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Sam Hamad, président du Conseil du trésor du gouvernement du Québec; Marc-Yvan Côté, organisateur libéral provincial, banni du parti libéral du Canada lors du scandale des commandites, après la Commission Gomery; in Le Devoir, 2 avril 2016

« Les témoignages abondent sur les capacités de renoncements, d’acquiescement, de souffrance du menu peuple. Ils abondent aussi sur l’insensibilité, le cynisme, la cruauté même des possédants, de ceux surtout qui se sont enrichis par la fortune, ou de ceux qui, en passe d’y parvenir ou au contraire délaissés par la fortune, tirent le diable par la queue et s’efforcent au milieu des angoisses de ‘tenir leur rang’.» Jean Ferriot, en parlant des caricatures du… XIXe siècle d’Honoré Daumier

Cette semaine, pour revenir à cette dernière excellente émission d’information et culture québécoise Bazzo.tv (1) ─dont je parlais aussi dans mon dernier billet─  où les commentateurs politiques se demandaient de quoi le Québec avait besoin, la plupart des intellectuels présents ont dit que le Québec était une société… bloquée ! C’est aussi le propos du journaliste Marco Fortier dans le journal Le Devoir d’aujourd’hui « Le Québec dans une impasse politique » (2). En très résumé, leur thèse est que les Québécois préféreraient voter pour le parti libéral (au pouvoir sur la scène provinciale depuis 11 des 13 dernières années), même corrompu (3), que voter pour l’opposition la plus structurée, soit le Parti québécois. Pourquoi ? Nous aurions peur d’un 3e référendum sur l’indépendance du Québec… Dans leur bulle, ils ont oublié de mentionner que c’était dans nos institutions et partis politiques, oui, sans doute, que le Québec était bloqué. Je reviens sur un sujet qui me tient ‘a cœur et que j’avais abordé dans mon tout premier billet sur ce blogue en 2012 :  (voir https://evemarieblog.wordpress.com/2011/10/01/ecrasant-corporatisme-au-quebec-de-la-pire-des-glus/ du point de vue du corporatisme des organisations sociales qui se disent etre porteuse de solidarité et de changement.

Depuis ma réflexion a avancé et je fais des nuances de taille. Il manque à leurs vues toutes les micro-initiatives de la société civile. Un numéro de la revue Possibles auquel je participe, en fera prochainement état, pour célébrer notre 40e anniversaire de fondation (4).

En effet au Québec, il y a eu un Réveil collectif, quasi une révolution en 2012, comme le disait la semaine dernière la cinéaste Micheline Lanctôt, un éveil issu d’une crise sociale à mon sens plus puissante que Mai ’68 en France, et provoqué par le Printemps étudiant (appelé aussi Printemps érable avec les Carrés rouges). Mais cette crise a été durement matée par l’ancien gouvernement libéral et par la police pendant qu’une autre moitié des Québécois ne comprenaient vraiment pas le fond de l’affaire et se montraient soit très critiques, soit carrément hostiles à ces changements. Je crois personnellement et un peu… toute seule dans mon coin que cette énergie, en dormance actuellement, resurgira quand les conditions seront plus propices et que les principaux activistes et professeurs auront repris des forces et convaincu les plus jeunes de leur pertinence, comme le décrit très bien l’histoire de la sociologie des mouvements sociaux dans le monde : on parle de cycles, jamais de pertes.

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Plus globalement, je crois que tous ces traumatismes politiques que nous vivons en même temps dans le nouveau village globalisé (référence aussi et surtout à mon dernier billet sur le terrorisme) et dans un esprit de cynisme le plus total face à la classe politique, poussent une masse critique à s’intérioriser, ou, à tout le moins, à vouloir le faire (mais sans trop savoir comment, car Dieu est mort pour la plupart des Occidentaux et des Chinois). Probablement une nouvelle expérience unique aussi massive dans l’Histoire humaine…

Est-ce dans cette perspective proactive que certains leaders d’opinion s’apprêtent à lancer un mouvement d’« orphelin démocratique » ? On verra.

En attendant, petit retour sur l’histoire de la caricature comme ferment de changements politiques, avec le peintre, dessinateur et caricaturiste français du XIXe siècle, Honoré Daumier.

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Honoré Daumier. 1834.

Ci-dessus : lithographie, état unique, avec la signature manuscrite de Daumier. Épreuve sur blanc, don A. Curtis en 1949. 22,1 x 26,6 cm. Delteil 96.
Publiée dans La Caricature, le 20 novembre 1834.
BnF, Estampes et Photographie, Rés. Dc-180b (2)-Fol.

 

Daumier-La déroute_1850

Honoré Daumier. 1850.

Les gens de justice_Honoré Daumier_1834

Honoré Daumier. 1834. Les gens de justice. «Le passé, le présent et le futur».

Daumier_Gargantua-1831

Honoré Daumier. 1831. Probablement sa caricature la plus connue.

«Paraît qu’les homm’s d’affair’s d’la Haute

Quand i’sont tannées de s’mentir

Pis tripoter l’argent des autres

Vont jouer au golf pour s’divertir

[…]

Les pauvrerr’ yâb’s, on est les boules

Que ces messieurs fess’nt à grands coups;

Y sont contents quand i’nous roulent

Pi qu’i’ nous voient tomber dans l’trou.»

Jean Narrache (Émile Coderre), «Le jeu du golfe», 1932 (!)

