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Verb Conjugation

Verb Conjugation (Photo credit: Aaron Landry)

« une nation qui parle une autre langue que la sienne perd insensiblement son caractère.» Meilhan, 1795

Il semble que le sujet soit dans l’air du temps…  Dans le journal Le Devoir d’aujourd’hui, on rapporte les démarches et les propos d’un haut fonctionnaire de l’ONU, dont je vous rapporte quelques extraits car seuls les abonnés ont droit à la version internet.

«Avec les années, Dominique Hoppe a vu la situation du français se dégrader rapidement dans les organismes internationaux. À l’Office européen des brevets par exemple, il y a 30 ans, tous les fonctionnaires parlaient les trois langues officielles de l’organisation : le français, l’anglais et l’allemand. ‘Aujourd’hui, tout se déroule en anglais, dit-il. Même lorsque des francophones se réunissent, ils leur arrivent de se parler en anglais !’»

Et plus intéressant, encore : «Avec l’anglais, c’est la pensée unique qui s’impose, dit-il. Comme les fonctionnaires ne parlent qu’anglais, tous les logiciels, les modèles économiques, sociologiques ou de gestion de projets sont anglos-américains. Puisqu’ils parlent mieux l’anglais, ce sont les anglophones qui finissent par occuper les postes les plus influents.»

«Il s’agit d’un combat pour préserver la diversité culturelle, dit-il. On ne sauvera pas la langue si on sauve pas la culture.»

Voilà donc un excellent exemple de comment le bilinguisme finit par devenir unilinguisme, impose sa culture et sa vision du monde. Et comment le combat pour le développement et le respect du français chez nous en est encore un d’avant-garde. Autre exemple actuel : les Jeux olympiques. Voilà pourquoi je milite en faveur d’une seule langue d’échange à Occupons Montréal. Ce qui ne veut pas dire sans souplesse et sans exception. Chaque personne, bien informée et consciente de cet éternel dilemme et enjeu profond qui fait partie du projet de société que nous essayons de mettre de l’avant, choisit à l’occasion les moments où c’est tout simplement plus utile de parler ou d’écrire en anglais. Je crois que dans une petite organisation, la confiance et l’ajustement a préséance. Ce qui ne veut pas dire que ça nous épargne un débat, bien au contraire, c’est dans ce débat et cette réflexion qu’une meilleure compréhension va naitre, se développer et se maintenir.

http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/354579/les-pays-de-la-francophonie-doivent-agir?utm_source=infolettre-2012-07-14&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Ève Marie, 14 juillet 2012

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«moi je gis, muré dans ma boite crânienne/dépoétisé dans ma langue et mon appartenance/déphasé et décentré dans ma coïncidence/ravageur je fouille ma mémoire et mes chairs.» Gaston Miron

Cher Alain,

Oui, le français est précaire à Montréal, beaucoup moins au Québec. Il l’a toujours été et il le sera toujours, compte tenu d’une part du déséquilibre démographique en Amérique du Nord, et d’autre part parce que le français, autrefois langue internationale de la diplomatie, des puissants et des riches a cédé sa place à l’anglais (la cour de Catherine de Russie, grande admiratrice des philosophes des lumières français, préférait parler français que russe, c’était plus chic, idem pour la cour d’Angleterre du Moyen-Âge, conquise par le Normand Guillaume le conquérant, dont la langue normande [une des bases du français]-anglaise était utilisée à la cour, par les juristes et dans la religion; c’est l’effet sociolinguistique de popularité et d’attirance, mais aussi de colonisation, j’y reviendrai plus loin). Donc, le français ne fait pas face à n’importe quelle langue, mais à la langue qui a le plus grand pouvoir d’attraction au monde ! C’est THE langue seconde la plus enseignée dans le monde, et le français vient en deuxième… Cela va sûrement changer au XXIe s. avec les avancées de l’espagnol et du chinois. On voit comment culture et économie sont porteuses des langues dans l’histoire.

