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bandelette_dialogues1666Il y a 350 ans, un 2 juillet, la ‘première’ dispute philosophique publique au Québec avait lieu…

« Les Relations des Jésuites nous apprennent que le premier débat philosophique public (disputatio) au Québec se déroula le 2 juillet 1666 (…). L’intendant Jean-Talon participa à la discussion en latin. L’un des étudiants soumis à cet examen de philosophie se nommait [le futur explorateur et découvreur] Louis Jolliet. » (Cauchy V. (1968) dans Houde R. (1979).» (1)

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Mathieu Parent, anthropologue et poète de l’Atelier Mange-Camion a organisé le 2 juillet dernier un happening de lecture-discussion autour du texte ancien de La Hontan (1666-1716) «Dialogue avec un Sauvage» (publié en 1703). Tous les participants, dont moi et mon ami Fabrice Marcoux, devaient en lire un extrait qu’il nous avait envoyé par courriel, avec seulement une répétition avant le happening dans un parc très spécial appelé «le Champ des Possibles» à Montréal.

C’était une journée grise, fraiche et très (anormalement) venteuse pour juillet, avec parfois quelques rayons de soleil pour nous réchauffer. La plupart des gens étaient insuffisamment habillés et plusieurs sont partis frissonnants avant la fin. Néanmoins, pour commencer, nous étions une bonne trentaine à s’être déplacés. Mathieu, faisant référence au vent et au chemin de train à proximité et sans doute pour mettre nos esprits ensemble, a proposé d’entonner en canon le chant d’une comptine traditionnelle «Vent frais, vent du matin» :

Vent qui souffle au sommet des grands pins.
Joie du vent qui souffle,
Allons dans le grand…
Vent frais, vent du matin,
Vent qui souffle au sommet des grands pins.
Joie du vent qui souffle,
Allons dans le grand…

Les trois chapitres lus, soit « les lois», «la religion» et «le bonheur» ont été choisis par l’historien Réal Ouellet qui n’a pu malheureusement être des nôtres. Mathieu m’a écrit que «Réal Ouellet a insisté, avec raison je crois, lors de notre rencontre, sur le fait que l’originalité des Dialogues tient d’abord au fait que « le Sauvage [est] Philosophe »,  plutôt qu’à l’idée qu’il serait « le Bon Sauvage ». » Le texte de La Hontan est un débat binaire entre deux personnages, soit l’auteur lui-même et un Amérindien, un Huron qu’il appelle Adario, prototype probable, selon un des lecteurs (Jean-Guy Parent), du grand chef huron Kondiaronk. C’est une sorte d’herméneutique critique du mode de vie français et européen de son époque (17e siècle). Un texte qui aura inspiré le philosophe Leibniz, que La Hontan a fréquenté et probablement Montesquieu et ses «Lettres persanes» (1721) et Rousseau avec le mythe du bon sauvage (1755).

«Les Iroquois & les Hurons […] ont renversé les maximes politiques trop universelles d’Aristote & de Hobes. Ils ont montré […] que des Peuples entiers peuvent être sans magistrats et sans querelles […]. Mais la rudesse des ces Sauvages fait voir, que ce n’est pas tant la nécessité, que l’inclinaison d’aller au meilleur [bien] & d’approcher de la félicité, par l’assistance mutuelle, qui fait le fondement des Sociétés et de Etats […]. Leibniz, Jugement sur les œuvres de Mr. le Compte Sharftesbury, dans Opera Omnia, vol. V (1715), texte rapporté par Réal Ouellet (2)

Le texte de La Hontan, sous forme d’essai-débat, présage peut-être d’un courant libertaire qui mènera notamment à la Révolution française. Mais aussi un texte qui lui aura valu de fortes inimitiés autant en Nouvelle-France qu’en France auprès des pouvoirs établis le menant deux fois à l’exil. Dans ce texte, l’Amérindien défend son mode de vie, mais on comprend vite de nos jours qu’il s’agit en fait de la vision d’un Européen et non des mots qu’aurait utilisés un Autochtone, même en partie instruit en France, comme il est suggéré dans le texte. Mais La Hontan a tout de même vécu 10 ans en Nouvelle-France, ce qui donne de la valeur à son texte, même de nos jours et surtout à l’époque, où il a connu un vif succès et fera le premier rêver du Nouveau Monde nombre d’Européens de l’époque. Là est son originalité littéraire.

Précisément parce que La Hontan expose ses préjugés et automatismes propres à son époque, malgré le degré « d’ouverture » dont il fait état ─comme Champlain qui l’a précédé d’un siècle─, ce livre nous en fait apprendre beaucoup d’un point de vue anthropologique et historique. Cependant plusieurs aspects importants de la vie autochtone manquent, comme le faisait bien remarquer un des participants du public, notamment sur les aspects de cruauté avec les prisonniers des Amérindiens.

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Ce temps si improbable pour un 2 juillet combiné avec cette énorme concentration à écouter des lectures pendant 3 heures, intercalées de deux déplacements dans le parc et de deux brèves périodes pour émettre des commentaires (qui serviront à la discussion finale après la lecture) ont induit chez moi un flottement de la pensée, augmenté par ce lieu improbable et plutôt enchanteur, un petit boisé au milieu de la ville, sauvé des condos par des citoyens agronomes, artistes et écolos –entre le chemin de fer, les blocs de manufactures et le couvent des Carmélites avec son très haut vieux mur de pierres et ses grands arbres matures. Justement, un des dialogues de l’auteur finit par le mot « couvent ». En se tournant vers Adario pour l’écouter lire à son tour, La Hontan (M.) se tourne davantage vers ce couvent, comme pour évoquer la syncronicité du moment…

Deux ou trois moments magiques me furent donnés lorsqu’à la lecture du dialogue sur la religion, la cloche du couvent sonna longuement, lentement. La couleur de la lumière sous le ciel ombrageux, parfois traversé par un bref rayon de soleil, les vents puissants virant à l’envers les feuilles des arbres centenaires, alors que j’étais à demi couchée dans ce parc sauvage, jonchés de petits sentiers naturalisés appelés ici par les habitants des « lignes de désir » et n’ayant pour vue que ces « grands-pères » feuillus et le vieux mur du couvent, je me sentis alors happée doucement dans un de ces moments hors temps et hors saison, presque hors histoire (avec cette vue de ce côté du parc sans bâtiments modernes). Les voix des lecteurs devinrent un décor lointain d’esprits parlant devant la toute puissance de la nature, cette voix du grand Manitou défendue par Adario, une 3e voix de la nature semblant s’imposer aux deux autres, l’air de dire : « Écoutez-moi bonnes gens !! ». Sensible à cet appel, j’ai senti une sorte de long moment de non-pensée et de présence totale au monde, un cadeau comme il ne m’en arrive pas souvent… Merci !

Durant ce dialogue sur la religion catholique vs. la spiritualité amérindienne, un autre de ces beaux moments finement synchrone fut la distribution de petits pains maison faits par M. lui-même. Étant assise, je voyais à peine les pains distribués aimablement dans un sac par une autre participante, la jeune Jeanne. Ma main tomba sur un double pain qui n’avait pas encore été détaché. Hésitant à le garder, J., en bonne future mère de famille… ou Sœur économe et gentiment sévère, me fit remarquer par un mot ou deux soufflés doucement qu’il pourrait en manquer pour les autres… et je m’empressai alors de remettre le 2e pain dans le sac… presque gênée d’avoir eu « une mauvaise pensée »… Le pain était exquis, comme discrètement aromatisé de tomates séchées (?). Manger ensemble ce pain… quel beau geste ensemble, à un moment où justement, on nous parle d’hostie dans le texte… Geste trop souvent oublié de nos jours où la chrétienté est exit par la nouvelle religion de l’argent ou de la violence.

