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Liberté, de Paul Éluard

liberte eluard leger

Poème-objet dépliant de Fernand Léger avec le poème de Paul Éluard, éd. Sehgers, 1953

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

«Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Paul Éluard

Paul Éluard

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.»

Paul Éluard
in Poésies et vérités
Éd. de Minuit, 1942

Sources bibliographiques

Poésies et Vérité de Paul Éluard
Dictionnaire des grandes oeuvres de la littérature française, Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty (Éd. Larousse)

Un budget d'austérité_main rouge_crédit photo_Coalition du Québec et Chaudière-Appalaches opposée à la privatisation des services publics

Crédit photo: Coalition de Québec et Chaudière-Appalaches opposée à la privatisation des services publics, 2015

Pourquoi ce poème aujourd’hui ?

Tristes journées cette semaine pour la communication humaine, à vrai dire. Et avec tout ce qui se passe à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)… La grève sociale d’une petite partie des étudiants qui a commencé depuis deux semaines, contre le budget d’austérité du gouvernement et contre les hydrocarbures (sables bitumineux, notamment). Il y a quand même eu 130 000 étudiants en grève au Québec au jour du 2 avril. Maintenant, c’est seulement 7% des étudiants qui sont restés en grève. (*1). À l’UQAM, la situation est encore plus polarisée, car à ces motifs de grève, s’ajoutent l’appui aux 9 militants étudiants menacés d’expulsion pour des motifs tout ce qu’il y a de plus nébuleux. Le débordement intempestif de l’occupation à l’UQAM, puis du saccage d’un étage d’un de ses pavillons cette semaine, c’est aussi cela. Rien de bon ne peut sortir de ce genre d’escalade.

UQAM saccage 3Je ne comprends pas comment on peut arriver (déjà) à une telle polarisation des opinions et des émotions dans l’opinion publique : 2 jours avant même ces événements, un sondage (sur Internet… donc avec grande marge d’erreur) indiquait que 66% des Québecois sont contre ce nouveau mouvement de grève et que 24% l’approuve. J’ai moi-même fait d’assez dures grèves étudiantes dans les années ’80 et 2000. Je me souviens qu’un étudiant en gestion m’avait littéralement passée sur le corps juste pour aller à son cours, alors que je bloquais des portes de l’UQAM. Une autre fois, alors que j’avais convaincu mon grand-oncle, l’agronome et écologiste Pierre Dansereau (2) de ne pas franchir les lignes de piquetage pour sa conférence et qu’il avait accepté, j’avais reçu des critiques très difficiles de la part du prof de mon département qui l’avait invité et cela avait fait le tour du département (et vlan pour la liberté de pensée).

Occupation d'un jour et demi et saccage à l'UQAM, 8-9 avril 2015

Occupation à l’UQAM, contre les politiques d’austérité et en appui aux étudiants menacés d’expulsion, suivi d’un saccage, 9 avril 2015

Si la génération étudiante des boomers des années ’60 et ’70  a vécu de nombreux affrontements dans les universités et avec la police (voir la note de bas de page *3 sur l’influence des mouvements marxistes),  pour les années ’80 à 2010 au Québec, il y a eu une relative accalmie dans les mouvements sociaux et étudiants (cela correspond aux années de scolarité post-secondaire de la génération x). Il n’y avait pas de blessés graves il n’y avait pas saccage il n’y avait pas de police qui entre à l’université pas d’anti-émeutes qui envoient du gaz à bout portant sur une manifestante pacifique dans le rues de Québec, il n’y avait pas de cagoulés il n’y avait pas de journalistes qui les comparent à des terroristes! Mais actuellement, le niveau général de violence de part et d’autre est banalisé : violence policière, violence de quelques grévistes, violence économique, et pas de réponse au numéro que vous avez composé; plus globalement, incivilités dans la rue, sur la Toile, entre amis, collègues, patrons, etc.

Je suis très inquiète. Les autorités attentent-elles d’avoir sur la conscience un mort ou d’autres blessés graves ou quoi ? «Autorité» qu’est-ce que cela veut dire ? «Supériorité de mérite ou de séduction qui impose l’obéissance, le respect, la confiance», nous dit le Robert. Vraiment? Quelle hauteur les autorités de l’UQAM et du gouvernement montrent-elles, enseignent-elles, inspirent-elles par leur fermeture répressive ? Quelle liberté d’action, de parole et de pensée, quel humanisme  reste-t-il dans une institution d’enseignement? Ou plutôt  aliénation : saccager ? Se cagouler ? S’imposer ? d’un côté // Réprimer ? S’imposer aussi ? Écraser ? Se penser supérieur ? Refuser la discussion ? Refuser la communication ? de l’autre côté. Quand il y a escalade, les deux côtés finissent par se ressembler, aveuglés par l’éclat du miroir rejeté de l’autre. Qui fera la médiation ? Où est la 3e voie/voix ? Où sont les (vraies) discussions ?

