Category: Occupons Montréal/Occupy


1re Nuit debout Montréal 28-04-16. Crédit photo: Robert Bertand

1re Nuit Debout Montréal devant le consulat français, en solidarité avec le mouvement à Paris. 28-04-16. Crédit photo: Robert Bertrand

Le mouvement de la Nuit Debout parisien (voir mon autre billet à ce sujet*1) s’est maintenant étendu à d’autres villes françaises et européennes, puis sur tous les continents voir : https://www.facebook.com/NuitDebout/photos/a.1707228729555023.1073741828.1707017119576184/1727093247568571/?type=3&theater

Nuit Debout s’étend maintenant depuis le 28 avril à Montréal, à travers notamment le réseau d’Occupons Montréal. Voir https://www.facebook.com/NuitDeboutMontreal/?fref=ts

À la suite des mouvements sociaux des quinze dernières années avec le mouvement altermondialiste, les Indignados, Occupy et les Carrés rouges, le mouvement Nuit Debout s’attache, tout comme Occupons Montréal en 2011-12, au désir d’horizontalité (le refus de s’instituer en ligne hiérarchique de décision et d’avoir un leader, voire le refus de devenir une nouvelle institution politique et une forme de la démocratie directe via des assemblées générales fréquentes), aux préoccupations sociopolitiques larges peu ou pas formulées en revendications précises et à une soif et à un apprentissage de la prise de parole sur la place publique. Ce refus (pour l’instant) de devenir un mouvement structuré constituait à Occupons Montréal une partie importante des discussions et il a été un point chaud de plusieurs mouvements politiques spontanés depuis au moins à fin des années 1960 : ce dilemme ne date pas d’aujourd’hui ! Ce refus avait alors été notamment critiqué par des féministes qui y voyaient une dispersion de précieuses énergies et un paradoxal danger de récupération (voir mon bilan d’Occupons Montréal au https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/16/occuponsmontreal-bilan/ )

Le journal Le Devoir a également consacré deux articles à ce mouvement en fin de semaine au http://www.ledevoir.com/international/europe/469598/entrevue-une-transformation-en-un-mouvement-social-structure-parait-difficile et http://www.ledevoir.com/international/europe/469597/france-nuit-debout-il-faut-que-ca-reste-souple et Radio-Canada au http://ici.radio-canada.ca/emissions/desautels_le_dimanche/2015-2016/

Nuit debout affiche

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Pour poursuivre votre réflexion sur les groupes de conversation à la base de ce type de  mouvements, voyez mon billet d’histoire au https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/13/histoire_conversation_salons_groupe-de-discussion/

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*1 evemarieblog.wordpress.com/2016/04/02/nous-etions-endormis-et-nous-nous-reveillons-disent-les-indignes-francais/

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Totalement ignorés par les médias québécois, des indignés en France sortent depuis 3 nuits intitulées initialement « Le 31 mars, on ne rentre pas chez nous » ou sur Twitter #NuitDeboutParis. Source : Le Monde, 01-04-16. Voir ici

Des centaines de personnes se sont réunies en assemblée générale, place de la République à Paris,  hier soir vendredi 1er avril 2016, pour la deuxième soirée d’affilée, #Nuit Debout.

Dans le sillage des Indignés espagnols de Podemos, d’Occupy Wall Street (ici localement : Occupons Montréal) ou du printemps arabe, le collectif improvisé Convergence des luttes (1), dont de nombreux étudiants en grève, a appelé sur les réseaux sociaux à une «Nuit debout. On ne rentre pas chez nous». Ils manifestent depuis 3 nuits pour contester une loi libéralisant le Code du travail français en diminuant notamment le filet social. Cette loi veut notamment favoriser les ententes locales avec les employeurs, ce qui pourra affaiblir encore davantage les travailleurs précaires et les jeunes avec de nouvelles mesures visant par exemple à diminuer le salaire des heures supplémentaires et visant à affaiblir les syndicats (VOIR ICI)  (2). En même temps, des discussions sur le système capitalisme et le sauvetage des banques ont lieu.

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Nuit Debout du 31 mars 2016. Crédit photo : Revelli-Beaumont/SIPA

Des manifestations ont aussi donné lieu à des échauffourées avec la police… avec la technique de répression de la «souricière» contre des manifestants pourtant pacifiques, comme nous l’avons vu qu’à l’écœurement pendant le Printemps érable ici au Québec en 2012 et après. À noter aux nouvelles de France1 ce pm qu’un policier qui a manifestement abusé de ses forces dans une de ces manifestations contre la loi Travail la semaine dernière en frappant un lycéen (3), vient d’être retiré de ses fonctions pendant l’enquête. Il peut être passible de trois ans de prison.

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En parallèle, et à la suite des attentats de Paris de novembre dernier, cette nuit (2-3 avril), la mairesse de Paris (les Français disent « maire » pour une femme…) Anne Hidalgo invitait à la discussion et à la réflexion publique dans la rue et autres lieux publics. (4)

Pour approfondir la réflexion, voir aussi l’économiste du CNRS Frédéric Lordon qui parle de la «violence néolibérale» de la nouvelle loi Travail :

La fin du discours de Lordon est-elle surprenante pour vous ?

Oui et non pour moi : axée sur une philosophie nihiliste de la catastrophe, est-ce vraiment le seul moyen pour sortir de l’impasse politique-économique-sociale ? Oui c’est surprenant, car il s’agit d’une approche destructrice et pour laquelle on a assez peu conscience des conséquences sur nos vies; non pas très surprenant, car on entend de plus en plus souvent, au Québec aussi, cet appel désespéré, en particulier chez les jeunes dans la 20taine et la 30taine ne voyant pas d’issues, dans un ras-le-bol.

Comme je l’ai exprimé maintes fois sur ce blogue, en appeler d’une prise de pouvoir par un nouveau groupe ne changera rien sur le fond. Même les meilleurs intentionnés reviendront vite aux mêmes mauvaises habitudes du pouvoir : les mêmes travers personnels amèneront aux mêmes résultats. Il faut aussi et surtout chercher dans l’âme humaine : qu’est-ce qui amène les gens à voter de telles lois, à taper gratuitement sur des manifestants, à voler l’argent des épargnants dans les banques grâce à une économie spéculative, etc., etc., etc. ? Qu’est-ce qui amène l’humain, une fois «arrivé» à son petit pouvoir, à agir comme cela ? Et vous et moi, dans nos relations humaines de tous les jours?

Tant qu’une masse critique de personnes n’aura pas trouvé/compris clairement des réponses communes à ces questions, nous serons condamnés à tourner en rond comme des rats en cage, en pensant qu’un simple changement de gouvernement apportera une meilleure vie collective. À mon humble avis, une autre rÉvolution est à faire : celle de tenir compte de ces travers inéluctables des comportements humains dans une autre structure politique et économique à échelle humaine et se rappeler que les sciences économiques sont d’abord et avant tout une science humaine… C’est aussi cela le message d’Occupy.

Cette réflexion sur la nature humaine en politique a pris progressivement forme au XXe siècle en Asie. Dans le message de communication non violente de Gandhi et plus récemment dans le message de Aung San Suu Kyi, alors qu’elle était en détention surveillée au Myanmar (Birmanie), mais aussi dans la vieille philosophie millénaire chinoise taoïste.

« La révolution est essentiellement celle de l’esprit. » « La vraie liberté, c’est de ne pas vivre dans la peur.» Aung San Suu Kyi

« Les révolutions politiques sont chose excessivement grave. On ne doit les engager qu’en cas d’extrême nécessité, quand il ne reste plus d’autre issue. Tout le monde n’est pas appelé à une telle action, mais seulement celui qui a la confiance du peuple, et il ne l’entreprendra que si les temps sont mûrs. Il faut dans une telle affaire procéder de la façon correcte de manière à réjouir le peuple et à éviter les excès en l’éclairant. On doit en outre demeurer exempt de toute visée égoïste et venir réellement en aide aux besoins du peuple.» Yi King. Le livre des transformations (trad. De Étienne Perrot)

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3e Nuit debout du «33 mars» 2016

 

Voir aussi le blogue «Les indignés du Québec» au https://lesindignesduquebec.wordpress.com/2016/04/02/les-indignes-de-france-feront-ils-tomber-le-gouvernement/

3 avril

Selon le journaliste Pierre Tremblay, du média alternatif québécois Ricochet, le groupe Nuit Debout-Convergences des luttes est «associé à l’organisation altermondialiste ATTAC, l’association DAL («Droit au logement») et le syndicat français Sud-PTT.» https://ricochet.media/fr/1057/nuit-debout-symbole-de-lindignation-francaise

Inspirés par le carré rouge québécois en feutrine et 2005 et 2012, le symbole est devenu un rectangle rouge, comme la forme du livre du code civil dont les participants dénoncent la réforme.

