Tag Archive: éducation


Bonjour chers lecteurs et lectrices,

Tout ce climat actuel délétère d’intolérance, en particulier sur les réseaux sociaux ici comme ailleurs, est franchement inquiétant; je n’ai pas été aussi socialement inquiète depuis le début des années 1990, quand il y a eu la guerre du Golfe au Koweït. D’ailleurs, un commentateur a dit la semaine dernière que nos problèmes avec les (pays?) musulmans extrémistes ont commencé là…

Mais ce n’est pas seulement sur cette question que les gens se lâchent et s’expriment n’importe comment. Toute question controversée (féminisme, LGBT, référendum, langue, noirs, immigration, accommodement religieux, etc.) devient vite l’enfer côté «discussion». Éducation zéro sur la façon de communiquer correctement son opposition !

Je cherche à comprendre ce qui peut spirituellement pousser des gens à agir ainsi. Comment en est-on arrivé à autant d’intolérance de tous les côtés ? Je questionne mes amis, ma famille.

Dans ma série sur l’attentat du Québec, j’aimerais vous présenter à nouveau la réflexion d’une autre amie et lectrice de ce blogue au sujet d’un autre événement dans la lignée d’un certain nombre d’attaques contre les musulmans au Québec. La semaine dernière, l’université Concordia à Montréal a reçu une lettre haineuse contre les musulmans, assortie d’une menace à la bombe. L’université a dû fermer ses portes pendant que la police cherchait ce qui s’est avéré être finalement une fausse alerte. L’auteur de ce méfait, Hisham Saadi, a été arrêté et interrogé par la police (1).

Je publie sur mon blogue cette lettre, car je trouve que c’est une partie importante de la réponse, et que trop souvent, on n’entend pas ce genre de voix/vision dans les médias traditionnels.

Et vous, comment sentez-vous ces événements ?

***

« Alerte à Concordia

Malheureusement il me vient une parole qui peut être réactive, mais pourtant irréfutable. « Nous récoltons ce que nous avons semé ».

Le cycle de la haine se perpétue en proclamant de la haine à ces gens qui ont déjà agi contre eux sans le savoir. Quand cesserons-nous de semer la haine?

Nous jouons tous contre nous-mêmes.

Ma pensée et ma parole resteront les mêmes vis-à-vis toute situation.

Il n’y a que la compréhension, la compassion, l’écoute et l’amour inconditionnel qui changera le mouvement de la roue humaine.

Tout être humain cherche à aimer, être aimé et s’unir au tout. Ne sachant pas comment agir, nous semons l’opposé de ce que nous désirons.

L’ego veut à tout prix nous protéger et devient mauvais conseiller.

Nous devrons nous rendre compte que c’est en aimant que nous serons aimés. C’est en s’aimant tous, malgré nos souffrances et celles subies, que nous allons nous unir.

La source de la spiritualité, notre âme, est neutre. Elle ne pousse ni ne tire. Elle est, tout simplement.

Quand nous souffrons et réagissons, elle pourrait se dire.

Enfin ! Ils vont cesser et prendre conscience que répondre à la douleur par la douleur enflamme la douleur.

Cet homme souffre et nous le ferons souffrir.

 

Nous avons quelques siècles à vivre avant de voir le changement de pensée.

Cela parait injuste, mais nous sommes ici pour apprendre et sommes dans le moment le plus sombre de l’existence.

Merci à toi et à tous les êtres lumineux de soutenir l’amour,

🙂

Paola

______________________

(1) http://quebec.huffingtonpost.ca/2017/03/02/arrestation-homme-menaces-musulmans-universite-concordia_n_15104482.htm

attentat-de-quebec_le-devoir-jacques-nadeau

Grande mosquée de Québec, au matin du 30 janvier 2017. Crédit photo : Le Devoir, Jacques Nadeau

Je prépare un billet sur les sentiments d’exclusion, d’injustice et d’oppression, qui sont, je crois, les sentiments les plus à vifs pour de larges pans de population, de minorités et d’individus en ce début du 21e siècle. Le choc de l’attentat de Québec le 29 janvier dernier, où des musulmans ont été tués par un tireur «fou», alors qu’il se trouvaient dans une Mosquée à Québec, soulève de nombreuses questions et appelle des actions nouvelles. Je suis allée aux funérailles de Montréal et j’aimerais plus tard trouver les mots pour vous en parler. J’envoie à nouveau mes condoléances aux familles éprouvées.

