «Mission accomplie», dit-il, “All I wanted was for the public to be able to have a say in how they are governed,” dans son interview au WP fin décembre 2013.

« Le programme baptisé MUSCULAR, et opéré avec l’homologue britannique de la NSA/FBI, le Governement communications headquarters, permet aux agences de renseignements de récupérer des données depuis les fibres optiques utilisées par les géants d’Internet, selon des documents obtenus auprès de l’ex-consultant de la NSA Edward Snowden. […] Ces interceptions mises en œuvre par la NSA auraient eu lieu en dehors des États-Unis, grâce à un fournisseur d’accès télécoms dont le nom n’a pas été révélé.» Le Devoir, 31-10-13. Nous saurons par la suite qu’il s’agit du fournisseur Verizon.

«Le chef de la NSA, le général Keith Alexander, interrogé sur les allégations du Washington Post lors d’une conférence à Washington, a assuré ne pas être au courant de leur publication.» Le Devoir, 31-10-13

«With assistance from private communications firms, the NSA had learned to capture enormous flows of data at the speed of light from fiber-optic cables that carried Internet and telephone traffic over continents and under seas. According to one document in Snowden’s cache, the agency’s Special Source Operations group, which as early as 2006 was said to be ingesting  »one Library of Congress every 14.4 seconds, » had an official seal that might have been parody: an eagle with all the world’s cables in its grasp.» Washington Post, 23-12-13

«La plupart de ces données, par définition et par destination, a appartenu à des gens ordinaires qui n’étaient soupçonnés de rien.» trad. du Washington Post, 23-12-13, sur le Réseau international.net*

«I said to you the only fear [left] is apathy — that people won’t care, that they won’t want change, he recalled this month.» Edward Snowden, Washington Post, 23-12-13

«Using PRISM, the cover name for collection of user data from Google, Yahoo, Microsoft, Apple and five other U.S.-based companies, the NSA could obtain all communications to or from any specified target. The [U.S.] companies had no choice but to comply with the government’s request for data.

NSA is watching youBut the NSA could not use PRISM, which was overseen once a year by the surveillance court, for the collection of virtually all data handled by those companies. To widen its access, it teamed up with its British counterpart, Government Communications Headquarters, or GCHQ, to break into the private fiber-optic links that connected Google and Yahoo data centers around the world.» Washington Post, 23-12-13

Concrètement, PRISM (4) utiliserait des «accès dissimulés»  dans les applications numériques des TIC installées par les citoyens ordinaires eux-mêmes (comme pour M. et Mme Patate dans la vidéo ci-dessous) dans leurs ordinateurs, téléphones, et tablettes du monde entier et acquises auprès des compagnies numériques qu’on croyait pourtant honnêtes et respectables… Voir l’explication du fonctionnement de cet espionnage du citoyen dans ce court vidéo d’animation, à l’humour caustique, fait par le journal Le Monde, en cherchant sur cette page la «famille patate» (3). On ne sait pas encore quelle est l’implication du Canada dans ce scandale, mais il est évident que les services secrets canadiens ont été impliqués, il reste à savoir comment et jusqu’à où…

Que peut-on faire à notre petite échelle ? Commencer par changer de moteur de recherche et de compagnie de courriel; un ami qui fait des sites Internet me conseille Ixquick, dont le siège social est au Pays-Bas. Personnellement, j’utilise le navigateur internet Mozilla Firefox qui est un logiciel libre, et plus facile d’utilisation que l’Explorer de Microsoft. Quitter tous les réseaux sociaux qui nous suivent à la trace, Faceb, Skype et consort : plusieurs ont été payés par la NSA pour qu’ils leur laissent accès à leurs données, selon le Washington Post (4). J’utilise aussi les services internet de mon ancienne université, l’UQÀM et je suis très satisfaite de leur excellent service à la clientèle. Toutes les autres techniques de résistance se trouvent dans un brillant article de A. Damasio «701 000 heures de garde-à-vue», dont la référence est dans les commentaires à cet article, ci-dessous.

À mon avis, dans un proche avenir se développera des coops sans but lucratif de services internet, seule manière de sortir de cette terrifiante logique du profit, du renseignement et du contrôle social à la G. Orwell (à relire : son chef d’œuvre «1984», écrit en 1949 en plein guerre froide, et revoir le très bon film de Terry Gillian «Brazil» basé sur son livre et sa relecture dans le film «La Matrice/The Matrix» de Andy et Lana Wachowski ).

