Tag Archive: écologie


Photo satellite du fleuve St-Laurent, de la Gaspésie et la Côte Est de l'Amérique du Nord

Photo satellite du fleuve St-Laurent, de la Gaspésie et la Côte Est de l’Amérique du Nord

Nous, les Québécois sommes engagés dans une situation sans issue au sujet des projets étrangers et locaux des hydrocarbures.

Ce manifeste pour l’Élan global me semble sérieux et essentiel. Je signe au http://elanglobal.org/apropos … même s’il est évident que nos signatures ne suffiront pas.

Fleuve St-Laurent-petrolier-ile-aux-coudres_SRCIci comme ailleurs, nous devons faire une profonde réflexion sur nos sources énergétiques, suite à l’annonce cette semaine par la revue scientifique américaine Science Advances qui a annoncé que la « 6e extinction de masse est en cours» ! (au cas où certains n’avaient encore remarqué…)

say-no-Trans-Canada-Energie Est
Plus de détails au http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/443312/biodiversite-l-humain-a-enclenche-la-sixieme-grande-extinction
et au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/06/21/lhumain-a-enclenche-la-6e-grande-extinction/

Aussi, les autochtones se regroupent dans le monde, veillent et agissent pour l’environnement et la protection de territoire : après-demain, jour de l’indépendance : http://26june.weebly.com/ :

«  The unification of all the independent sovereign indigenous nations is an opportunity to restore balance and harmony to Mother Earth, and to create a new era of peace, justice, spiritual renewal, cooperation and healing for all of our Human Family.»

Indigenous Nations rallied to protect Medecine Lake from industial sacle Geothermal desecration. California, march 2015. Source :http://bsnorrell.blogspot.ca

Indigenous Nations rallied to protect Medecine Lake from industial scale geothermal desecration. California, march 2015. Source :http://bsnorrell.blogspot.ca

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Manifestation à Cacouna contre le projet de port pétrolier de Tanscanada-pipeline sur le fleuve Saint-Laurent, 2014. En 2015, le gouvernement annule le projet.

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Source: revue Forces

Et vous ?

lesindignesduquebec

Élan global

Sophie Doucet Sophie Doucet

Les Indignés du Québec vous invitent à signer le «Manifeste pour l’Élan global» qui constitue un clin d’œil à l’héritage du Refus global.  Le 9 août 1948 était publié le «Refus global». Ce manifeste signé par 15 membres du groupe automatiste rejetait alors l’immobilisme de la société québécoise. Sa parution en 1948 provoqua une vive controverse au Québec. 

Aujourd’hui, le manifeste pour un Élan global est un clin d’œil à l’héritage du Refus global. L’Élan global se veut radical par ses idées et implore une transformation profonde du Québec comme l’ont fait les Automatistes il y a 67 ans.
Refus+global
L’Élan global n’est pas qu’un manifeste. L’Élan global est un collectif d’objectrices et d’objecteurs de conscience qui souhaitent se libérer des hydrocarbures et bâtir un monde juste et viable. C’est un mouvement de résistance à l’invasion systématique de notre territoire par les pétrolières et par de puissants intérêts financiers. Notre objectif est de…

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«La violence faite à la nature et la violence faite aux femmes sont la même.»  Yves Sioui Durand et Catherine Joncas, fondateurs et directeurs artistiques du théâtre Ondinnok au Québec

IMG_20150507_0001 (2)Depuis longtemps, je m’interroge sur les causes et sources profondes du patriarcat et de la domination de l’homme sur la femme partout dans le monde, sauf à de rares exceptions, et plus largement de la tendance humaine à la domination sur autrui, dont les femmes ne sont pas exemptes, il va sans dire (1). Progressivement, j’en suis venue, moi aussi, à la même conclusion, en observant les personnes derrière la pollution de la Terre-Mère. (2)

Le théâtre Ondinnok vient d’en proposer une vision puissante dans leur plus récente pièce proposée dans le cadre de l’événement Printemps autochtone d’art «Un Monde qui s’achève – Lola» à la Maison de la culture Frontenac à Montréal.

IMG_20150507_0001Lola2_théâtre OndinnokComme le relatait cette semaine Yves Sioui Durand, lors de leur conférence performative post-pièce, la plupart des nations autochtones des Amériques ont comme mythe fondateur une histoire entre le Soleil et la Lune (3). Les Selk’nam de la Terre de Feu au sud du Sud, là où commence et finit le monde au détroit de Magellan, raconte comment (si j’ai bien compris) au début des temps, les hommes ont voulu s’approprier le pouvoir dominant des femmes. L’un a poursuivi l’autre jusque dans le ciel, le mâle devant Soleil et la femelle Lune.

Selk'nam, à gauche costume et maquillage pour le rituel du Haïn, à droite maquillage des Shoorts, sorte de police et de gardien du territoire  dansle rituel du Haïn

Selk’nam, à gauche costume et maquillage pour le rituel du Haïn. À droite, «clown sacré» maquillage des Shoorts, sorte de police et de gardien du territoire, également responsable de réprimer les femmes insoumises. Dans le rituel du Haïn, lors de leur dernier rituel avant leur extermination en 1923, Terre de Feu. Crédit photo: Anne Chapman. Dans la pièce d’Ondinnok, on raconte comment l’un d’entre eux brula la vulve d’une femme infidèle qui avait profité de l’absence des chasseurs pour coucher avec tous les jeunes hommes de la tribu. Ce rituel n’est pas sans faire penser à celui de la lapidation des femmes infidèles ou prostituées dans la Bible et dans les traditions musulmanes. Bien sûr, l’homme infidèle, lui, est rarement inquiété, habitude acquise probablement quand les hommes ont compris leur rôle dans la procréation pour «protéger» leur lignage et leur descendance… et qui fonda, peut-être, le patriarcat.

S’inspirant de la thèse de l’ethnologue et anthropologue Anne Chapman dans son dernier livre (4), la pièce d’Ondinnok «Un monde qui s’achève – Lola» donne à voir et à sentir la nation Selk’nam qui avait ritualisé ce mythe pour assoir définitivement le pouvoir des hommes avec une cérémonie rituelle et initiatique appelée Haïn. Pour Catherine Joncas et  Yves Sioui Durand d’Ondinnok, la racine du théâtre, dont l’essence même est de révéler le double, est chamanique.