La fin de l’après-midi ramena de plus longs moments ensoleillés très appréciés… alors que mon corps grelottait un peu sous les vents. Appuyée à un arbre, je fermai les yeux quelques instants pour mieux sentir la chaleur de notre père le Soleil réchauffer mes joues. Quel plaisir de sentir cette longue caresse quand on a été en manque toute la journée !

Ce fut bientôt mon tour de lire. Forte de cette expérience, j’introduisis ma lecture avec une improvisation assaisonnée d’une tournure discursive de l’époque,  m’adressant à l’auteur joué par Mathieu : « Mon ami, …, que notre Dieu le vent dissipe ces mauvaises pensées et que le Soleil réchauffe nos cœurs, aujourd’hui !», ce qui a bien fait rire les valeureux spectateurs qui restaient encore pour cette dernière lecture.

Ensuite, on nous a offert de rentrer à l’intérieur pour nous réchauffer à la coop Temps Libre, à l’arrière du parc pour discuter, échanger et pique-niquer. La table était haute, longue et étroite et pour peu, quoique dans un cadre très convivial, et sans façon, on se serait presque cru à la première cène…

Pour finir en beauté, les organisateurs avaient eu la délicatesse de prévoir un petit cérémonial pour clore le happening en plantant une fleur ou une plante symbolisant chacun des trois chapitres sur les trois sites où nous les avions lus… mais nous sommes partis à la fois délicieusement fatigués et ragaillardis…

Quelle belle journée !

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Quelques mots

sur le Champ des Possibles

Le lieu, un parc mi-sauvage derrière des manufactures, appelé «Le Champs des Possibles» à Montréal, dans la partie industrielle du quartier Mile-End est un parc indigène auto-organisé par des citoyenNEs du quartier, et plus récemment par la Ville. Ici on entend l’idéateur et organisateur appeler «Adario», le personnage qui discute avec l’auteur de La Hontan, dans son livre «Dialogue avec un Sauvage» (1703).

Ce livre d’histoire du Québec a été lu et discuté en partie lors de ce happening, 350 ans jour pour jour après la première dispute philosophique européenne organisée en terre du Québec.

Pour plus d’info sur ce parc citoyen, voir https://amisduchamp.com/

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(1) http://aqction.info/evenement/dialogues1666-lectures-debats-pique-nique/

(2) Réal Ouellet. 2010. «Lahontan. Dialogue avec un Sauvage». Montréal: Lux.

Dialogue 1666-2

 

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« Quand chaque femme fait honneur au Soi, de la façon la plus dépouillée possible, l’énergie créatrice devient disponible pour l’ensemble, et cette énergie contribue aux changements qui soutiennent les transformations de l’humanité. Lorsque les femmes ne seront plus perdues, à demander aux autres de leur dire ce qu’elles devraient faire ou comment elles devraient vivre, il y aura de grands changements dans notre monde » Jamie Sans, «Treize mères originelles»

« L’inhumanité infligée à un autre détruit l’humanité en moi. » Emmanuel Kant

 

Je vous propose ici de (pour)suivre une réflexion sur le pouvoir dans les groupes, pour faire suite à une publication à la une d’aujourd’hui du journal Le Devoir (Montréal) qui se penche sur une des stratégies d’empowerment (ou libération de l’aliénation du peuple) : « Se libérer sans vous, se libérer de vous » (1) et pose des questions sur les actuelles imprécations du «Vivre ensemble».

En revenant sur une réflexion et expérimentation à ce sujet vécue au sein de la mouvance Occupy / Occupons Montréal en 2011-2012, la question du pouvoir se pose notamment dans la mixité ou non-mixité des (sous-)groupes militants. Question pour laquelle j’avais des sentiments tiraillés. Autrement dit, quelles sont les circonstances qui font qu’on choisit délibérément de militer dans un groupe non-mixte, comme un groupe de femmes, un groupe de Noirs, un groupe autochtone, un groupe gay ou queer, et même certains syndicats, etc., bref toutes ces «minorités» marginalisées où on vit, d’une manière ou d’une autre, une forme d’oppression face à la majorité ou à un groupe dominant, que ce soit l’exclusion sociale comme le sexisme, le racisme ou l’homophobie ou encore l’exclusion économique, politique ou religieuse. Vaste question…

J’aimerais alors partager ici d’abord quelques extraits significatifs de cet intéressant article du Devoir (1) que voici, suivi de mon billet.

« Constamment déçus par l’idéal d’une société  ‘juste’ qui leur est projetée encore davantage en ces temps de crise et de paupérisation, certains groupes pensent plutôt l’émancipation comme « la séparation d’une société fausse ». Ségolène Roy, blogueuse

« De telles pratiques peuvent mettre à l’abri certaines petites communautés pendant une période, mais à la longue, elles tendent à pénaliser les personnes qui en font partie en les privant de réseaux sociaux performants et en limitant la mobilité sociale.» Pierre Anctil, prof d’histoire, Université d’Ottawa

 

Quelques grands-mères et un grand-père font le résumé de leur cercle de parole.Crédit photo : Vincent-René

Quelques grands-mères font le résumé de leur cercle de parole puis plus âgé grand-père clôt la journée par un dernier témoignage, lors du cercle autochtone/non autochtone MITSHETUTEUAT, avril 2014. Crédit photo: Vincent-René

« Greg Robinson tempère en disant que ‘c’est un argument fort de demander comment les [personnes racisées] peuvent espérer mériter le respect ou l’égalité si elles n’ont pas les moyens de gérer leur propre mouvement. En revanche, c’est un argument fort de dire qu’on ne casse pas l’exclusion raciale par un mouvement exclusif.’» G.R., professeur d’histoire, Université du Québec à Montréal

« En tant que membre du groupe dominant, il est difficile pour les hommes cisgenres (nés de sexe mâle et s’identifiant au genre masculin) qui souhaitent se joindre au mouvement [féministe] de comprendre le refus de leur présence par les féministes. Car grandir et évoluer en tant qu’homme n’inclut pas – ou très peu- l’expérience de refus ou de rejet.» Sophie Chartier, journaliste, Le Devoir

Cercle afroaméricain. Angela Davis wanted_Black Panthers

Black Panthers

Une fois par année, le collectif radical Les Hyènes en jupons fait une manifestation non mixte à Montréal et les femmes reçoivent dans la rue des salves d’insultes misogynes de la part des passants et des policiers :

« À la question ‘pourquoi ça dérange ?’ Laura (nom changé) hésite. ‘Je pense que la non-mixité politique fait voir aux hommes qu’ils risquent de perdre certains privilèges.» « On l’utilise [notre groupe de femmes non mixte] comme lieu de ressourcement ». Laura, militante, Les Hyènes en jupons

Dans les groupes non mixtes (safer spaces), « On gagne des espaces intimes de confiance. Mais attention, les groupes non mixtes ne sont pas nécessairement dénués d’oppression. Il reste des rapports de pouvoir et il faut sans cesse les remettre en question.» Stéphanie Mayer, chercheuse en sciences politiques à l’Université Laval (2)

« Toutes trois soutiennent qu’il est important de remettre en question fréquemment les tactiques.» Sophie Chartier, journaliste, Le Devoir (1)

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AG15oct

1re assemblée générale d’Occupons Montréal au Square Victoria, rebaptisé «Place du peuple», 2011

La mouvance Occupons Montréal a expérimenté et réfléchi aussi sur cette façon de militer, et dont voici un résumé (3) :

– Concept d’espaces sécuritaires (safer spaces) pour soi et entre-sois : modèles de justice communautaire ou réparatrice (ni policière ni étatique), analyse et dénonciation de l’oppression vécue dans notre propre organisation : comment changer les dynamiques de pouvoir ? Sortir de l’aliénation par notre prise de conscience, on arrive enfin à ce niveau où on est prêt à développer une méthodologie concrète.