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En effet, un de mes chapitres du Fiel à la Bouche (1995) faisait état en toile de fond des mésaventures d’Amanda, mais sans donner de détails, d’un scandale international ayant pour objet la fibre optique. Et dont les principaux protagonistes étaient jugés devant des tribunaux militaires! Je ne croyais pas si bien dire! Depuis ce temps, je me demandais bien ce que signifiait ce passage, et si un jour il se réaliserait et comment ? Quelle ne fut pas ma surprise 15 ans plus tard, en octobre dernier (2013), d’apprendre que la National Security Agency américaine (NSA) et l’agence d’espionnage britannique utilisaient les réseaux de… fibres optiques des Yahoo, Apple, Google, Facebook, Microsoft, Twitter, Skype et deux autres compagnies américaines pour se renseigner sur des innocents citoyens!!! Et que mon héroïne de récit de fiction serait en fait, un vrai héros américain en chair et en os, réfugié en Russie contre son gré… du nom d’ Edward Snowden !

Depuis le 22 juin, il est accusée par les États-Unis d’espionnage, de trahison, de vol et d’utilisation illégale de biens gouvernementaux. Lui se défend pour l’instant en disant qu’il n’a fait que suivre la Constitution américaine, que son intention est d’améliorer les processus de la NSA et de provoquer un débat public, non de nuire à son pays. Il dit suivre sa conscience en se dégageant de la «peur égoïste» des conséquences d’un tel geste de transgression du ronron technocratique, prétotalitaire, où l’omerta est de mise pour conserver ses privilèges… Voilà comment la corruption et la laideur se répandent à tous les niveaux de notre société… et que Snowden dénonce dans un geste d’éclat avec peu de précédents.

En décembre 2013, Snowden a donné un entrevue au Washington Post (5). Selon le journaliste-photographe Jean-François Nadeau, Snowden bénéficie maintenant d’un large appui populaire. Cependant, aperçu dans la blogosphère, des citoyens et surtout des hauts gradés qui ne peuvent croire un tel niveau d’idéalisme parce qu’ils ont perdus eux-mêmes cette grande qualité spirituelle ou qu’ils ont eu à faire des «compromis» avec leur intégrité (6). Ils cherchent des intentions cachées, le dénigrent, le salissent, technique bien connue pour détruire la réputation et l’attention qu’on donne à une personne. Il y a pourtant des êtres dont la conscience reste à ce niveau-là. Quand ils sont jeunes, ils prennent aussi plus de risques (7). Alors, que fera-t-il dans les 5 prochaines années de sa vie ? Ses nerfs tiendront-ils le coup de toute cette pression ? En attendant, un ami russe architecte de données me dit que Snowden travaille maintenant comme programmeur-vedette pour l’équivalent Facebook russe, Vkontacte. Il est évident qu’il ne pourra pas se cacher le reste de sa vie. Les États-Unis ont déjà reconnu les excès du programme. L’État négociera-t-il avec son ex-consultant ? Les pressions de l’opinion publique feront-elle la différence ? D’autres informations viendront-elles boucler la boucle de l’inacceptable et de l’intolérable ? C’est fou comme on s’est habitué à cela! Des événements comme celui-là viennent heureusement secouer l’aliénation et l’aveuglement tranquille de nos sociétés relativement confortables dans nos mensonges quotidiens…

Grâce à lui, on se dit qu’au moins le pouvoir judiciaire fonctionne encore dans ce pays, parce qu’un juge d’une cour américaine a pu statuer :

«On Dec. 16 [2013], in a lawsuit that could not have gone forward without the disclosures made possible by Snowden, U.S. District Judge Richard J. Leon described the NSA’s capabilities as “almost Orwellian” and said its bulk collection of U.S. domestic telephone records was probably unconstitutional.»[…] «The following day, an advisory panel appointed by Obama recommended substantial new restrictions on the NSA, including an end to the domestic call-records program.

“This week is a turning point,” said the Government Accountability Project’s Jesselyn Radack, who is one of Snowden’s legal advisers. “It has been just a cascade.”» Washington Post, 23-12-13

Finalement, Snowden a fait ses vœux de Noël au sujet de l’importance de la protection de la vie privée, juste plein de bon sens, qu’il a envoyés au Channel 4 et qui sont ici retransmis et traduits par le journal Le Monde (8).