Mais restons chez nous. Dans des articles précédents, je faisais allusion  à ces anecdotes, qui je crois, ont une portée collective; c’est la petite histoire du quotidien du peuple : tu trouves ça normal, toi, que dans ton pays, un vendeur te demande sans gène si tu parles anglais pour te vendre ses produits ? N’est-ce pas le monde à l’envers autant d’un point de vue marketing que du point de vue de la langue officielle du Québec ? Et mon histoire au Centre des médias alternatifs en 2001 avec les altermondialistes, lors du Sommet des Amériques à Québec, c’est normal aussi ? L’anti-émeute avait pourchassé les manifestants dans la zone verte, jusque dans la basse ville de Québec. Il y a eu tellement de gaz lacrymogène, que malgré nos portes fermées, on étouffait là-dedans. Nous avons eu une réunion d’urgence avec la centaine de journalistes des médias alternatifs qui se trouvaient là. Nous étions persuadés que la police referait le coup de Seattle, quand ils étaient entrés et avaient arrêté le monde. Nous avons discuté d’un plan. Mais… tout se passait en anglais, pas même de tentative de traduction. Le niveau de tension était maximum et à cause de cela, je ne comprenais pas ce qui se passait… j’étais incapable de sortir un seul mot de ma bouche et j’enrageais totalement d’être dans «ce pays sans bon sens» (comme l’a dit le cinéaste-documentariste Pierre Perrault), étrangère dans mon propre pays ! Batèche, j’étais en train de vivre là, sous mes oreilles, la réplique concrète des «Monologues de l’aliénation délirante» de Miron, pourtant écrit au moins 30 ans plus tôt : «moi je gis, muré dans ma boite crânienne/dépoétisé dans ma langue et mon appartenance/déphasé et décentré dans ma coïncidence/ravageur je fouille ma mémoire et mes chairs» pour lesquels mon père et ma mère se sont battus… Même là, les plus progressistes ne comprenaient pas la nullité de la situation au Centre des médias ce printemps-là.

Mon père a fait un bout d’armée pour payer ses études. C’est là qu’il a connu ses vraies premières humiliations avec la gent anglo. Ça l’a marqué pour la vie. Ensuite, dans les années ’60, il a travaillé comme journaliste à l’Alcan et comme pour un de ses amis ingénieur à Hydro-Québec, les patrons étaient tous anglais, et tous les autres employés étaient français, alors devine quoi ? Toutes les réunions et les communications écrites étaient en anglais. Il s’est battu, il a été congédié. Ensuite, il a connu René Lévesque au Nouveau Journal, puis Lévesque est entré au gouvernement libéral, puis, de fil en aiguille, toute la famille s’est retrouvée à Paris au début des années ’70, et mon père comme diplomate. Là, il a pris d’énormes risques personnels, qui ont marqué notre famille à jamais. Je peux vous dire qu’à l’époque, on ne riait pas avec ces choses-là. Il y a tout un pan de l’histoire indépendantiste qui s’est passé là-bas et qui est relativement peu connue du grand public. Ma mère, elle, s’est recyclée comme traductrice, et m’a transmis son amour des mots et des langues. Plus modérée, elle s’est engagée des années au PQ, mais a fini par tout lâcher car elle en avait assez des sempiternelles chicanes et couteaux dans le dos. Je raconte cela, parce que c’est un peu notre histoire à tous, ça montre d’où l’on vient et où l’on va.

Et tu sais quoi, l’année dernière, à la Caisse de dépôt, l’un des fleurons de la révolution tranquille créé entre autres par Jacques Parizeau en 1965 – et bien, un des nouveaux patrons était… à nouveau unilingue anglais ! On n’avait pas vu ça depuis des lustres ! Est-ce que c’est acceptable, ça ? Non, c’est un grave recul et c’est tout simplement scandaleux, sans compter le trou de 40 milliards $ en 2009… Quel exemple ça donne, tu crois… mes collègues, profs de français, au secondaire généralement très peu politisés, ont commencé sérieusement à s’énerver avec ça cette année. Qu’est-ce qu’on va dire à nos étudiants adultes immigrants ? Ben oui, forcez-vous pour apprendre le français pour travailler, sauf si vous voulez obtenir un poste hyper payant avec beaucoup de prestige et de pouvoir ?? Quel exemple les institutions québécoises et canadiennes donnent-elles ??

