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«Les connaissances non reliées tuent la connaissance et font apparaître une nouvelle ignorance qui s’ignore elle-même au cœur de la prolifération des connaissances», souligne Edgar Morin.

Photo: Fred Dufour Agence France-Presse «Les connaissances non reliées tuent la connaissance et font apparaître une nouvelle ignorance qui s’ignore elle-même au cœur de la prolifération des connaissances», souligne Edgar Morin.

«… l’être humain serait-il surtout en train de se perdre… dans la simplification des choses, dans l’illusion, mais aussi dans cet aveuglement qui l’empêche d’appréhender sérieuse

ment les désastres qu’il est lui-même en train de nourrir ? »

Je relaie ici intégralement un trop bon article du journal Le Devoir de Fabien Deglise au sujet du plus récent opus d’Edgar Morin « Connaissance, ignorance, mystère », auteur et philosophe pour lequel j’ai toujours eu le plus grand respect et admiration.

«[il] montre du doigt le somnambulisme du monde politique qui vit au jour le jour, du monde intellectuel aveugle à la complexité et l’inconscience généralisée qui contribuent à la marche vers le désastre.»

 

Le coup de crayon du 8 mai
Garnotte et
Pascal

Edgar Morin et l’éloge du mystère

Le philosophe invite à aller au-delà des algorithmes pour éviter

la catastrophe

6 mai 2017 |Fabien Deglise | Livres
[Si vous avez un problème de lecture-mise en page, référez-vous directement à la source : http://www.ledevoir.com/culture/livres/498035/entrevue-edgar-morin-et-l-eloge-du-mystere]

A trop vouloir baliser ses déplacements, l’être humain serait-il surtout en train de se perdre… dans la simplification des choses, dans l’illusion, mais aussi dans cet aveuglement qui l’empêche d’appréhender sérieusement les désastres qu’il est lui-même en train de nourrir ?

Le philosophe français Edgar Morin, fin observateur du monde qui l’entoure depuis 95 ans, doute de moins en moins de cette dérive. Dans son dernier essai, Connaissance, ignorance, mystère (Fayard), il appelle d’ailleurs à lever la tête de nos réseaux sociaux, à affronter les déterminismes numériques pour mieux surmonter nos peurs ataviques de l’inconnu, déjouer les « nouvelles ignorances » et surtout changer le cours des choses dans des sociétés où paradoxalement, l’expansion des connaissances fait désormais régresser, selon lui, la connaissance.

« La croyance en une vie sociale ou personnelle régulée ou programmée par algorithme [ces formules mathématiques qui orientent choix et contenus dans les univers numériques] est illusoire, indique Edgar Morin dans une entrevue accordée il y a quelques jours au Devoir. L’histoire de l’humanité, des sociétés, de la personne ne peut échapper à l’inattendu, le hasard, la folie, la créativité. Or, si elle libère, la technique, aussi, asservit » en finissant même par atrophier l’intelligence, poursuit-il.

Sombre perspective ? Le malheur serait en marche et ses artisans ont, à l’écouter et à le lire, le nez collé sur un écran d’ordinateur et le doigt agité frénétiquement sur un clavier ou sur un écran tactile. « L’unification techno-économique du globe et la multiplication des communications ont provoqué non pas une conscience de communauté de destins humains, mais au contraire, les replis particularistes sur des identités ethniques et/ou religieuses ; non pas une grande union, mais une multiplication de dislocations et ruptures politiques et culturelles dégénérant en conflits », écrit-il dans cet essai alliant impressions, réflexions et sagesse, sorte de message d’un penseur indiscipliné, docteur honoris causa de vingt-quatre universités à travers le monde, à ceux et celles qui vont construire et le penser le monde après lui.

Et il montre du doigt « le somnambulisme du monde politique qui vit au jour le jour, du monde intellectuel aveugle à la complexité » et « l’inconscience généralisée » qui contribuent « à la marche vers le désastre »

Le leurre de l’émancipation

Le culte de l’instant présent, l’obsession de la quantification de l’activité humaine, du choix et du commentaire réduit à des codes binaires, tout comme l’enfermement de la pensée humaine dans des réseaux numériques cloisonnés, à des fins commerciales, n’y sont pas étrangers, même si tout cela se joue dans des sociétés dites du savoir où l’hyperconnexion et la démocratisation de l’accès à l’information, à la prise de parole sont érigées en vecteur d’émancipation, en faisant surtout illusion, selon lui. « L’excès d’information tue la connaissance, dit Edgar Morin. Les connaissances non reliées tuent la connaissance et font apparaître une nouvelle ignorance qui s’ignore elle-même au coeur de la prolifération des connaissances. » Cela entretient ce qu’il nomme l’ignorantisme, un mal contemporain qui frappe autant le citoyen ordinaire que les savants et experts confrontés à la même organisation fragmentée de la pensée, à la même connaissance dispersée qui empêche l’émergence de « cette connaissance pertinente qui les relie et qui permettrait d’affronter la complexité ».