Le scandale des paradis fiscaux Panama papers, dévoilé par un consortium international de journalistes d’enquête (ICIJ – dont au Canada CBC/Radio-Canada et le Toronto Star) sort. http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/467197/panama-papers?utm_source=infolettre-2016-04-04&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Les riches et les puissants de ce monde, dont des banques et des hauts dirigeants de divers pays (sauf aux États-Unis ?!?) y sont notamment dénoncés. Cela donne encore plus de crédibilité aux économistes ou mouvements comme ATTAC,  Occupy et maintenant Nuit Debout qui dénoncent ce genre d’activités financières à l’abri des impôts pendant que le peuple souffre notamment des politiques d’austérité et de coupures budgétaires, de lutte au déficit et de lois qui l’appauvrissent toujours plus partout dans le monde !

les panama papers

Au Canada, ce scandale des panama papers qui vient de sortir, révèle que la «Banque Royale du Canada (RBC), [qui] aurait créé plus de 370 sociétés-écrans, surtout au Panama et aux îles Vierges britanniques.» (Le Devoir). Au Québec, seules les coopératives bancaires des Caisses Desjardins n’ont aucun actif dans les paradis fiscaux. Je viens d’entendre dans une entrevue un économiste à Radio-Canada : il disait que le Québec perd 3.5 milliards de dollars par année en revenus dans les paradis fiscaux ! À ce jour, le consortium ICIJ a dénombré pas moins de 109 entreprises québécoises qui placent leur argent dans les paradis fiscaux. Un journaliste économique réputé de la SRC a dit qu’entre le placement légal et illégal, la ligne est mince. Une fois placés légalement leurs avoirs, des entreprises «oublient» de les déclarer à leur pays d’origine et négligent de payer les impôts qui devraient revenir au peuple pour des services sociaux de meilleure qualité.

Combien de milliards, pendant toutes ces années, nous ont-il échappés ainsi ? Pas étonnant de voir le système d’éducation, de santé et autres se détériorer si rapidement et à ce point ! Et pendant ce temps, ces services se privatisent, les entreprises sont doublement «gagnantes»… sans réaliser qu’elle finiront par tout perdre quand elles finiront pas faire faillite quand la grogne populaire éclatera vraiment ! Pas besoin d’être devin ou docteur en sociologie pour voir que nous sommes très près de ce point de non retour si des mesures très sérieuses ne sont pas prises par nos gouvernements (en partie eux-mêmes corrompus par ces mêmes intérêts avec le trafic d’influence et le financement illégal des entreprises…)  pour récupérer l’argent volé au peuple !

Sur les effets de ces opérations d’avarice, voir https://www.youtube.com/watch?v=F6XnH_OnpO0

8 avril

Le mouvement continu et s’élargit ! Voir les commentaires.

16 avril

J’entends des versions contradictoires. M. Seymour, prof à l’UdeM, dit que le mouvement a duré 10 jours et touché 60 villes françaises. Il ne dit pas qu’il a touché quelques villes européennes aussi. Puis j’entends le soir une entrevue avec un militant qui commence sa 1re journée de Nuit Debout à Bayonne en France, dans une émission d’information de Radio-Canada. Vraisemblablement la 2e version est plus exacte, mais je n’ai pas le temps de vérifier maintenant. À suivre… La bonne nouvelle est que les médias traditionnels commencent ici à s’y intéresser 2 semaines plus tard…

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(1) http://www.convergence-des-luttes.org/

(2) http://www.lemonde.fr/videos/video/2016/04/02/la-loi-travail-expliquee-en-patates_4894397_1669088.html

(3) http://www.lemonde.fr/societe/video/2016/03/24/manifestations-contre-la-loi-el-khomri-un-lyceen-violemment-frappe-par-la-police-l-igpn-saisie_4889756_3224.html

(4) http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/03/25/a-paris-hidalgo-veut-refaire-le-monde-la-nuit_4890357_823448.html

 

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« Quand chaque femme fait honneur au Soi, de la façon la plus dépouillée possible, l’énergie créatrice devient disponible pour l’ensemble, et cette énergie contribue aux changements qui soutiennent les transformations de l’humanité. Lorsque les femmes ne seront plus perdues, à demander aux autres de leur dire ce qu’elles devraient faire ou comment elles devraient vivre, il y aura de grands changements dans notre monde » Jamie Sans, «Treize mères originelles»

« L’inhumanité infligée à un autre détruit l’humanité en moi. » Emmanuel Kant

 

Je vous propose ici de (pour)suivre une réflexion sur le pouvoir dans les groupes, pour faire suite à une publication à la une d’aujourd’hui du journal Le Devoir (Montréal) qui se penche sur une des stratégies d’empowerment (ou libération de l’aliénation du peuple) : « Se libérer sans vous, se libérer de vous » (1) et pose des questions sur les actuelles imprécations du «Vivre ensemble».

En revenant sur une réflexion et expérimentation à ce sujet vécue au sein de la mouvance Occupy / Occupons Montréal en 2011-2012, la question du pouvoir se pose notamment dans la mixité ou non-mixité des (sous-)groupes militants. Question pour laquelle j’avais des sentiments tiraillés. Autrement dit, quelles sont les circonstances qui font qu’on choisit délibérément de militer dans un groupe non-mixte, comme un groupe de femmes, un groupe de Noirs, un groupe autochtone, un groupe gay ou queer, et même certains syndicats, etc., bref toutes ces «minorités» marginalisées où on vit, d’une manière ou d’une autre, une forme d’oppression face à la majorité ou à un groupe dominant, que ce soit l’exclusion sociale comme le sexisme, le racisme ou l’homophobie ou encore l’exclusion économique, politique ou religieuse. Vaste question…

J’aimerais alors partager ici d’abord quelques extraits significatifs de cet intéressant article du Devoir (1) que voici, suivi de mon billet.

« Constamment déçus par l’idéal d’une société  ‘juste’ qui leur est projetée encore davantage en ces temps de crise et de paupérisation, certains groupes pensent plutôt l’émancipation comme « la séparation d’une société fausse ». Ségolène Roy, blogueuse

« De telles pratiques peuvent mettre à l’abri certaines petites communautés pendant une période, mais à la longue, elles tendent à pénaliser les personnes qui en font partie en les privant de réseaux sociaux performants et en limitant la mobilité sociale.» Pierre Anctil, prof d’histoire, Université d’Ottawa

 

Quelques grands-mères et un grand-père font le résumé de leur cercle de parole.Crédit photo : Vincent-René

Quelques grands-mères font le résumé de leur cercle de parole puis plus âgé grand-père clôt la journée par un dernier témoignage, lors du cercle autochtone/non autochtone MITSHETUTEUAT, avril 2014. Crédit photo: Vincent-René

« Greg Robinson tempère en disant que ‘c’est un argument fort de demander comment les [personnes racisées] peuvent espérer mériter le respect ou l’égalité si elles n’ont pas les moyens de gérer leur propre mouvement. En revanche, c’est un argument fort de dire qu’on ne casse pas l’exclusion raciale par un mouvement exclusif.’» G.R., professeur d’histoire, Université du Québec à Montréal

« En tant que membre du groupe dominant, il est difficile pour les hommes cisgenres (nés de sexe mâle et s’identifiant au genre masculin) qui souhaitent se joindre au mouvement [féministe] de comprendre le refus de leur présence par les féministes. Car grandir et évoluer en tant qu’homme n’inclut pas – ou très peu- l’expérience de refus ou de rejet.» Sophie Chartier, journaliste, Le Devoir

Cercle afroaméricain. Angela Davis wanted_Black Panthers

Black Panthers

Une fois par année, le collectif radical Les Hyènes en jupons fait une manifestation non mixte à Montréal et les femmes reçoivent dans la rue des salves d’insultes misogynes de la part des passants et des policiers :

« À la question ‘pourquoi ça dérange ?’ Laura (nom changé) hésite. ‘Je pense que la non-mixité politique fait voir aux hommes qu’ils risquent de perdre certains privilèges.» « On l’utilise [notre groupe de femmes non mixte] comme lieu de ressourcement ». Laura, militante, Les Hyènes en jupons

Dans les groupes non mixtes (safer spaces), « On gagne des espaces intimes de confiance. Mais attention, les groupes non mixtes ne sont pas nécessairement dénués d’oppression. Il reste des rapports de pouvoir et il faut sans cesse les remettre en question.» Stéphanie Mayer, chercheuse en sciences politiques à l’Université Laval (2)

« Toutes trois soutiennent qu’il est important de remettre en question fréquemment les tactiques.» Sophie Chartier, journaliste, Le Devoir (1)

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1re assemblée générale d’Occupons Montréal au Square Victoria, rebaptisé «Place du peuple», 2011

La mouvance Occupons Montréal a expérimenté et réfléchi aussi sur cette façon de militer, et dont voici un résumé (3) :

– Concept d’espaces sécuritaires (safer spaces) pour soi et entre-sois : modèles de justice communautaire ou réparatrice (ni policière ni étatique), analyse et dénonciation de l’oppression vécue dans notre propre organisation : comment changer les dynamiques de pouvoir ? Sortir de l’aliénation par notre prise de conscience, on arrive enfin à ce niveau où on est prêt à développer une méthodologie concrète.

– Sortir de la culture l’hyper sécurisation pour exister dans l’espace public et psychique; trouver un équilibre entre sécurité/insécurité. Se défaire de la peur aussi qui nous est inculquée par le gouvernement et autres, en donnant une réponse originale à la violence de la marginalisation.

 

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Assemblée générale d’Occupons Montréal. Fabrice Marcoux, Mikelaï Cervera et Ben Godin anime un cercle sur les «Engagements», réflexion menée par le Comité de philosophie politique, 2012. Crédit photo: Ève Marie

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J’ajoute aujourd’hui ma réflexion et expérience sur le tissus social et la communication nonviolente qui a muri sur ce sujet.

