Tag Archive: féminisme


Chlorophylle38_2018

Jacinthe Laforte en spectacle, allias Chlorophyle38

Cette question sous forme d’affirmation, à la fois blague, dérision d’un personnage en quête d’amour et provocation dans le spectacle sociohumoristique d’une amie a fait réagir et réfléchir.

Voici les détails.

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«Les hommes ont décidé de rester à un niveau inférieur d’évolution !»

Texte de Jacinthe Laforte· 8 mars 2019 , publié avec sa permission et la discussion qui s’en suit. Bienvenue à votre avis aussi !

«Un spectateur a dit que [mon personnage de scène et spectacle] «Chlorophylle38 cherche un gars compatible» était un show féministe et j’étais contente, mais surprise, parce qu’une femme qui avait vu un extrait, il y a plusieurs mois, m’avait dit être très mal à l’aise, qu’elle craignait que mon spectacle renforce des préjugés contre les femmes, étant donné que je caricature certains comportements répandus chez plusieurs d’entre nous (dans l’extrait en question, celui d’avoir de grandes exigences envers les hommes sans se rendre compte que la rigidité sous-jacente parle plus de nos manques que de ceux de nos interlocuteurs).

J’ai demandé des précisions et le spectateur a dit que Chlorophylle38 ne ménageait pas les hommes!
La provocation en humour crée une zone d’incertitude : quand on énonce des énormités (comme Chlorophylle qui affirme avec conviction « Les hommes ont décidé de rester à un niveau inférieur d’évolution !»), fait-on passer un message (ici : pourquoi le domaine de l’intelligence émotionnelle, du développement personnel et de la spiritualité est-il massivement occupé par des femmes – CE QUI SEMBLE LUI CONFÉRER UNE VALEUR MOINDRE, alors qu’il touche au sens de la vie, au développement de la capacité d’amour et de vivre ensemble qui va faire toute la différence de la survie de l’espèce sur la planète!!!) ou se moque-t-on des personnes qui tiennent ce genre de discours sans nuance? OU LES DEUX? En ce qui me concerne, ces moqueries sont profondément ancrées dans la tendresse et la bienveillance, offertes dans une visée de conscience et de guérison.
En ce 8 mars, je vais énoncer pour les femmes ce qui est selon moi vrai pour tous les êtres humains : La conscience et l’accueil bienveillant des parts de nous qui agissent depuis le manque et l’exigence sont une voie de renforcement de notre présence, et par là de notre capacité à pleinement vivre notre valeur, à nous amener dans le monde avec confiance, à demander et recevoir avec assertivité et amour ce qui répond à nos besoins, à dire non à ce qui ne nous convient pas, oui à ce qui rend notre vie plus merveilleuse, et à nous engager dans l’univers collectif pour que toutes les femmes, partout dans le monde, puissent goûter à ça.
Bonne journée des droits des femmes! »

par Jacinthe Laforte sur Facebook au https://www.facebook.com/notes/jacinthe-laforte/les-hommes-ont-d%C3%A9cid%C3%A9-de-rester-%C3%A0-un-niveau-inf%C3%A9rieur-d%C3%A9volution-/10156429846232400/?comment_id=10156430192022400&reply_comment_id=10156433867217400&notif_id=1552235157643441&notif_t=feed_comment_reply&ref=notif
et sur son blogue https://www.jacinthelaforte.com/blog-videos/

 

Et la discussion qui s’en suit :

Merci et bonne fête chère Jacinthe ! J’adore ta conclusion et la situation paradoxale que tu illustres qui nous oblige à reculer la lorgnette et voir plus large avec notre cœur. Peux-tu donner plus de détails sur ce que tu veux dire par «agir depuis nos exigences» et «assertivité» ?

Jacinthe Laforte Cette exigence a comme impact, en général, soit la soumission, soit la rébellion de l’autre en question, mais rarement une réelle mobilisation vers la satisfaction mutuelle dans l’interdépendance… Je me note vraiment d’explorer cette question prochainement, en particulier dans l’idée des rapports hommes-femmes à un niveau sociétal.