Angela Loij et une des dernières femmes de la nation Selknam vers 1964. Crédit photo: Anne Chapman

Angela Loij et une des dernières femmes de la nation Selknam vers 1964. Crédit photo: Anne Chapman

Chapman a rencontré en 1964 Lola Kiepja et Angela Loij pour connaitre et transmettre les savoirs et la mémoire de cette nation alors en voie d’extinction. À son tour, Ondinnok a rencontré Chapman en 2004 et leur projet de théâtre s’est lentement développé jusqu’en 2015.

Livre d'Anne Chapman (2008) et photo de Lola Kiepja, 1964.

Livre d’Anne Chapman (2008) et photo de Lola Kiepja, 1964.

Dans le Haïn, les jeunes hommes étaient invités à entrer dans un tipi avec les anciens. Ils ressortaient de là couvert de sang en disant aux femmes qui chantaient autour qu’ils avaient eu de nombreuses relations sexuelles avec Xalpen personnage féminin mythique assez terrible de leur spiritualité. Comme celui du Mexique par exemple, là où il a tant de féminicides : la chorégraphe de la pièce, d’origine mexicaine Leticia Vera a bien mis cela en mouvement. La longue pause sur image, au retour de l’entracte reste imprégné dans notre mémoire : des comédiens habillés en Shoorts et leur costume masqué conique, face au public, se tiennent debout, immobiles devant des femmes couchées à leurs pieds, immobiles aussi, comme mortes victimes de violence. On pense à toutes ces femmes, et en particulier à cette vague (?) de femmes autochtones violées, tuées ou disparues dans l’Ouest canadien et aussi au Québec (5). C’est le cœur serré devant cette image saisissante qu’on attend le retour de l’action. Xalpen, à la sexualité insatiable, était liée à la Lune. Devant des femmes effrayées par une telle scène, les jeunes hommes nouvellement initiés tiraient désormais leur pouvoir sur elles. Très tôt dans l’histoire humaine, l’humain a voulu codifier les rapports hommes-femmes dysfonctionnels, jugés une menace pour les sociétés basées sur la survie, dans leur fonction, notamment, reproductive.

Anne Chapman, ethnologue et anthropologue franco-américaine, vers 2004

Anne Chapman, ethnologue et anthropologue franco-américaine, vers 2004

Lola la chamane a révélé à l’anthropologue Anne Chapman (4) que le Haïn était mis en scène par les hommes et qu’il n’y avait pas de relations sexuelles comme telles. Si cette violence ritualisée servait également à réfréner les pulsions masculines violentes et à protéger, d’une certaine façon, les femmes de leurs excès, elle servait aussi à établir un contrat social clairement inégalitaire d’où les femmes étaient exclues. Nous savons que ce type de relations psychosociales n’est pas le modèle de toutes les nations autochtones, notamment chez les Iroquois où les femmes jouent un grand rôle dans le processus de décision pour le groupe. Lola a aussi légué à l’humanité les derniers chants chamaniques Selk’nam qu’on peut écouter notamment au http://www.folkways.si.edu/lola-kiepja/shaman-chant-no-1/american-indian-world/music/track/smithsonian

Cependant, comme cette société Selk’nam, en harmonie avec la nature, est pourtant inégalitaire, on comprend mal encore le lien que les créateurs d’Ondinnok font dans le titre de cet article entre patriarcat et pollution de la Terre-Mère. Je désire inviter à nouveau les auteurs de cette pièce à préciser leur pensée et leur démarche dans la revue Possibles, dans le cadre de ma préparation pour le numéro sur les nouvelles mouvances autochtones. Plus de détail au https://evemarieblog.wordpress.com/2014/10/12/appel-de-textes-de-creation-sur-la-terre-pour-possibles/

Cette nation a été décimée par des politiques de génocide, par les chercheurs d’or et les éleveurs de moutons à la Terre de Feu mais leur mémoire reste, grâce à Chapman puis à Ondinnok. Et, parait-il, des Argentins et des Chiliens, après des années de honte, se réclament de descendance Selk’nam.

Performance inspirée des Selk'nams par Deviantart au Chili. Crédit photo: Victor Andres Ojeda P.

Performance inspirée des Selk’nams par Deviantart au Chili. Crédit photo: Victor Andres Ojeda P.

Cette photo n’est pas sans faire penser à la Ma-nufestation des étudiants lors du printemps érable à Montréal, en 2012. Un inconscient collectif s’est-il manifesté, quand on sait que 70% des Montréalais de souche ont de très lointains ancêtres autochtones datant des tous débuts de la colonisation française… comme l’affirme notamment l’historien Denys Delage dans le film «L’empreinte», voir au https://www.youtube.com/watch?v=pRYg7cP1RQM.

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Printemps érable 2012 «Ma-nufestation». Manifestation étudiante le 8 juin contre le Grand Prix de F1 de Montréal : «Notre nudité exprime notre volonté de transparence».

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Printemps érable 2012 «Ma-nufestation».

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(1) Petite anecdote de ce genre de rapport de pouvoir détestable au quotidien : juste après avoir fini d’écrire cet article, je sors en bicyclette faire quelques courses. Au stop, j’arrive en même temps qu’une voiture de la rue transversale, je ralentis et arrête une seconde en équilibre sur ma bicyclette pour voir s’il va me laisser passer. Au moment où je démarre lentement avec difficulté, car je suis en 12e vitesse, l’automobiliste me klaxonne et me fait signe de passer… mais plutôt comme une tape d’impatience avec sa main, geste d’une grande incivilité, l’air de dire… débarrasse au plus criss, je suis pressé MOI. Je me retourne, insultée, et lui lance : «c’est quoi ton problème ?» (j’ai fait mon stop normalement, puis j’ai redémarré). Il me répond en criant : toé, traverse pis ferme ta gueule!»… Je me sens salie, je souffle fermement avec ma bouche pour me débarrasser de cette mauvaise énergie… Heureusement arrivée au supermarché, un beau gentil jeune homme m’offre gentiment une dégustation de fromage et de vin rosé, dont une partie ira au cancer du sein. Nous bavardons un instant… le temps d’oublier ce fâcheux mais banal incident, d’un type de violence devenue trop quotidien. Depuis que je me suis fait renversée par une voiture l’automne dernier, je suis plus prudente avec les voitures et j’ai plus peur de ces bolides… Justement j’avais besoin de vin, j’achète celui-là, le remercie puis avance dans l’allée. Je l’entends en arrière, je me retourne : il me sourit encore, et insiste : merci madame, merci… sans que je sache trop pourquoi… L’équilibre est rétabli.