Ed Snowden est un lanceur l’alerte. Il n’a pas mis la vie de personne en danger par ses révélations. Il a passé par des médias reconnus qui ont l’expertise pour vérifier, valider et révéler ce genre de scandale, en protégeant leur source. Il a mis sur la place publique un autre débat sur la démocratie et la transparence de l’État. Il a enfreint les lois de son employeur, mais il a respecté le 4e amendement de la Constitution américaine relatif au respect de la vie privée. En ce sens, sa transgression devrait être en majeure partie pardonnée. Il faudrait relire les conclusions du procès du Nuremberg sur le respect de sa conscience et de devoir moral, lorsqu’on reçoit un ordre de l’armée qui nous semble injustifiable. Néanmoins, sans être naïfs, prenons garde que cet éventuel pardon et ces nouvelles mesures que viennent d’annoncer le comité d’analyse de la NSA nommé par le président Obama pour desserrer les contrôles des services d’espionnage ne produisent pas le contraire que ce qu’elles sont supposées ouvrir.

Des compagnies privées numériques américaines ont aussi participé à cet espionnage moyennant argent, ce qui est très grave. Mais cet espionnage non étatique se faisait déjà pour le développement des affaires et le marketing de ces compagnies et il tend à se développer rapidement avec la mise en marché des innovations d’«objets connectés» (lunette, montre, bracelet, ‘mother’, vêtement intelligent, etc.). Ces nouveaux objets ne soulèvent pas seulement des enjeux légaux, mais des enjeux psychosociaux en mettant en place un genre de terrible surmoi culturellement orienté (américain, encore!) qui ferait retourner Freud plusieurs fois dans sa tombe…(9) Infantilisation, aliénation volontaire à vie ? Non merci!

cyber-surveillanceDans un excellent dossier spécial du journal Le Devoir du 11 janvier 2014, on apprend par le journaliste Fabien Deglise que «La question de la transparence est centrale dans le développement de ces technologies» dit Jonathan Roberge, de l’INRS. «Mais elle est aussi problématisée.» «Cette connectivité des objets ne va pas être contrôlée par des millions d’entreprises, mais par une oligarchie assez réduite à qui l’on est en train d’octroyer une capacité transformative faramineuse.» «Une dérive qui, selon le prof de droit Simon Chesterman, de l’Université de Singapour, commande désormais une nouvelle connexion, rapide cette fois, ‘sur plus de transparence’ de la part de ces multinationales […] peut-on lire  dans les pages numériques du Tech in Asia (10).

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Cildo Meireles, «zero dollar bill», 1978 : résister à l’oppression capitaliste

Heureusement, mon récit du Fiel à la bouche finit bien (ou mal, c’est selon) et j’ai l’étrange impression qu’il se réalise justement à ce moment-ci dans mon histoire de vie. En voici deux extraits : celui dont je vous parle plus haut et le final.

LE FIEL À LA BOUCHE (extrait, 1995)

-chapitre 23-

La crise internationale s’est calmée. On commence à parler de paix. J’habite maintenant aux appartements communautaires. Je travaille quelques heures par semaine pour le Centre de recherche énergétique. Grâce à ce que je perçois maintenant, je peux détecter facilement toutes les défaillances de leurs nouveaux systèmes électromagnétiques.

Peu à peu, les souvenirs de mon ancienne vie me reviennent. Tout le fil conducteur en devient évident. Au fur et à mesure que je raffine mon œil intérieur, la perception de mon propre mystère s’éclaircit. Je vois les pensées circuler de plus en plus clairement. Ce sont des lignes oblongues autour de moi qui finissent par former un réseau de lianes tressées très serrées. Elles m’empêchent de circuler à mon aise. Je vois comment j’ai aimé ma cage mais aussi combien elle m’a fait pleurer.

Peu à peu, je vois autour de moi comment le tressage de mes pensées laisse de plus en plus passer de fins rayons de lumière. Cela semble avoir un impact sur les gens autour de moi et même sur le lieu où j’habite. Les objets se brisent beaucoup moins souvent. Je sens une nouvelle chaleur. J’entends plus de rires. Les érables ne pleureront plus en avril.