– Sortir de la culture l’hyper sécurisation pour exister dans l’espace public et psychique; trouver un équilibre entre sécurité/insécurité. Se défaire de la peur aussi qui nous est inculquée par le gouvernement et autres, en donnant une réponse originale à la violence de la marginalisation.

 

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Assemblée générale d’Occupons Montréal. Fabrice Marcoux, Mikelaï Cervera et Ben Godin anime un cercle sur les «Engagements», réflexion menée par le Comité de philosophie politique, 2012. Crédit photo: Ève Marie

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J’ajoute aujourd’hui ma réflexion et expérience sur le tissus social et la communication nonviolente qui a muri sur ce sujet.

Ce qui me frappe d’abord dans ces analyses, c’est l’absence complète de référents intra-personnels. Toute l’analyse est axée sur des dynamiques interpersonnelles, sociales ou politiques, au mieux groupales. Pourtant, ce sont aussi des individus qui exercent ce pouvoir. En effet, pourquoi toujours cette dichotomie tellement binaire entre sociologie et psychologie ? Dans quelle aliénation les relations de pouvoir nous mènent-elles ? Comment s’en sortir ? N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur les sources de ces relations de pouvoir ? Si tous les humains ont, certains plus que d’autres il s’entend, à un moment ou à un autre, vécu une relation de pouvoir avec un autre ou des autres, soit comme oppresseur, soit comme opprimé, soit les deux en même temps, n’est-ce pas là aussi un reflet de notre propre esprit et de la façon dont nous nous traitons nous-mêmes, soit la domination d’une partie notre psyché (l’ego par exemple) sur une autre partie? N’y a-t-il pas lieu de se demander comment une telle mécanique (?) se développe dès l’enfance et si elle n’est pas, à son tour, encouragée par certaines postures ou dynamiques familiale, sociale ou politique ? N’y a-t-il pas lieu aussi de chercher aussi du côté des neurones-miroirs qui seraient à la base du développement des langues humaines et du développement de l’aversion, de l’empathie et du désir mimétique (4) ?

Si la fin du XXe s. et une partie de XXIe siècle sont et seront dominés par une forte recherche identitaire menant à la fois à des évolutions individuelles ou nationales ET à des dérives communautaristes, voire sectaires, voire terroristes, il y a fort à parier que ce champ de recherche, d’expérimentation et de philosophie qui, pour l’instant, n’est que l’apanage d’avant-gardes, deviendra un thème fort de notre siècle si bouleversé.

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J’en profite pour remercier l’artiste, poète et militante Koby Roger Hall pour m’avoir fait connaitre ce concept de «safer spaces» et ces pratiques pour la 1re fois, lors d’une réunion bilan d’OM. Elle a tenu, notamment, avec Frédéric Biron Carmel et la galerie SKOL  un site d’«archives vivantes » d’Occupons Montréal. Plus de détails au http://skol.ca/wp-content/uploads/2012/08/feuillet_koby_fred_angl1.pdf et https://www.facebook.com/occupymontreal/posts/143543362450865 et http://www.rcaaq.org/html/fr/actualites/expositions_details.php?id=15600

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(1) Texte au complet au http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/457146/se-liberer-sans-vous-se-liberer-de-vous

(2) Auteure du mémoire « Du ‘nous femmes’ au ‘nous féministes’ : l’apport des critiques anti-essentialistes à la non-mixité organisationnelle »

(3) Voir mon billet du https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/16/occuponsmontreal-bilan/ et publié également dans la revue Possibles, au http://redtac.org/possibles/category/du-printemps-arabe-au-printemps-erable-un-nouveau-cycle-de-luttes-sociales-vol-36-no-2-hiver-2013/section-i-du-printemps-arabe-aux-indignes/

(4) 1996, Giacomo Rizzolatti et Corrado Sinigaglia, http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/neurones-miroirs-i-une-decouverte-48805 :

«Chez l’homme, on a observé la présence des neurones miroirs dans le cerveau encore immature du jeune enfant. Et chez l’adulte, ces réseaux miroirs apparaissent comme bien plus développés que chez les autres primates. Ce détail semble anodin et couler de source puisque le cerveau de l’homme est bien plus gros que celui des singes. Mais le fait que les neurones miroirs y soient très développés n’est pas fortuit. Car tout dispositif naturel possède une contrepartie fonctionnelle et si ces neurones sont présents en nombre, c’est sans doute parce qu’ils ont un lien avec ce qui sépare l’homme de l’animal. La raison et le langage aurait dit Aristote. Et plus généralement, l’intersubjectivité. »

«Voici ce que déclare Robert Sylvester, écrivain des sciences « La découverte des neurones miroirs est absolument renversante. C’est aussi la découverte la plus importante et elle est pratiquement négligée parce qu’elle est si monumentale que nul ne sait qu’en faire »

«Le neurone miroir est en fait multifonctionnel. Et semble fonctionner selon trois modes, le négatif, suscitant l’aversion et donc, porteur de différenciation ; puis le neutre, disons la cognition empathique, détachée de force attractive ou répulsive ; enfin le positif, lieu où le désir se fait mimétique et où le danger de conflit se dessine. »

«Il existe une sorte de mécanique, voire de dialectique des miroirs. En fait, un processus de renforcement, de surenchère, que Bateson avait du reste découvert dans les conflits»

«Et les oiseaux ? N’avons nous pas un mécanisme de ce type [mimétisme] lorsque deux moineaux se disputent une miette de pain ? Et aussi dans la genèse des langages que ces subtils animaux ont pu déployer pour communiquer à travers le champ. Ce qui nous ramène à l’homme et une question sur l’origine du langage. Selon Rizzolatti, les mécanismes miroirs font que des actions deviennent des messages sans médiation cognitive (sous entendu, rationnelle) Si bien que le mécanisme miroir pourrait être à l’origine de la genèse du langage. En permettant notamment qu’un message émis devienne pertinent pour son récepteur. »

Daniel Goleman, auteur de «L’intelligence émotionnelle» a aussi beaucoup aborder ce sujet des neurones miroir dans son livre.

 

 

 

Photo satellite du fleuve St-Laurent, de la Gaspésie et la Côte Est de l'Amérique du Nord

Photo satellite du fleuve St-Laurent, de la Gaspésie et la Côte Est de l’Amérique du Nord

Nous, les Québécois sommes engagés dans une situation sans issue au sujet des projets étrangers et locaux des hydrocarbures.

Ce manifeste pour l’Élan global me semble sérieux et essentiel. Je signe au http://elanglobal.org/apropos … même s’il est évident que nos signatures ne suffiront pas.

