Flag of La Francophonie Français : Drapeau de ...

Drapeau de la francophonie

Claude Hagège à la Conférence-débat "La F...

Claude Hagège (Photo credit: Wikipedia)

LANGUE FRANÇAISE. Dans la foulée du Forum de la langue française, le grand linguiste polyglotte Claude Hagège, habituellement chantre de l’enseignement des langues secondes dans le monde sert un avertissement sans équivoque sur le risque de ‘bilinguisation’ institutionnelle et collective, et dans le cas du Québec, qui sera suivie de l’assimilation. Le Devoir rapporte que pour Hagège :

«la Francophonie est ni plus ni moins ‘en guerre’ non pas contre l’anglais, mais contre une américanisation qui veut imposer une langue unique sous le couvert de la mondialisation». Il estime que, compte tenu des menaces spécifiques que l’anglais fait peser sur français au Québec, celui-ci ne devrait pas être enseigné trop tôt».  (1)

 

Ça prenait bien un Français pour venir nous rappeler de nous respecter nous-même. La loi 101 est là pour ça. Dans l’espace public et au travail, on parle français. C’est simple et c’est tout. Je suis encore traumatisée qu’au Centre des médias alternatifs, lors du Sommet des Amériques en 2001, la langue d’échange dans nos locaux n’était que l’anglais. On était justement là pour critiquer la mondialisation et la pensée unique et hop tout le monde à l’anglais, sans traducteur. Dans un événement international, l’anglais a bien évidemment une très grande place, mais dans ce contexte militant, c’était tout simplement choquant qu’il soit impossible de s’adresser à tous en français, sans qu’on ait pensé à des interprètes. À Occupons Montréal (OM), la semaine dernière, je voyais encore une affiche promo bilingue d’un projet OM. Aujourd’hui, un ami anglo me demandait gentiment de traduire mes communications pour un projet… sans réaliser l’énormité de sa demande. Il y a des cours de français gratuits dans les commissions scolaires pour ça. La réponse est clairement non, et je n’ai pas à m’excuser pour être ‘gentille’ avec mes amis anglos (qui comprennent d’ailleurs généralement mieux que certains francos la précarité de notre situation linguistique).

Au Québec, notre situation spécifique veut clairement dire que le bilinguisme des institutions (ville, gouvernements) est la 1ère étape d’une assimilation rapide en une ou deux générations à Montréal, deux ou trois dans le reste du Québec. La dernière fois que je suis allée magasiner un cellulaire au centre-ville de Montréal, un vendeur m’a demandé pour la 1ère fois de ma vie,  et ce sans aucune gène, «Do you speak english ?» Signe des temps.

Ève Marie, artiste, enseignante et linguiste

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(1) http://www.ledevoir.com/politique/quebec/353897/claude-hagege-s-oppose-a-l-enseignement-intensif-de-l-anglais

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