-chapitre 24-

Il y a eu de gros changements au niveau des Réseaux Internationaux de câbles optiques. Certains Réseaux sont maintenant devant les tribunaux militaires. On commence à peine à comprendre ce qui a provoqué la guerre. Je suis cela de très loin, mais j’avais remarqué des interférences depuis longtemps sur certaines lignes numérales. Mais personne ne m’avait prise vraiment au sérieux.

Les paysages paradisiaques que j’imaginais lorsque j’étais jeune me reviennent à l’esprit de plus en plus souvent. Je me sens aussi légère qu’une plume au soleil. Même ma robe s’envole.

 Nous ferons pousser un jardin d’amarantes. Nous mangerons des écorces de serpents au soleil. Voici venir l’état de grâce.

-chapitre 26-

 Quand ils entrent au-dedans de mes rêves, nous mangeons des coquelicots rouges et ils font de la musique. Nous prenons seulement ceux qui repoussent facilement pour ne pas en manquer. On les reconnaît facilement car ils sont plus beaux que les autres. Nous buvons l’eau à la bouche et elle nous raconte son ivresse. Chacun de nos gestes se forme à la manière d’une prière suave au Soleil. Nous sommes dans l’ivresse de Dieu, tous réunis. Nous voyons la racine et la cime des arbres d’un seul coup d’œil. L’est et l’ouest se trouvent au même endroit. C’est toujours le jour et c’est toujours la nuit en même temps. Il faut cultiver la joie pour y rester.

Le bassin des larmes perpétuelles a été inauguré. Tous ceux qui ont envie de pleurer viennent s’y laver. Les cygnes nous regardent, amusés. Jamais œuvre humaine n’eut le pouvoir d’attirer tant de monde. La filée fait plusieurs fois le tour de la Terre comme un grand jardin électrique branché sur la même fréquence… vue d’une autre planète, la Terre a maintenant l’air d’une comète dans sa robe du dimanche matin.

 

FIN

extrait inédit de « Le Fiel à la bouche » 1995, Ève Marie Langevin,  bientôt en CD

(à la recherche d’un éditeur)

______________________________

(1) Voir la lettre complète au http://www.ledevoir.com/societe/justice/394827/refusons-la-societe-de-surveillance?utm_source=infolettre-2013-12-11&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Pour aller plus loin, il y a eu aussi un éditorial très inspiré dans le journal Le Devoir et une opinion très pertinente d’un professeur de gestion de l’Université McGill, Montréal : « Résister à la déshumanisation électronique du monde ». Voir http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/394954/appel-a-la-liberte

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/394956/resister-a-la-deshumanisation-electronique-du-monde

(2) Voir à ce sujet mon texte archivé de 2001 au https://evemarieblog.wordpress.com/2012/11/02/declaration-pour-un-monde-sans-guerre-et-sans-violence/

(3) http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/12/04/la-nsa-localise-pres-de-5-milliards-de-portable-par-jour-dans-le-monde_3525520_651865.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20131205-[titres]

(4) http://www.washingtonpost.com/world/national-security/nsa-paying-us-companies-for-access-to-communications-networks/2013/08/29/5641a4b6-10c2-11e3-bdf6-e4fc677d94a1_story.html

Plus de détails sur PRIM au http://www.lemonde.fr/international/infographie/2013/06/11/le-programme-prism-en-une-infographie_3427774_3210.html

(5) Voir son entrevue complète au http://www.washingtonpost.com/world/national-security/edward-snowden-after-months-of-nsa-revelations-says-his-missions-accomplished/2013/12/23/49fc36de-6c1c-11e3-a523-fe73f0ff6b8d_story.html ou en traduction française au http://reseauinternational.net/2013/12/26/edward-snowden-apres-des-mois-de-revelations-sur-la-nsa-dit-que-sa-mission-est-accomplie/

(6) Comme autres exemples croisés, il y a eu aussi aux États-Unis cette année, le soldat Bradley Manning qui a été reconnu coupable de la plus grande fuite de documents secrets aux États-Unis. Il a pris 35 ans de prison. Plus près de nous,  à une autre niveau, la fonctionnaire canadienne Sylvie Therrien a été congédiée et critiquée comme une paria pour avoir eu l’intégrité de révéler ce qui lui semblait contraire aux objectifs du programme d’assurance-emploi, soit des informations sur les quotas secrets du programme  du gouvernement fédéral. Dans leur campagne de soutien de 40,000 $ organisé par le Conseil national des chômeurs et chômeuses, une contributrice a écrit très justement : «Vous êtes un exemple de courage et d’intégrité à une époque de cynisme, de corruption, et d’individualisme… Bref, merci pour ce geste, vous êtes une femme remarquable.» Marie-S.