Fleuve St-Laurent-petrolier-ile-aux-coudres_SRCIci comme ailleurs, nous devons faire une profonde réflexion sur nos sources énergétiques, suite à l’annonce cette semaine par la revue scientifique américaine Science Advances qui a annoncé que la « 6e extinction de masse est en cours» ! (au cas où certains n’avaient encore remarqué…)

say-no-Trans-Canada-Energie Est
Plus de détails au http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/443312/biodiversite-l-humain-a-enclenche-la-sixieme-grande-extinction
et au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/06/21/lhumain-a-enclenche-la-6e-grande-extinction/

Aussi, les autochtones se regroupent dans le monde, veillent et agissent pour l’environnement et la protection de territoire : après-demain, jour de l’indépendance : http://26june.weebly.com/ :

«  The unification of all the independent sovereign indigenous nations is an opportunity to restore balance and harmony to Mother Earth, and to create a new era of peace, justice, spiritual renewal, cooperation and healing for all of our Human Family.»

Indigenous Nations rallied to protect Medecine Lake from industial sacle Geothermal desecration. California, march 2015. Source :http://bsnorrell.blogspot.ca

Indigenous Nations rallied to protect Medecine Lake from industial scale geothermal desecration. California, march 2015. Source :http://bsnorrell.blogspot.ca

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Manifestation à Cacouna contre le projet de port pétrolier de Tanscanada-pipeline sur le fleuve Saint-Laurent, 2014. En 2015, le gouvernement annule le projet.

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Source: revue Forces

Et vous ?

lesindignesduquebec

Élan global

Sophie Doucet Sophie Doucet

Les Indignés du Québec vous invitent à signer le «Manifeste pour l’Élan global» qui constitue un clin d’œil à l’héritage du Refus global.  Le 9 août 1948 était publié le «Refus global». Ce manifeste signé par 15 membres du groupe automatiste rejetait alors l’immobilisme de la société québécoise. Sa parution en 1948 provoqua une vive controverse au Québec. 

Aujourd’hui, le manifeste pour un Élan global est un clin d’œil à l’héritage du Refus global. L’Élan global se veut radical par ses idées et implore une transformation profonde du Québec comme l’ont fait les Automatistes il y a 67 ans.
Refus+global
L’Élan global n’est pas qu’un manifeste. L’Élan global est un collectif d’objectrices et d’objecteurs de conscience qui souhaitent se libérer des hydrocarbures et bâtir un monde juste et viable. C’est un mouvement de résistance à l’invasion systématique de notre territoire par les pétrolières et par de puissants intérêts financiers. Notre objectif est de…

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Tourte voyageuse... disparue depuis 1914 en Amérique du Nord

Tourtes voyageuses (1)… disparues depuis 1914 en Amérique du Nord. Crédit dessin : « Ectopistes migratorius » par Louis AgassizFuertez

Je relaye un article du journal Le Devoir au complet : http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/443312/biodiversite-l-humain-a-enclenche-la-sixieme-grande-extinction

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Le titre est tellement lourd à porter que je l’ai lu hier sans trop y porter attention. Ma conscience était comme dans un genre de déni. 24 h plus tard, le titre m’est revenu en mémoire et m’a pété en pleine face. Voilà comment l’attention procède.

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Selon une étude publiée aux États-Unis avant-hier dans Science Advances, «Nos estimations révèlent un recul exceptionnellement rapide de la biodiversité au cours des derniers siècles, ce qui indique qu’une sixième extinction de masse est en cours.»

«L’humain»… hum on devrait dire plutôt ceux principalement qui ont mis en place le modèle industriel depuis 2 siècles, soit les sociétés capitalistes, puis les sociétés communistes européennes riches ainsi que nos modèles et capacités scientifiques et de science… sans conscience. Comme miroir à cette pulsion de mort, la natalité dans les pays pauvres (appelés discrètement «3e monde») et dans les pays émergents est aussi un problème  qui contribue grandement à la crise écologique. Mais surtout dans tous les cas : notre manque de conscience. Lentement, nous prenons conscience de notre manque de conscience. La dernière extinction de masse a eu lieu il y a 65 millions d’années, avec les dinosaures, causée vraisemblablement par un élément extérieur à la Terre (une météorite) !!!

C’est la question que pose l’astrophysicien et écologiste Hubert Reeves : comment l’intelligence créatrice destructrice des humains peut-elle devenir, en peu de temps, constructrice ? Comme se fait-il que l’évolution de notre espèce nous ait mené dans ce genre d’impasse ? Éros et Thanatos diraient les anciens Grecs (2). Iwouskea et Tawiskaron diraient les anciens Hurons-Wendats (3).

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Que faire ? À petite échelle, par exemple : (re)connexion avec la nature. Comme le disait André Vollant, innu de la Côte-Nord du Québec, « Quand je mange un caribou, je suis caribou, quand je mange de l’outarde, je suis outarde, quand je mange du saumon, je suis saumon.» (4) Et à grande échelle, maintenant, par exemple, à chaque fois que nos gouvernements prendront une décision qui pollue, qui risque de détruire des environnements précis, qui augmente les territoires agricoles, ou qui contribue aux monocultures, il faudra dire et écrire :

Voulez-vous causer la 6e grande extinction de la Terre ?

Évidemment, cela ne suffira pas.

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(1) L’ile aux tourtes, vous connaissez ? Cette micro-ile entre la pointe est de l’ile de Montréal et Vaudreuil-Dorion au Québec. L’oiseau disparu depuis longtemps y a laissé son nom.

(2) Dans la mythologie grecque, Thanotos est le frère jumeau d’Hypnos la personnification du sommeil, et de Moros (fatalité) et de Kèr. En psychanalyse, Sigmund Freud nomme « Thanatos » la pulsion de mort qui habite chaque être humain. Il l’oppose à la pulsion de vie, « éros ». La pulsion de vie étant la libido.

(3) Voir la pièce du théâtre Ondinnok au http://www.ondinnok.org/toutes-les-creations/809-2/

(4) Cité par l’écrivain algonquin Michel Noël, dans son article «Hommage à nos ancêtres», paru dans la revue Littoral, no10, printemps 2015.

Photo Ève Marie Langevin

Comment regarder une fleur, un arbre… maintenant ? Crédit photo : Ève Marie

Eastman 2011 la biche 3.Crédit photo Ève Langevin

Comme si elle me demandait : et maintenant, parleras-tu pour moi ? Crédit photo : Ève Marie, 2011

Réunion Anishnabe Solidarité NABRO ET SOS TerritoireShannon Chief, de la Nation Anishinabe du Bassin-versant de la Rivière des Outaouais parlera et partagera avec le public le 20 février à 18 h à l’UQAM, à Montréal.

Le comité SOS Territoire du GRIP-UQAM et Solidarité NABRO vous invitent à un potluck/discussion sur le thème des résistances autochtones aux projets d’exploitation des ressources naturelles, et le rôle que nous pouvons y jouer.

Qu’est-ce qui se passe sur le territoire?
Comment construire des solidarités en lutte?
Comment créer et maintenir des liens avec les autres mouvements sociaux et environnementaux ?