Néanmoins, il convient de se questionner sur l’identité des 150 étudiants qui sont restés à l’intérieur de l’UQAM pour continuer l’occupation pendant la nuit où il y a eu ce terrible saccage, car selon le  journaliste du Devoir qui était resté à l’intérieur P. Orfali (voir son article dans les références ci-dessous), beaucoup de manifestants avaient quitté, dégoûtés par l’attitude des casseurs qui n’avaient rien à voir, selon lui, avec les étudiants, lorsque l’antiémeute est entrée en cassant une fenêtre et a procédé à des arrestations.

uqam saccage syndicatQuelques heures avant que les choses ne dégénèrent, des profs courageux ont fait une chaine humaine pour protéger leurs étudiants de la police et ont mené une négociation temporaire. Pourront-ils jouer ce rôle encore ? Est-ce à eux de le faire ? Je ne le crois pas, car ils seront eux-mêmes en négociation pour leur convention collective. Alors qui ? Comment se fait-il que les autorités en place et le ministre de l’Éducation, F. Blais lui-même, ne jouent pas ce rôle qui leur est dévolu par leur fonction, ne serait-ce que trouver un interlocuteur valable et reconnu par les deux parties ?  En pensant aux étudiants menacés d’expulsion, le ministre avait quelques jours auparavant déclaré publiquement qu’il serait bien que les universités expulsent deux ou trois étudiants par jour!

Lors d’une entrevue accordée mardi à Dominic Maurais sur les ondes de CHOI 98,1 FM, de Québec, François Blais, tout en affirmant qu’il ne voulait pas mettre « de l’huile sur le feu », a déclaré qu’« expulser deux ou trois personnes par jour refroidirait les ardeurs de certains » et « ferait réfléchir les autres ».

 Mercredi, le ministre a tenté de nuancer ses propos. « Je n’ai pas proposé de quotas, surtout pas [de quotas] d’expulsions », a-t-il dit au sortir de la réunion du Conseil des ministres.

Informés des propos du ministre François Blais en pleine conférence de presse portant sur la brutalité policière et la répression politique du mouvement social, des porte-parole d’organisations présentes ont vivement réagi. « Franchement, ça dépasse l’entendement ! », a dit Nicole Filion, de la Ligue des droits et libertés.(3)

Comment un ministre peut-il ainsi et de manière aussi irresponsable jeter, justement, de l’huile sur le feu ? Quelle amorce de solution y a-t-il dans cette méthode de gestion de conflit ?? Je comprends qu’on (syndicats) aient demandé leur démission (ministre et recteur) devant leur incurie. C’est d’abord la responsabilité des autorités de gérer et organiser un retour au calme. S’ils ne le font pas, en gardant la ligne dure et la fermeture comme on l’a vu jusqu’à maintenant, on comprendra que soit ils ont un agenda politique sous-jacent, soit ils sont trop stressés pour prendre des décisions éclairées. Ils seront les premiers responsables (mais pas les seuls, cela va de soi, les leaders étudiants ont aussi leur responsabilité) de toute dégradation ultérieure de la situation.

Quelques centaines d'étudiants qui s'étaient barricadés à l'intérieur des murs de l'UQAM ont été expulsés par les policiers, dans la nuit du jeudi 9 avril 2015, au centre-ville de Montréal. De nombreux actes de vandalisme et de pillage ont été commis à l'intérieur de l'établissement. MAXIME DELAND/AGENCE QMI

L’antiémeute rentre à l’UQAM après l’occupation des étudiants, 9 avril 2015

Puis un 3e point de vue de traverse m’apparait, encore informulé et peu clair encore. Je pense à l’écrivain et médecin Jacques Ferron qui a écrit en pensant à son ami Claude Gavreau, le poète et auteur de théâtre automatiste (*4)  et inventeur d’un nouveau langage «l’exploréen» : «Et si la folie n’était qu’une révolte contre ce qui offense l’humanité ?». Je pense aussi au saccage des fonctionnaires municipaux l’automne dernier à l’Hôtel de Ville de Montréal, suite à la manipulation comptable de leurs fonds de retraite proposée (imposée) dans la négociation collective : cela avait fait scandale, mais pas autant que le geste des grévistes de l’UQAM cette semaine… Peut-être le saccage n’avait-il pas la même ampleur, mais je me souviens pourtant que des ordinateurs ont été vandalisés notamment, par les fonctionnaires, pompiers et autres et toléré par les policiers (eux-mêmes visés par ces clauses pour leur retraite).