Ma réponse : Oui, agir en fonction de nos seuls besoins amène des difficultés relationnelles et sociétales. Néanmoins, sur le plan de l’éducation tant parentale que scolaire, pourrait-on parler d’exigences constructives qui nous poussent à nous dépasser (mais sans nous mener à l’anxiété) ou destructives qui coupent de soi-même et des autres ? Le maitre-mot ici est en effet vraiment «mobilisation» sur le plan des relations individuelles. Cependant, en société, des sous-groupes ne peuvent pas nécessairement vraiment mobiliser le groupe au pouvoir qui refuse évidemment de perdre ses privilèges de caste/classe, de sexe, de revenus, de couleur, etc… C’est pourquoi on verra davantage des rapports de force sociaux se mettre en place.

Jacinthe Laforte Salut Ève! Oui, tout à fait! Et sur la question des rapports sociaux et des besoins, je recommande cette conférence en vidéo: https://www.facebook.com/spiralisformation/videos/318361912366628/ Le groupe Spiralis propose en mai un programme qui regarde la question des privilèges sociaux à la lumière de la Communication Non Violente

Et oui, on peut avoir des exigences assumées et conscientes (genre: pas de cigarette dans ma maison). La clé, c’est vraiment de voir l’impact de nos paroles, gestes, attitudes: est-ce que ça donne ce qu’on veut ou non? Sinon, on peut faire d’autres choix.

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J’ai visionné au complet ce passionnant document que tu suggères ci-haut, une formation qui vise à se questionner sur nos privilèges, dans une perspective de Communication NonViolente (CNV- issue de Rosenberg/Rogers).

Pour les personnes qui n’ont pas le temps de regarder cette formation au complet (65 minutes), voici quelques notes que j’ai prises :

Lorsqu’il y a une mauvaise communication et que quelqu’un nous renvoie la «balle» en pleine face :

1- Notre 1re réaction n’est pas nécessairement la meilleure : prendre un temps si possible, afin d’éviter une réaction défensive, offensive ou la culpabilité;

2- Faire un choix conscient de la partie du message (balle) sur laquelle je désire porter et donner mon attention. M’intéresser aux besoins sous-jacents de la communication (les besoins de l’autre/les miens).

3- Se donner de l’autoempathie en temps opportun.

4- suite du point 2… Porter attention à l’impact de notre message sur l’autre, et ce peu importe notre intention initiale.

5- Prendre action :

a) Apprendre  à connaitre progressivement mes biais personnels et mes angles morts;

b) M’éduquer sur les sous-groupes dans la société qui n’ont pas ou qui moins de privilèges que moi, sortir de ma bulle. Développer ma curiosité sur ce que vit l’autre ou l’Autre, afin de maintenir le lien sociétal ou individuel, selon la situation;

c) Partir de mon désir du «mieux» autour de moi (famille, amis, collègues) ou de celui d’un monde plus juste, moins inéquitable (par exemple) et non de celui, par exemple, de vouloir «sauver le monde» /  les autres;

d) Accepter à l’avance l’imperfection de telle ou telle action/parole et le courage de la prise de risque.

Et pour vous, chères lectrices et lecteurs ?

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Journdenais violence faites au femmes 001

Je tombe parfois sur de vieilles coupures de presse que j’ai gardées dans un album jamais terminé. Aujourd’hui : le député conservateur canadien Fernand Jourdenais demande un débat sur la violence faite aux femmes après que le ministre conservateur John Crosbie ait déclaré -devant une foule partisane à Vancouver en 1990- au sujet la députée libérale Sheila Copps : « [elle] est dans une certaine course au leadership du parti libéral; cela me rappelle une veille chanson qui dit ‘Passe-moi la tequila Sheila, couche-toi et aime-moi encore.’ » Le député Jourdenais avait dénoncé ce genre de propos en expliquant qu’ils pouvaient contribuer à des tragédies comme les meurtres de femmes futures ingénieures survenues à la Polytechnique de Montréal quelques mois plus tôt.