(2) Voir notamment mon poème Éco F au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/03/08/eco-f/

et mes poèmes publiés dans la revue Possibles au http://redtac.org/possibles/2014/07/17/nous-sommes-je-je-suis-nous/

(3) Dans la nation inuite au nord du Québec et du Canada, l’artiste chanteuse et conteuse Laakkuluk W. Bathory est aussi une artiste très engagée à Iqaluit. Elle est présidente d’un groupe pour l’ouverture d’un centre de performances culturelles. Elle raconte, entre autres, un mythe important de la culture inuite, celui la Lune et du Soleil : https://www.youtube.com/watch?v=Y0fPa9-s96g

Au contraire du mythe des Selk’nam et de la fondation occidentale dans la mythologie grecque, les Inuits ont un pôle solaire féminin (sister) et un pôle lunaire masculin (brother). Intéressant, non?

(4) Son livre testament où elle prouve que les Selk’nam avait un véritable théâtre : Quand le soleil voulait tuer la lune, Rituels et théâtre chez les Selk’nam de Terre de Feu, éd. Métaillé, 2008.

(5) Voir https://evemarieblog.wordpress.com/2015/01/15/encore-une-femme-autochtone-disparue-lynn-esther-iserhoff/

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Éco-F

Affiche du jour de la Terre 2014, tiré de la plateforme Unify http://unify.org/earthdayElle,
Blessée, Pansée
Am-put-ée Consolée,
Violée, Soulagée,
Inféodée, Libérée,
Déviargée, stérilisée, Enivrée, ensemée,
Polluée. Nettoyée

Elle,
Meurtie, Rafraichie
Blanchie, Rassainie
Vomie, Radoucie
Noircie, Reverdie
Trahie, Servie
Reniée, Fidèle

Elles,
Profanées, Sacrées
Exploitées, Écoutées
Écrasées, Révoltées
Dévastées, Vivifiées
Brutalisées, Encouragées
Ensanglantées. Purifiées
Enlevées, Unifiées
Battues, Fertiles
Agressées, Comprises
Tuées. Nées enfin.

Elles,
Affamées, Rassasiées
Interdites, Permises
Obéissantes, Transgressantes
Soumises, Insoumises
Impuissantes, Puissantes
Méchantes, Aimables
Hypocrites, Courageuses
Manipulatrices. Ouvertes

Elle,
Souillée, respectée
Corrompue, respectée
Empoisonnée, respectée
Infectée, respectée
Salie, respectée
Ravagée, respectée
Détestée. aimée

Elle,
Asséchée, fécondée
Contaminée, nourrissante
Infertile, fertile
Épuisée, gorgée
Piétinée, bénite
Inculte, cultivée
Conquise, pacifiée
Désolée, arrosée
Désertique, luxuriante
Volée, donnée
Accaparée. conservée

Elle, la Terre polluée dévore
La Mer acidifiée détruit
Réchauffée engloutit
Ses enfants

Elles, les femmes vénérées
Portent, enfantent, nourrissent, travaillent, apportent au monde

Nous lui appartenons

16-03-2013

La revue québécoise Possibles prépare trois numéros sur :

  1.  Les stratégies de résistance aux abus des minières québécoises, date limite passée, lancement le 9 septembre 2015
  2. Le problème des pétrolières, date limite passée,lancement en octobre 2015
  3.  Les nouvelles mouvances des Autochtones, Métis et Inuits, date limite : essais, témoignages, recherches, poèmes : 30 septembre 2015

    Manifestation d'Idle no more à Victoria

    Manifestation d’Idle No More à Victoria, B.C. Canada

«On entendait partout dans les tentes, dans les cabanes, au poste, à la maison en soirée : «Les animaux fuient, il y a trop de bruit. Les tracteurs puent, souillent la terre, leur font peur. Il y a trop d’hommes dans la forêt. Il y a des routes partout. C’est un sacrilège. Nous ne pouvons pas les laisser faire.» Michel Noël «Miguetsh!» (2014)

En tant que responsable de la section poésie/création, je recherche des poèmes (aussi chansons, très courtes nouvelles, textes d’artiste, illustrations, photos), d’ici le 1er décembre 2014 sur le thème plus large de la terre, sa protection/exploitation, sa beauté, etc. dans le cadre d’un numéro sur les minières québécoises. De plus, nous ferons en 2015 un numéro sur les nouvelles mouvances autochtones et inuit au Québec/Canada.

Nous cherchons de courts textes genre essai ou témoignage de militant.e.s autochtones ou autres qui aimeraient relater par écrit leur expérience, vision ou donner de l’info sur leur action/cause, pour qu’on puisse en garder une mémoire. On cherche aussi de la poésie et paroles de chansons autochtones pour ce numéro et des photos d’œuvres d’art contemporain. Nous nous intéressons à des sujets comme les actions pour l’environnement en territoire autochtone/Grand Nord, militantisme citoyen contre les compagnies pollueuses et destructrices ou le Plan Nord, métissage et débat identitaire, luttes de pouvoir entre autochtones, panindianisme, réseaux sociaux, réappropriation territoriale et culturelle, urbanité, éducation et didactique de l’empowerment, féminisme; violence faite aux femmes/enfants, femmes assassinées et disparues, Idle No More, création film et vidéo, prise de parole des jeunes, documentation de la vie autochtone (comme par exemple témoignage écrit d’une grand-mère sur sa vie quotidienne dans une réserve ou certains rituels ou spiritualité), culture, travail des artistes et artisans et auteurs contemporains et sur les mythes fondateurs (comme par exemple la légende et prophétie anishnabe du 7e feu), dé/postcolonialisme, pensionnats & Pardon, nouveaux programmes collégial et universitaire pour les autochtones, école ou garderie avec projets spéciaux, déportation inuite, massacre des chiens, cercles de guérison.