« Le règne du calcul », dans lequel l’avènement du tout numérique nous a fait entrer, « occulte les réalités humaines les plus profondes », dit-il. « Le rêve d’une société humaine totalement automatisée sous la loi de l’algorithme conduirait non au surhumain mais à l’inhumain », poursuit-il dans son bouquin en parlant de cette post-humanité où l’humain est en train de se laisser conduire. « Le rêve d’une rationalité algorithmisante tendra à nous réduire en machines triviales. » Et cet idéal est forcément vain, puisque l’incertitude fait partie intégrante de l’aventure humaine, estime-t-il.

Le constat pourrait être sombre avec ces « myopies et aveuglements cognitifs » et collectifs qui « produisent erreurs et illusions » et qui nous rendent « inconscients des processus désastreux que subit la planète », dit Edgar Morin qui continue toutefois de chercher la lumière pour éclairer le présent en rappelant le caractère cacophonique, polymorphe et fou de la vie et à « ressentir la qualité poétique de la vie », à accepter « l’inachèvement de toute connaissance » pour retrouver le sens du mystère, dit-il. « Il faut détrivialiser la vie et s’en étonner 

« Le mystère ne dévalue nullement la connaissance qui y conduit, écrit-il. Il nous rend conscients des puissances occultes qui commandent », ces démons intérieurs et extérieurs qui conduisent « aux excès, aux folies, aux ivresses ». Le mystère permet aussi d’accéder au sublime en s’éloignant de cet « horrible » que trop de calcul serait en train de faire émerger, selon lui, mais qui demeure probabilité dont on échappe en changeant de voie, conclut Edgar Morin.

.
«Connaissance, ignorance, mystère»
Edgar Morin, Fayard, Paris, 2017, 190 pages

Bonjour chers lecteurs et lectrices,

Tout ce climat actuel délétère d’intolérance, en particulier sur les réseaux sociaux ici comme ailleurs, est franchement inquiétant; je n’ai pas été aussi socialement inquiète depuis le début des années 1990, quand il y a eu la guerre du Golfe au Koweït. D’ailleurs, un commentateur a dit la semaine dernière que nos problèmes avec les (pays?) musulmans extrémistes ont commencé là…

Mais ce n’est pas seulement sur cette question que les gens se lâchent et s’expriment n’importe comment. Toute question controversée (féminisme, LGBT, référendum, langue, noirs, immigration, accommodement religieux, etc.) devient vite l’enfer côté «discussion». Éducation zéro sur la façon de communiquer correctement son opposition !

Je cherche à comprendre ce qui peut spirituellement pousser des gens à agir ainsi. Comment en est-on arrivé à autant d’intolérance de tous les côtés ? Je questionne mes amis, ma famille.

Dans ma série sur l’attentat du Québec, j’aimerais vous présenter à nouveau la réflexion d’une autre amie et lectrice de ce blogue au sujet d’un autre événement dans la lignée d’un certain nombre d’attaques contre les musulmans au Québec. La semaine dernière, l’université Concordia à Montréal a reçu une lettre haineuse contre les musulmans, assortie d’une menace à la bombe. L’université a dû fermer ses portes pendant que la police cherchait ce qui s’est avéré être finalement une fausse alerte. L’auteur de ce méfait, Hisham Saadi, a été arrêté et interrogé par la police (1).

Je publie sur mon blogue cette lettre, car je trouve que c’est une partie importante de la réponse, et que trop souvent, on n’entend pas ce genre de voix/vision dans les médias traditionnels.

Et vous, comment sentez-vous ces événements ?

***

« Alerte à Concordia

Malheureusement il me vient une parole qui peut être réactive, mais pourtant irréfutable. « Nous récoltons ce que nous avons semé ».

Le cycle de la haine se perpétue en proclamant de la haine à ces gens qui ont déjà agi contre eux sans le savoir. Quand cesserons-nous de semer la haine?

Nous jouons tous contre nous-mêmes.

Ma pensée et ma parole resteront les mêmes vis-à-vis toute situation.

Il n’y a que la compréhension, la compassion, l’écoute et l’amour inconditionnel qui changera le mouvement de la roue humaine.