Ce qui me frappe d’abord dans ces analyses, c’est l’absence complète de référents intra-personnels. Toute l’analyse est axée sur des dynamiques interpersonnelles, sociales ou politiques, au mieux groupales. Pourtant, ce sont aussi des individus qui exercent ce pouvoir. En effet, pourquoi toujours cette dichotomie tellement binaire entre sociologie et psychologie ? Dans quelle aliénation les relations de pouvoir nous mènent-elles ? Comment s’en sortir ? N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur les sources de ces relations de pouvoir ? Si tous les humains ont, certains plus que d’autres il s’entend, à un moment ou à un autre, vécu une relation de pouvoir avec un autre ou des autres, soit comme oppresseur, soit comme opprimé, soit les deux en même temps, n’est-ce pas là aussi un reflet de notre propre esprit et de la façon dont nous nous traitons nous-mêmes, soit la domination d’une partie notre psyché (l’ego par exemple) sur une autre partie? N’y a-t-il pas lieu de se demander comment une telle mécanique (?) se développe dès l’enfance et si elle n’est pas, à son tour, encouragée par certaines postures ou dynamiques familiale, sociale ou politique ? N’y a-t-il pas lieu aussi de chercher aussi du côté des neurones-miroirs qui seraient à la base du développement des langues humaines et du développement de l’aversion, de l’empathie et du désir mimétique (4) ?

Si la fin du XXe s. et une partie de XXIe siècle sont et seront dominés par une forte recherche identitaire menant à la fois à des évolutions individuelles ou nationales ET à des dérives communautaristes, voire sectaires, voire terroristes, il y a fort à parier que ce champ de recherche, d’expérimentation et de philosophie qui, pour l’instant, n’est que l’apanage d’avant-gardes, deviendra un thème fort de notre siècle si bouleversé.

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J’en profite pour remercier l’artiste, poète et militante Koby Roger Hall pour m’avoir fait connaitre ce concept de «safer spaces» et ces pratiques pour la 1re fois, lors d’une réunion bilan d’OM. Elle a tenu, notamment, avec Frédéric Biron Carmel et la galerie SKOL  un site d’«archives vivantes » d’Occupons Montréal. Plus de détails au http://skol.ca/wp-content/uploads/2012/08/feuillet_koby_fred_angl1.pdf et https://www.facebook.com/occupymontreal/posts/143543362450865 et http://www.rcaaq.org/html/fr/actualites/expositions_details.php?id=15600

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(1) Texte au complet au http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/457146/se-liberer-sans-vous-se-liberer-de-vous

(2) Auteure du mémoire « Du ‘nous femmes’ au ‘nous féministes’ : l’apport des critiques anti-essentialistes à la non-mixité organisationnelle »

(3) Voir mon billet du https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/16/occuponsmontreal-bilan/ et publié également dans la revue Possibles, au http://redtac.org/possibles/category/du-printemps-arabe-au-printemps-erable-un-nouveau-cycle-de-luttes-sociales-vol-36-no-2-hiver-2013/section-i-du-printemps-arabe-aux-indignes/

(4) 1996, Giacomo Rizzolatti et Corrado Sinigaglia, http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/neurones-miroirs-i-une-decouverte-48805 :

«Chez l’homme, on a observé la présence des neurones miroirs dans le cerveau encore immature du jeune enfant. Et chez l’adulte, ces réseaux miroirs apparaissent comme bien plus développés que chez les autres primates. Ce détail semble anodin et couler de source puisque le cerveau de l’homme est bien plus gros que celui des singes. Mais le fait que les neurones miroirs y soient très développés n’est pas fortuit. Car tout dispositif naturel possède une contrepartie fonctionnelle et si ces neurones sont présents en nombre, c’est sans doute parce qu’ils ont un lien avec ce qui sépare l’homme de l’animal. La raison et le langage aurait dit Aristote. Et plus généralement, l’intersubjectivité. »

«Voici ce que déclare Robert Sylvester, écrivain des sciences « La découverte des neurones miroirs est absolument renversante. C’est aussi la découverte la plus importante et elle est pratiquement négligée parce qu’elle est si monumentale que nul ne sait qu’en faire »

«Le neurone miroir est en fait multifonctionnel. Et semble fonctionner selon trois modes, le négatif, suscitant l’aversion et donc, porteur de différenciation ; puis le neutre, disons la cognition empathique, détachée de force attractive ou répulsive ; enfin le positif, lieu où le désir se fait mimétique et où le danger de conflit se dessine. »

«Il existe une sorte de mécanique, voire de dialectique des miroirs. En fait, un processus de renforcement, de surenchère, que Bateson avait du reste découvert dans les conflits»

«Et les oiseaux ? N’avons nous pas un mécanisme de ce type [mimétisme] lorsque deux moineaux se disputent une miette de pain ? Et aussi dans la genèse des langages que ces subtils animaux ont pu déployer pour communiquer à travers le champ. Ce qui nous ramène à l’homme et une question sur l’origine du langage. Selon Rizzolatti, les mécanismes miroirs font que des actions deviennent des messages sans médiation cognitive (sous entendu, rationnelle) Si bien que le mécanisme miroir pourrait être à l’origine de la genèse du langage. En permettant notamment qu’un message émis devienne pertinent pour son récepteur. »

Daniel Goleman, auteur de «L’intelligence émotionnelle» a aussi beaucoup aborder ce sujet des neurones miroir dans son livre.

 

 

 

Affiche du jour de la Terre 2014, tiré de la plateforme Unify  http://unify.org/earthday

Affiche du jour de la Terre 2014, tiré de la plateforme Unify http://unify.org/earthday

MITSHETUTEUAT signifie en innu «ils sont plusieurs à marcher ensemble» (1). Lors de cet évènement nouveau genre organisé à Montréal en avril 2014 par SOS Territoire, le GRIP-UQAM et des étudiant.e.s en travail social de l’UQÀM, ils ont invité, l’espace d’une journée, des militants écologistes, des militants autochtones et des autochtones traditionalistes à se rencontrer pour partager. Les ainé.e.s autochtones appelés grands-pères et grands-mères furent invités à parler en cercle de parole et les autres à écouter et à poser des questions. L’objectif était de « se donner des moyens de créer de l’unité pour la protection de la Mère-Terre ».

Une participante m’a rapporté qu’une situation vint considérablement changer l’horaire de la journée. Les hommes ayant pris beaucoup de temps de parole en matinée, les grands-mères demandèrent d’avoir du temps pour être écoutées à leur tour, ce qui fut fait. Plus tard dans la journée, lors d’un 2e rassemblement plus large, où j’étais, quelqu’un fit devant tous la blague que les hommes n’écoutent pas suffisamment les femmes, ce qui causa hilarité et détente dans le grand cercle de parole…

Un instructif jeu de rôle mené par Richard Renshaw sur l’histoire des Premières Nations commencent notre après-midi, pendant que le cercle de parole avec les écolos, les grands-mères et grands-pères se termine dans une autre salle. On voit comment les territoires autochtones se sont réduits à peau de chagrin (2) depuis le 17e s.

J’y revois aussi agréablement quelques camarades d’Occupons Montréal.

Puis, plusieurs petits cercles de parole se refont auprès des grands-mères, selon notre langue : français, anglais ou atikamek.  Pour ceux et celles qui se joignent, on explique les règles de communication à suivre :

«Dans le ‘cercle d’échange’ ou ‘cercle de parole’ des cultures des Premières Nations, l’écoute et le silence font partie intégrante de la communication de façon plus marquée que dans la culture occidentale. Il est clair que dans ces cercles, personne n’est obligé de prendre la parole. On ne doit pas interrompre personne, chacun parle à son tour dans le cercle ou laisse la parole au suivant. On évite aussi de juger ou de contester de la parole d’un autre membre du cercle.» À la fin du cercle, il faut terminer par un apport positif.

Quelques grands-mères et un grand-père font le résumé de leur cercle de parole.Crédit photo : Vincent-René

Quelques grands-mères font le résumé de leur cercle de parole puis le plus âgé grand-père clôt la journée par un dernier témoignage. Crédit photo : Vincent-René

Dans notre cercle, nous sommes 8. Monique, grand-mère au Lac Simon commence par une courte prière en algonquin et nous demande de nous tenir les mains. Puis elle se présente : elle est enseignante, retraitée et thérapeute à sa façon auprès des membres de sa communauté. Elle nous parle de ses préoccupations face à la nature, face aux jeunes. Puis un échange commence : on se passe le bâton de parole. Quand je demande si elle fait un lien entre la destruction de l’environnement et la condition de la femme, elle me répond : « oui, parce que nous, les femmes, nous ne savons pas si nos petits-enfants auront une terre pour y vivre dignement et en santé. Nous ne savons pas s’ils auront un avenir… », l’air songeur…

Les autochtones traditionalistes impressionnent généralement les blancs, sur lesquels nous projetons souvent notre désir d’«être lavés». Cet état nous amène souvent à les idéaliser, comme l’ont fait les philosophes français Montaigne et Diderot, et Cartier au Canada dans leur mythe du «bon sauvage», du 16e au 18e s. Pendant le cercle, je fais remarquer à un participant que les autochtones ne sont pas un groupe homogène, ce que confirment trois femmes autochtones présentes dans le cercle, dont notre grand-mère. Mieux vaut rester ouvert… les yeux ouverts aussi, sans naïveté ou dogmatisme.