Et tout autre sujet que vous estimez pertinent sera considéré avec la plus grande attention.

DATE LIMITE (1re version ) pour ce numéro : 1er AOÛT 2015. Version définitive : 30 SEPTEMBRE 2015.

Nous attendons vos propositions en m’envoyant un commentaire ci-dessous. Nous aimerions que ce numéro soit principalement une prise de parole par les autochtones et les Inuits, que vous nous parliez de vos visions, expériences, sentiments, recherches universitaires ou personnelles, de vos créations et besoins pour le futur. Que ce numéro soit un reflet varié, voire polémique, du devenir des premiers peuples au XXIe s. d’un présent à la fois issu du passé et tourné vers le futur. Une plongée, une sortie, un lien, un désir de mieux se connaitre, pour faire suite à mon expérience de MITSHETUTEUAT au printemps dernier (voir mon blogue https://evemarieblog.wordpress.com/2014/04/11/mitshetuteuat-cercle-de-parole ). Pour que nous soyons plusieurs à marcher ensemble. Il serait intéressant d’avoir, par exemple, des témoignages comme ceux-ci, dans le sillage de la Commission de vérité et réconciliation : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2013/04/25/001-pensionnats-autochtones-survivants.shtml Ou encore un texte sur le colonialisme comme celui de Widia Larivière d’Idle No More, par exemple : http://quebec.huffingtonpost.ca/widia-lariviere/lettre-ouverte-a-denise-bombardier_b_6616006.html

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La revue Possibles a été fondée dans les années ’70 entre autres par les poètes Gaston Miron et Gérald Godin et le sociologue Marcel Rioux. Possibles est une revue montréalaise progressiste et pluraliste, dont les principaux objectifs sont l’égalité entre les hommes et les femmes, l’environnementalisme, l’appui aux mouvements citoyens et altermondialistes. La revue est publiée en format papier et sur Internet. Possibles souhaite approfondir une critique radicale du monde capitaliste, tel qu’il se présente actuellement. Cette critique devrait nous conduire à construire un nouvel imaginaire social destiné à remplacer celui qui nous domine. La revue est actuellement dirigée bénévolement par des profs et des étudiants en sciences po de l’Université de Montréal et par des citoyens et poètes engagés. Pour plus de détails, communiquer dans ma boite de commentaires ci-dessous. Pancarte manif LeterritoireresposanbilitedetouslesQuebecois-02

Comme l’a écrit Marcel Rioux dans notre 1er numéro en 1976, il s’agit de penser autrement la société : « la recherche des possibles passe par l’étude des pratiques novatrices et par celle qui contribuent à déstructurer la société capitaliste et particulièrement celle du Québec dominé ».

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Plus d’info au : http://redtac.org/possibles/category/laccaparement-des-terres-planete-pas-a-vendre-vol-37-no-3-ete-2013/

la rivière Saguenay

… la majestueuse rivière Saguenay au Québec

Photo Vincent-René

MITSHETUTEUAT, les grands-mère du cercle de parole écolo-autochtone, Chaufferie à l’UQAM, avril 2014. Photo crédit: Vincent René

Indigenous rigths révolution«Le Kitshimanitou nous a donné … «Le Kitshimanitou nous a donné comme responsabilité à nous les Anishnabés, d’être les gardiens de la Terre. C’est ce qui donne un sens à notre vie.» Michel Noël, dans son roman «Miguetsh !»

MontrealDayAgainstOpenPitMining-01crop

Montreal day against open pitmining, manifestation contre les mines à ciel ouvert, Montréal, 2014

Justice for Murdered and missing women (3)

Je relaie ici un communiqué du groupe Refusons les compteurs.

affichette_refus_compteursSAMEDI 14 JUIN 2014

MANIFESTATION CANADIENNE CONTRE LES COMPTEURS ÉLECTROPOLLUANTS

Rassemblement pour le retrait des compteurs de nouvelle génération et lancement de la campagne « Je porte le cœur blanc ».

Le regroupement Refusons les compteurs invite tous les citoyens à manifester à Montréal, le samedi 14 juin 2014 pour demander au premier ministre du Québec, Monsieur Philippe Couillard, un décret visant l’arrêt du déploiement des compteurs émetteurs de radiofréquences (RF), l’abolition des frais de retrait et l’option de conserver le compteur électromécanique.

À cette occasion, la campagne « Je porte le cœur blanc » sera lancée. Cette campagne vise, entre autres, à établir des zones blanches, des espaces libres de radiofréquence servant de refuge pour les personnes électro-hypersensibles (EHS). ( voir le documentaire Cherche zone blanche désespérément )

Lieu : Parc face au 901 rue Square Victoria, Montréal
De 12 h 30 à 14 h : Animation. Bouffe de rue (camions ambulants). Distribution de cœurs blancs.

Départ de la marche :  Square Victoria (Place du peuple) à 14 h (Montréal)
Point d’arrivée : Bureau du Premier Ministre, Conseil exécutif, 770, rue Sherbrooke Ouest.

Faites la promotion de l’événement:

Diffusez le clip publicitaire

Imprimez et distribuez tracts et affichettes

Participez à la campagne de levée de fonds

Votre présence fera la différence!!!

Sincères REMERCIEMENTS  à celles et ceux qui ont participé à la manifestation du 12 avril dernier à Montréal.
Nous étions plus de 500!!! WOW!!! voir la vidéo

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Les citoyens sont invités à faire parvenir leurs témoignages à la Régie de l’énergie concernant l’abolition des frais de retrait.

Les témoignages quant au caractère injuste et inapplicable de l’option de retrait sont importants pour obtenir l’abolition totale des frais de retrait. (ex : compteurs groupés, exposition aux rayonnements de compteurs de voisins, incapacité de payer des personnes malades et à faible revenu, etc.).