Au Québec, un autre lanceur d’alerte dans le domaine des syndicats de la construction et des fonds syndicaux de solidarité, associés au plan de pension (REER) à la centrale syndicale FTQ, est le très courageux Ken Pereira  (ex-directeur du local des mécaniciens industriels), alors qu’on vient d’apprendre à quel point les dirigeants de la FTQ-Construction étaient en contact avec le milieu criminalisé.

Les lanceurs d’alerte qui travaillent pour le bien commun devraient être mieux protégés par la loi, sans tomber dans la dérive des systèmes de délation tels que l’ont connu les pays communistes.

(7) Au Québec, nous avons vu et vécu de très nombreux exemples de ce genre de manifestation de l’être pendant le «printemps érable» de 2012.

(8) Vœux de Noël : http://www.lemonde.fr/technologies/video/2013/12/25/les-v-ux-de-noel-d-edward-snowden_4339825_651865.html

(9) http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/397064/nouveaux-gardiens-de-la-morale

(10) http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/397065/une-transparence-a-deux-vitesses

_____________________

MISE À JOUR

LA PRESSE (journal quotidien à Montréal) 20-01-2015 :

  • «Au Canada, le Centre de la sécurité des télécommunications a participé à cueillette.»
  • «Le groupe d’étude de la Maison-Blanche a conclu que la NSA était allée trop loin.»

__________

Voir aussi la Déclaration d’Ottawa sur la surveillance de masse au Canada.

J’ai mis aussi d’autres mise-à-jour dans les «commentaires» ci-dessous.

faith_spotted_eagle

[Mon poème-texte vient d’être publié dans la revue Possibles (automne 2013), disponible à la libraire de l’Université de Montréal]

Chant pour le monde. Capital câliss *1 !

À Anatoly Orlovsky

           ……………………

« On a décidé de faire la nuit / Pour une petite étoile problématique / A-t-on le droit de faire la nuit /

Nuit sur le monde et sur notre cœur /
Pour une étincelle / luira-t-elle / dans le ciel immense désert»
St-Denys Garneau

Faisons le point.
Le point-virgule ?Le point majuscule ?

Les poings levés,

Frappés par la destinée ?

______

Le chant de la bise

creuse son tunnel d’espoir

jusqu’à vous, nœud du monde

froid, sec, et puissant

jusqu’à la faille d’amour

qu’on trouve en fin de retour

jusqu’au peuple

qui connait la chanson et le vent

______

Une petite fourmi

canaille le sol

inlassable, turlupine

les jambes des fruits

épines dorsales du monde

avec tous ses couloirs d’air

qui tiennent nos pieds

si pesants

« Comme les craqués qui dansent
Sans savoir que l’heure avance »

Louis-Jean Cormier/Karkwa (2008, «La facade» CD «Le Volume du vent)

***

– « Quand la bise fut venue » Jean de La Fontaine

***

***

***

***

***

***

***

– « La fourmi n’est pas prêteuse » La Fontaine

 

 

 

 

 

1er mai

Un jeune homme

marche pieds nus

sur le tapis des bourgeons

du printemps

au Square Sir-George-Étienne-Cartier

______

Pendant ce temps,

des milliards de fourmis transportent

de colossales charges

sous ses deux pieds.

Et lui, qui me fait rêver,

à quoi pense-t-il ?

que transporte-t-il ?

______

Et moi qui le regarde

parce que je n’ai pas le nez fourré

sur mon cell,

qu’est-ce que je fais ?

______

Pendant ce temps

sous les fourmis,

mille trillions de litres de sève,

comme toujours depuis la nuit des temps

s’éveillent et montent partout partout

dans les arbres

Les vers montent aussi et sortent
pendant que la racaille du monde exploseenfin sous nos yeux hagards,

de jambettes à mensonges à coup de crosse

à coup                                    de fusil,

les capitalistes rampent

Mais qu’est-ce qui leur manque tant ?!