Je me suis sentie très portée par cette journée, par ce que j’ai vécu, par ce que j’ai entendu, par ce que j’ai exprimé. Pour moi, tout cela était hautement signifiant, je dirais même un signe des temps qui changent, vraiment. Il me semble que la prophétie anishinabes du 7e feu se concrétise peu à peu, que les autochtones vont reprendre un leadership très important au niveau de l’environnement et qu’ils vont fortement contribuer à l’amitié entre les peuples, grâce aux «guerriers arc-en-ciel», est-il dit dans la légende. Encore faudra-t-il qu’on y mette tous du nôtre.
Je remercie les organisateurs, notamment, Vincent Dostaler pour cette belle journée, et la Cuisine du peuple d’Occupons Montréal pour nous avoir bien nourris toute la journée.

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La suite ?

«Marche des peuples pour la Terre-Mère»

«Du 10 mai au 14 juin 2014, des citoyen.ne.s se rassembleront [au Québec] pour marcher en moyenne 20 km par jour pendant 34 jours. Ils suivront le tracé des projets de pipelines de TransCanada (Énergie Est) et d’Enbridge (inversion de la ligne 9). L’objectif de la marche est de sensibiliser et de renforcer la mobilisation citoyenne contre l’arrivée des oléoducs de sables bitumineux et les projets d’exploitation des hydrocarbures au Québec. Les marcheurs.euses s’arrêteront chaque soir pour rencontrer les communautés par le biais de spectacles engagés et de discussion sur ces enjeux qui nous touchent tous et toutes directement.

Partant de Cacouana, en territoire malécite, et finissant à Kanehsa:tàke, en terre mohawk, la marche des Peuples pour la Terre-Mère s’inscrit dans une volonté d’unir notre voix à celle des Premières Nations. Ensemble, défendons notre droit fondamental de vivre et d’élever nos enfants dans un environnement sain.»

Alors, ça vous tente ? Il est aussi possible de marcher une petite partie, près de chez vous, à Montréal ou ailleurs.

Financement citoyen : Indiegogo.com
Pour s’inscrire : https://www.facebook.com/peuplespourlaterremere
Plus d’info au http://journal.alternatives.ca/spip.php?article7758

Carte interactive de la marche :

Trousse de mobilisation : https://drive.google.com/file/d/0Bxct2i8nnHB0Y05ITVMzRXBTU2M/edit?pli=1

Démo de la Chorale du peuple pour la Marche : http://choraledupeuple.bandcamp.com/album/pour-la-terre-m-re-d-mo

P.-S. Voir un complément d’info sur le blogue de François Genest : http://atenacite.blogspot.ca/2014/04/mitshetuteuat.html

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(1) Ma formation de linguiste m’amène à observer que dans des langues autochtones, des concepts complexes peuvent être exprimés par un seul mot, chose qui n’existe pas dans les langues latines et anglo-saxonnes. Cette façon de nommer les choses est culturellement très différente et très intéressante, il va sans dire…

(2) L’origine de cette étrange expression est vraiment intéressante. Balzac publie en 1831 son conte fantastique «Peau de chagrin» :

«À la veille de se suicider, un personnage [Raphaël] rencontre un vieil antiquaire qui lui remet un talisman au pouvoir extraordinaire : une peau de chagrin (cuir grenu, fait de peau de mouton, de chèvre ou d’âne), qui lui permet de vivre intensément et passionnément, tout en satisfaisant chacun de ses désirs. Cependant, chaque fois qu’un de ses souhaits est comblé, la peau se rétrécit inexorablement, et il en va de même de sa vie. Ce pacte avec une puissance infernale est l’allégorie du désir destructeur, de l’écart persistant entre les passions et les possibilités de la nature, puisque la vie s’épuise à mesure que désirs et jouissances s’accumulent.» Michel Laurin -Anthologie Littéraire

À la lumière des enjeux du XXIe s., n’est-ce pas encore une formidable image de ce qui nous arrive à notre environnement ? et une formidable explication à la fois simple et complexe  de la psyché faustienne de l’homme blanc qui détruit trop souvent tout sur son passage?

Les préoccupations et la façon d’écrire des auteurs du mouvement romantique européen (19e s.) sont souvent très proches des auteurs contemporains, comme un retour de cycle. Voir à ce sujet mon article sur Musset au https://evemarieblog.wordpress.com/2014/03/04/alors-sassit-sur-un-monde-en-ruines-une-jeunesse-soucieuse/

Effet noir

Effet noir 1. Crédit photo : Ève Marie

Quiz. J’ai fait exprès de ne pas mettre le titre entre guillemets. Pour que vous pensiez d’abord, peut-être, que je parle du monde d’aujourd’hui. Mais non, alors, qui a pu écrire cela ? Et surtout à quelle époque, et où ? Voyons encore :

«Tous ces enfants étaient des gouttes de sang brûlant qui avait inondé la terre; ils étaient nés au sein de la guerre, pour la guerre. […] Ils n’étaient pas sortis de leurs villes, mais on avait dit que par chaque barrière de ces villes on allait à une capitale d’Europe. Ils avaient dans la tête tout un monde; ils regardaient la terre, le ciel, les rues et les chemins; tout cela était vide, et les cloches de leurs paroisses résonnaient seules dans le lointain.»

Alors qui… ? Essayons encore de trouver.

«Trois éléments partageaient donc la vie qui s’offrait alors aux jeunes gens : derrière eux un passé à jamais détruit, s’agitant encore sur ses ruines, avec tous les fossiles des siècles de l’absolutisme; devant eux l’aurore d’un immense horizon, les premières clartés de l’avenir; […] le siècle présent, en un mot, qui sépare le passé de l’avenir, qui n’est ni l’un ni l’autre et qui ressemble à tous deux à la fois, et où l’on ne sait, à chaque pas qu’on fait, si l’on marche sur une semence ou sur un débris.

Voilà dans quel chaos il fallut choisir alors; voilà ce qui se présentait à des enfants pleins de force et d’audace, fils de l’empire et petits-fils de la révolution.»

Magnifique, n’est-ce pas ? Vous avez deviné au moins l’époque ? L’absolutisme, ici, c’est celui du roi, les guerres sont les campagnes napoléoniennes en Russie et en Égypte, et la révolution, c’est la française de 1789.

Alfred de Musset, vers 1840, France

L’auteur : un «romantique» (1) par excellence, Alfred de Musset, dans «Confession d’un enfant du siècle, 1836 (sous le retour du dernier roi de France, le prince Louis-Philippe 1er).

N’est-ce pas troublant, ces retours de cycle, mais un pas plus loin, non pas la répétition défaitiste de l’histoire, mais une spirale qui repasse par le même endroit, mais sur un point supérieur ou inférieur ?

Notre monde en ruines. Si vous ne l’aviez pas encore constaté, soit vous vivez sur une autre planète, dans une bulle très fermée, soit vous êtes si occupé(e) par votre travail que tout le reste n’est que déni ou ignorance, soit… et quoi encore? Dans d’autres articles, j’ai eu l’occasion de traiter de la vision du «verre à moitié plein », d’un monde qui annonce à peine déjà quelques lueurs non pas d’espoir, car je suis marquée par ma génération du «no future», mais d’un refus du défaitisme et de la résignation au pire.

Somnifères, antidépresseurs, tranquillisants. Les vrais dangers. Crédit photo : Nouvel Obs

Somnifères, antidépresseurs, tranquillisants. Les vrais dangers. Crédit photo : Nouvel Obs

Les ruines d’aujourd’hui, c’est le regard tout aussi vrai du « verre à moitié vide ». De la consommation de tranquillisants et d’antianxiogènes qui augmente chaque année à vitesse exponentielle depuis les années 1950. Aliénation galopante ? De la moitié du monde qui n’est pas encore complètement respectée. De l’environnement qui est si détruit que même l’évocation de la fin de l’espèce humaine est régulièrement mentionnée dans des conversations sans faire sourciller!

Occupy 99% afficheDénoncés par les Indignés du mouvement Occupy dans le monde entier, les forces du marché capitaliste et les membres du 1%, principaux pollueurs de la petite planète ont perdu leur empathie pour les plus faibles à cause de leur avidité matérialiste. L’entrevue avec un de ses représentants connus, l’homme d’affaires torontois Kevin O’Leary (vedette des émissions Dragons’ Den et Shark Tank et auteur du livre (en traduction) Toute ma vérité), à l’émission québécoise «Tout le monde en parle», disait justement et sans sourciller, parfaitement convaincu dans son déni : «don’t change nothing», et… oubliais d’ajouter : for  me.

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Cacerolazo contre le FMI et le gouvernement et toutes les banques en faillite, Argentine, 2001, 2002.

Et ces millions de gens qui ont perdu leur fonds de pension en Argentine en 2002 (coupes du FMI), et ces milliers de Canadiens et autres, comme ma tante, qui ont perdu leurs économies durement gagnées lors de l’éclatement de la bulle Internet en 2000, ou ces millions qui ont perdu leur maison lors de la crise des hedge fund spéculatifs de marché aux États-Unis en 2008? Et les sans-abris dans nos pays riches… n’est-ce pas un scandale en soi! Et… et … et… la corruption des élites, des partis politiques? Et le cycle de plus en plus rapide des crises économiques ? Etc. Un tel égocentrisme force le dégoût et nous fait revenir au temps du Musset et des débuts du capitalisme sauvage.