Nous vous invitons tous les citoyens à faire parvenir leurs observations à la Régie de l’Énergie. Toutes ces observations seront publiées officiellement et rendues publiques sur le site de la Régie de l’énergie et devront être prises en compte dans les prochaines décisions.

  • Le dossier tarifaire R-3854-2013 phase 2 traitera de l’Option de retrait. Date limite pour faire parvenir votre témoignage : 7 juillet 2014

Il faut écrire à :

greffe@regie-energie.qc.ca

Objet : à verser au dossier R-3854-2013 phase 2 (observations)
Vous pouvez lire les exemples d’observations déjà publiées à ces adresses :

http://publicsde.regie-energie.qc.ca/_layouts/publicsite/ProjectPhaseDetail.aspx?ProjectID=222&phase=2&Provenance=D

Les audiences publiques sont prévues pour le 17 juillet 2014

Refusons les Compteurs

http://refusonslescompteurs.wordpress.com/actions/petition/

Carcasse de baleine bleue à Terre-Neuve     Photo : Courtoisie de Jeremy Crocker

Carcasse de baleine bleue à Terre-Neuve Photo : Courtoisie de Jeremy Crocker

On apprenait cette semaine que plusieurs baleines mortes s’étaient échouées sur les côtes de Terre-Neuve. Une baleine qui meurt, c’est dans l’ordre des choses. Mais comment se fait-il que plusieurs baleines meurent comme cela ? Les médias (1) et les habitants de la place se préoccupent surtout des dérangements d’odeur et autres et problèmes éventuels de tourisme. Oui, c’est très «em-bêtant», mais y a-t-il quelqu’un de sensé qui s’inquiète pour les baleines et l’impact de l’humain sur elles ? Y a-t-il quelqu’un de sensible et de lucide qui voit clairement la relation entre la vie humaine et la vie des baleines, voire la vie tout court?

Quand le sang de la Terre-Mère devient pollué, tous les êtres vivants de la terre, de la mer et de l’air s’en ressentent néfastement disent les Mohawks du Québec. Parlant de «democrapitalism», le secrétaire du Mohawk Traditonal Council de Kahnawake (situé en banlieue de Montréal), Stuart Myiow écrit récemment que :

«As we are the end of this destructive male dominant behavior, it is easy to determine that the primary result of this contagion is the destruction of all life upon the body of our Mother Earth. As within a human body, if this blood is poisoned the entire body will die. The whole world has bared witness to the human contamination or the Earth’s water, leaving all living without access to the most fundamental necessity to life itself. The cause of the ‘death of water’ is a multi-generational behaviour that our grandparents, our parents and that we ourselves carry out to this day. We many wonder how the destruction of this most crucial element has happened, yet all we have to do is look at our conduct in every aspect of our lives and we find that we are culprits of this most heinous crime against all creation, the crime of killing our Mother Earth through the gradual poisoning of her lifeblood.» (2)

Herman Melville (1819-1891)

Le romancier américain Herman Melville (1819-1891)

Comme dans le célèbre roman de Melville «Moby Dick» (1851), Ismaël, seul survivant d’une chasse à la baleine, flottant sur un cercueil, sera-t-il l’image contemporaine symbolique de l’humain flottant à la dérive vers la mort certaine, faute d’avoir compris sa relation de protecteur yin et non de dominateur yang des autres espèces vivantes de la Terre ? La bible, qui a servi d’inspiration à Melville, donne-t-elle ce thème et questionnement métaphysique universel qui dépasse largement notre époque avec l’histoire de Jonas ?

Dans Moby Dick, Achab, le capitaine du bateau-baleinier «Le Pequod» (qui porte le nom d’une nation autochtone disparue de Nouvelle-Angleterre (USA),  incarnant pour Melville le versant tragique de l’individualisme américain, parle ici :

«La prophétie disait que je serai démembré… Eh ! oui ! j’ai perdu cette jambe… Maintenant, moi je prédis que je démembrerai celui qui m’a démembré.»

Gravure de Moby Dick

Gravure de Moby Dick

Toutes deux métaphores de la classique lutte duelle dans une chasse finale entre le bien et le mal et dans la recherche aveugle du profit (3) et de la vengeance, ces récits héroïques d’une lutte à finir entre la vie et la mort entre deux protagonistes qui s’ignorent reflètent-ils l’orgueil et l’arrogance écologiques dans lesquels les humains, pourtant part de la nature et de la culture, sont tombés ?

Achab dans sa lutte finale contre Moby Dick

Achab dans sa lutte finale contre Moby Dick

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(1) Voir http://ici.radio-canada.ca/emissions/l_heure_du_monde/2013-2014/chronique.asp?idChronique=336427

+ Entrevue audio à Radio-Canada : http://ici.radio-canada.ca/emissions/lib_radio/v3.2/incpages/pop_indexeur.asp?idMedia=7073868&appCode=medianet&time=2300&json={%22idEmission%22:%223472613%22,%22Date%22:%222014/04/29%22,%22numeroEmission%22:%224468%22,%22urllabase%22:%22/emissions/l_heure_du_monde/2013-2014%22}

(2) «Comme nous sommes le résultat de ce comportement mâle dominant destructeur, il est facile de déterminer que le résultat principal de cette contagion est la destruction de toute vie sur le corps de notre mère la Terre. Comme l’intérieur d’un corps humain, lorsque le sang est contaminé, l’ensemble du corps va mourir. Le monde entier a vu cette mise à nue qui témoigne de la contamination humaine des eaux de la planète, laissant tous les êtres vivants sans accès à la nécessité la plus fondamentale à la vie elle-même. La cause de la ‘mort de l’eau’ est un comportement multi-générationnel que nos grands-parents, nos parents et nous-mêmes avons mené jusqu’à ce jour. On peut se demander comment la destruction de cet élément le plus crucial s’est avérée, mais tout ce que nous avons à faire est de regarder notre conduite dans chaque aspect de nos vies – et nous constatons que nous sommes coupables de ce crime le plus odieux contre la création, le crime de tuer notre Mère la Terre par l’empoisonnement progressif de sa force vitale.»

