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On se tricote un avenir 01-06-12 PLAN HANCHE

La Tricoteuse du peuple. Crédit photo: Pierre Chevalier

Je serai au Parc Lafontaine, à côté de l’Espace Lafontaine (Montréal)  les samedis 21 avril et 5 mai 2018, vers 15h* dans le cadre de l’événement Feu Feu Joli F organisé par l’Atelier Mange-Camion.

J’inviterai le public à monter maille par maille un nouveau Tricot du peuple collectif et à y mettre, dans votre geste et vos paroles, nos meilleures pensées et élans du cœur pour l’avenir du peuple. J’aimerais parler avec vous pendant qu’on fait ce Tricot : si vous aviez à écrire une constitution, comment vous y prendriez-vous? Quels récits, raisons ou sagesse devraient selon vous inspirer la réalisation d’un tel écrit ? Quelles responsabilités devrions-nous prendre et partager pour élargir le bien commun et favoriser un développement humain respectueux des personnes et du vivant dans nos sociétés ? C’est cette trame du peuple que nous voulons constituer, refaire notre tissu social si éraflé, créer peut-être un maillage entre les personnes.

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Tricoter ensemble, montrer/apprendre à tricoter, puis éventuellement échanger ou méditer sur l’avenir du Québec, tel est l’objet et la gestuelle concrète de cette performance artistique. C’est un art de la conversation.

 

Durant le printemps érable, lors de l’occupation du parc Lafontaine en 2012, j’ai remarqué que le fait de me tenir sur le trottoir pour inviter les gens à y participer créait comme une porte d’entrée à l’activité… et éventuellement, pour certaines personnes, permettait de s’intéresser aux ateliers d’Occupons Montréal** où je participais également. C’est une bonne stratégie relationnelle : je suis là avec mes deux Tricots collectifs : c’est spontanément vu comme une activité familière (qui permet l’échange) par les passants et par le public qui viennent voir, cette fois-ci,  une installation au sujet de la mémoire de la bibliothèque du Parlement du Bas-Canada incendié par les Anglais en 1849 (montée par Mathieu Parent).

Je suis là pour engager la conversation avec des questions sur l’écriture d’une éventuelle nouvelle constitution, une vision d’un bien et d’un sens commun et tout ce qui nous passe par la tête et le cœur ce jour-là… et ça crée un lien avec les inconnus… parce que les gens sont généralement timides (comme moi) et les personnes ont tellement besoin de parler et d’être écoutées, en ce moment plus que jamais.

Lors de mes plus récentes expériences comme Tricoteuse du peuple, j’ai beaucoup parlé de vivre-ensemble et d’immigration, notamment pendant les activités du 375e de la fondation de Montréal. Pendant les Journées de la culture, j’ai aussi parlé de l’avenir du Québec et d’art. Au parc Lafontaine en 2012, j’avais rencontré un biologiste qui avait longtemps vécu en Chine et m’a parlé de leur relation aux étrangers et de sa théorie sur la disparition progressive de l’immigration au Québec. Incroyable ! Au parc Émilie-Gamelin cette même année, lors de ma 1re performance, une itinérante m’avait raconté comment la police traitait son père dans les années 1950 lorsqu’il était drogué, et je l’avais admiré dans sa résilience. Elle n’était pas habituée à ça, on avait eu les larmes aux yeux ensemble, se serrant les mains. Elle était repartie les yeux brillants. Touchant ! Au parc Molson, j’avais longuement conversé avec un nouvel arrivant, artiste immigrant du Maroc, qui ne pouvait évidemment concevoir de critique à l’égard de son pays d’adoption. Même l’expression « printemps arabe » en français, il ne l’avait jamais entendue avant. Surprenant ! Bref, ces performances sont tissées de rencontres éphémères et de conversations enrichissantes… et parfois inattendues, et il me reste dans les mains le merveilleux travail collectif tricoté, les vibrations des conversations captées par la laine et les couleurs.

Alors, créer une petite rivière relationnelle qui y mène ou qui sort de l’installation de l’Atelier Mange-Camion, c’est vraiment plaisant !

Plus de détails sur l’ensemble de l’événement au https://www.feufeujolif.com/programme

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* Événement annulé en cas de pluie

** Dans la foulée des occupations de lieu public menée par le Mouvement Occupy en 2011, un peu partout dans le monde,a fin de questionner l’économie du «1%».