Tout être humain cherche à aimer, être aimé et s’unir au tout. Ne sachant pas comment agir, nous semons l’opposé de ce que nous désirons.

L’ego veut à tout prix nous protéger et devient mauvais conseiller.

Nous devrons nous rendre compte que c’est en aimant que nous serons aimés. C’est en s’aimant tous, malgré nos souffrances et celles subies, que nous allons nous unir.

La source de la spiritualité, notre âme, est neutre. Elle ne pousse ni ne tire. Elle est, tout simplement.

Quand nous souffrons et réagissons, elle pourrait se dire.

Enfin ! Ils vont cesser et prendre conscience que répondre à la douleur par la douleur enflamme la douleur.

Cet homme souffre et nous le ferons souffrir.

 

Nous avons quelques siècles à vivre avant de voir le changement de pensée.

Cela parait injuste, mais nous sommes ici pour apprendre et sommes dans le moment le plus sombre de l’existence.

Merci à toi et à tous les êtres lumineux de soutenir l’amour,

🙂

Paola

______________________

(1) http://quebec.huffingtonpost.ca/2017/03/02/arrestation-homme-menaces-musulmans-universite-concordia_n_15104482.htm

«Ma peur veut que j’arrête, parce que ma peur veut que je sois en sécurité, et ma peur perçoit tout mouvement, toute inspiration, tout travail, toute activité, toute passion comme une menace potentielle pour ma vie. Ma peur veut que je vive une plus petite vie. La plus petite vie imaginable, idéalement. Ma peur préférerait que je ne sois jamais sortie du lit.

Votre peur est comme la mienne. Exactement comme la mienne. Je vous le garantis.»

Elizabeth Gilbert, «Mange, Prie, Aime»

Après quelques jours de recueillement, de deuil et un certain silence que nos médias avides de sensation n’ont pas su, comme d’habitude, nous donner…

*/*

Est-ce qu’on aura le courage de regarder en soi après ces terribles événements ? Bon c’est vrai, je regarde d’abord les autres : il faut dire que les Charlie ne sont pas des enfants de chœurs et qu’ils ont commis plusieurs outrances, provocations et outrecuidances… Vanité, quand tu nous tiens… Mais ils ont aussi publié des dessins et textes brillants visant à dénoncer la bêtise et l’inhumanité de ces religieux radicaux islamistes, catholiques ou juifs qui fondent leurs actes sur « Dieu » sans se rendre compte que, des deux côtés, ils répandent et contribuent au mal, à la souffrance et à l’intolérance qu’ils veulent dénoncer par leurs actes : c’est l’aveuglement de l’escalade. À cet égard, on espère que les journalistes de Charlie Hebdo, qui sont davantage capables de se maitriser, seront plus « intelligents » et comprendront les limites de leur travail et de la forme de la liberté d’expression. Il y a plusieurs façons de réagir à la peur. L’ancien directeur la publication, Stéphane Charbonnier «Charb» qui  été assassiné par les djihadistes avait déjà très justement écrit à ce sujet : «Notre peur est leur raison de vivre». Lui et les autres caricaturistes et auteurs du journal avaient choisi la satire, parfois brillante, mais parfois débile, pour dénoncer ce nouvel obscurantisme de cette partie d’un islam pathologique et nihiliste.

Passage à l’acte

Dire à quelqu’un qu’il est un criss de con n’a jamais aidé à résoudre un problème… Bien au contraire. On a vu là deux groupes à la pensée radicale et sans compromis s’affronter pendant des années. Peu de personnes en France, pour de bonnes et de moins raisons les ont appuyés, y compris lorsqu’ils ont été incendiés en 2011, je crois. Et voilà que l’impensable tragique a surgi d’un côté, le passage à l’acte, celui de l’acte de tuer et de vouloir répandre la peur et la terreur tout autour. Pourquoi ? Pour imposer des idées, ses pensées, ses croyances aux autres. Paradoxalement et c’est là qu’il faut faire une énorme effort de compréhension : pour crier leur ressentiment d’un monde clivé où la liberté, c’est pour les autres… Pour ne pas comprendre que dans d’autres cultures et religions on PEUT représenter les images du dieu et des prophètes et même les critiquer (*1)… Oui dieu à perdu son grand D ce jour-là. Et pour toujours.  .  . Cèderons-nous encore à cette si lâche, mais si humaine aliénation  par la peur ? J’avoue que cela m’a empêchée de dormir la semaine dernière… J’ai repensé aux mots de la vieille chanson « Les Loups sont entrés dans Paris » (*2) chanté par Reggiani et que j’avais justement envoyé au chroniqueur David Desjardins en décembre et qui vient d’écrire une réflexion qui critique le confort de la rectitude et de la censure qui évite les difficiles débats (*3). Puis, échapperons-nous à la dérive sécuritaire, à ce piège puant tendu par ces (soi-disant) fous de Dieux ? Est-ce ce genre de monde que nous léguerons à nos enfants ? Le grand-père et homme médecine Atikamekw Charles Coocoo a déjà écrit que «nous sommes devenus peu à peu des êtres sans volonté» «dans une psychologie qui désacralise les êtres humains.» (*4)