(3) À l’époque, les lampes à l’huile éclairaient les maisons grâce à l’huile de cachalot, une industrie très lucrative.

LIEN intéressant : http://agora.qc.ca/dossiers/Herman_Melville

Affiche du jour de la Terre 2014, tiré de la plateforme Unify  http://unify.org/earthday

Affiche du jour de la Terre 2014, tiré de la plateforme Unify http://unify.org/earthday

MITSHETUTEUAT signifie en innu «ils sont plusieurs à marcher ensemble» (1). Lors de cet évènement nouveau genre organisé à Montréal en avril 2014 par SOS Territoire, le GRIP-UQAM et des étudiant.e.s en travail social de l’UQÀM, ils ont invité, l’espace d’une journée, des militants écologistes, des militants autochtones et des autochtones traditionalistes à se rencontrer pour partager. Les ainé.e.s autochtones appelés grands-pères et grands-mères furent invités à parler en cercle de parole et les autres à écouter et à poser des questions. L’objectif était de « se donner des moyens de créer de l’unité pour la protection de la Mère-Terre ».

Une participante m’a rapporté qu’une situation vint considérablement changer l’horaire de la journée. Les hommes ayant pris beaucoup de temps de parole en matinée, les grands-mères demandèrent d’avoir du temps pour être écoutées à leur tour, ce qui fut fait. Plus tard dans la journée, lors d’un 2e rassemblement plus large, où j’étais, quelqu’un fit devant tous la blague que les hommes n’écoutent pas suffisamment les femmes, ce qui causa hilarité et détente dans le grand cercle de parole…

Un instructif jeu de rôle mené par Richard Renshaw sur l’histoire des Premières Nations commencent notre après-midi, pendant que le cercle de parole avec les écolos, les grands-mères et grands-pères se termine dans une autre salle. On voit comment les territoires autochtones se sont réduits à peau de chagrin (2) depuis le 17e s.

J’y revois aussi agréablement quelques camarades d’Occupons Montréal.

Puis, plusieurs petits cercles de parole se refont auprès des grands-mères, selon notre langue : français, anglais ou atikamek.  Pour ceux et celles qui se joignent, on explique les règles de communication à suivre :

«Dans le ‘cercle d’échange’ ou ‘cercle de parole’ des cultures des Premières Nations, l’écoute et le silence font partie intégrante de la communication de façon plus marquée que dans la culture occidentale. Il est clair que dans ces cercles, personne n’est obligé de prendre la parole. On ne doit pas interrompre personne, chacun parle à son tour dans le cercle ou laisse la parole au suivant. On évite aussi de juger ou de contester de la parole d’un autre membre du cercle.» À la fin du cercle, il faut terminer par un apport positif.

Quelques grands-mères et un grand-père font le résumé de leur cercle de parole.Crédit photo : Vincent-René

Quelques grands-mères font le résumé de leur cercle de parole puis le plus âgé grand-père clôt la journée par un dernier témoignage. Crédit photo : Vincent-René

Dans notre cercle, nous sommes 8. Monique, grand-mère au Lac Simon commence par une courte prière en algonquin et nous demande de nous tenir les mains. Puis elle se présente : elle est enseignante, retraitée et thérapeute à sa façon auprès des membres de sa communauté. Elle nous parle de ses préoccupations face à la nature, face aux jeunes. Puis un échange commence : on se passe le bâton de parole. Quand je demande si elle fait un lien entre la destruction de l’environnement et la condition de la femme, elle me répond : « oui, parce que nous, les femmes, nous ne savons pas si nos petits-enfants auront une terre pour y vivre dignement et en santé. Nous ne savons pas s’ils auront un avenir… », l’air songeur…

Les autochtones traditionalistes impressionnent généralement les blancs, sur lesquels nous projetons souvent notre désir d’«être lavés». Cet état nous amène souvent à les idéaliser, comme l’ont fait les philosophes français Montaigne et Diderot, et Cartier au Canada dans leur mythe du «bon sauvage», du 16e au 18e s. Pendant le cercle, je fais remarquer à un participant que les autochtones ne sont pas un groupe homogène, ce que confirment trois femmes autochtones présentes dans le cercle, dont notre grand-mère. Mieux vaut rester ouvert… les yeux ouverts aussi, sans naïveté ou dogmatisme.

Je me suis sentie très portée par cette journée, par ce que j’ai vécu, par ce que j’ai entendu, par ce que j’ai exprimé. Pour moi, tout cela était hautement signifiant, je dirais même un signe des temps qui changent, vraiment. Il me semble que la prophétie anishinabes du 7e feu se concrétise peu à peu, que les autochtones vont reprendre un leadership très important au niveau de l’environnement et qu’ils vont fortement contribuer à l’amitié entre les peuples, grâce aux «guerriers arc-en-ciel», est-il dit dans la légende. Encore faudra-t-il qu’on y mette tous du nôtre.
Je remercie les organisateurs, notamment, Vincent Dostaler pour cette belle journée, et la Cuisine du peuple d’Occupons Montréal pour nous avoir bien nourris toute la journée.

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La suite ?

«Marche des peuples pour la Terre-Mère»

«Du 10 mai au 14 juin 2014, des citoyen.ne.s se rassembleront [au Québec] pour marcher en moyenne 20 km par jour pendant 34 jours. Ils suivront le tracé des projets de pipelines de TransCanada (Énergie Est) et d’Enbridge (inversion de la ligne 9). L’objectif de la marche est de sensibiliser et de renforcer la mobilisation citoyenne contre l’arrivée des oléoducs de sables bitumineux et les projets d’exploitation des hydrocarbures au Québec. Les marcheurs.euses s’arrêteront chaque soir pour rencontrer les communautés par le biais de spectacles engagés et de discussion sur ces enjeux qui nous touchent tous et toutes directement.