Aspects sociolinguistiques et étapes d’assimilation

Discussion sur les réseaux sociaux : «Les gens viennent ici parce que le français c’est cool et c’est HOT! » Tu as une très bonne intuition linguistique ici. Tu voudrais jouer la carte de l’attirance naturelle. C’est exactement comme cela que cela se passe (d’ailleurs sur le plan de l’apprentissage, une langue plus populaire est beaucoup plus facile à apprendre). Alors faisons l’exercice ? Quelle langue est la plus populaire dans les cours d’écoles actuellement ? L’anglais, dans de plus en plus de cas. C’est exactement ça le glissement bilingue chez les jeunes. Immigrants ou non, nés au Québec ou pas, c’est l’anglais qu’ils parlent de plus en plus dans les transports en commun depuis environ 3 ans. Avant on les entendait parler français, avec l’accent québécois ou un charmant accent étranger. Quelle langue parle les nouveaux jeunes branchés qui viennent en grand nombre habiter St-Henri à Montréal ? L’anglais. C’est surtout l’anglais qu’on entend dans les restos et cafés à la mode de ce quartier dit «populaire» (dans le sens du peuple), qui a été pauvre… francophone pendant les lustres et qui se gentrifie à vitesse grand V. Où sont les jeunes familles francophones en ville ? Que dalle ! Elle quittent pour la banlieue. Les chiffres étaient dans les journaux récemment. Montréal s’anglicise depuis 5 ans, c’est de plus en plus évident. Quand la métropole devient lentement mais sûrement si différente des régions sur le plan linguistique et ethnique, il y a lieu de s’inquiéter! Si rien n’est fait à court terme, on peut prévoir d’énormes conflits sociaux avant une génération.

Voici comment les linguistes ont étudié l’assimilation linguistique dans le monde. Lentement au début puis assez rapidement, une «nouvelle» langue devient populaire; il y a une étape intermédiaire de bilinguisme, puis la langue initiale disparaît progressivement. Ces phénomènes ont beaucoup été étudiés dans le monde, c’est à quoi Claude Hagège ci-haut faisait allusion. Je t’invite à te documenter. Alors comprends-tu pourquoi on doit «forcer» la note dans la réalité qui est la nôtre ? Que les «lois du marché» néolibérales du laisser-faire ne fonctionnent pas pour la langue ici non plus ?

Motivations à apprendre le français?

Depuis un an ou deux,  le bruit court chez nos élèves qui parlent déjà anglais, qu’ils n’ont pas besoin de bien maitriser le français pour pouvoir travailler à Montréal. Que de très bons postes et bien payés sont disponibles en anglais. Les exemples récents (fin 2011) très peu inspirants de chefs de département, unilingues anglais (d’une filiale, dir. exploitation et dir. des ressources humaines,)[i] et de membres du CA à Caisse de dépôt et  des hauts fonctionnaires fédéraux unilingue anglais (cours suprême, vérificateur général) À la Banque nationale le patron est unilingue anglais[ii]; Tout cela a marqué  l’imaginaire. On se croirait de retour aux années ’60 où les cadres d’Hydro-Québec  étaient encore unilingues anglais et que les communications collectives se passaient en anglais!

Pour les profs, si cette tendance s’accentue, ça va être plus difficile d’enseigner, pour les écoles, plus difficile d’attirer, de garder et de faire réussir des élèves en francisation. Cela touchera potentiellement aussi les raccrocheurs à l’éducation des adultes, dont une partie de plus en plus grande vient de l’immigration, sans parler des conséquences sur les familles où la langue à la maison sera la langue de leur pays bien sûr, et… l’anglais. Rendu là, dans ce scénario catastrophe, on ne peut plus rien faire, il faut agir en amont, bien avant! Vigilance et créativité !