Et dans l’histoire, comme dans «Je me souviens» (devise du Québec) ? Comme à l’Université Concordia (Montréal) dans les années ’60 ou ’70, pendant une grève où les étudiants avaient jeté des machines par les fenêtres (là où elles s’ouvrent…), ou des manifestations violentes des étudiants de McGill français de 1968, mouvement qui avait donné naissance, notamment, à l’université «populaire» appelée… UQAM, on l’a oublié… (5). Se souvient-on de l’occupation de l’université de Berkeley en Californie dans les années ’60 qui avait duré entre 2 mois et 6 mois (? je n’arrive pas à vérifier) (6). En 2013, cette université qui a, comme l’UQAM, une longue tradition d’activisme, il y a eu de la casse aussi (7). Dans tous les cas, il y a eu de la casse des étudiants en colère.

Bref, en revenant aux événements de l’UQAM, et en les remettant dans leur contexte, on voit clairement que les journalistes professionnels n’ont pas fait leur travail de mise en perspective et que la plupart des médias s’est centré, comme d’habitude, sur la sensation de 5 ou 6 étudiants habillés en tout en noir… Les étudiants pourraient faire une plainte à la Fédération des journalistes, mais ils n’ont probablement le temps pour ce genre de chose.

Actuellement, les étudiants de l’Université d’Amsterdam fondent le «mouvement Nieuwe Universiteit». Ils en ont ras-le-bol de la commercialisation des universités, du néolibéralisme et des nouvelles de transfert de bourses en prêts de leur université (histoire connue partout dans le monde…)(8). Ils l’occupent depuis plusieurs semaines (début : 13 et 25  février, dans deux bâtiments : ils ont connu une forte répression policière, puis ensuite, ils sont partis occuper un autre bâtiment le 25-02, qu’ils occupent depuis lors sans matraques, mais avec des conférences et discussions -à la manière du mouvement Occupy- et grâce à de nombreux appuis d’intellectuels et d’écrivains. Les étudiants d’Amsterdam dénoncent également le manque de démocratie et de transparence universitaire…Un air (trop) connu… Presqu’en même temps (18 mars 2015), la London School of Economics est occupée par ses étudiants (eh oui, n’en déplaisent aux étudiants en gestion de l’UQAM…). Il y a eu aussi de courtes manifestations aux Universités de York et de Toronto, là où les étudiants sont d’ordinaire peu enclins à ce genre de démonstration. Cette actuelle mobilisation inspirera-t-elle d’autres universités ?

Emmeline Pankhurst, arrested,

Emmeline Pankhurst, arrested, 1914

Où encore, je pense aux suffragettes anglaises, pourtant pour la plupart des bourgeoises de «bonnes familles», comme on disait à l’époque, qui, à bout d’arguments raisonnables et par manque de couverture médiatique et manque d’appuis des députés élus, avaient choisi… eh oui la violence pour faire reconnaitre le droit de vote aux femmes. On se souvient du geste d’Emmeline Pankhurst qui s’était enchainée aux barreaux du parlement de Londres, provoqué des incendies, et autres méfaits qui lui ont valu de la prison. Mais on se souvient pas de la suffragette qui s’était volontairement jetée devant les chevaux pendant une course et qui en était morte pour la cause! Ou encore, au Québec, qui se souvient de la jeune poétesse Huguette Gaulin qui s’est immolée par le feu devant l’Hôtel de Ville à Montréal en 1972, en criant «Vous avez tué la beauté du monde!»? (9)

Bref, y a-t-il dans le jugement des médias, du peuple et des autorités, deux poids, deux mesures ? Au Québec, on a une allergie puissante aux actions violentes, avec raison, je crois… mais, il y a toujours un «mais» (nous avons eu des débats interminables sur cette question à Occupons Montréal : au regard de l’histoire, impossible de trancher définitivement), il y a toujours des exceptions et leurs pendants, des lois d’exception, comme la loi des mesures de guerre qui avait permis au Québec d’arrêter sans mandat environ 300 personnes supposément liées au FLQ (Front de Libération du Québec) lors d’une triste nuit d’octobre de 1970. Le meurtre/accident du ministre Laporte avait aussi tué le préjugé favorable du peuple au FLQ . Cette violence extrême avait considérablement nuit au mouvement révolutionnaire indépendantiste et communiste du FLQ.