Hypocrisie d’État et médiatique

Il est assez choquant de voir tous ces médias et ces chefs d’État crier à la liberté d’expression, alors qu’on se demande ce qu’ils ont fait concrètement dans le passé pour la liberté de presse et d’expression pour appuyer Charlie et leurs positions radicalement athées et laïcistes, alors que le journal a été victime plusieurs fois d’intimidation ou de vandalisme…

Point aveugle

Par ailleurs, on n’a pas entendu parler des familles endeuillées des djihadistes. Je suis à peine capable d’imaginer leurs sentiments contradictoires et leurs souffrances. Et les familles des 4 otages tués par Coulibaly dans l’épicerie juive cachère ? On n’a pas entendu non plus parler du 3e tueur qui était entré à CH. Est-il mort sur place ? Je me souviens clairement avoir vu la photo des trois (mais la photo de ce 3e était laissée vide) avec leur nom, le 1er jour aux nouvelles de Radio-Canada. Ou était-ce une erreur ? Vous souvenez-vous que les assassins se sont d’abord trompés d’adresse et sont allés à côté à l’imprimerie avant de réaliser leur méprise !? Je n’ai pas compris non plus comment ils sont pu faire tout ce chemin en sortant de la rédaction sans être repéré par la police. La police a-t-elle répondu adéquatement ? Et pour vous c’est comment ?

«Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas.» (attribué à) André Malraux

Voir la suite de cet article qui traite du sujet du point vue intérieur de la conscience où les pensées n’égalent pas soi au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/01/17/charlie-hebdo-et-paresse-spirituelle-2/

_____________________________

(*1) Dans les premiers siècles de la chrétienté, il n’était pas permis de représenter Dieu, ancienne doctrine basée sur l’Ancien Testament (Exode et Deutéronome). Mais l’évolution métaphysique de l’art a permis aux artistes, dessinateurs, peintres et sculpteurs et autres de représenter Dieu par la suite. Pour plus de détails sur cette évolution, voir le philosophe allemand Hans-Georg Gadamer et l’analyse du philosophe François Doyon au http://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo/434430/le-devoir-de-philo-gadamer-contre-l-interdiction-de-representer-mahomet. À noter que les musulmans chiites ont évolué également dans ce sens. Les images du Prophète sont répandues chez eux puisque le Coran n’interdit pas sa représentation. «Mais pour un grand nombre de musulmans, notamment les sunnites, la simple représentation du Prophète pose problème» et est strictement interdite.

(*2) https://www.youtube.com/watch?v=hVkWgksDZDI

(*3) http://www.ledevoir.com/societe/medias/428549/c-est-pas-un-supermarche

(*4) Dans un article de Coocoo (2012) que j’ai reproduit sur mon blogue, il en appelle à une assemblée «regroupant des personnages appelés les hommes médecines, les saints hommes, les poètes, les sages, les grands humanistes et les sans-abris. C’est drôle, j’aurais plutôt dit : les femmes médecines (chamanes, sage-femmes, herboristes et praticiennes des médecines douces), les saintes femmes, les poétesses, les grandes humanistes et ainsi de suite, héhé. Mais on accepte les deux… Comme cela est arrivé à l’événement MITSHETUTEUAT, avec un peu ce genre de regroupement improbable de personnes proposé par Coocoo, mais en ajoutant les écolos, je pressens que les hommes vont, au cours des suivantes générations peu à peu apprendre à se taire et à écouter plus leurs femmes (voir https://evemarieblog.wordpress.com/2014/04/11/mitshetuteuat-cercle-de-parole/). De cette inversion progressive des polarités, émergera une nouvelle forme d’être au pouvoir.  Cette sensation m’a aussi été inspirée par le poète François Guerrette dans son recueil «Pleurer ne sauvera pas les étoiles», dans son chapitre émouvant «Aux hommes : attention à la foudre qui dort »(2014). Voir cet article de Coocoo au https://evemarieblog.wordpress.com/2013/02/20/gestion-attawapiskat-2/charles-coocoo_decolonisation-tradition-et-guerison/

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