Pistes de solutions périphériques à l’éducation, par effet de vase communicant, en plus d’un renforcement de la loi sur la langue officielle (loi 101) :

– Urbanisme et langue : quartiers qui attirent de jeunes familles francophones.

– Arts, chanson, littérature, médias et langue : création et diffusion culturelle en français.

– Techno et langue : développement de logiciels conçus en français.

– Éducation et langue : modèles individuels d’inspiration pour les élèves.

*/*

 C’est pourquoi les politiques de tolérance au Québec ne fonctionnent pas; l’application de la langue d’affichage le montre bien, même ce gouvernement libéral a reconnu à mi-mots son échec récemment (avec visée électoraliste, comme on s’en doute). Ben oui, ça serait tellement mieux si tout le monde était respectueux, beaux et gentils, mais ce n’est pas comme cela que ça se passe. C’est pourquoi je suis farouchement contre tout bilinguisme systématique public à Occupons Montréal (publications, réunions, AG) ou ailleurs, non évidemment dans nos échanges perso où j’aimerais pratiquer mon anglais plus souvent… À un moment donné, il faut être cohérent !

Ceci dit, je comprends la nécessité de vouloir communiquer avec/entre anglos comme le mentionnait un autre camarade, surtout pour cette campagne électorale qui s’en vient, et où les médias anglos sont particulièrement déformants. Il est tout à fait normal que des anglos s’adressent en anglais à d’autres anglophones. Donc ça n’est pas simple, c’est pour ça qu’on en discute…

Mais si ça peut vous rassurer, y’a plus complexe que nous… Il y a, par exemple, en Afrique du Sud, 11 langues officielles, dont deux langues coloniales fédérales (anglaise et afrikaans [dérivé du néerlandais]) et 9 langues indigènes provinciales, dont le zoulou. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, il y a 850 langues parlées (et on ne compte pas les dialectes). Au Québec : 13 langues d’origine sont parlées, dont deux coloniales, les autres autochtones. Et ces chiffres ne tiennent pas compte des nouvelles langues immigrantes.

Alors, il y a de l’espoir… Mais je le répète : le statut de l’anglais n’est pas égal à celui du français, sans parler des langues autochtones, et c’est sur cette inégalité fondamentale qu’il faut travailler. Vous connaissez cela, je crois, les inégalités…


[ii] http://www.lapresse.ca/actualites/201111/19/01-4469596-un-patron-unilingue-anglophone-a-la-banque-nationale.php

je t'aime, je t'aime pas

je t’aime, je t’aime pas (Photo credit: canadapost)

C’est bien évidemment une question très sensible qu’on soulève ici, et dont on n’aura jamais fini de parler. Ce que j’essaie de faire remarquer c’est que l’intérieur (Occupons Montréal- OM) n’est pas différent de l’extérieur (Mtl /le Québec). Les défis linguistiques qu’on vit au Québec sont aussi les défis linguistiques qu’on vit à Occupons Montréal, et ce dans un contexte d’anglicisation de Montréal. Comment les résoudre ? Dans une petit organisation où il y a plusieurs anglophones et allophones, il est évident qu’il nous faut une métho de facilitation, d’accueil et d’ouverture à l’autre. Et je ne parlais pas de tri/multilinguisme de d’autres langues qui sont toute une autre question, idéalement souhaitable. Je parle de la relation spécifique du français et de l’anglais dans notre contexte; et comme on le sait, en Amérique, ces deux langues ne sont pas sur le même pied d’égalité. C’est sur cette inégalité fondamentale qu’il faut intervenir. Je m’inquiète qu’on confonde camaraderie individuelle et nécessité collective. Bien sûr qu’on aime avoir des conversations avec nos camarades one by one dans différentes langues. Mon commentaire était au sujet des communications et échanges collectifs et publics (affiches, annonces de projets et langue(s) de réunion, etc.).