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Manifestant pendant Occupy Wall Street, New-York, 2011

À la défense de ce capitaliste O’Leary cité plus haut, à la seule question non complaisante de l’animateur de télé Guy A. Lepage, il s’est cependant montré en désaccord avec le type spéculatif d’investissement en bourse, mais sans relever la contradiction dans son discours.

Des ruines, de grandes blessures au tissu social et humain… avec, entre autres, nos trop nombreuses relations jetées au moindre orage ou, à l’inverse, construites sur le mensonge et le profit personnel, gardant un silence politiquement correct sur les petits ou grands malaises vécus. Un jeune noir disait hier à ses amis, dans le métro, qu’il voulait quitter le Québec, l’Amérique pour aller vivre dans le Sud, là où les gens sont «plus humains», là où la société n’est pas basée sur «la paranoïa». Plus qu’un brin de vérité dans cette dure critique… Il disait aussi qu’il n’avait pas demandé à naitre ici parce ses lointains ancêtres avaient été amenés de force comme esclaves! Combien de générations cela prend-il pour se sentir intégré à une société ? Sur fond de tension identitaire, donc, autre ruine de notre époque. Aller plus au sud ? Évidemment le syndrome du plus beau dans le jardin du voisin est un piège à éviter… Plutôt : qu’est que je peux faire pour améliorer ou changer les choses ici, dans le pays où je vis, au lieu de la fuite en avant, car ailleurs, ce sont d’autres problèmes, républiques de bananes, et corruption endémique sous le soleil.

Manif avril 2012

Manif du printemps étudiant à Montréal, 2012. Contre les frais de scolarité. Virage à droite.

Cet «immense horizon» de Musset me fait penser aussi à ce qu’a vécu la génération des baby-boomers. Ils ont aussi connu cette internationalisation rapide avec les nouveaux moyens de communication. Puis, ont déchanté, pour la plupart, en atteignant la quarantaine ou la cinquantaine, devenant trop souvent plus égoïstes que ceux qu’ils avaient dénoncés jadis. On n’a qu’à penser à leur discours en 2012 contre les « enfants-rois » de la génération Y et contre les «carrés rouges» que le gouvernement québécois a faussement associé pendant des semaines «à la violence et à l’intimidation»… Eux qui refusaient, il y a deux ans, dans une grève historique, l’augmentation des frais de scolarité. En effet, depuis les années d’études des boomers, les frais de scolarité ont connu une augmentation largement supérieure à l’inflation, soit plus de 625 % (soit ±300$/cours universitaire). Et ces boomers critiques ont oublié que c’est toute la société qui avait payé pour leurs études universitaires entre 1968 et 1989  à… 50$ par cours. Heureusement, ce conflit (devenu par ailleurs crise sociale des «casseroles» par des lois antimanifestations) ne s’est pas transformé en fracture générationnelle, car de nombreux ainés les ont aussi supportés et encouragés. Mais quand la police tire et emprisonne nos enfants qui demandent à grands cris un meilleur accès à l’éducation, on se dit qu’il y a en effet quelque chose de pourri dans notre royaume.

Les Séguin

Les Séguin, 1975.

Et le titre ? Ne vous fait-il pas penser à une chanson, un classique des jeunes boomers des années ’70 au Québec, « Enfants d’un siècle fou » du groupe Les Séguins ? Voir http://www.youtube.com/watch?v=zDKaF4qgJco

« Semence ou débris ?» : voilà une question très contemporaine, finalement!

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Mes forts crocus, vivants sous la neige, en mars 2010, Montréal. Crédit photo Ève Marie

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(1) Le romantisme est une période littéraire, musicale et picturale européenne, exprimée par le mal de vivre de deux générations, que l’on situe généralement entre 1800 et 1850. «Le peintre ne doit pas seulement peindre ce qu’il voit devant lui, mais aussi ce qu’il voit en lui-même.» Caspar David Friedrich

féminisme logoroseLa revue québécoise Possibles prépare un numéro sur «Les féminismes d’hier à aujourd’hui ». Je recherche des poèmes pour la section de création (aussi chanson, texte d’artiste, illustration), d’ici la fin mars.

La revue Possibles a été fondée par le poète Gaston Miron et le sociologue Marcel Rioux. Possibles est une revue montréalaise progressiste et pluraliste, dont les principaux objectifs sont l’égalité entre les hommes et les femmes, l’environnementalisme, l’appui aux mouvements citoyens et altermondialistes.

Suffragettes-Big

Les Suffragettes américaines

La revue est publiée en format papier et sur Internet. Elle est actuellement dirigée bénévolement par des profs et des étudiants en sciences po à l’Université de Montréal  et par des citoyens engagés. Pour plus de détails, communiquer dans ma boite de commentaires ci-dessous.

féminisme blague-2En 2013, Possibles a publié un numéro sur Occupons Montréal, les Indignés et le mouvement étudiant, voir http://redtac.org/possibles/category/du-printemps-arabe-au-printemps-erable-un-nouveau-cycle-de-luttes-sociales-vol-36-no-2-hiver-2013/section-i-du-printemps-arabe-aux-indignes/

Insoumises Maille à part

Tricot graffiti du collectif Maille à part, Montréal, 2013

féminisme et religions

«Il appartient aux privilèges du maître de ne pas penser comme maître et à l’esclave de ne jamais oublier son statut. L’homme, tel qu’il est formé dans notre espace culturel, peut oublier sa position dominante. Les femmes ne peuvent jamais oublier qu’elles sont des femmes.» Georg Simmel, sociologue allemand

Idle no more femmes,Chris Wattie, déc 2012

Idle no More, déc 2012. Crédit photo: Reuter, Chris Wattie

manif féministe

Manif à Montréal. Source: revue Alternatives, mars 2014

Manif Autochtone meutres de femmes

Manif à Montréal, 2014

cit V. Woolfe

English: occupy wall street

Occupy Wall Street, New York, 2011. Photo credit: Wikipedia

NOTRE VISION DE LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

Texte pour ma présentation à l’évènement socioartistique Mégaphone [1], organisé par l’Institut du Nouveau Monde à Montréal, le 19 septembre 2013

(Cette version longue est une synthèse personnelle de notre document envoyé à l’INM en juillet dernier, suite à notre conversation de cuisine, rédigé et bonifié par Fabrice M., auquel j’ai ajouté ici des compléments de lecture et ma propre réflexion et celle d’Anatoly O. sur le sujet depuis notre dernière rencontre en juin.)
 

« Ils vous disent que nous sommes des rêveurs. Mais les vrais rêveurs sont ceux qui croient que les choses peuvent rester telles quelles indéfiniment.

Nous ne sommes pas des rêveurs : nous avons émergé d’un rêve qui vire au cauchemar. »

le philosophe et psychanalyste slovène Slavoj Zizek à Occupy Wall Street [2]

Et moi je vous dis :

Voir le rêveur de sa vie

Voir le rêve dans le réel

Montrer le réel dans le rêve.

C’est pourquoi c’est si important de se pencher sur de nouvelles façons de vivre la démocratie.

Le modèle néolibéral et la pensée unique de développement actuel limitent et même détruisent la démocratie et la planète… C’est roadrunner qui se jette dans le vide… … … jusqu’à ce qu’il se rende compte que la Terre-Mère s’est dérobée sous ses pieds depuis trop longtemps et tombe… tombe… tombe. Et se relève. C’est ce qu’on a voulu dire à la gang de Wall Street. Mais ils n’écoutent pas, ils rêvent que tout va bien et qu’ils peuvent continuer à s’enrichir en pompant l’État et les payeurs de taxes… jusqu’à ce que le tout ‘crack’. C’est ce que m’a raconté un ex-broker agent de change qui a tout quitté. C’est comme ça qu’ils pensent…. … … Bip Bip…Bip!

1-      « Nous ne détruisons rien. Nous assistons à la destruction du système par lui-même.» S. Z. [3] D’une part, il y a ce système qui pousse à la corruption, mais aussi comme en miroir, ce que nous avons en soi, ce petit ferment malsain  de notre âme humaine qui nous pousse au mensonge à différentes intensités… avec différentes conséquences, il va sans dire. Rien ne changera si nous ne nous changeons pas nous-mêmes. Voilà la prise de conscience majeure de notre temps. La relation entre politique et psychisme.

2-      Le message essentiel du mouvement Occupons/Occupy auquel je participe est simple : nous avons le droit de réfléchir à des alternatives [4]. Lorsque cette règle est bafouée, c’est que nous ne vivons plus en démocratie [5]. On a vu l’année dernière pendant le printemps érable, dans quelle dérive autoritaire le gouvernement québécois peut tomber. Non ce n’était pas de la fiction! Dérive d’ailleurs tributaire du modèle corporatif de gestion appliqué au gouvernement et aux services sociaux.

3-      « Le chemin est encore long. Nous devons faire face à des problèmes très complexes. Nous savons à peu près ce que nous ne voulons plus. Mais que voulons-nous? Quelle organisation sociale, quel genre de dirigeants et dirigeantes?» [6] S. Z.