 

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«Il y aurait avantage à réinvestir l’espace public avec une réflexion plus calme, plus posée» Jérémie McEwen au sujet de son nouveau livre «Avant, je criais plus fort»

Mes abonnés auront surement remarqué que mes billets se font plus rares. Je me suis en effet consacré à l’écriture d’un livre sur le vivre-ensemble, relatant une expérience de création artisanale avec le Tricot du peuple et de médiation cultuelle avec des citoyens de Montréal «Mémoires. Tricotés serrés. Journal d’un livre ensemble», que vous pouvez trouver sur ma page fb professionnelle au https://www.facebook.com/%C3%88ve-Marie-Langevin-750633708443354

Mais au-delà de cela, je me questionne depuis plusieurs mois sur le fait de prendre la parole dans l’espace public. Nous sommes tous surchargés, soûlés d’«information» de qualités diverses. Que puis-je apporter d’autre, de plus, de mieux, sans répéter ? La poète en moi a besoin de prendre son temps, de ne pas céder à ce courant, cette tentation de publier à tout prix.

Je planche actuellement sur une nouvelle faisant d’état d’une recherche au cégep de Maisonneuve (école postsecondaire à Montréal) à l’effet que les enseignants s’autocensurent dans leur propos et certains sujets chauds à aborder en classe, afin de ne pas trop soulever la controverse et simplifier leur gestion de classe. Comme enseignante à l’éducation des adultes au secondaire et à l’université, je me sens très interpellée par cette nouvelle. Ainsi, afin de respecter la diversité des modes de vie et des opinions, on choisirait l’indiversité des discours abordés en classe ?  J’ai soumis récemment ce problème philosophique et pratique à ma directrice qui m’a simplement répondu : «merci pour ce partage».

À suivre… dans le silence et la réflexion pour l’instant… Bienvenue comme toujours à vos commentaires afin de susciter la conversation virtuelle 🙂

Comme bilan annuel en forme de douce ironie, un petit clin d’œil à un court-métrage tourné en 1967 avec S. Distel, J. P. Cassel, J. M. Thibault, R. Pierre et J. Yanne , « Tout va très bien Madame la Marquise » (parait-il, paroles et musique de Paul Misraki, 1935) et une caricature du journal Le Devoir à Montréal, prise aujourd’hui, du dessinateur Garnotte :

Cette chanson a aussi été reprise par les Rita Mitsouko, dans une version encore plus hilarante…

Garnotte, Le Devoir, «L’année en dessins », 30-12-17

Quand certains dirigeants deviennent des «bullys» (intimidateurs), que se passe-t-il dans la société = 2017-18 ?

De mon côté pour 2018, je vous souhaite 5 gratitudes par jour et beaucoup de bienveillance, malgré tout…

«Les connaissances non reliées tuent la connaissance et font apparaître une nouvelle ignorance qui s’ignore elle-même au cœur de la prolifération des connaissances», souligne Edgar Morin.

Photo: Fred Dufour Agence France-Presse «Les connaissances non reliées tuent la connaissance et font apparaître une nouvelle ignorance qui s’ignore elle-même au cœur de la prolifération des connaissances», souligne Edgar Morin.

«… l’être humain serait-il surtout en train de se perdre… dans la simplification des choses, dans l’illusion, mais aussi dans cet aveuglement qui l’empêche d’appréhender sérieuse

ment les désastres qu’il est lui-même en train de nourrir ? »

Je relaie ici intégralement un trop bon article du journal Le Devoir de Fabien Deglise au sujet du plus récent opus d’Edgar Morin « Connaissance, ignorance, mystère », auteur et philosophe pour lequel j’ai toujours eu le plus grand respect et admiration.

«[il] montre du doigt le somnambulisme du monde politique qui vit au jour le jour, du monde intellectuel aveugle à la complexité et l’inconscience généralisée qui contribuent à la marche vers le désastre.»

 

Le coup de crayon du 8 mai
Garnotte et
Pascal

Edgar Morin et l’éloge du mystère

Le philosophe invite à aller au-delà des algorithmes pour éviter

la catastrophe

6 mai 2017 |Fabien Deglise | Livres
[Si vous avez un problème de lecture-mise en page, référez-vous directement à la source : http://www.ledevoir.com/culture/livres/498035/entrevue-edgar-morin-et-l-eloge-du-mystere]

A trop vouloir baliser ses déplacements, l’être humain serait-il surtout en train de se perdre… dans la simplification des choses, dans l’illusion, mais aussi dans cet aveuglement qui l’empêche d’appréhender sérieusement les désastres qu’il est lui-même en train de nourrir ?