Je maintiens cependant que la loi 101 s’applique à tous les Québécois, y compris les participant.e.s à OM. Je ne comprends pourquoi nous ferions exception. Et pour le volet international d’OM, l’anglais est évidemment incontournable. Alors la question est : comment intégrer à court terme et encourager à connaitre la langue et la culture commune à moyen terme ? La connaissance est un de nos engagements «M’éduquer et encourager l’échange des connaissances.», alors quel est le problème ? Encourager les personnes à apprendre la langue officielle du Québec me semble tout à fait normal. Pour cela ça prend une motivation. Si tout était bilingue, il n’y aurait plus aucune motivation. C’est pour cela que mes étudiants immigrants viennent dans mes classes. Ils savent qu’ils doivent parler français pour travailler à Montréal (sauf dans certains postes clé du pouvoir comme à la Caisse de dépôt, au gouvernement du Canada ou aux Canadiens de Montréal…). De nombreuses langues sont en voie de disparition dans le monde. Les exemples de bilinguisme comme étape intermédiaire à l’unilinguisme sont tout aussi nombreux.

Ce qui n’empêche que j’aimerais écrire et parler ma seconde langue aussi bien que certains de mes amis et connaissances. Vous pouvez être fiers !

Ève Marie, 7 juillet

Flag of La Francophonie Français : Drapeau de ...

Drapeau de la francophonie

Claude Hagège à la Conférence-débat "La F...

Claude Hagège (Photo credit: Wikipedia)

LANGUE FRANÇAISE. Dans la foulée du Forum de la langue française, le grand linguiste polyglotte Claude Hagège, habituellement chantre de l’enseignement des langues secondes dans le monde sert un avertissement sans équivoque sur le risque de ‘bilinguisation’ institutionnelle et collective, et dans le cas du Québec, qui sera suivie de l’assimilation. Le Devoir rapporte que pour Hagège :

«la Francophonie est ni plus ni moins ‘en guerre’ non pas contre l’anglais, mais contre une américanisation qui veut imposer une langue unique sous le couvert de la mondialisation». Il estime que, compte tenu des menaces spécifiques que l’anglais fait peser sur français au Québec, celui-ci ne devrait pas être enseigné trop tôt».  (1)

 

Ça prenait bien un Français pour venir nous rappeler de nous respecter nous-même. La loi 101 est là pour ça. Dans l’espace public et au travail, on parle français. C’est simple et c’est tout. Je suis encore traumatisée qu’au Centre des médias alternatifs, lors du Sommet des Amériques en 2001, la langue d’échange dans nos locaux n’était que l’anglais. On était justement là pour critiquer la mondialisation et la pensée unique et hop tout le monde à l’anglais, sans traducteur. Dans un événement international, l’anglais a bien évidemment une très grande place, mais dans ce contexte militant, c’était tout simplement choquant qu’il soit impossible de s’adresser à tous en français, sans qu’on ait pensé à des interprètes. À Occupons Montréal (OM), la semaine dernière, je voyais encore une affiche promo bilingue d’un projet OM. Aujourd’hui, un ami anglo me demandait gentiment de traduire mes communications pour un projet… sans réaliser l’énormité de sa demande. Il y a des cours de français gratuits dans les commissions scolaires pour ça. La réponse est clairement non, et je n’ai pas à m’excuser pour être ‘gentille’ avec mes amis anglos (qui comprennent d’ailleurs généralement mieux que certains francos la précarité de notre situation linguistique).

Au Québec, notre situation spécifique veut clairement dire que le bilinguisme des institutions (ville, gouvernements) est la 1ère étape d’une assimilation rapide en une ou deux générations à Montréal, deux ou trois dans le reste du Québec. La dernière fois que je suis allée magasiner un cellulaire au centre-ville de Montréal, un vendeur m’a demandé pour la 1ère fois de ma vie,  et ce sans aucune gène, «Do you speak english ?» Signe des temps.

Ève Marie, artiste, enseignante et linguiste

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(1) http://www.ledevoir.com/politique/quebec/353897/claude-hagege-s-oppose-a-l-enseignement-intensif-de-l-anglais

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