Mais avant, j’aimerais vous faire connaitre le regard croisé d’une militante bien connue de la culture sourde, ma cousine Julie Elaine Roy, qui s’exprime ici éloquemment au sujet de cet attentat et plus largement, au sujet de toute situation d’intolérance et de nos responsabilités.

***

Samedi 4 février 2017

Chère sœur,

Ce que j’ai ressenti lors des évènements du dimanche 29 janvier 2017 a suscité en moi de la grande tristesse vis-à-vis la communauté musulmane.

Cela m’a fait revivre toute l’intolérance face aux personnes « non conformes » à la majorité de la société.

Je suis une personne devenue sourde suite à une complication lors de ma naissance en 1948.

Je fus éduquée à l’Institution des Sourdes-Muettes de Montréal de 1955 à 1964. J’ai poursuivi mes études grâce à des cours privés en français et en anglais dans le but d’aller à l’université de Gallaudet (Washington D.C.),  seul établissement universitaire pour les étudiants sourds communiquant en langue des signes américaine. Diplômée de celle-ci, j’ai été professeure  d’élèves sourds à l’école Lucien-Pagé et conseillère pédagogique au cégep du Vieux-Montréal auprès d’élèves sourds et malentendants en leur prodiguant différents services adaptés à leurs besoins. Je suis présentement à la retraite depuis 10 ans.

Donc, forte de mon expérience et de mon vécu, je vais vous raconter tout ce que peuvent susciter des paroles blessantes chez un enfant.

Je me souviens à l’Institution, lors des leçons de catéchisme le professeur nous disait que la religion catholique était la meilleure au monde. J’avais peut-être 10-11 ans. Déjà à ce moment-là, j’éprouvais de la tristesse pour les autres humains de la terre qui n’en faisaient pas partie.

À cette époque-là, j’ai même dit à une élève qu’elle irait en enfer si elle n’allait pas à la messe plus souvent dans la semaine. Cette dernière a rapporté mes paroles au professeur. En me reprochant déjà ma bévue, j’allais répliquer : «  Oui, mais…), sauf qu’elle m’a giflée tout de suite avant que je ne finisse ma phrase qui aurait été celle-ci. « C’est vous qui me l’avez enseigné ». C’est vrai que ces dires ne devraient pas être prononcés, j’en suis consciente. Cette leçon me fut bénéfique lorsqu’à mon tour je suis devenue enseignante, 15 ans plus tard.

Nous professeurs, avons beaucoup de pouvoir face à une classe d’élèves. Nous avons la grande responsabilité de transmettre notre savoir. J’ai toujours respecté leurs réflexions. Étant moi-même sourde, j’ai eu durant des années à subir des préjugés selon lesquels les Sourds ne comprennent que le concret et pas l’abstrait. Heureusement, il y a longtemps que j’ai entendu cette ineptie.

J’ai toujours été à leur écoute et je corrigeais parfois leurs raisonnements incongrus tout en faisant bien attention à mes propos.

Au début de ma carrière à l’école Lucien-Pagé, les élèves des classes du secteur sourd nouvellement intégrés lors des récréations, des diners à la cafétéria et des participations aux activités de loisirs m’ont dit que les entendants étaient méchants. Je leur ai répondu que leurs parents l’étaient sans doute aussi, car 90% des enfants sourds ont des parents entendants. Cela les a fait réfléchir. C’est normal parce que c’est juste de l’ignorance.

Souvent dans mon enseignement, j’ai fait de la sensibilisation à la culture sourde et à la langue des signes québécoise (LSQ). Quelquefois mes élèves me contestaient. Je trouvais cela légitime, car j’ai toujours prôné le respect vis-à-vis de l’intelligence de ces enfants. À la longue, ils finiraient par comprendre et c’est le cas. Ils sont devenus les défenseurs de cette langue.