Eux qui ne sont même pas des vers

Parce qu’ils nous pompent l’air

Et font leur dernier tour de piste.

– « Eh bien, dansez maintenant.» La Fontaine «Plus il crée de la marchandise, plus l’ouvrier devient lui-même une marchandiseKarl Marx (1844) *2
« Défense d’afficher / tout ce qui ne fait pas/ vendre ou obéir » Paul Chamberland (1978)

« Faites l’amour, pas les magasins » graffiti vu à Montréal (2012)


« Mort aux couleuvres !» Claude Gauvreau (et autres signataires défendant Borduas contre les manœuvres de Molinari)

*/*

À Roland Giguère *4. Ceci n’est plus un poème. Combien de femmes filant nos T-shirts devront-elles encore mourir encore écrasées « comme des petites miettes de tofu *1 » ? Combien de vieillards perdront-ils toutes leurs économies à la faillite provoquée de la banque ? Combien d’autres jeunes en chômage, un sur deux dans plusieurs pays de la zone euro ? Combien d’arbres asphyxiés, combien de tireurs fous rejetés faudra-t-il encore et encore ? Combien d’ados suicidés par l’intimidation de leurs pairs ? Combien de trains déraillés dans tous les Lac-Mégantic de ce monde ?

Combien d’autres fins du monde quotidiennes ?

Combien d’autres mesquineries, manque d’amour répété à l’infini, petits gestes (répétés) inconscients, répétés sans cesse de génération en génération ? Combien, combien ?

N’y a-t-il pas de fin à l’infinie ritournelle de l’ego ?

__________________________

*1 Allusion en clin d’œil aux slogans des manifs du printemps étudiant de 2012 : «La loi 78… on s’en câliss!» ou «La police… on s’en câliss!»

*2 « Comme des petites miettes de tofu » L’expression est de l’artiste en arts visuels chinois Ai Weiwei. Il avait dénoncé la corruption et la négligence du gouvernement après le terrible tremblement de Terre au Sichuan en 2008, qui  avait enterré vivants 5000 écoliers, morts à cause des constructions de qualité médiocre. L’artiste, via son blogue a collaboré à une enquête citoyenne pour trouver le nom des disparus que le gouvernement refusait de rendre public, ce qui lui a valu, entre autres, d’être détenu par la police à l’aéroport de Pékin, et de voir ses œuvres saisies, d’être maintenu en isolation et interrogé dans un endroit secret pendant 90 jours. Heureusement, sa disparition a provoqué un tollé international, ce qui a forcé le gouvernement chinois à réagir.

*3 http://philia.online.fr/txt/marx_003.php

*4 Allusion à son poème «Pour tant de jours» (1956), mis en musique par Thomas Hellman, Écoutez-le au http://djrimbaud.tumblr.com/tagged/Roland-Gigu%C3%A8re

_____________________________

Pendant ce temps au parc,une petite fille donne le bout de son cornet

de crème à glace

à sa sœur

pendant que son frère tire la langue

sous son cornet

attendant impatiemment

la précieuse moisson.

– « J’ajoute que le réel vu n’est pas le seul réel qui soit qu’il n’est doué d’aucune supériorité qualitative » Claude Gauvreau, 1959 (Lettres à Borduas) – « Nous n’en avons pas fini avec l’impondérable » C. Gauvreau

Français : Phrase de Claude Gauvreau. Chaise e...

«Phrase de Claude Gauvreau»Chaise exposée publiquement à Québec devant la gare du Palais. (Photo credit: Wikipedia)

 

Capitalisme… « Communisme »…
Au tapis, câliss !Talismans piteux,

Meta tatas

Pita lisca.

Me ta kata

Me lisse pital !