L’invitée pour l’occasion écrit :


«J’ai été élevée et j’ai habité dans plusieurs régions de bassin-versant de la rivière des Outaouais, notre territoire est immense, et c’est en étant entourée par ma famille qui habite plusieurs communautés de notre territoire que je me sens comme chez moi. Les aînés que je connaissais quand j’étais jeune me parlaient des changements à venir, qu’ils et elles ne verraient pas dans leurs vies à eux, mais que nous verrions nous autres. Ils parlaient des wampums, des prophéties, de la perte de notre langue, de la maladie et de la destruction de notre terre mère. Ça me terrifiait de penser que la fin du monde arriverait dans mon temps sur terre.
Notre nourriture, notre eau, nos abris, nos médecines, et nos ressources ne cessent d’être détruits, ce qui compromet la survie des animaux, de nos enfants, et des générations futures.
La réalité est que ni le Canada ni le Québec n’ont signé quoi que ce soit pour prouver leur titre sur notre territoire.
Les wampums que les Anishnabeg ont conclus avec les Français, les Anglais, et autres nations étaient faits pour assurer qu’il y ait de la paix entre nous. Cette paix doit exister pour les animaux, l’environnement qu’on connait comme terre mère, pour les personnes et pour une façon de vivre pour nous tout-e-s.» SHANNON CHIEF
Clan du Loup, messagère sacrée du conseil des aîné-e-s traditionnel-le-s, Nation Anishinabe (algonquine) du Bassin-versant de la Rivière des Outaouais.


Venez écouter et partager respectueusement.

HORAIRE
18h: Potluck. Emmenez un mets à partager!
19h: Début du cercle de discussion


À noter que Shannon s’exprime principalement en anglais. De la traduction chuchotée sera disponible au besoin.

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POUR SE RENDRE AU CAFÉ FRACTAL : local SH-R380 de l’UQAM
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La porte d’entrée qui mène au café se trouve au milieu du côté arrière du pavillon Sherbrooke (SH). La porte d’entrée principale se trouve au 200, rue Sherbrooke Ouest, mais donc il ne faut pas entrer par là, plutôt passer par la porte arrière.
http://www.uqam.ca/campus/complexe.htm

Adresse : 2119, rue Jeanne-Mance, Montréal

Louis Riel

Louis Riel, ad 1880

En 1885, le Métis Canadien-Français Louis Riel de l’Ouest canadien est condamné à mort au Manitoba pour avoir défendu et armé les siens pour protéger leurs terres, pour retrouver leurs droits civils et de propriété et pour avoir lutté contre l’avancée des arpenteurs, de la colonisation et du Canadian Pacific.

Après des actions pacifistes, il lance un appel à une résistance armée aux chefs amérindiens Big Bear et Pound-Maker, et aidé par un autre chef Métis, Gabriel Dumont (1). Selon l’historien Jacques Lacoursière (2), « cet événement remet en cause les fondements mêmes de la Confédération » canadienne naissante : « l’agitation dans le Québec contre l’exécution d’un Canadien-Français sommairement condamné par un jury et un juge anglais devint une révolution politique.» Mason Wide (3).

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Le nouveau chef du parti National au Québec, Honoré Mercier, en fera d’ailleurs la lancée d’un de ses discours resté célèbre au Champ de Mars à Montréal en novembre 1885, juste après la pendaison de Louis Riel à Régina :

« Riel notre frère est mort, victime de son dévouement à la cause des Métis dont il était le chef, victime de fanatisme et de trahison. »

Un nouveau chant, sur l’air de la Marseillaise avec de nouvelles paroles « La Marseillaise rielliste » était en vogue au Québec en 1885 :

Enfants de la nouvelle France,
Douter de nous est plus permis!
Au gibet Riel se balance,
Victime de nos ennemis (Bis).
Amis, pour nous, ah, quel outrage!
Quels transports il doit exciter!
Celui qu’on vient d’exécuter
Nous anime par son courage.

Refrain
Courage! Canadiens! Tenons bien haut nos cœurs;
Un jour viendra (Bis) Nous serons les vainqueurs.

Que veulent ces esclavagistes?
Que veut ce ministre étrangleur*?
Pour qui ces menées orangistes**,
Pour qui ces cris, cette fureur ? (Bis)
Pour nous, amis, pour nous, mes frères,
Ils voudraient nous voir au cercueil,
Ces tyrans que leur fol orgueil
Aveugle et rend sourds aux prières.

Refrain

Honte à vous, ministres infâmes,
Qui trahissez, oh! lâcheté!
¬Vous avez donc vendu vos âmes!
Judas! Que vous ont-ils payé? (Bis)
Dans la campagne et dans la ville
Un jour le peuple vous dira:
Au bagne, envoyez-moi tout ça!
La corde n’est pas assez vile!

Refrain

Source de la chanson : reproduction d’un texte de l’Institut d’Histoire de l’Amérique française,
collection Lionel Groulx (2)

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La Cour suprême du Canada va entendre très prochainement une cause au sujet des droits linguistiques des francophones de l’Ouest canadien, dont une bonne part sont des Métis. Les juges vont déterminer si « la Reine Victoria a réellement promis à Louis Riel de préserver l’ensemble des droits des Métis de la terre de Rupert (vaste territoire duquel sont nés la plupart des provinces et territoires de l’Ouest canadien) en échange d’une adhésion pacifique à la Confédération » (4). Après des recherches approfondies dans les archives du Manitoba, à Ottawa, à la compagnie de la Baie d’Hudson et à Londres pour trouver des preuves historiques et constitutionnelles pour cette cause, l’avocat de cette cause devant la Cour suprême, Me Roger Lepage vient d’affirmer qu’« à l’époque, la Couronne nous a dit que si l’on déposait les armes elle respecterait nos droits civils, religieux et de propriétés. Ça incluait nos droits linguistiques.» (4)

À noter qu’il y a eu deux rébellions avec Riel : une aux alentours de la Confédération canadienne (1870) et l’une après (1885).

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* Possiblement une allusion au 1er ministre conservateur canadien John A. Macdonald, qui préféra une politique d’apathie (selon Lacoursière, 1973) face aux revendications des Métis en 1885, puis envoya l’armée. Pourtant, quelques années plus tôt, en 1869, les 10,000 Métis de la Rivière-Rouge (actuelle région de Winnipeg) des terres d’Assiniboia, « les Métis francophones avaient obtenus des garanties et des promesses solennelles de la part du gouvernement Macdonald, selon lesquelles ils pourraient conserver leur mode de vie, leur langue, leur religion et leur terres.» (5)

** En 1885, « les Orangistes d’Ontario réclament la tête de Riel pour venger la mort de Scott » J. Lacoursière (1973). Pendant le gouvernement provisoire de Riel de 1870 dans l’Ouest canadien, « reconnu pour sa haine des Métis francophones, Thomas Scott [avait] menacé, avec d’autres colons ontariens, de se rebeller. Arrêté en 1870 [par les Métis], Scott est jugé, condamné et exécuté.» Pierre Rousseau, (2003) (6)

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(1) Le chef métis Gabriel Dumont sera l’invité de la Société St-Jean-Baptiste en 1888, pour donner une série de conférences.
(2) Jacques Lacoursière, Denis Vaugeois, Jacques Provencher, « Canada – Québec, synthèse historique », éditions du Renouveau pédagogique, Montréal, 1973
(3) Mason Wide, « Les Canadiens français de 1760 à nos jours », Le Cercle du Livre de France, Montréal, 1963
(4) Le Devoir, 7/02/15, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/431175/une-contravention-pour-deterrer-l-heritage-de-riel#ajout-commentaire

(5) Le Devoir, 7/02/15, http://www.ledevoir.com/politique/canada/431166/la-gifle

(6) Le Devoir, 25/08/03, http://www.ledevoir.com/non-classe/34656/le-fin-mot-de-l-histoire-riel-notre-frere-est-mort-honore-mercier

Je relaie ce message que je viens de recevoir du Cercle des Premières Nations de l’UQAM.

La jeune autochtone Lynn Esther Iserhoff est disparue et est recherchée.