Aujourd’hui comme hier, nous avons eu nos défenseurs et nos détracteurs.

À la différence qu’aujourd’hui, on n’entend que très peu ce genre de propos sur la place publique. Évolution heureuse à laquelle des femmes précurseures (1) et aussi des hommes avant nous, des générations précédentes ont contribué.  #MoiAussi, #MeToo viennent aussi de là. Remercions-les 🙂 !

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(1) À noter que la féminisation du mot «précurseur» est encore seulement officiellement acceptée au Québec et en Suisse, mais son usage est encore incertain…

 

«La violence faite à la nature et la violence faite aux femmes sont la même.»  Yves Sioui Durand et Catherine Joncas, fondateurs et directeurs artistiques du théâtre Ondinnok au Québec

IMG_20150507_0001 (2)Depuis longtemps, je m’interroge sur les causes et sources profondes du patriarcat et de la domination de l’homme sur la femme partout dans le monde, sauf à de rares exceptions, et plus largement de la tendance humaine à la domination sur autrui, dont les femmes ne sont pas exemptes, il va sans dire (1). Progressivement, j’en suis venue, moi aussi, à la même conclusion, en observant les personnes derrière la pollution de la Terre-Mère. (2)

Le théâtre Ondinnok vient d’en proposer une vision puissante dans leur plus récente pièce proposée dans le cadre de l’événement Printemps autochtone d’art «Un Monde qui s’achève – Lola» à la Maison de la culture Frontenac à Montréal.

IMG_20150507_0001Lola2_théâtre OndinnokComme le relatait cette semaine Yves Sioui Durand, lors de leur conférence performative post-pièce, la plupart des nations autochtones des Amériques ont comme mythe fondateur une histoire entre le Soleil et la Lune (3). Les Selk’nam de la Terre de Feu au sud du Sud, là où commence et finit le monde au détroit de Magellan, raconte comment (si j’ai bien compris) au début des temps, les hommes ont voulu s’approprier le pouvoir dominant des femmes. L’un a poursuivi l’autre jusque dans le ciel, le mâle devant Soleil et la femelle Lune.

Selk'nam, à gauche costume et maquillage pour le rituel du Haïn, à droite maquillage des Shoorts, sorte de police et de gardien du territoire  dansle rituel du Haïn
Selk’nam, à gauche costume et maquillage pour le rituel du Haïn. À droite, «clown sacré» maquillage des Shoorts, sorte de police et de gardien du territoire, également responsable de réprimer les femmes insoumises. Dans le rituel du Haïn, lors de leur dernier rituel avant leur extermination en 1923, Terre de Feu. Crédit photo: Anne Chapman (ou Martin Gusinde?). Dans la pièce d’Ondinnok, on raconte comment l’un d’entre eux brula la vulve d’une femme infidèle qui avait profité de l’absence des chasseurs pour coucher avec tous les jeunes hommes de la tribu. Ce rituel n’est pas sans faire penser à celui de la lapidation des femmes infidèles ou prostituées dans la Bible et dans les traditions musulmanes. Bien sûr, l’homme infidèle, lui, est rarement inquiété, habitude acquise probablement quand les hommes ont compris leur rôle dans la procréation pour «protéger» leur lignage et leur descendance… et qui fonda, peut-être, le patriarcat.

S’inspirant de la thèse de l’ethnologue et anthropologue Anne Chapman dans son dernier livre (4), la pièce d’Ondinnok «Un monde qui s’achève – Lola» donne à voir et à sentir la nation Selk’nam qui avait ritualisé ce mythe pour assoir définitivement le pouvoir des hommes avec une cérémonie rituelle et initiatique appelée Haïn. Pour Catherine Joncas et  Yves Sioui Durand d’Ondinnok, la racine du théâtre, dont l’essence même est de révéler le double, est chamanique.