Néanmoins, force est de constater que ces actions violentes font partie de l’histoire des mouvements sociaux de toutes les époques… que ça nous plaise ou non : c’est un fait de l’histoire.

Refusons de jouer aux aveugles et de tomber dans des jugements faciles! Dans tous les cas, c’est d’abord aux autorités de… donner l’exemple! Comme l’a bien écrit le philosophe et ex-conseiller gouvernemental Jacques Attali, au sujet d’un événement infiniment plus grave, après les assassinats à Charlie Hebdo de janvier dernier : «c’est à nous de tendre la main aux plus démunis, aux plus désorientés, aux plus agressifs. À nous de débattre, d’aider de soutenir. Sans rien attendre des politiques. À nous d’être fraternels.» (10). Ici, aux autorités de faire ce qu’il faut. À nous, de se poser les bonnes questions et de modifier la vision par des discussions incessantes, aller de l’avant. Il est plus facile de s’indigner que de se réconcilier.

En somme, les relations humaines, aussi personnelles que sociétales sont mises à mal. On se considère mutuellement avec peu d’égard et peu de courage, au mieux comme de la marchandise jetable, au pire comme des non-humains. Quelle «liberté» de se traiter ainsi entre personnes humaines ? J’ai comme un petit blues de nausée, on dirait…

La suite bientôt, avec un regard-synthèse sur l’éthique de l’action selon Malraux, Saint-Exupéry, Camus, Sartre et Miron, ce nouvel humanisme du XXe siècle mettant de l’avant la responsabilité de ses actes, le dépassement de soi par l’engagement social et politique pour transcender sa détresse de vivre… histoire de se donner un peu de hauteur de vue dans ce magma imbuvable de la Nausée de cette escalade des derniers mois. La nonviolence est un état d’être (11).

En conclusion, comme un baume, ma chanson préférée de Richard Desjardins, «Nous aurons», en version originale et en version live :

https://www.youtube.com/watch?v=mCA7SE-0HLQ

https://www.youtube.com/watch?v=Zw4VrCfqVz0

VOIR LES DÉTAILS DES NOUVELLES :

http://quebec.huffingtonpost.ca/steve-e-fortin/uqam-intervention-police_b_7032770.html

http://www.ledevoir.com/societe/education/436818/crise-a-l-uqam-les-appuis-aux-expulses-se-multiplient

http://www.ledevoir.com/societe/education/436734/greve-etudiante-derapage-majeur-a-l-uqam?utm_source=infolettre-2015-04-09&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/436622/le-premier-ministre-couillard-rejette-tout-dialogue-avec-les-etudiants

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/436957/sondage-leger-le-devoir-les-quebecois-condamnent-la-greve-etudiante

http://journalmetro.com/actualites/montreal/754901/la-ligue-des-droits-et-libertes-deplore-la-crise-a-luqam/

http://journalmetro.com/actualites/montreal/755129/le-syndicat-des-profs-de-luqam-souhaite-un-dialogue/

https://ricochet.media/fr/371/les-policiers-ne-vivent-pas-dans-un-bocal

______________________________

(1) En 2005, plus de 100 000 étudiants québécois étaient en grève, en 2012, 300 000.

(2) Pendant cette confrontation et humiliation de ce professeur, Gilles Coutley (qui ne s’est jamais excusé), alors maitre à penser de l’écologie de l’esprit à la Bateson dans mon département, mon grand-oncle était resté silencieux et ne m’avait pas défendue. Il y avait eu un froid entre Pierre et moi pendant de longs mois. Nous nous sommes réconciliés le jour où j’étais allée le voir pour un projet d’écopoésie, car ma grande tante, son épouse Françoise Masson, m’avait rapporté que Pierre venait de lui dire que les leaders étudiants d’aujourd’hui, comme à son époque à l’UdM, seront les décideurs de demain. Tous les deux sont récemment décédés à l’âge de 99 ans d’Alzheimer et sont, comme vous pouvez l’imaginer, à la fois une grande perte pour la société et pour notre famille.