Date de diffusion : 13 janvier 2015

Avec l’accord de la famille et à la demande des policiers-enquêteurs, nous sollicitons votre collaboration en vous demandant de publier la photo ainsi que la description de cette personne.

Lynn Esther Iserhoff disparue, janvier 2015

Lynn Esther Iserhoff disparue, janvier 2015

Profil de la personne disparue

Disparu(e) depuis : Le 8 janvier 2015
Nom Iserhoff
Prénom Lynn Esther
Âge 18
Taille 1,65 m ( 5’5 »)
Poids 56 kg (125 lb)
Cheveux Bruns
Yeux Bruns
Origine ethnique Autochtone
Vêtements
Enquêteur au dossier Info-Crime
Téléphone de l’enquêteur 514-393-1133
Numéro de dossier MTLEV1500024865

Note individuelle

La jeune femme est originaire de Mistissinni, dans le Nord du Québec, où sa disparition a été rapportée le 8 janvier dernier. Les enquêteurs ont des raisons de croire qu’elle serait présentement à Montréal et qu’elle pourrait être aperçue dans les secteur du centre-ville et de ville LaSalle. Elle aurait de mauvaises fréquentations, sa famille est très inquiète et craint pour sa sécurité.

La jeune fille a une cicatrice sur son visage, du haut du nez jusqu’au haut du front. La jeune femme camoufle parfois la cicatrice avec du maquillage, mais elle est généralement bien visible.

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Date de diffusion : January-13-15

With the permission of the family and at the request of police investigators, we ask you to support our efforts by publishing this photo and description of the missing person.

Missing Person Profile

Missing since Le 8 janvier 2015
Last Name Iserhoff
First Name Lynn Esther
Age 18
Height 1,65 m ( 5’5 »)
Weight 56 kg (125 lb)
Hair color Bruns
Eye color Bruns
Ethnicity Autochtone
Clothes
Investigator Info-Crime
Investigator’s phone number 514-393-1133
Case number MTLEV1500024865

Gustavo Zamora Jiménez

Coordonnateur

Cercle des Premières Nations de l’UQAM

UQAM, bureau DS-3223

  1. 987.3000 poste 6793

cpn@uqam.ca

www.cpn.uqam.ca

https://www.facebook.com/#!/cpn.uqam

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Une campagne pour exiger au Canada une commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées est en cours. On peut l’appuyer, notamment sur Twitter au mot-clic #AmINext.

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+ Lien d’actualité : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/428704/femmes-autochtones-l-oea-veut-une-enquete

La revue québécoise Possibles prépare trois numéros sur :

  1.  Les stratégies de résistance aux abus des minières québécoises, date limite passée, lancement le 9 septembre 2015
  2. Le problème des pétrolières, date limite passée,lancement en octobre 2015
  3.  Les nouvelles mouvances des Autochtones, Métis et Inuits, date limite : essais, témoignages, recherches, poèmes : 30 septembre 2015

    Manifestation d'Idle no more à Victoria

    Manifestation d’Idle No More à Victoria, B.C. Canada

«On entendait partout dans les tentes, dans les cabanes, au poste, à la maison en soirée : «Les animaux fuient, il y a trop de bruit. Les tracteurs puent, souillent la terre, leur font peur. Il y a trop d’hommes dans la forêt. Il y a des routes partout. C’est un sacrilège. Nous ne pouvons pas les laisser faire.» Michel Noël «Miguetsh!» (2014)

En tant que responsable de la section poésie/création, je recherche des poèmes (aussi chansons, très courtes nouvelles, textes d’artiste, illustrations, photos), d’ici le 1er décembre 2014 sur le thème plus large de la terre, sa protection/exploitation, sa beauté, etc. dans le cadre d’un numéro sur les minières québécoises. De plus, nous ferons en 2015 un numéro sur les nouvelles mouvances autochtones et inuit au Québec/Canada.

Nous cherchons de courts textes genre essai ou témoignage de militant.e.s autochtones ou autres qui aimeraient relater par écrit leur expérience, vision ou donner de l’info sur leur action/cause, pour qu’on puisse en garder une mémoire. On cherche aussi de la poésie et paroles de chansons autochtones pour ce numéro et des photos d’œuvres d’art contemporain. Nous nous intéressons à des sujets comme les actions pour l’environnement en territoire autochtone/Grand Nord, militantisme citoyen contre les compagnies pollueuses et destructrices ou le Plan Nord, métissage et débat identitaire, luttes de pouvoir entre autochtones, panindianisme, réseaux sociaux, réappropriation territoriale et culturelle, urbanité, éducation et didactique de l’empowerment, féminisme; violence faite aux femmes/enfants, femmes assassinées et disparues, Idle No More, création film et vidéo, prise de parole des jeunes, documentation de la vie autochtone (comme par exemple témoignage écrit d’une grand-mère sur sa vie quotidienne dans une réserve ou certains rituels ou spiritualité), culture, travail des artistes et artisans et auteurs contemporains et sur les mythes fondateurs (comme par exemple la légende et prophétie anishnabe du 7e feu), dé/postcolonialisme, pensionnats & Pardon, nouveaux programmes collégial et universitaire pour les autochtones, école ou garderie avec projets spéciaux, déportation inuite, massacre des chiens, cercles de guérison.

Et tout autre sujet que vous estimez pertinent sera considéré avec la plus grande attention.

DATE LIMITE (1re version ) pour ce numéro : 1er AOÛT 2015. Version définitive : 30 SEPTEMBRE 2015.

Nous attendons vos propositions en m’envoyant un commentaire ci-dessous. Nous aimerions que ce numéro soit principalement une prise de parole par les autochtones et les Inuits, que vous nous parliez de vos visions, expériences, sentiments, recherches universitaires ou personnelles, de vos créations et besoins pour le futur. Que ce numéro soit un reflet varié, voire polémique, du devenir des premiers peuples au XXIe s. d’un présent à la fois issu du passé et tourné vers le futur. Une plongée, une sortie, un lien, un désir de mieux se connaitre, pour faire suite à mon expérience de MITSHETUTEUAT au printemps dernier (voir mon blogue https://evemarieblog.wordpress.com/2014/04/11/mitshetuteuat-cercle-de-parole ). Pour que nous soyons plusieurs à marcher ensemble. Il serait intéressant d’avoir, par exemple, des témoignages comme ceux-ci, dans le sillage de la Commission de vérité et réconciliation : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2013/04/25/001-pensionnats-autochtones-survivants.shtml Ou encore un texte sur le colonialisme comme celui de Widia Larivière d’Idle No More, par exemple : http://quebec.huffingtonpost.ca/widia-lariviere/lettre-ouverte-a-denise-bombardier_b_6616006.html

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La revue Possibles a été fondée dans les années ’70 entre autres par les poètes Gaston Miron et Gérald Godin et le sociologue Marcel Rioux. Possibles est une revue montréalaise progressiste et pluraliste, dont les principaux objectifs sont l’égalité entre les hommes et les femmes, l’environnementalisme, l’appui aux mouvements citoyens et altermondialistes. La revue est publiée en format papier et sur Internet. Possibles souhaite approfondir une critique radicale du monde capitaliste, tel qu’il se présente actuellement. Cette critique devrait nous conduire à construire un nouvel imaginaire social destiné à remplacer celui qui nous domine. La revue est actuellement dirigée bénévolement par des profs et des étudiants en sciences po de l’Université de Montréal et par des citoyens et poètes engagés. Pour plus de détails, communiquer dans ma boite de commentaires ci-dessous. Pancarte manif LeterritoireresposanbilitedetouslesQuebecois-02

Comme l’a écrit Marcel Rioux dans notre 1er numéro en 1976, il s’agit de penser autrement la société : « la recherche des possibles passe par l’étude des pratiques novatrices et par celle qui contribuent à déstructurer la société capitaliste et particulièrement celle du Québec dominé ».