Angela Loij et une des dernières femmes de la nation Selknam vers 1964. Crédit photo: Anne Chapman
Angela Loij et une des dernières femmes de la nation Selknam vers 1964. Crédit photo: Anne Chapman

Chapman a rencontré en 1964 Lola Kiepja et Angela Loij pour connaitre et transmettre les savoirs et la mémoire de cette nation alors en voie d’extinction. À son tour, Ondinnok a rencontré Chapman en 2004 et leur projet de théâtre s’est lentement développé jusqu’en 2015.

Livre d'Anne Chapman (2008) et photo de Lola Kiepja, 1964.
Livre d’Anne Chapman (2008) et photo de Lola Kiepja, 1964.

Dans le Haïn, les jeunes hommes étaient invités à entrer dans un tipi avec les anciens. Ils ressortaient de là couvert de sang en disant aux femmes qui chantaient autour qu’ils avaient eu de nombreuses relations sexuelles avec Xalpen personnage féminin mythique assez terrible de leur spiritualité. Comme celui du Mexique par exemple, là où il a tant de féminicides : la chorégraphe de la pièce, d’origine mexicaine Leticia Vera a bien mis cela en mouvement. La longue pause sur image, au retour de l’entracte reste imprégné dans notre mémoire : des comédiens habillés en Shoorts et leur costume masqué conique, face au public, se tiennent debout, immobiles devant des femmes couchées à leurs pieds, immobiles aussi, comme mortes victimes de violence. On pense à toutes ces femmes, et en particulier à cette vague (?) de femmes autochtones violées, tuées ou disparues dans l’Ouest canadien et aussi au Québec (5). C’est le cœur serré devant cette image saisissante qu’on attend le retour de l’action. Xalpen, à la sexualité insatiable, était liée à la Lune. Devant des femmes effrayées par une telle scène, les jeunes hommes nouvellement initiés tiraient désormais leur pouvoir sur elles. Très tôt dans l’histoire humaine, l’humain a voulu codifier les rapports hommes-femmes dysfonctionnels, jugés une menace pour les sociétés basées sur la survie, dans leur fonction, notamment, reproductive.

Anne Chapman, ethnologue et anthropologue franco-américaine, vers 2004
Anne Chapman, ethnologue et anthropologue franco-américaine, vers 2004

Lola la chamane a révélé à l’anthropologue Anne Chapman (4) que le Haïn était mis en scène par les hommes et qu’il n’y avait pas de relations sexuelles comme telles. Si cette violence ritualisée servait également à réfréner les pulsions masculines violentes et à protéger, d’une certaine façon, les femmes de leurs excès, elle servait aussi à établir un contrat social clairement inégalitaire d’où les femmes étaient exclues. Nous savons que ce type de relations psychosociales n’est pas le modèle de toutes les nations autochtones, notamment chez les Iroquois où les femmes jouent un grand rôle dans le processus de décision pour le groupe. Lola a aussi légué à l’humanité les derniers chants chamaniques Selk’nam qu’on peut écouter notamment au http://www.folkways.si.edu/lola-kiepja/shaman-chant-no-1/american-indian-world/music/track/smithsonian

Cependant, comme cette société Selk’nam, en harmonie avec la nature, est pourtant inégalitaire, on comprend mal encore le lien que les créateurs d’Ondinnok font dans le titre de cet article entre patriarcat et pollution de la Terre-Mère. Je désire inviter à nouveau les auteurs de cette pièce à préciser leur pensée et leur démarche dans la revue Possibles, dans le cadre de ma préparation pour le numéro sur les nouvelles mouvances autochtones. Plus de détail au https://evemarieblog.wordpress.com/2014/10/12/appel-de-textes-de-creation-sur-la-terre-pour-possibles/

Cette nation a été décimée par des politiques de génocide, par les chercheurs d’or et les éleveurs de moutons à la Terre de Feu mais leur mémoire reste, grâce à Chapman puis à Ondinnok. Et, parait-il, des Argentins et des Chiliens, après des années de honte, se réclament de descendance Selk’nam.