Capich ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Épilogue des cœurs volants

Nous bâtissions des milliers

de cœurs volants

Nous cherchions juste

un peu plus de lumière

_____

Nous balbutiions dans

une vie pleine de failles

Nous trouvions quelquefois une

source qui nous ressemble

qui nous rassemble

Petites dans la rupture

_____

l’âme impure

– « Du règne de la peur soustrayante nous passons à celui de l’angoisse. Il aurait fallu être d’airain pour rester indifférents à la douleur des partis-pris de gaieté feinte…
« À ce règne de l’angoisse toute puissante succède celui de la nausée.
« Ne pas avoir la nausée devant les récompenses accordées aux grossières cruautés, aux menteurs, aux faussaires, aux fabricants d’objets mort-nés, aux affineurs, aux intéressés à plat, aux calculateurs, aux faux guides de l’humanité, aux empoissonneurs [sic] des sources vives.
« Ne pas avoir la nausée devant notre propre lâcheté…  « Devant les désastres de nos amours.
« La décomposition commencée au XIVe siècle donnera la nausée aux moins sensibles. Son exécrable exploitation maintenue tant de siècles dans l’efficacité au prix des qualités les plus précieuses de la vie, se révèlera enfin à la multitude de ses victimes : dociles esclaves d’autant plus acharnés à la défendre qu’ils étaient plus misérables. L’écartèlement aura une fin.

« L’écartèlement entre les puissances psychiques et les puissances raisonnantes est près du paroxisme [sic].» P.-É. Borduas, Refus global (1948)

– « le nouveau mode de production harmonique/ se constitue à travers l’effondrement du système capitaliste/ il l’emportera  par brusque mutation dès que les conditions seront favorables/ le Royaume est au-dedans de Nous » Paul Chamberland (1978)

 

« Épilogue des cœurs volants », poème mis en musique par Anatoly Orlovsky, 2009, pour notre spectacle au Studio-théâtre de la Place des Arts. [nde. partition et musique disponible sur https://evemarieblog.wordpress.com ]

« N’en finissent plus d’atteindre des rivières en eux

qui défilent charriant des banquises de lumière

des lambeaux de saisons    ils ont tant de rêves

 

Mais les barrières     les antichambres n’en finissent plus

Les tortures     les cancers n’en finissent plus

les hommes qui luttent dans les mines

aux souches de leur peuple

que l’on fusille à bout portant     en sautillant de fureur

n’en finissent plus

de rêver couleur d’orange » Marie Uguay (vers 1980)

Partition Coeurs volants

Partition des «Cœurs volants», musique : Anatoly Orlovsky, paroles : Ève Marie Langevin, 2010. Performé à la Salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, à Montréal

Effets 009

«Wawaté, l’or des neiges», avec Ève Marie Langevin, Claude Lamothe, Anatoly Orlovsky, Alain Dessureault et Joséphine Bacon. Salle Claude-Léveillée, Place des Arts, 2010

Ajout des archives de St-Denys Garneau (1937) :

«NOUS NE SOMMES PAS

Nous ne sommes pas des comptables
Tout le monde peut voir une piastre de papier vert
Mais qui peut voir au travers
si ce n’est un enfant
Qui peut comme lui voir au travers en toute liberté
Sans que du tout la piastre l’empêche
ni ses limites
Ni sa valeur d’une seule piastre
Mais il voit par cette vitrine des milliers de
jouets merveilleux
Et n’a pas envie de choisir parmi ces trésors
Ni désir ni nécessité
Lui
Mais ses yeux sont grands pour tout prendre.
» *4

 

Prologue

Renouveler les « sources émotives » et « assurer un complet épanouissement de nos facultés d’abord », comme le lançaient déjà Borduas et les Automatistes il y a 65 ans, ou « notre pratique/ c’est briser tous les cadres mentaux et matériels /qui ont conditionné notre existence » (Chamberland, 1978), cela me semble encore et toujours l’essence même de la (r)évolution qu’on avait oubliée… Tout le reste n’est que projections de nos propres insuffisances…

Défaire l’écran de fumée qui nous sépare des autres, cesser de « rêver la planète*5 » selon les conditionnements de la pensée, nous libérer de la peur, arriver au centre de soi pour parler, pour décider, ne plus contribuer à cet « horrible enfer de médisance »*5 sur les réseaux sociaux et ailleurs, prendre conscience de notre effet miroir les uns sur les autres*6 et puiser dans la réserve poétique sont les propositions pour les bases de notre postcapitalisme, dont on trouvera le vrai nom bientôt…

____________________________________

*4 Écoutez le poème au http://poesie100jours.wordpress.com/2013/03/14/jour-30-hector-de-saint-denys-garneau-extrait-de-regards-et-jeux-dans-lespace-quebec-1937/

*5 Selon les expressions de la tradition toltèque.

*6 Les recherches en neurologie et sur l’origine des langues grâce aux neurones miroirs sont très prometteuses.

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