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Plus d’info au : http://redtac.org/possibles/category/laccaparement-des-terres-planete-pas-a-vendre-vol-37-no-3-ete-2013/

la rivière Saguenay

… la majestueuse rivière Saguenay au Québec

Photo Vincent-René

MITSHETUTEUAT, les grands-mère du cercle de parole écolo-autochtone, Chaufferie à l’UQAM, avril 2014. Photo crédit: Vincent René

Indigenous rigths révolution«Le Kitshimanitou nous a donné … «Le Kitshimanitou nous a donné comme responsabilité à nous les Anishnabés, d’être les gardiens de la Terre. C’est ce qui donne un sens à notre vie.» Michel Noël, dans son roman «Miguetsh !»

MontrealDayAgainstOpenPitMining-01crop

Montreal day against open pitmining, manifestation contre les mines à ciel ouvert, Montréal, 2014

Justice for Murdered and missing women (3)

Carcasse de baleine bleue à Terre-Neuve     Photo : Courtoisie de Jeremy Crocker

Carcasse de baleine bleue à Terre-Neuve Photo : Courtoisie de Jeremy Crocker

On apprenait cette semaine que plusieurs baleines mortes s’étaient échouées sur les côtes de Terre-Neuve. Une baleine qui meurt, c’est dans l’ordre des choses. Mais comment se fait-il que plusieurs baleines meurent comme cela ? Les médias (1) et les habitants de la place se préoccupent surtout des dérangements d’odeur et autres et problèmes éventuels de tourisme. Oui, c’est très «em-bêtant», mais y a-t-il quelqu’un de sensé qui s’inquiète pour les baleines et l’impact de l’humain sur elles ? Y a-t-il quelqu’un de sensible et de lucide qui voit clairement la relation entre la vie humaine et la vie des baleines, voire la vie tout court?

Quand le sang de la Terre-Mère devient pollué, tous les êtres vivants de la terre, de la mer et de l’air s’en ressentent néfastement disent les Mohawks du Québec. Parlant de «democrapitalism», le secrétaire du Mohawk Traditonal Council de Kahnawake (situé en banlieue de Montréal), Stuart Myiow écrit récemment que :

«As we are the end of this destructive male dominant behavior, it is easy to determine that the primary result of this contagion is the destruction of all life upon the body of our Mother Earth. As within a human body, if this blood is poisoned the entire body will die. The whole world has bared witness to the human contamination or the Earth’s water, leaving all living without access to the most fundamental necessity to life itself. The cause of the ‘death of water’ is a multi-generational behaviour that our grandparents, our parents and that we ourselves carry out to this day. We many wonder how the destruction of this most crucial element has happened, yet all we have to do is look at our conduct in every aspect of our lives and we find that we are culprits of this most heinous crime against all creation, the crime of killing our Mother Earth through the gradual poisoning of her lifeblood.» (2)

Herman Melville (1819-1891)

Le romancier américain Herman Melville (1819-1891)

Comme dans le célèbre roman de Melville «Moby Dick» (1851), Ismaël, seul survivant d’une chasse à la baleine, flottant sur un cercueil, sera-t-il l’image contemporaine symbolique de l’humain flottant à la dérive vers la mort certaine, faute d’avoir compris sa relation de protecteur yin et non de dominateur yang des autres espèces vivantes de la Terre ? La bible, qui a servi d’inspiration à Melville, donne-t-elle ce thème et questionnement métaphysique universel qui dépasse largement notre époque avec l’histoire de Jonas ?

Dans Moby Dick, Achab, le capitaine du bateau-baleinier «Le Pequod» (qui porte le nom d’une nation autochtone disparue de Nouvelle-Angleterre (USA),  incarnant pour Melville le versant tragique de l’individualisme américain, parle ici :

«La prophétie disait que je serai démembré… Eh ! oui ! j’ai perdu cette jambe… Maintenant, moi je prédis que je démembrerai celui qui m’a démembré.»

Gravure de Moby Dick

Gravure de Moby Dick

Toutes deux métaphores de la classique lutte duelle dans une chasse finale entre le bien et le mal et dans la recherche aveugle du profit (3) et de la vengeance, ces récits héroïques d’une lutte à finir entre la vie et la mort entre deux protagonistes qui s’ignorent reflètent-ils l’orgueil et l’arrogance écologiques dans lesquels les humains, pourtant part de la nature et de la culture, sont tombés ?

Achab dans sa lutte finale contre Moby Dick

Achab dans sa lutte finale contre Moby Dick

___________________________

(1) Voir http://ici.radio-canada.ca/emissions/l_heure_du_monde/2013-2014/chronique.asp?idChronique=336427

+ Entrevue audio à Radio-Canada : http://ici.radio-canada.ca/emissions/lib_radio/v3.2/incpages/pop_indexeur.asp?idMedia=7073868&appCode=medianet&time=2300&json={%22idEmission%22:%223472613%22,%22Date%22:%222014/04/29%22,%22numeroEmission%22:%224468%22,%22urllabase%22:%22/emissions/l_heure_du_monde/2013-2014%22}

(2) «Comme nous sommes le résultat de ce comportement mâle dominant destructeur, il est facile de déterminer que le résultat principal de cette contagion est la destruction de toute vie sur le corps de notre mère la Terre. Comme l’intérieur d’un corps humain, lorsque le sang est contaminé, l’ensemble du corps va mourir. Le monde entier a vu cette mise à nue qui témoigne de la contamination humaine des eaux de la planète, laissant tous les êtres vivants sans accès à la nécessité la plus fondamentale à la vie elle-même. La cause de la ‘mort de l’eau’ est un comportement multi-générationnel que nos grands-parents, nos parents et nous-mêmes avons mené jusqu’à ce jour. On peut se demander comment la destruction de cet élément le plus crucial s’est avérée, mais tout ce que nous avons à faire est de regarder notre conduite dans chaque aspect de nos vies – et nous constatons que nous sommes coupables de ce crime le plus odieux contre la création, le crime de tuer notre Mère la Terre par l’empoisonnement progressif de sa force vitale.»

(3) À l’époque, les lampes à l’huile éclairaient les maisons grâce à l’huile de cachalot, une industrie très lucrative.

LIEN intéressant : http://agora.qc.ca/dossiers/Herman_Melville

Affiche du jour de la Terre 2014, tiré de la plateforme Unify  http://unify.org/earthday

Affiche du jour de la Terre 2014, tiré de la plateforme Unify http://unify.org/earthday

MITSHETUTEUAT signifie en innu «ils sont plusieurs à marcher ensemble» (1). Lors de cet évènement nouveau genre organisé à Montréal en avril 2014 par SOS Territoire, le GRIP-UQAM et des étudiant.e.s en travail social de l’UQÀM, ils ont invité, l’espace d’une journée, des militants écologistes, des militants autochtones et des autochtones traditionalistes à se rencontrer pour partager. Les ainé.e.s autochtones appelés grands-pères et grands-mères furent invités à parler en cercle de parole et les autres à écouter et à poser des questions. L’objectif était de « se donner des moyens de créer de l’unité pour la protection de la Mère-Terre ».