Performance inspirée des Selk'nams par Deviantart au Chili. Crédit photo: Victor Andres Ojeda P.
Performance inspirée des Selk’nams par Deviantart au Chili. Crédit photo: Victor Andres Ojeda P.

Cette photo n’est pas sans faire penser à la Ma-nufestation des étudiants lors du printemps érable à Montréal, en 2012. Un inconscient collectif s’est-il manifesté, quand on sait que 70% des Montréalais de souche ont de très lointains ancêtres autochtones datant des tous débuts de la colonisation française… comme l’affirme notamment l’historien Denys Delage dans le film «L’empreinte», voir au https://www.youtube.com/watch?v=pRYg7cP1RQM.

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Printemps érable 2012 «Ma-nufestation». Manifestation étudiante le 8 juin contre le Grand Prix de F1 de Montréal : «Notre nudité exprime notre volonté de transparence».
Printemps érable 2012_Manufestation2
Printemps érable 2012 «Ma-nufestation».

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(1) Petite anecdote de ce genre de rapport de pouvoir détestable au quotidien : juste après avoir fini d’écrire cet article, je sors en bicyclette faire quelques courses. Au stop, j’arrive en même temps qu’une voiture de la rue transversale, je ralentis et arrête une seconde en équilibre sur ma bicyclette pour voir s’il va me laisser passer. Au moment où je démarre lentement avec difficulté, car je suis en 12e vitesse, l’automobiliste me klaxonne et me fait signe de passer… mais plutôt comme une tape d’impatience avec sa main, geste d’une grande incivilité, l’air de dire… débarrasse au plus criss, je suis pressé MOI. Je me retourne, insultée, et lui lance : «c’est quoi ton problème ?» (j’ai fait mon stop normalement, puis j’ai redémarré). Il me répond en criant : toé, traverse pis ferme ta gueule!»… Je me sens salie, je souffle fermement avec ma bouche pour me débarrasser de cette mauvaise énergie… Heureusement arrivée au supermarché, un beau gentil jeune homme m’offre gentiment une dégustation de fromage et de vin rosé, dont une partie ira au cancer du sein. Nous bavardons un instant… le temps d’oublier ce fâcheux mais banal incident, d’un type de violence devenue trop quotidien. Depuis que je me suis fait renversée par une voiture l’automne dernier, je suis plus prudente avec les voitures et j’ai plus peur de ces bolides… Justement j’avais besoin de vin, j’achète celui-là, le remercie puis avance dans l’allée. Je l’entends en arrière, je me retourne : il me sourit encore, et insiste : merci madame, merci… sans que je sache trop pourquoi… L’équilibre est rétabli.

(2) Voir notamment mon poème Éco F au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/03/08/eco-f/

et mes poèmes publiés dans la revue Possibles au http://redtac.org/possibles/2014/07/17/nous-sommes-je-je-suis-nous/

(3) Dans la nation inuite au nord du Québec et du Canada, l’artiste chanteuse et conteuse Laakkuluk W. Bathory est aussi une artiste très engagée à Iqaluit. Elle est présidente d’un groupe pour l’ouverture d’un centre de performances culturelles. Elle raconte, entre autres, un mythe important de la culture inuite, celui la Lune et du Soleil : https://www.youtube.com/watch?v=Y0fPa9-s96g

Au contraire du mythe des Selk’nam et de la fondation occidentale dans la mythologie grecque, les Inuits ont un pôle solaire féminin (sister) et un pôle lunaire masculin (brother). Intéressant, non?

(4) Son livre testament où elle prouve que les Selk’nam avait un véritable théâtre : Quand le soleil voulait tuer la lune, Rituels et théâtre chez les Selk’nam de Terre de Feu, éd. Métaillé, 2008.