Partant de Cacouana, en territoire malécite, et finissant à Kanehsa:tàke, en terre mohawk, la marche des Peuples pour la Terre-Mère s’inscrit dans une volonté d’unir notre voix à celle des Premières Nations. Ensemble, défendons notre droit fondamental de vivre et d’élever nos enfants dans un environnement sain.»

Alors, ça vous tente ? Il est aussi possible de marcher une petite partie, près de chez vous, à Montréal ou ailleurs.

Financement citoyen : Indiegogo.com
Pour s’inscrire : https://www.facebook.com/peuplespourlaterremere
Plus d’info au http://journal.alternatives.ca/spip.php?article7758

Carte interactive de la marche :

Trousse de mobilisation : https://drive.google.com/file/d/0Bxct2i8nnHB0Y05ITVMzRXBTU2M/edit?pli=1

Démo de la Chorale du peuple pour la Marche : http://choraledupeuple.bandcamp.com/album/pour-la-terre-m-re-d-mo

P.-S. Voir un complément d’info sur le blogue de François Genest : http://atenacite.blogspot.ca/2014/04/mitshetuteuat.html

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(1) Ma formation de linguiste m’amène à observer que dans des langues autochtones, des concepts complexes peuvent être exprimés par un seul mot, chose qui n’existe pas dans les langues latines et anglo-saxonnes. Cette façon de nommer les choses est culturellement très différente et très intéressante, il va sans dire…

(2) L’origine de cette étrange expression est vraiment intéressante. Balzac publie en 1831 son conte fantastique «Peau de chagrin» :

«À la veille de se suicider, un personnage [Raphaël] rencontre un vieil antiquaire qui lui remet un talisman au pouvoir extraordinaire : une peau de chagrin (cuir grenu, fait de peau de mouton, de chèvre ou d’âne), qui lui permet de vivre intensément et passionnément, tout en satisfaisant chacun de ses désirs. Cependant, chaque fois qu’un de ses souhaits est comblé, la peau se rétrécit inexorablement, et il en va de même de sa vie. Ce pacte avec une puissance infernale est l’allégorie du désir destructeur, de l’écart persistant entre les passions et les possibilités de la nature, puisque la vie s’épuise à mesure que désirs et jouissances s’accumulent.» Michel Laurin -Anthologie Littéraire

À la lumière des enjeux du XXIe s., n’est-ce pas encore une formidable image de ce qui nous arrive à notre environnement ? et une formidable explication à la fois simple et complexe  de la psyché faustienne de l’homme blanc qui détruit trop souvent tout sur son passage?

Les préoccupations et la façon d’écrire des auteurs du mouvement romantique européen (19e s.) sont souvent très proches des auteurs contemporains, comme un retour de cycle. Voir à ce sujet mon article sur Musset au https://evemarieblog.wordpress.com/2014/03/04/alors-sassit-sur-un-monde-en-ruines-une-jeunesse-soucieuse/

Air Pollution from the Alberta Tar Sands

Dans la liste des polluants rejetés dans l’atmosphère par l’exploitation des sables bitumineux, on compte notamment 300 tonnes de soufre par jour. Cette photo a été prise pendant le tournage de « Petropolis », un documentaire sur les sables bitumineux réalisé par Peter Mettler et produit par Greenpeace Canada. Pour en savoir plus sur le film, aller au http://www.petropolis-film.com.
© Greenpeace / E M

Le Mordor2

Le Mordor, dans le film-roman «Le Seigneur des anneaux». Est-ce à cela que ressemblera au nord de l’Alberta dans 25 ans ?

«Je suis bitumineux

Jusqu’à faire perdre les cheveux

Je vous promets un beau cancer

Cancer parlementaire

Je suis… le dernier des gouvernements

J’veux… tuer notre environnement

J’ai une crampe au cerveau

J’vous… soumets mes résolutions

Des… mensonges pleins de pollution

J’ai une crampe au cerveau»

Serge Fiori, «Crampe au cerveau»

Hier, j’étais atterrée d’apprendre qu’un million de pétoncles, oui un million!!! sont morts du côté de la côte de Vancouver. Terre-mère souffre. La Cause la plus vraisemblable ? L’acidification de l’océan. Quand on sait que les coquillages sont les «nettoyeurs» ou le «foie» des mers, et donc les premiers à être affectés dans la chaine alimentaire, on se demande : et nous, et nos enfants et nos petits-enfants, que deviendrons-nous? Quand est-ce que la conscience va se révéler suffisamment puissante pour avoir un vrai impact politico-économique? Combien de temps cela prendra-t-il encore ??

En ce sens, chaque geste compte.

J’aimerais relayer ici le message de l’écologiste Steven Guilbeault du groupe québécois Équiterre, dont je suis membre, au sujet des dangereux sables bitumineux, véritable enfer sur Terre, lieu qui ressemble plus au «Mordor» du Seigneur des anneaux, qu’à une exploitation industrielle standard. Notamment, cette exploitation détruit les milieux naturels et les territoires autochtones, en plus de nous mener dans une impasse énergétique.

Sable bitumineux-oiseaux-30-fois-plus-nombreux

Les oiseaux sont 30 fois plus nombreux à périr dans les étangs de résidus miniers des sables bitumineux que le gouvernement albertain et l’industrie ne le dit. Source : La Presse

http://www.lapresse.ca/environnement/pollution/201009/07/01-4313343-etangs-des-sables-bitumineux-30-fois-plus-doiseaux-morts.php

Pour d’info au http://www.cbc.ca/news/business/energy-east-pipeline-benefits-overblown-report-says-1.2576782

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Avez-vous parfois l’impression que la situation des changements climatiques est trop imposante pour qu’on y change quoi que ce soit?

Détrompez-vous! Équiterre lance la plus grande offensive de son histoire en opposition au développement des sables bitumineux, l’un des carburants les plus néfastes sur la planète(1). Et vous avez un rôle primordial à y jouer!

Comment?

1) Signez la pétition aujourd’hui et demandez au gouvernement fédéral de rejeter le projet Oléoduc Énergie Est de TransCanada tant que la preuve n’aura pas été faite hors de tout doute qu’il est sécuritaire, qu’il ne contribuera pas à augmenter les GES du Canada et qu’il n’aura aucun impact environnemental pour les communautés. Pour signer la pétition: nonauxsablesbitumineux.org

2) Informez le maximum de personnes sur la situation. Transférez ce message, parlez-en à vos proches et faites circuler la pétition sur votre page Facebook/Twitter.