(3) http://www.ledevoir.com/politique/quebec/436216/greve-etudiante-francois-blais-veut-des-sanctions

(4) Claude Gauvreau et son frère Pierre étaient parmi les signataires du Manifeste du Refus global, brûlot socioartistique publié en 1948 et dénonçant, notamment, à la fois la société dirigée par le clergé et les mouvements d’extrême gauche et mettant de l’avant une nouvelle esthétique de la création appelée plus tard «automatisme», qui se différenciera du surréalisme européen et de l’action painting américain. L’auteur de ce manifeste, le peintre Paul-Émile Borduas sera congédié par le 1er ministre du Québec lui-même, M. Duplessis, de son poste d’enseignant à l’École du meuble de Montréal. Jamais je n’aurai cru cette «Grande noirceur» revenir de mon vivant, avec un ministre de l’Éducation qui déclare qu’il faudrait expulser des universités quelques étudiants ouvertement opposants à son pouvoir et politiquement perturbateurs. Et encore plus perturbant qu’une telle déclaration n’ai pas fait davantage scandale. Au cas où quelqu’un débarque sur la planète Québec inc., c’est le micro-signe imparable de la crise dans laquelle nous sommes entrés depuis quelques années. Heureusement, il y a en même temps plein de micro-mouvements de solidarité et de créativité sociale qui se développent lentement mais sûrement.

(5) http://www.bulletinhistoirepolitique.org/le-bulletin/numeros-precedents/volume-16-numero-2/l%E2%80%99operation-mcgill-francais-une-page-meconnue-de-l%E2%80%99histoire-de-la-gauche-nationaliste/ et  http://quebec.huffingtonpost.ca/david-sanschagrin/violence-a-luqam-rappel-historique-et-mise-en-contexte_b_6745512.html

http://en.wikipedia.org/wiki/Berkeley_riots_%281960s%29

(6) http://www.bulletinhistoirepolitique.org/le-bulletin/numeros-precedents/volume-16-numero-2/l%E2%80%99operation-mcgill-francais-une-page-meconnue-de-l%E2%80%99histoire-de-la-gauche-nationaliste/

(7) http://archive.dailycal.org/article.php?id=108452 . De nombreuses autres manifestations violentes ou émeutes universitaires ont eu lieu, notamment aux États-Unis, voir http://ca.complex.com/pop-culture/2013/01/biggest-college-campus-riots-in-history/ohio-state-fans-rush-field-streets-following-footb dont certaines ressemblent davantage à des après-fêtes violentes du genre de certains après-matchs de hockey pendant les éliminatoires…

(8) http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article7408

http://resistances.discutforum.com/t2168-usa-des-universites-publiques-fragilisees-par-la-crise

et http://www.cafebabel.fr/article/au-coeur-de-loccupation-etudiante-a-amsterdam.html

Voir aussi leur page de discussion «Antithese» sur fb https://www.facebook.com/antithese.zine

En 2010, près de 70 universités étaient occupées dans le monde pour ces mes mêmes raisons, dans le mouvement étudiant «education is not for sale» : http://www.fabula.org/actualites/education-is-not-for-sale-bildungsstreik-maj-02-05-10_34551.php

(9) Tragédie devenue une belle chanson de Plamondon, chantée d’abord par Renée Claude, puis par Diane Dufresne https://www.youtube.com/watch?v=yfuCMGZcHtw&list=RDyfuCMGZcHtw#t=24 . Puis, plus récemment, par Isabelle Boulay https://www.youtube.com/watch?v=5qXcrNYQJ8c&list=RDyfuCMGZcHtw&index=4

(10) Collectif, « Nous sommes Charlie », éd. Le Livre de poche, librairie générale de France. 2015.

(11) Voir le CRNV et Normand Beaudet au http://nonviolence.ca/index.php/le-centre/

*/*

11 avril

Un ami, à qui je viens de parler de mon article, me parle de celui de Christian Nadeau, prof à l’UdM dans la revue Ricochet, comme un écho. Je le trouve aussi cité dans les commentaires au journal Le Devoir d’aujourd’hui, qui fait aussi une réflexion sur l’incivilité, les problèmes des communications humaines dans l’espace public et virtuel, appelé : impolitesse, avec notamment la vision claire du chroniqueur David Desjardins, à lire absolument.

Voir https://ricochet.media/fr/392/brutalite-mediatique-brutalite-policiere-et-populisme-les-armes-incontrolables-dune-elite-economique et http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/436924/declaration-de-guerre-a-l-ordre

_____________________

Rimbaud1

Rimbaud, dessiné par Coussens, vers 1871.

Démocratie

« Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois étouffe le tambour.

« Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les révoltes logiques.