(5) Voir https://evemarieblog.wordpress.com/2015/01/15/encore-une-femme-autochtone-disparue-lynn-esther-iserhoff/

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Éco-F

Affiche du jour de la Terre 2014, tiré de la plateforme Unify http://unify.org/earthdayElle,
Blessée, Pansée
Am-put-ée Consolée,
Violée, Soulagée,
Inféodée, Libérée,
Déviargée, stérilisée, Enivrée, ensemée,
Polluée. Nettoyée

Elle,
Meurtie, Rafraichie
Blanchie, Rassainie
Vomie, Radoucie
Noircie, Reverdie
Trahie, Servie
Reniée, Fidèle

Elles,
Profanées, Sacrées
Exploitées, Écoutées
Écrasées, Révoltées
Dévastées, Vivifiées
Brutalisées, Encouragées
Ensanglantées. Purifiées
Enlevées, Unifiées
Battues, Fertiles
Agressées, Comprises
Tuées. Nées enfin.

Elles,
Affamées, Rassasiées
Interdites, Permises
Obéissantes, Transgressantes
Soumises, Insoumises
Impuissantes, Puissantes
Méchantes, Aimables
Hypocrites, Courageuses
Manipulatrices. Ouvertes

Elle,
Souillée, respectée
Corrompue, respectée
Empoisonnée, respectée
Infectée, respectée
Salie, respectée
Ravagée, respectée
Détestée. aimée

Elle,
Asséchée, fécondée
Contaminée, nourrissante
Infertile, fertile
Épuisée, gorgée
Piétinée, bénite
Inculte, cultivée
Conquise, pacifiée
Désolée, arrosée
Désertique, luxuriante
Volée, donnée
Accaparée. conservée

Elle, la Terre polluée dévore
La Mer acidifiée détruit
Réchauffée engloutit
Ses enfants

Elles, les femmes vénérées
Portent, enfantent, nourrissent, travaillent, apportent au monde

Nous lui appartenons

16-03-2013

féminisme logoroseLa revue québécoise Possibles prépare un numéro sur «Les féminismes d’hier à aujourd’hui ». Je recherche des poèmes pour la section de création (aussi chanson, texte d’artiste, illustration), d’ici la fin mars.

La revue Possibles a été fondée par le poète Gaston Miron et le sociologue Marcel Rioux. Possibles est une revue montréalaise progressiste et pluraliste, dont les principaux objectifs sont l’égalité entre les hommes et les femmes, l’environnementalisme, l’appui aux mouvements citoyens et altermondialistes.

Suffragettes-Big

Les Suffragettes américaines

La revue est publiée en format papier et sur Internet. Elle est actuellement dirigée bénévolement par des profs et des étudiants en sciences po à l’Université de Montréal  et par des citoyens engagés. Pour plus de détails, communiquer dans ma boite de commentaires ci-dessous.

féminisme blague-2En 2013, Possibles a publié un numéro sur Occupons Montréal, les Indignés et le mouvement étudiant, voir http://redtac.org/possibles/category/du-printemps-arabe-au-printemps-erable-un-nouveau-cycle-de-luttes-sociales-vol-36-no-2-hiver-2013/section-i-du-printemps-arabe-aux-indignes/

Insoumises Maille à part

Tricot graffiti du collectif Maille à part, Montréal, 2013

féminisme et religions

«Il appartient aux privilèges du maître de ne pas penser comme maître et à l’esclave de ne jamais oublier son statut. L’homme, tel qu’il est formé dans notre espace culturel, peut oublier sa position dominante. Les femmes ne peuvent jamais oublier qu’elles sont des femmes.» Georg Simmel, sociologue allemand

Idle no more femmes,Chris Wattie, déc 2012

Idle no More, déc 2012. Crédit photo: Reuter, Chris Wattie

manif féministe

Manif à Montréal. Source: revue Alternatives, mars 2014

Manif Autochtone meutres de femmes

Manif à Montréal, 2014

cit V. Woolfe

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