Nous devons atteindre le maximum de signatures et c’est d’abord vous, nos 120 000 sympathisantes et sympathisants, qui avez le pouvoir de rendre cela possible. SVP ne tardez pas à signer.

Qu’on se le dise, le projet Oléoduc Énergie Est de TransCanada :

– ne générerait pas d’économie pour les citoyens(nes),
– est largement destiné aux marchés extérieurs,
– compromettrait la sécurité des Québécois(es),
– priverait en eau des millions de personnes en cas de déversement,
– aggraverait sérieusement la crise climatique.

Le Québec n’a rien à gagner et tout à perdre avec les sables bitumineux. SVP signez!

Avec solidarité et espoir,


Steven Guilbeault
Co-fondateur et directeur principal, Équiterre

P.-S. : Ce dimanche 16 mars, je serai à Tout le monde en parle. Je compte bien profiter de l’occasion pour informer le plus grand nombre de personnes sur les conséquences néfastes du passage des sables bitumineux chez nous. Durant la soirée je me tiendrai à votre disposition pour échanger à ce sujet sur Twitter (@s_guilbeault #sablesbitumineux).

(1) Source : http://laveritesurlessablesbitumineux.org

«Les contribuables canadiens  financent l’industrie pétrolière en lui versant 1,38 milliard de dollars par année, et ce, sans compter le financement additionnel de plusieurs provinces à cette même industrie.»

«La nation crie[autochtone]  de Beaver Lake fait état de 20 000 cas de violation des droits issus des traités, en raison de l’expansion des sables bitumineux.»

«Depuis 2007, une incidence élevée de cancers rares et mortels a été enregistrée dans les communautés des Premières Nations en aval des sables bitumineux, tant par des médecins, par le ministère de la Santé de l’Alberta, que par les Premières Nations.»

«Plus de 30 millions d’oiseaux disparaîtront au cours des 20 prochaines années à cause de l’exploitation des sables bitumineux.»

«En 2011, les exploitants de sables bitumineux ont utilisé environ 170 millions de mètres cubes d’eau pour extraire le bitume. C’est l’équivalent de l’utilisation de l’eau résidentielle de 1,7 million de Canadiens.»

«95 % de l’eau utilisée dans l’exploitation à ciel ouvert des sables bitumineux est tellement polluée qu’elle doit être stockée dans des bassins de boues toxiques. 206 000 litres de déchets toxiques y sont déchargés tous les jours.»

+[j’ajoute, après l’émission du 16 mars, cet extrait télé avec S. Guilbeault et François Tanguay : http://ici.radio-canada.ca/emissions/tout_le_monde_en_parle/saison10/document.asp?idDoc=331642&autoplay=1&preload=7041785#leplayer ]

Manifestation à Paris contre les sables bitumineux. Source : Euronews, 2013

Manifestation à Paris contre les sables bitumineux canadiens. Source : Euronews, 2013

Forêt de Fer

Français : Allée dans le parc Lafontaine

Une allée dans le parc Lafontaine à Montréal. Crédit: Stéphane Batigne

Ah les arbres! Même en ville, ils peuvent parfois nous parler, souvent nous émouvoir… «il faut savoir les écouter», comme le dirait Vigneault en parlant du peuple…

Voici mon histoire, elle date de l’été 1988, alors que je passais en bicyclette par le Parc Lafontaine, à Montréal, tous les matins pour aller travailler.

J’avais pourtant passé une bonne soirée hier, plutôt une bonne semaine, mais vers la fin de la piste cyclable, je ne sais pas ce qui me prend, les larmes coulent toutes seules sur mes joues; je dois m’arrêter pour essuyer tout ça. C’est quoi ce déluge? Je pleure pour rien ou quoi? Pas tellement mon genre… Puis dans l’après-midi, il y a un terrible orage genre petite tornade, les éléments se déchainent, on s’arrête de travailler pour regarder ça par la fenêtre. À mon retour par le parc, des arbres entiers par terre et pas seulement un, des camions de pompier, de petits groupes de curieux par ci par là, que se passe-t-il? Je m’approche… les arbres… ah… ils sont pourris de l’intérieur, plein de bibites, c’est pour ça qu’ils sont tombés. Une vraie hécatombe! Et puis soudain, une impression forte, ce matin je les ai entendus pleurer, c’était leur chant du cygne.

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Forêt de fer

Commémorer les craquements

Se faire silice à chaque temps

Tournoyer le bourgeonnement des espèces

Si fer, si passe

Tant que le miroitement des arbres,

Ce déhanchement depuis des siècles

Tournoiement jusqu’à en perdre haleine

siffleux craquements des troncs,

des forêts qui nous parlent

Sans que jamais nous ne la comprenions

Éjarements des bois

Chuintement des souches

Froissement des feuilles

Plantés ici depuis des siècles

Fouets cherchant obscurément la lumière

Innés, toujours dans la même direction

 

La branche de l’amour,

Les lignes de la main

Ont poussé en moi

Car j’écoute la voie glissante du vent

quelques secrets

Dans la langue la plus fine

Le souffle du temps,

au cou une feuille sans lobe

avec une patte de chat

qui passait par là

 

Le murmure vint

à mes oreilles

comme glissement de glace

sur la peau de la terre

son sourd

paroles des anges

chuchotement, arabesque

sur la ligne du temps

à l’émergence du rêve

un œil lumineux puis un autre

puis le corps entier

au-dessus du nuage des songes

de retour, jetée dans le bruit

Seul le vent parle

Écoutez-le!

 

Cinq gros arbres touffus et joufflus

s’épanchent, sécrètent sévères

avec mille et une formules

Écoutez-les bonnes gens

parler par monts et par vaux

chuchoter mille secrets

entendus sous leur ramage

Respectez-les

Ils sont la mémoire du monde

 

Ève Marie

11 et 28 août, 29 octobre 2003

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