« Aux pays poivrés et détrempés! – au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires.

« Au revoir ici, n’importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce : ignorants pour la science, roués pour le confort, la crevaison, pour le monde qui va. C’est la vraie marche. En avant toute!»

Arthur Rimbaud (Illuminations), 1873-75

*/*

Contexte : «Démocratie», poème écrit trois ans après la guerre franco-prussienne et le siège de Paris qui va provoquer la Commune de Paris comme 2e expérience de démocratie directe par le peuple, et quelques années après la loi sur la liberté de la presse de 1868 qui permet l’émergence publique de revendications économiques anticapitalistes. Ce poème a traditionnellement été interprété comme une critique du colonialisme. On peut ajouter qu’il est probablement aussi une allusion à l’échec de la Commune de Paris de 1871 qui durera  seulement 2 mois et demi, avant d’être écrasée dans le sang au cimetière du Père-Lachaise, non loin des récentes immenses et historiques manifestations en hommage aux victimes journalistes et caricaturistes de Charlie Hebdo, policiers et clients d’une épicerie juive de Paris, tués par des djihadistes français (2015).

Paris_XI_rue_Fontaine-au-roi_n17_plaque_communeDe nos jours, on peut toujours trouver ce poème encore immensément actuel!

Selon Wikipédia :

La Commune de Paris, «C’est la consécration du gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple : une démocratie directe reposant sur une citoyenneté active, renouant avec l’esprit de la constitution de 1793 qui fait du droit à l’insurrection « le plus sacré des droits et le plus imprescriptible des devoirs » (article XXXV de la Déclaration des droits de l’Homme de 1793, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793#Insurrection populaire : droit le plus sacré, devoir le plus indispensable).

La Commune de Paris ouvre la citoyenneté aux étrangers : « Considérant que le drapeau [rouge] de la commune est celui de la République universelle ; considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent… » Marie-Danielle Demélas et Alain Boscus.

Lien sur les caricaturistes de la démocratie : http://upge.wn.com/?query=hommage_%E0_charlie_&pagenum=2&language_id=1&template=cheetah-photo-search%2Findex.txt#/videos

Charlie Hebdo et Salman Rushdie

Source : ACAB Media

Traduction : «SALMAN RUSHDIE CONDAMNE LES ATTENTATS À CHARLIE HEBDO.

Forme médiévale de déraison, la religion, combinée aux armes modernes, devient un réel danger à nos libertés. Ce totalitarisme religieux a causé une mutation meurtrière au cœur même de l’Islam et aujourd’hui, à Paris, nous en voyons les tragiques conséquences.

Comme nous le devons tous, je soutiens Charlie Hebdo pour défendre l’art de la satire qui a toujours été pour la liberté et contre la tyrannie, la malhonnêteté et la stupidité. Le ‘respect de la religion’ est devenu un code convenu voulant dire ‘peur de la religion’. Les religions, comme tout autre concept, méritent la critique, la moquerie, la dérision et aussi, oui, oui, notre intrépide irrespect.»

En collaboration avec l’Institut du Nouveau Monde,

la tricoteuse du peuple vous invite à…

… UNE CONVERSATION DE CUISINE

SUR LA DÉMOCRATIE

ET LA PARTICIPATION CITOYENNE

Dimanche 23 juin 2013, de 14 h 30 à 17 h

à Montréal

Image

Assemblée populaire publique d’Occupons Montréal, octobre 2011. Photo crédit_Richard Renshaw

Entre l’élu et la rue, quelles contributions pour les citoyens dans notre démocratie ?

À travers cette discussion, nous explorerons vos solutions afin de favoriser la participation des citoyens aux processus de prise de décision collective, que ce soit des stratégies, des mécanismes ou encore des activités d’éducation civique. L’idée est de déclencher et animer une réflexion chez les participants, puis éventuellement par répercussion dans leur entourage, sur la participation citoyenne. Vos propos et actions proposés lors de cette conversation seront envoyés à l’INM qui prépare une vaste démarche délibérative sur ce sujet dans le but de dresser un portrait de l’état de la question dans la population québécoise.

Je recevrai chez moi 12 personnes d’horizons divers et j’animerai cette conversation de cuisine sur la démocratie et le peuple autour d’un café et de biscuits. Pendant la discussion, je vous inviterai également à faire quelques rangs de ‘retricotage’ dans le tissu social du Tricot du peuple, un précieux maillage débuté en mai dernier.

Pour plus d’info : http://www.inm.qc.ca/democratie/la-demarche

 

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