Une participante m’a rapporté qu’une situation vint considérablement changer l’horaire de la journée. Les hommes ayant pris beaucoup de temps de parole en matinée, les grands-mères demandèrent d’avoir du temps pour être écoutées à leur tour, ce qui fut fait. Plus tard dans la journée, lors d’un 2e rassemblement plus large, où j’étais, quelqu’un fit devant tous la blague que les hommes n’écoutent pas suffisamment les femmes, ce qui causa hilarité et détente dans le grand cercle de parole…

Un instructif jeu de rôle mené par Richard Renshaw sur l’histoire des Premières Nations commencent notre après-midi, pendant que le cercle de parole avec les écolos, les grands-mères et grands-pères se termine dans une autre salle. On voit comment les territoires autochtones se sont réduits à peau de chagrin (2) depuis le 17e s.

J’y revois aussi agréablement quelques camarades d’Occupons Montréal.

Puis, plusieurs petits cercles de parole se refont auprès des grands-mères, selon notre langue : français, anglais ou atikamek.  Pour ceux et celles qui se joignent, on explique les règles de communication à suivre :

«Dans le ‘cercle d’échange’ ou ‘cercle de parole’ des cultures des Premières Nations, l’écoute et le silence font partie intégrante de la communication de façon plus marquée que dans la culture occidentale. Il est clair que dans ces cercles, personne n’est obligé de prendre la parole. On ne doit pas interrompre personne, chacun parle à son tour dans le cercle ou laisse la parole au suivant. On évite aussi de juger ou de contester de la parole d’un autre membre du cercle.» À la fin du cercle, il faut terminer par un apport positif.

Quelques grands-mères et un grand-père font le résumé de leur cercle de parole.Crédit photo : Vincent-René

Quelques grands-mères font le résumé de leur cercle de parole puis le plus âgé grand-père clôt la journée par un dernier témoignage. Crédit photo : Vincent-René

Dans notre cercle, nous sommes 8. Monique, grand-mère au Lac Simon commence par une courte prière en algonquin et nous demande de nous tenir les mains. Puis elle se présente : elle est enseignante, retraitée et thérapeute à sa façon auprès des membres de sa communauté. Elle nous parle de ses préoccupations face à la nature, face aux jeunes. Puis un échange commence : on se passe le bâton de parole. Quand je demande si elle fait un lien entre la destruction de l’environnement et la condition de la femme, elle me répond : « oui, parce que nous, les femmes, nous ne savons pas si nos petits-enfants auront une terre pour y vivre dignement et en santé. Nous ne savons pas s’ils auront un avenir… », l’air songeur…

Les autochtones traditionalistes impressionnent généralement les blancs, sur lesquels nous projetons souvent notre désir d’«être lavés». Cet état nous amène souvent à les idéaliser, comme l’ont fait les philosophes français Montaigne et Diderot, et Cartier au Canada dans leur mythe du «bon sauvage», du 16e au 18e s. Pendant le cercle, je fais remarquer à un participant que les autochtones ne sont pas un groupe homogène, ce que confirment trois femmes autochtones présentes dans le cercle, dont notre grand-mère. Mieux vaut rester ouvert… les yeux ouverts aussi, sans naïveté ou dogmatisme.

Je me suis sentie très portée par cette journée, par ce que j’ai vécu, par ce que j’ai entendu, par ce que j’ai exprimé. Pour moi, tout cela était hautement signifiant, je dirais même un signe des temps qui changent, vraiment. Il me semble que la prophétie anishinabes du 7e feu se concrétise peu à peu, que les autochtones vont reprendre un leadership très important au niveau de l’environnement et qu’ils vont fortement contribuer à l’amitié entre les peuples, grâce aux «guerriers arc-en-ciel», est-il dit dans la légende. Encore faudra-t-il qu’on y mette tous du nôtre.
Je remercie les organisateurs, notamment, Vincent Dostaler pour cette belle journée, et la Cuisine du peuple d’Occupons Montréal pour nous avoir bien nourris toute la journée.

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La suite ?

«Marche des peuples pour la Terre-Mère»

«Du 10 mai au 14 juin 2014, des citoyen.ne.s se rassembleront [au Québec] pour marcher en moyenne 20 km par jour pendant 34 jours. Ils suivront le tracé des projets de pipelines de TransCanada (Énergie Est) et d’Enbridge (inversion de la ligne 9). L’objectif de la marche est de sensibiliser et de renforcer la mobilisation citoyenne contre l’arrivée des oléoducs de sables bitumineux et les projets d’exploitation des hydrocarbures au Québec. Les marcheurs.euses s’arrêteront chaque soir pour rencontrer les communautés par le biais de spectacles engagés et de discussion sur ces enjeux qui nous touchent tous et toutes directement.

Partant de Cacouana, en territoire malécite, et finissant à Kanehsa:tàke, en terre mohawk, la marche des Peuples pour la Terre-Mère s’inscrit dans une volonté d’unir notre voix à celle des Premières Nations. Ensemble, défendons notre droit fondamental de vivre et d’élever nos enfants dans un environnement sain.»

Alors, ça vous tente ? Il est aussi possible de marcher une petite partie, près de chez vous, à Montréal ou ailleurs.

Financement citoyen : Indiegogo.com
Pour s’inscrire : https://www.facebook.com/peuplespourlaterremere
Plus d’info au http://journal.alternatives.ca/spip.php?article7758

Carte interactive de la marche :

Trousse de mobilisation : https://drive.google.com/file/d/0Bxct2i8nnHB0Y05ITVMzRXBTU2M/edit?pli=1

Démo de la Chorale du peuple pour la Marche : http://choraledupeuple.bandcamp.com/album/pour-la-terre-m-re-d-mo

P.-S. Voir un complément d’info sur le blogue de François Genest : http://atenacite.blogspot.ca/2014/04/mitshetuteuat.html

__________________

(1) Ma formation de linguiste m’amène à observer que dans des langues autochtones, des concepts complexes peuvent être exprimés par un seul mot, chose qui n’existe pas dans les langues latines et anglo-saxonnes. Cette façon de nommer les choses est culturellement très différente et très intéressante, il va sans dire…

(2) L’origine de cette étrange expression est vraiment intéressante. Balzac publie en 1831 son conte fantastique «Peau de chagrin» :

«À la veille de se suicider, un personnage [Raphaël] rencontre un vieil antiquaire qui lui remet un talisman au pouvoir extraordinaire : une peau de chagrin (cuir grenu, fait de peau de mouton, de chèvre ou d’âne), qui lui permet de vivre intensément et passionnément, tout en satisfaisant chacun de ses désirs. Cependant, chaque fois qu’un de ses souhaits est comblé, la peau se rétrécit inexorablement, et il en va de même de sa vie. Ce pacte avec une puissance infernale est l’allégorie du désir destructeur, de l’écart persistant entre les passions et les possibilités de la nature, puisque la vie s’épuise à mesure que désirs et jouissances s’accumulent.» Michel Laurin -Anthologie Littéraire

À la lumière des enjeux du XXIe s., n’est-ce pas encore une formidable image de ce qui nous arrive à notre environnement ? et une formidable explication à la fois simple et complexe  de la psyché faustienne de l’homme blanc qui détruit trop souvent tout sur son passage?

Les préoccupations et la façon d’écrire des auteurs du mouvement romantique européen (19e s.) sont souvent très proches des auteurs contemporains, comme un retour de cycle. Voir à ce sujet mon article sur Musset au https://evemarieblog.wordpress.com/2014/03/04/alors-sassit-sur-un-monde-en-ruines-une-jeunesse-soucieuse/

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