Le philosophe français Edgar Morin, fin observateur du monde qui l’entoure depuis 95 ans, doute de moins en moins de cette dérive. Dans son dernier essai, Connaissance, ignorance, mystère (Fayard), il appelle d’ailleurs à lever la tête de nos réseaux sociaux, à affronter les déterminismes numériques pour mieux surmonter nos peurs ataviques de l’inconnu, déjouer les « nouvelles ignorances » et surtout changer le cours des choses dans des sociétés où paradoxalement, l’expansion des connaissances fait désormais régresser, selon lui, la connaissance.

« La croyance en une vie sociale ou personnelle régulée ou programmée par algorithme [ces formules mathématiques qui orientent choix et contenus dans les univers numériques] est illusoire, indique Edgar Morin dans une entrevue accordée il y a quelques jours au Devoir. L’histoire de l’humanité, des sociétés, de la personne ne peut échapper à l’inattendu, le hasard, la folie, la créativité. Or, si elle libère, la technique, aussi, asservit » en finissant même par atrophier l’intelligence, poursuit-il.

Sombre perspective ? Le malheur serait en marche et ses artisans ont, à l’écouter et à le lire, le nez collé sur un écran d’ordinateur et le doigt agité frénétiquement sur un clavier ou sur un écran tactile. « L’unification techno-économique du globe et la multiplication des communications ont provoqué non pas une conscience de communauté de destins humains, mais au contraire, les replis particularistes sur des identités ethniques et/ou religieuses ; non pas une grande union, mais une multiplication de dislocations et ruptures politiques et culturelles dégénérant en conflits », écrit-il dans cet essai alliant impressions, réflexions et sagesse, sorte de message d’un penseur indiscipliné, docteur honoris causa de vingt-quatre universités à travers le monde, à ceux et celles qui vont construire et le penser le monde après lui.

Et il montre du doigt « le somnambulisme du monde politique qui vit au jour le jour, du monde intellectuel aveugle à la complexité » et « l’inconscience généralisée » qui contribuent « à la marche vers le désastre »

Le leurre de l’émancipation

Le culte de l’instant présent, l’obsession de la quantification de l’activité humaine, du choix et du commentaire réduit à des codes binaires, tout comme l’enfermement de la pensée humaine dans des réseaux numériques cloisonnés, à des fins commerciales, n’y sont pas étrangers, même si tout cela se joue dans des sociétés dites du savoir où l’hyperconnexion et la démocratisation de l’accès à l’information, à la prise de parole sont érigées en vecteur d’émancipation, en faisant surtout illusion, selon lui. « L’excès d’information tue la connaissance, dit Edgar Morin. Les connaissances non reliées tuent la connaissance et font apparaître une nouvelle ignorance qui s’ignore elle-même au coeur de la prolifération des connaissances. » Cela entretient ce qu’il nomme l’ignorantisme, un mal contemporain qui frappe autant le citoyen ordinaire que les savants et experts confrontés à la même organisation fragmentée de la pensée, à la même connaissance dispersée qui empêche l’émergence de « cette connaissance pertinente qui les relie et qui permettrait d’affronter la complexité ».

« Le règne du calcul », dans lequel l’avènement du tout numérique nous a fait entrer, « occulte les réalités humaines les plus profondes », dit-il. « Le rêve d’une société humaine totalement automatisée sous la loi de l’algorithme conduirait non au surhumain mais à l’inhumain », poursuit-il dans son bouquin en parlant de cette post-humanité où l’humain est en train de se laisser conduire. « Le rêve d’une rationalité algorithmisante tendra à nous réduire en machines triviales. » Et cet idéal est forcément vain, puisque l’incertitude fait partie intégrante de l’aventure humaine, estime-t-il.

Le constat pourrait être sombre avec ces « myopies et aveuglements cognitifs » et collectifs qui « produisent erreurs et illusions » et qui nous rendent « inconscients des processus désastreux que subit la planète », dit Edgar Morin qui continue toutefois de chercher la lumière pour éclairer le présent en rappelant le caractère cacophonique, polymorphe et fou de la vie et à « ressentir la qualité poétique de la vie », à accepter « l’inachèvement de toute connaissance » pour retrouver le sens du mystère, dit-il. « Il faut détrivialiser la vie et s’en étonner 

« Le mystère ne dévalue nullement la connaissance qui y conduit, écrit-il. Il nous rend conscients des puissances occultes qui commandent », ces démons intérieurs et extérieurs qui conduisent « aux excès, aux folies, aux ivresses ». Le mystère permet aussi d’accéder au sublime en s’éloignant de cet « horrible » que trop de calcul serait en train de faire émerger, selon lui, mais qui demeure probabilité dont on échappe en changeant de voie, conclut Edgar Morin.

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«Connaissance, ignorance, mystère»
Edgar Morin, Fayard, Paris, 2017, 190 pages
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