Tout au cours de ma vie, j’ai dû faire face à des propos racistes de la part de mes proches, selon le contexte de chacun. Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours ressenti un malaise que je ne pouvais pas m’expliquer et que je n’ai compris que plus tard. Je n’étais pas l’une des leurs. Cette exclusion s’applique dans les domaines tels que la religion, la race, le sexe, le handicap, etc. Si nous continuons à pointer les différences qui ne nous conviennent pas, on fera le vide autour de nous et nous nous retrouverons seuls.

Suite à l’évènement du 29 janvier dernier, j’ai regardé à la télévision les deux cérémonies religieuses dédiées aux défunts. J’ai aimé les discours des deux premiers ministres, ceux des deux maires et surtout ceux des imams ou des personnalités de la communauté musulmane. Ces derniers nous ont rappelé ce qu’est la vraie religion musulmane. Ce que je savais déjà.

Là où je veux en venir est ceci : « Il est de notre devoir de faire attention à nos paroles et là je pense à Loïc mon petit-neveu de trois ans qui entend tout et qui commence à raisonner subtilement. J’aimerais que, comme adulte, lui donner l’exemple du respect dans la façon de communiquer.

 

Voilà ma chère sœur ce que je voulais dire.

 

Excuse les fautes de syntaxe ou coquilles dans le texte. L’important est de dire exactement ce que je ressens.

 

Julie Elaine Roy

 

Edgar Morin, 2011

Edgar Morin, 2011

Le titre de cet article est la conclusion forte, quoiqu’un peu trop manichéenne, d’un nouveau texte d’Edgar Morin qui, avec sa verve et sa lucidité habituelles, pose un brillant regard rempli d’alternatives heureuses pour notre avenir… dans une langue abordable et surtout avec un esprit de synthèse remarquable.

Vous avez sans doute lu, à gauche, à droite, des idées semblables, mais il ajoute parfois un grain plus personnel et plus étonnant de sa part, comme parler du cinéma comme une «participation psychique» des spectateurs ou parler de ce qu’est l’incompréhension entre les personnes comme étant une sorte de «peste psychique».  À cet égard, il revient tout aussi brièvement sur sa notion de complexité, appliquée au domaine de l’éducation :

«Enfin, la nouvelle civilisation demande une éducation où serait enseignée la connaissance complexe, qui percevant les aspects multiples, parfois contradictoires d’un même phénomène ou même individu, permettant une meilleure compréhension d’autrui et du monde. La Compréhension d’autres serait elle-même enseignée, de façon à réduire cette peste psychique qu’est l’incompréhension, présente en une même famille, un même atelier, un même bureau. Y serait enseignée la complexité humaine. Bref une réforme radicale à tous niveaux de l’éducation permettrait d’enseigner à vivre autonome, responsable, solidaire, amical.» Edgar Morin

En outre, je retiens notamment sa réflexion sur la pression chronométrique à laquelle nous nous soumettons servilement la plupart du temps (croyant qu’être occupé, c’est être quelqu’un ou être important), en parlant d’alternance entre des moments de vie de «périodes de vitesse (qui ont des vertus enivrantes) et les périodes de lenteur (qui ont des vertus sérénisantes)».

Il parle aussi post-consumérisme en encourageant les achats dans ce qu’il appelle des «circuits courts» et beaucoup de différentes formes de convivialité du quotidien, entre autres en cherchant «l’épanouissement du Je au sein d’un ou de multiples Nous. N’oublions pas les solidarités locales, sans oublier la grande solidarité qui nous lie à tous les humains. »

Des sujets qui me branchent et que j’ai soit abordés dans mon travail d’artiste, comme la participation psychique du public lors d’un événement de mouvement dansé/arts martiaux (voir ma section onglet «projets art», soit abordés dans des articles de ce blogue, notamment dans mes «Lettres à mes amis», mais parfois avec une tournure d’une expérience plus blessée, et probablement ainsi plus blessante, moins neutre, ou moins sage sans doute… À chaque âge ses plaisirs et ses douleurs…

Bref, un texte de Morin à lire absolument sur le site d’un intéressant mouvement français dans le même genre que le mouvement «Ville en transition», ici le mouvement des Colibris en France.

http://www.colibris-lemouvement.org/oasis/dossiers-thematiques/lappel-de-pierre-rabhi-et-edgar-morin/edgar-morin-aux-oasis

Bon snack et belle lecture !

 

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