« C’est ensemble que nous sommes arrivés à cette conjoncture de précarité, d’insécurité et d’exclusion.» G. Herring et Z. Glück [7]. Notre tâche nouvelle est de construire une nouvelle politique d’inclusion économique.

English: Portrait of the French philosopher an...

Portrait of the French philosopher and historian Renan (1823-1890), author of  » La Vie de Jesus » and « Histoire du Peuple d’Israel », one of Anders Leonard Zorn’s (Swedish, 1860-1920) major prints.

4-      Les plus riches possèdent suffisamment d’intérêts dans le maintien du statu quo. Nous tombons dans une ploutocratie : c’est ce que l’écrivain Ernest Renan disait déjà au 19e s. en parlant d’un état de société où la richesse est le nerf principal des choses. Une fausse richesse.  Celle de la déshumanisation! Il faut parvenir à obtenir davantage de transparence de la part des plus riches et des élus.

Il y a aussi laTaxe Tobbin qui se discute enfin à haut niveau en Europe, mais pas encore en Amérique. Sans oublier qu’il faut protéger par lois constitutionnelles le financement des services publics, des biens communs et patrimoniaux, repenser le financement des partis politiques et faire abolir la personnification des entreprises. Enfin, faire une réflexion en profondeur sur l’impact des mesures d’austérité.

5-      Je pense qu’il serait important de réintégrer le spirituel dans le politique et dans l’écologie de l’esprit. Un spirituel laïque, non associé à une religion. Dans le sens que nous pensons qu’au XXIe s., on cherchera progressivement davantage de cohérence entre nos comportements quotidiens et nos actions politiques et quotidiennes pour un nouveau monde.

6-      Les polarisations stigmatisées gauche/droite seront progressivement dépassées. En effet, comme activistes de gauche, nous pensons qu’un certain « conservatisme » vu comme la préservation de la culture, la préservation de la santé, la préservation des milieux naturels et des milieux de vie économique (lutte contre la pauvreté) pourrait casser l’habituelle vision binaire gauche/droite en tension dialectique avec l’axe de création du « jaillissement de l’être » [8], selon la vision du philosophe Emmanuel Mounier. Quand est-ce que qu’on parlera du droit « existentiel » universel où chaque être aura droit de vivre dans un milieu propice à son épanouissement?

7-      Le processus de prise de décision collective est LE révélateur des valeurs d’un peuple, de sa liberté ou de son asservissement, de de sa libération ou de son aliénation.  Mais comment se mettre sur le chemin de tout cela ou même autre chose ?

Lorsque les citoyens sont directement concernés, ils sont capables de s’autoorganiser.

Mais on doit trouver une meilleure balance du pouvoir et du tenir compte autant de nos droits que de nos responsabilités.

8-      Alors comment faire ? Avec une éducation [9] et des universités populaires. Avec d’anciennes et de nouvelles formes de discussion plus « organiques » comme des initiatives de cuisines collectives ou de l’agriculture urbaine, des coops d’habitation, des cafés de tricots politiques, des liens avec des agriculteurs biologiques et solidaires, potlatch autochtone, bibliothèques de rue ou piano de rue, troc, et toute autre action visant à rétablir et à renforcer le tissu social associatif qui pourra agir dans les moments de tensions personnelles et collectives. Dans une société où la vie de quartier se délite, c’est une question de… survie.

Dans les écoles, développons plus jeune chez les enfants la capacité à dépasser des imprécations de l’ego dans la prise de parole, l’action et la prise de décision par une observation attentive du mental.

En effet, la démocratie s’exerce d’abord à l’échelle locale… et à l’intérieur de notre psychisme.

9-      Chacun devrait aussi être encouragé à s’impliquer dans la communauté grâce à l’octroi d’un revenu de citoyenneté permettant de limiter les effets de la précarité qui sont si délétères pour la démocratie.

10-       Mais il ne faut pas non plus laisser le sort du Peuple entre les mains d’une élite éclairée. Comment élever au plus grand… multiplicateur commun ? Comment rendre plus directe la démocratie?

Une des pistes est de développer des mécanismes de consultation, dans une optique de concertation avec des modérateurs sociaux et mécanismes de consensus pour surmonter les effets de plus en plus fréquents de polarisation 50/50 dans les sociétés dites avancées et scolarisées, lors des débats spécialement émotifs…

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Eve Marie et la toile d’araignée du peuple, St-Fautin, 2013

Il est impératif d’aller à la rencontre des gens, il ne suffit pas de transmettre un message. C’est pour cela que j’ai commencé le Tricot du peuple et je vous invite, après les présentations, à venir participer au retricotage du tissu social, y compris avec eux et celles avec qui on n’est pas d’accord…

11-      Les femmes devraient avoir un rôle de premier plan à jouer, en vertu de leurs qualités, de leurs défauts et de leur probité. Il est incompréhensible qu’une société mixte soit dirigée principalement par des hommes.

12-     Par contre, il faut un mécanisme clair et entendu par tous de décision collective, pour s’assurer, entre autres, de l’imputabilité des personnes qui décident [10]

13-         Enfin, une autre des clés pourrait bien consister à sortir du modèle de sécurité publique et réformer le système de police (une enquête sur la répression policière durant le printemps érable est actuellement en cours).

Nous répétons publiquement, à l’instar d’une communauté de plus de 50 associations montréalaises, la contestation du paradigme du travail policier dit de la « vitre cassée » ou « vitre brisée»  (« broken windows »?), apparu au début des années ‘90 [11] à New York, ainsi que la formation des policiers dans les écoles.

En conclusion

Ils nous promettent la relance économique à chaque élection. Mais quand est-ce qu’on va faire la relance de l’amour? Ils nous racontent le mensonge d’encore plus de croissance économique alors que nos élites ont détruit l’environnement avec notre bénédiction d’électeur. Quand est-ce qu’on va faire… la croissance des valeurs de solidarité, d’entraide et de démocratie directe, maison par maison, école par école, rue par rue, quartier par quartier ?

Bref, sans justice économique et sans participation, pas de (vraie) liberté politique et pas de … démocratie!


Pour terminer, une petite anecdote du penseur et révolutionnaire Thomas Paine pendant la révolution américaine :

« Je sentis une fois toute l’indignation que peut inspirer à un homme la bassesse des principes des tories [12]. J’en vis un très connu qui était aubergiste à Amboy et qui, debout devant sa porte, tenait par la main un magnifique enfant de huit ou neuf ans. Il parla aussi librement que sa prudence le lui permit et finit par ses mots, bien peu dignes d’un père : ‘donnez-moi la paix durant le cours de ma vie.’ dit-il. Un père généreux aurait dû dire ’puisqu’il faut que nous éprouvions des troubles, que ce soit pendant ma vie, et que mon fils goûte des jours de paix.’ » T. Paine, 19 décembre 1776.

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Merci à Fabrice Marcoux, Xavier Gillet et Anatoly Orlovsky d’avoir participé à cette démarche. Merci aussi à Nicolas Zorn et à l’INM d’avoir créé une occasion inspirante pour vous faire part de notre message.

Une version complète de notre rapport à l’Institut du Nouveau Monde est disponible sur demande (par un message dans les commentaires ici-bas).

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Voir aussi ma série d’autres articles sur le sujet des groupes de discussion :

https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/13/histoire_conversation_salons_groupe-de-discussion/

https://evemarieblog.wordpress.com/2013/07/11/groupe-de-discussion-atelier-sur-la-surerogation-actions-heroiques/

https://evemarieblog.wordpress.com/2013/06/04/histoire-active-des-salons-de-conversation-devenus-conversations-de-cuisine-2/


[1] Créé par Moment Factory et l’ONF, http://www.megaphonemtl.ca

[2] in « Occupy Wall Street!»  Collectif d’auteurs, éd. Les Arènes, 2012.

[3] ibidem

[4] En ce sens, la seule revendication dans le mouvement Occupons/Occupy, est « qu’on nous laisse tranquille dans nos parcs, nos places publiques, nos écoles, nos bureaux, nos quartiers, pour qu’on puisse se rencontrer,  réfléchir ensemble, et, sous forme d’assemblée [de cuisine, de quartier], décider quelles sont les alternatives possibles. De là, une fois ces espaces démocratiques déployés, on pourra débattre du genre de revendications qu’on pourrait avoir ainsi que des personnes ou institutions qui pourraient les satisfaire. » Marina Sitrin, ibidem.

[5] « Un autre monde est possible », slogan et actions issus du Forum social mondial, comme le parti des travailleurs brésiliens qui a beaucoup travaillé sur la démocratie participative et qui a rejeté la modèle gauchiste trad. d’une révolution violente et autoritaire… cauchemar qui fut séduisant du 18e au 20e s. Autre exemple de démocratie locale : le réseau de l’économie sociale au Québec ou l’autogestion d’industries en Ohio.

[6] ibidem

[7] ibidem


[8] ayant pour effet la création des objets utilitaires par l’économie, de sujets artistiques par l’art et de sujets conceptuels par la philosophie.

