Chewing gum on a sidewalk in Reykjavík

Chewing gum on a sidewalk in Reykjavík (Photo credit: Wikipedia)

Pendant les élections, j’ai décidé de m’impliquer à l’assemblée citoyenne de mon quartier à Montréal, et ce dans le but d’organiser et de réaliser des actions directes axées sur le rire. Le compte à rebours est commencé. Il est Charest moins une !

Par ce type d’actions piquantes mais légales, l’idée de fond est de frapper l’imaginaire des gens, créer des images réflexives pour pousser le débat plus loin et de favoriser un long purgatoire des libéraux provinciaux, comme nous l’avons fait au fédéral, mais sans le remplacer pour pire…

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 Dans les années ’60, l’animateur social Saul Alinsky rappelait aux étudiants au prise avec des règlements anti-divertissements sur leur campus «qu’une tactique consiste à faire ce peut avec ce qu’on a… Qu’est-ce  que vous avez ? Que vous est-il permis de faire ? ‘Pratiquement rien, répondirent-ils, sauf bien sûr mâcher du chewing-gum’. Parfait, Votre arme, c’est le chewing gum. Rassemblez deux ou trois cents étudiants, demandez à chacun d’en acheter deux paquets, d’en faire une grosse boule et de la jeter dans les allées du campus. Un véritable tohu-bohu s’ensuivra. Pourquoi ? Parce qu’avec cinq cents boules de chewing-gum, je peux paralyser Chicago en arrêtant toute circulation dans le Loop. Ils me regardèrent effarés, comme s’ils avaient affaire à un cinglé. Deux semaines plus tard, je recevais une lettre : ‘C’est absolument fantastique. Cela a marché. Maintenant nous pouvons faire pratiquement tout ce qui nous plait, du moment que nous ne mâchons plus de chewing-gum.» in «Manuel de l’animateur social/Rules for Radicals».

 

MISE EN CONTEXTE

Tiré de «Désobéir par le rire» éd. le passager clandestin, disponible à la coop de l’UQAM :

Ce genre d’action vise «à attirer l’attention ou la réflexion d’une manière détournée, légère ou contraire appuyée, sur les aspects insolites, absurdes ou choquants de la réalité.» Il s’agit de procéder par détournement des objets et des lieux pour les représenter dans un nouveau contexte qui va frapper les gens. «L’activiste non-violent ne craint pas d’affirmer ses désirs, de revendiquer le droit pour tous au plaisir et la nécessité même de mettre dans l’action autre chose que le seul ‘sentiment du devoir’ indéniable, mais bien fragile lorsqu’il s’agit d’affronter des adversaire parfois violents et déterminés.» «le rire déclenché par des actions directes fait reculer le sentiment d’impuissance» que nous vivons tous. De plus, l’humour protège de la peur que transgression des conformismes, des lois, des règles coutumières tendent naturellement à faire naitre». Ce rire-là, qui ne se veut pas cynique, mais va plutôt chercher parmi les moyens les plus puissants au monde, soit la satire et le ridicule; ce n’est généralement pas non plus de «l’ironie blessante, le mépris ou la condescendance mais plutôt l’ouverture à l’autre, l’appel à l’intelligence et au bon sens.» et idéalement «redonne ainsi une chance au dialogue». C’est montrer que le roi est nu. C’est le rôle du fou du roi dans l’espace public.

 

IDÉES D’ACTIONS EN VRAC, à discuter selon les enjeux locaux/nationaux :

–          Récupération de stationnement ou de terrains à condo, pour y faire la sieste, chanter, jouer dans le but de lutter contre la ‘condomisation’ de Montréal et contre les îlots de chaleur et pour plus de logements sociaux. Cette action peut se transporter à une intersection si le but est de parler des transports en commun, mais ça doit être plus court et y avoir plus de monde. C’est cette idée qui avait semblé recueillir le plus d’intérêt.

–          Attentat alimentaire : chemin de vieux cornichons récupérés dans les restos et au marché devant le local des libéraux. Un participant avait ajouté : s’adjoindre les Casseroles libres.

–          Création de mots d’humour, analogies, métaphore comiques ou calembours (qui embrasse trop manque le train/mes illusions sont des truites) et slogans (Let workers pay the tax so investors can relax).

–          Groupe de rire dans les manifs pour désamorcer la violence, in congrès, conférences de presse, débats des candidats, etc. ou rire préenregistré ou sons de moutons.

–          Apporter un soutien embarrassant qui va révéler l’adversaire.

–          Occupation de commerces : matelas de camping où se love deux amoureux, pêcheur avec sa ligne pour attraper de gros poissons au rayon poissonnerie, partie de pétanque dans les allées. Ici un participant à la réunion a suggéré de la faire lors des visites libres de condo.

–          Défilé de … (objet ressortant de la campagne électorale)

–          Concours urbain avec affichage sauvage : dessine-moi un mouton…

–          Campagne d’humour dérisoire sur twitter contre les libéraux et Charest, en visant particulièrement les erreurs et les mensonges.

–          + Un autre participant avait suggéré l’occupation d’une banque. Avec des billets de monopoly.

Quelques références :

http://www.adbusters.org/blogs/adbusters-blog/laughriot.html

http://www.forbes.com/sites/kenrapoza/2012/05/16/occupy-wall-street-plans-laugh-riot-at-g8-summit-and-beyond/

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