[9] Comme on y travaille, par exemple, dans le mouvement français des Colibris, http://manager.mailingplus.net/newsl_view.php?data=b32-s3i1plbkfk4akc5fvllenricafj0v5m59g9qju0

[10] « À l’époque, de nombreux activistes avaient conscience de ce que l’écrivaine féministe Jo Freeman appelait ‘la tyrannie de l’absence de structure’. La tendance qu’avaient certains mouvements au début des années 1970 à vouloir abandonner toute structure au nom de la spontanéité et de ‘l’informalité’  s’était avérée inapplicable et non démocratique. Des décisions étaient bel et bien prises mais, sans processus entendu, personne n’avait à en rendre compte.» ibidem.

[11] Alex Vitale, « NYPD et OWS : deux styles qui s’opposent » ibidem.

[12] Conservateurs américains fidèles au roi d’Angleterre après la révolution.

 

La revue québécoise Possibles vient de mettre en ligne tous ses articles de leur numéro de février 2013 sur Occupons Montréal/Occupy et les grèves étudiantes : «Du printemps arabe au printemps érable. Un nouveau cycle de luttes sociales». Voir http://redtac.org/possibles/category/du-printemps-arabe-au-printemps-erable-un-nouveau-cycle-de-luttes-sociales-vol-36-no-2-hiver-2013/section-i-du-printemps-arabe-aux-indignes/

On y retrouve, entre autres, un article de l’auteur de Noir Canada Alain Deneault, un témoignage des activistes à Occupons Montréal François Genest et feu Wassim Al Ezzi avec une analyse du mouvement , mon bilan sur Occupons Montréal, mon texte sur la tricoteuse du peuple et de mes poèmes.

À noter qu’un numéro sur le capitalisme est en préparation pour l’automne 2013.

Dernières nouvelles. Des activistes d’Occupons Montréal sont encore en action. Il y a eu une occupation nomade du groupe de quartier Occupons le cœur de l’ile avec deux jours au parc Molson au début juillet 2013.

Student Protests; la tricoteuse du peuple

La tricoteuse du peuple, microaction «On se tricote un avenir» à la manif de soir du 1er juin 2012 contre l’augmentation des frais de scolarité et la loi 78. Crédit photo -Graham Hughes- CP

QUOI FAIRE??? Ma santé mentale, mon respect de moi-même, ma reconnaissance professionnelle sont  en jeu à mon travail, tout comme vous, probablement ? Pas question de me laisser aliéner. Je suis une professionnelle compétente, une spécialiste de ma matière, le français langue seconde, même si je n’ai pas le fameux papier qu’on m’exige subitement, après dix ans de valeureux travail. Alors, faisons deux choses ensemble : d’abord réfléchissons sur la surérogation, ces actes héroïques dont les exemples récents de Assange, Snowden, Manning, Weiwei ou Spence peuvent nous inspirer, mais créons-les à notre niveau, à notre travail de tous les jours. Partageons nos expériences d’actions «héroïques», puis créons nos propres scénarios et dispositifs de microactions grâce à de l’auto/intercoaching de groupe, en jouant au jeu du miroir, inspirées par les formes de théâtre participatif d’Augusto Boal, le théâtre de l’opprimé et par les actions de révélation collective et l’ethnométhodologie du psychosociologue Georges Lapassade (2). Voyons quelles actions citoyennes nous avons faites et celles que nous pourrions développer.

Ne plus avoir peur, tel est notre devoir. Il s’agit d’un retournement où le devoir d’accomplir quelque chose d’héroïque dans notre milieu de vie (travail, famille, réseaux) est plus important que nos droits. Précisément, accomplir de telles actions de simple héros et héroïne dans le proche quotidien, multiplié par deux, vingt, cent, mille personnes peuvent  finir par avoir un impact réel et créer un effet d’entrainement. Ces actes Ubuntu* nous permettent aussi, à un niveau spirituel, de dépasser justement notre peur et d’être les dignes enfants de ce que nos parents nous ont appris, en poussant plus loin par amour  leur propre expérience. Quand l’amour remplace la peur… on ne sait pas ce qui peut arriver de merveilleux.

* »A person with Ubuntu is open and available to others, affirming of others, does not feel threatened that others are able and good, based from a proper self-assurance that comes from knowing that he or she belongs in a greater whole and is diminished when others are humiliated or diminished, when others are tortured or oppressed » Archbishop Desmond Tutu

La tricoteuse du peuple vous invite à la RÉOCCUPATION DU COEUR DE L’ILE d’Occupons Montréal,  le 14 juillet à 12 h, au parc Molson.

Inscription sur notre meetup au http://www.meetup.com/Occupons-le-Parc-Molson-12-14-juillet-2013/

Plus d’info dans mon blogue précédent (24 juin 2013) «La tricoteuse du peuple lance un cri du cœur à son employeur, la CSMB» : https://evemarieblog.wordpress.com/2013/06/24/la-tricoteuse-du-peuple-lance-un-cri-du-coeur-a-son-employeur-la-csmb/

Voir aussi ma série d’articles sur le sujet des groupes de discussion :

https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/13/histoire_conversation_salons_groupe-de-discussion/

https://evemarieblog.wordpress.com/2013/06/04/histoire-active-des-salons-de-conversation-devenus-conversations-de-cuisine-2/

https://evemarieblog.wordpress.com/2013/09/21/groupedediscussion_democratie/

Voir la première partie de cet article plus bas.

«L’histoire, réalité ou connaissance, a toujours été masculine : elle ne s’est intéressées qu’aux activités culturellement assignées aux hommes. Cette histoire est foncièrement patriarcale. Ce n’est que depuis un siècle environ que des femmes ont réalisé que cette histoire était partielle et partiale, puisqu’elle oblitérait la moitié de l’humanité.» Micheline Dumont, historienne

28 novembre

Femmes et politique 8Les manarchistes

Il me semble que j’aurais beaucoup de choses à dire sur cet atelier sur les manarchistes, organisé par le comité femmes de l’UQÀM. En bref, un outil, dont le but était de faire prendre conscience à ces messieurs leur comportement contradictoire, nous a été proposé pour qu’on en fasse l’analyse et la critique. Ce long questionnaire n’était pas sans… contradictions aussi. Un truc assez oppressant finalement, pour dénoncer des oppresseurs qui se disent féministes appelés, si j’ai bien compris des «manarchistes»*? (voir la définition donnée en atelier en bas de page). Comme quoi, ni les hommes, ni les femmes ne sont à l’abri des incohérences, les yeux aveuglés par le rétroviseur. Si le but est de sensibiliser ces dites personnes, ce sera raté, si c’est de les confronter, 5 questions au lieu de 84 feraient la job… À mon avis, un zine avec des cas vécus serait beaucoup plus efficace comme outil. Par contre, la discussion était excellente pour nous faire prendre conscience de l’oppression que nous avons vécue dans notre vie…

La violence dans les relations

L’automne dernier, j’ai subi une courte série d’autres insultes et actes violents, pour la plupart venant d’hommes inconnus. J’ai été très déstabilisée par tout cela, dans le foulée de l’attentat raté contre notre nouvelle première femme première ministre (Québec) qui faisait son discours de victoire (et qui a fait un mort parmi les techniciens). Sur une page de forum d’OM, j’ai raconté plus en détails ces actes d’agressivité, dont deux bizarres quasi accidents où je me suis trouvée surprise d’être encore en vie. Est venu à mes oreilles les commentaires d’un militant : c’était, selon lui, de la paranoïa. J’étais estomaquée, la personne en question ne s’est jamais souciée de prendre de mes nouvelles, mais me jugeait du panache de sa haute connaissance de la psychologie humaine. Pour la camaraderie, on repassera! Je me suis sortie de cette mauvaise passe en organisant chez moi un cercle de discussion privé sur la violence dans la société. Le désir de domination semble malheureusement intrinsèque aux rapports humains générant de la violence explicite ou insidieuse. C’est une autre piste de réflexion développée par les féministes qui a déjà été beaucoup développée, mais à mon avis avec un manque de posture interrelationnelle. Autrement dit, sur fb, ce ne sont pas tant les attaques personnelles ou le manque de répondant qui démobilise, mais la façon dont tous les autres réagissent par leur indifférence et parfois leur désensibilisation qui les déshumanise et qui est propre au médium puisque tout passe si vite… Et cela a un impact sur notre militance. Cela dépasse aussi de beaucoup le seul cadre d’analyse homme-femme.

8 mars

Le plaisir et la reconnaissance

Oui, le plaisir et la reconnaissance, parlons-en aussi. Il va sans dire que tout ce bénévolat communautaire et politique apporte de nombreuses satisfactions qui nourrissent au quotidien notre engagement, notre implication, nos relations sociales et notre futur. Fraternité/sororité, réseau d’entraide, expériences de vie unique en son genre, fierté, dépassement de soi, résultats concrets sur la place publique, inspiration à vivre mieux et autrement, etc. Ces actions répondent à de profonds besoins psychosociaux qui ont été bien définis par le classique de la pyramide de Maslow :

  •      Besoin d’accomplissement de soi
  •      Besoin d’estime
  •      Besoin d’appartenance et d’amour
  •      Besoin de sécurité
  •      Besoins physiologiques

Il est important de comprendre mieux quels sont les besoins universels de tous les êtres humains, hommes, femmes, enfants et de tous âges. Puis de les garder en tête et dans notre cœur lorsqu’on prétend avoir une action politique pour le bien commun.

«il y avait le droit plaisir, et par-dessous tout, le bon plaisir, la raison du plus fort.» Zola

Traditionnellement, les hommes portent davantage leur attention sur la tâche et sur les résultats visibles; ils sont aiguillés par la compétition comme principe d’avancement. Les femmes sont plus axées sur les relations et le processus de travail invisibles et mettent plutôt de l’avant la coopération (ce dernier point sera à rediscuter) comme principe de développement. Si le plaisir d’être dans une action bénévole politique veut être partagé par tous et toutes, son accomplissement se vit différemment selon les personnes, les sexes et les classes sociales et son échec aussi. Une femme qui quitte un parti politique, une association ou un collectif informel ou communautaire le fait entre autres parce qu’elle en a assez des jeux de coulisse où elle voit voler les couteaux dans le dos contre elle ou contre d’autres, – comme ma mère au Parti Québécois. Ou encore parce qu’une femme ne se sent pas suffisamment appréciée, comme parfois moi-même à Occupons Montréal, où des publications écrites résultant d’un vrai travail de réflexion ont été peu commentées, tombant vite dans l’oubli ou dans l’indifférence.

Cela peut être aussi le fait d’un mauvais choix de canal de communication, mais j’ai l’impression que les hommes vont passer par-dessus cela plus facilement que les femmes. Je vais plutôt chercher le canal qui existe déjà pour me faire entendre, tandis que peut-être un homme va vouloir le créer à son image? Ou encore, même phénomène de sentiment d’exclusion (la perception peut être juste ou fausse, mais peu importe, le sentiment est là, incontournable tant qu’il n’est pas nommé) : ainsi une personne propose une action qui est d’emblée rejetée, pour des raisons à l’opposé de ce qui la motive au départ, les personnes qui la repoussent en bloc ne prenant le temps d’en questionner les tenants et aboutissants. Lorsque cela m’arrive, je suis peut-être moins ‘armée’ pour tourner la page rapidement. Et cela arrive très souvent en politique, peu importe qu’on soit un homme ou une femme, mais j’avance que c’est la réaction qui est généralement différente. J’ai occasionnellement  travaillé dans des milieux d’hommes (la construction) et j’ai toujours été fascinée à quel point les hommes peuvent s’engueuler et se critiquer vertement puis aller prendre une bière après… Les femmes sont rarement capables de faire cela. Par contre, ils vont se ‘compétitionner’ de manière souvent aberrante, avec une grande perte d’énergie. Je reviendrai dans un autre article sur les travers des femmes au travail ou en politique, bien évidemment loin d’être parfaites mesdames… Peut-être heureusement, ça reste à voir…

Modération ou radicalisme ?

Vous remarquez peut-être que même dans cette réflexion présente, je reste prudente et nuancée dans mes affirmations et questions, est-ce par manque de confiance ou par sentiment que la Vérité n’existe pas? Peut-être un peu des deux? Ce qui veut dire aussi que lorsque je me trouve dans un groupe de radicaux, je suis mal à l’aise, je quitte assez vite, autre raison de fuite. Et ce, même si je considère, comme plusieurs personnes de ma génération X, être devenue plus radicale ou moins modérée avec l’âge, ce qui est contraire à l’évolution normalement observée des générations. À l’opposé, plusieurs jeunes militants masculins ont quitté OM parce qu’ils trouvaient, entre autres, pas assez radical. Cependant, est-ce que la modération est une marque féminine? Je n’en suis pas certaine… N’a-t-on pas parlé de féministes radicales des années ’70? Le radicalisme vient plutôt d’une condition sociale d’opprimé.e.s, combinée à une condition familiale difficile. Mais cela est une toute une autre histoire…

 

Femmes et politique 3Boysclub et « plancher collant »

J’écoutais l’automne dernier une entrevue au sujet de la publication d’un livre le sexisme en politique par une ancienne ministre libérale des finances et du Conseil du trésor du Québec, Monique Jérôme-Forget. Dans son livre, elle dénonçait entre autres, ce plafond de verre du « boysclub » qui cantonne les femmes à des postes de pouvoir subalterne. Mais ce qu’elle ajoute est encore plus intéressant. Elle parle du « plancher collant » où les femmes elles-mêmes sont à critiquer puisqu’elles se bloquent aussi elles-mêmes trop souvent en se demandant si elles vont être capables d’aller plus haut… Je trouve que cette posture est très mature. C’est bien beau de critiquer les autres, ici en l’occurrence les hommes, mais quand on regarde dans sa cour… c’est tout aussi important et on y trouve aussi nos propres faiblesses comme femmes. C’est précisément cette prise de conscience qui nous fait évoluer comme personne et comme peuple.

Une autre façon totalement alternative d’envisager cette question est de me demander si j’ai envie de participer à ce type de pouvoir et ce type de réussite. Pour ma part, la réponse est clairement non, ce qui ne veut pas dire que je n’appuie pas les femmes (et les hommes) qui choisissent cette voie.

Femmes et politique 6De la discussion aux salons au type d’organisation

Prendre connaissance de notre histoire et de l’apport des femmes à la politique nous apporte beaucoup d’enseignement aussi. « Afin de se soustraire au diktat [de l’absolutisme royal du roi Louis XIV], de grandes dames de l’aristocratie se retirent de la cour, préférant un espace privé où elles accueillent leurs familiers. Ce phénomène semble naître vers 1618 avec la marquise de Rambouillet. […] Ces dames animent des salons qui s’efforcent de tenir à distance la violence du siècle autant que la tutelle de l’Église. Elles en viennent à établir un savoir-vivre et une nouvelle civilité liée à l’art de la conversation : l’intuition psychologique et l’improvisation comptent désormais autant que les connaissances. Subtilement décliné, l’esprit définit une nouvelle politesse et les limites de l’humour toléré, de même que l’éloquence du corps (regard et gestes). Ces nouveaux usages, qui supposent l’égalité des partenaires, font découvrir à la noblesse, bridée à la cour, une nouvelle civilité ou l’épée est échangée contre la rhétorique.» (Michel Laurin) Voir mon blogue à ce sujet : https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/13/histoire_conversation_salons_groupe-de-discussion/

Ce qui m’apparait particulièrement pertinent à notre sujet ici est le nouveau mode de communication que ces femmes d’autrefois ont mis en place après la Renaissance. C’est ce manque d’intuition dans les communications, la « structurite » aigüe de certaines organisations militantes et le pouvoir de type hiérarchique (ou vertical) qui font aussi parfois fuir certaines femmes, plus à l’aise dans un fonctionnement informel ou organique. Mais par contre, j’en connais quelques-unes qui sont parties, comme leurs camarades masculins d’ailleurs, parce qu’Occupons Montréal n’était pas assez structuré…

Femmes et politique 9

En conclusion, je crois qu’on peut dire que la vie politique et la vie… tout court se vit différemment selon que l’on soit un homme ou une femme et d’un individu à un autre. Le mouvement féministe des années ‘60/70 avec son égalitarisme ‘aplanisseur’ a nié les différences, qui, je crois, sont pertinentes et nécessaires à la vie humaine, c’est du moins la thèse récente de l’auteure Nancy Houston « Reflets dans un œil d’homme », contredisant ainsi la célèbre thèse de Beauvoir  « On ne nait pas femme, on le devient » (voir références ici-bas). Houston renverse la perspective en affirmant au contraire « qu’on ne nait pas homme, mais on le devient. Le masculin a besoin d’être trouvé, renforcé ou réitéré ». En ce sens, j’ajoute que peut-être la vie politique permet davantage aux hommes de le devenir et de s’y exprimer, tandis que les femmes y trouvent moins leur compte en « étant » tout simplement ? La question est loin d’être cernée complètement. Mais toujours est-il que le féminisme en politique d’aujourd’hui ne signifie plus être pareille au « sexe fort », comme l’on disait autrefois, mais plutôt être exigeante dans l’acceptation et la formation de notre sensibilité particulière comme enrichissement spirituel au monde et à la vie collective.

Paix. Justice. Confiance. Transparence. Partage des ressources… Valeurs féminines? Valeurs humaines.

*/*

*Manarchiste : «Discours généralement tenu par un homme qui n’est pas relié à ses actes, de type oppressant envers les femmes.»

«Valorisation de certains comportements militants : leadership par l’action directe et les actions physiques (manif et autres).»

«Vit sur des privilèges qui fait qu’il peut ne pas faire ce qu’il dit et ne pas faire attention à l’oppression des autres.»

Références :

http://www.feministisktinitiativ.se/franska.php?text=eu-valmanifest-2009

http://www.levif.be/info/actualite/dossiers/les-entretiens-du-vif/nancy-huston-on-ne-nait-ni-homme-ni-femme/article-4000120771196.htm

http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-deuxieme-sexe/

http://www.leconflit.com/article-le-deuxieme-sexe-de-simone-de-beauvoir-102878746.html

http://www.ina.fr/video/PH806055647

http://www.ledevoir.com/culture/livres/376066/ou-sont-les-femmes

FEMEN ou les manifestantes aux seins nus défendant les droits des femmes qui soulèvent d’importantes questions très controversées sur la place des femmes en politique, la démocratie, la corruption, la prostitution, la religion. Néanmoins des doutes subsistent sur le financement de ces groupes d’activistes. Voir  http://fr.wikipedia.org/wiki/Femen

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