 

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Dernières nouvelles…

3 mai 2016. La vérificatrice générale (indépendante) du gouvernement québécois ne porte aucun blâme contre Sam Hamad sur le plan de son aide financière à Premier Tech en tant que ministre : «Mon rapport ne le blanchit pas, et ne le blâme pas», a conclu Mme Leclerc en conférence de presse. Mais elle relève des irrégularités, comme l’augmentation de 1M $ d’une subvention, vraisemblablement après un diner d’affaire avec un membre du parti libéral qui siège sur le CA de cette compagnie. http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201606/01/01-4987221-rien-dincriminant-contre-sam-hamad-conclut-la-verificatrice-generale.php

Je ne comprends pas, et vous ?

Restent deux autres enquêtes, dont celle sur son éthique.

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(1) http://zonevideo.telequebec.tv/media/27716/derniere-emission-bazzotv/bazzo-tv

(2) http://www.ledevoir.com/politique/quebec/467128/le-quebec-dans-une-impasse-politique

(3) La récente Commission Charbonneau a démontré hors de tout doute des liens entre le financement politique illégal et l’attribution de contrats, en particulier dans le secteur de la construction, et ce dans tous les partis, en particulier au parti libéral du Québec au pouvoir depuis longtemps. L’ancienne vice-première ministre et ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau a été arrêtée la semaine dernière par la police (l’Unité permanente anticorruption -UPAC), notamment pour fraude et corruption à cet égard (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/03/17/001-nathalie-normandeau-arrestations-upac-cote-lortie-roche.shtml), ainsi qu’un organisateur politique libéral et homme d’affaires, Marc-Yvan Côté, à nouveau pointé du doigt par les journalistes de Radio-Canada de l’émission « Enquête » (http://ici.radio-canada.ca/tele/enquete/2015-2016/segments/reportage/6144/enquete-sam-hamad-marc-yvan-cote-premier-tech). Un autre ministre libéral de l’actuel gouvernement, Sam Hamad (http://www.ledevoir.com/politique/quebec/467066/sam-hamad-aurait-favorise-marc-yvan-cote?utm_source=infolettre-2016-04-01&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne), ministre responsable de l’Administration gouvernementale (dont l’application des recommandations de la Commission Charbonneau !) et de la Révision permanente des programmes est également soupçonné de trafic d’influence, à cause d’un courriel très explicite de son chef de cabinet. Qui a coulé ces courriels ? Autre question intéressante, qui est restée dans l’ombre des sources confidentielles. L’apparence de vérité, si ce n’est la vérité elle-même, est gravement compromise. Ce ministre n’a plus aucune crédibilité et doit démissionner. Les partis d’opposition ont réclamé qu’il se retire du caucus libéral. Pour sa part, le ministre Hamad prétend qu’il n’a rien à se reprocher et se réclame de la présomption d’innocence. Il vient néanmoins de se retirer de ses fonctions ministérielles, le temps que le Commissaire à l’éthique fasse enquête.

LES SUITES : quelques jours tard, Sam Hamad revient de ses vacances en Floride (!) et démissionne de ses fonctions de ministre. Il était temps !

(4) http://redtac.org/possibles/

 

 

Effet noir

Effet noir 1. Crédit photo : Ève Marie

Quiz. J’ai fait exprès de ne pas mettre le titre entre guillemets. Pour que vous pensiez d’abord, peut-être, que je parle du monde d’aujourd’hui. Mais non, alors, qui a pu écrire cela ? Et surtout à quelle époque, et où ? Voyons encore :

«Tous ces enfants étaient des gouttes de sang brûlant qui avait inondé la terre; ils étaient nés au sein de la guerre, pour la guerre. […] Ils n’étaient pas sortis de leurs villes, mais on avait dit que par chaque barrière de ces villes on allait à une capitale d’Europe. Ils avaient dans la tête tout un monde; ils regardaient la terre, le ciel, les rues et les chemins; tout cela était vide, et les cloches de leurs paroisses résonnaient seules dans le lointain.»

Alors qui… ? Essayons encore de trouver.

«Trois éléments partageaient donc la vie qui s’offrait alors aux jeunes gens : derrière eux un passé à jamais détruit, s’agitant encore sur ses ruines, avec tous les fossiles des siècles de l’absolutisme; devant eux l’aurore d’un immense horizon, les premières clartés de l’avenir; […] le siècle présent, en un mot, qui sépare le passé de l’avenir, qui n’est ni l’un ni l’autre et qui ressemble à tous deux à la fois, et où l’on ne sait, à chaque pas qu’on fait, si l’on marche sur une semence ou sur un débris.

Voilà dans quel chaos il fallut choisir alors; voilà ce qui se présentait à des enfants pleins de force et d’audace, fils de l’empire et petits-fils de la révolution.»

Magnifique, n’est-ce pas ? Vous avez deviné au moins l’époque ? L’absolutisme, ici, c’est celui du roi, les guerres sont les campagnes napoléoniennes en Russie et en Égypte, et la révolution, c’est la française de 1789.

Alfred de Musset, vers 1840, France

L’auteur : un «romantique» (1) par excellence, Alfred de Musset, dans «Confession d’un enfant du siècle, 1836 (sous le retour du dernier roi de France, le prince Louis-Philippe 1er).

N’est-ce pas troublant, ces retours de cycle, mais un pas plus loin, non pas la répétition défaitiste de l’histoire, mais une spirale qui repasse par le même endroit, mais sur un point supérieur ou inférieur ?

Notre monde en ruines. Si vous ne l’aviez pas encore constaté, soit vous vivez sur une autre planète, dans une bulle très fermée, soit vous êtes si occupé(e) par votre travail que tout le reste n’est que déni ou ignorance, soit… et quoi encore? Dans d’autres articles, j’ai eu l’occasion de traiter de la vision du «verre à moitié plein », d’un monde qui annonce à peine déjà quelques lueurs non pas d’espoir, car je suis marquée par ma génération du «no future», mais d’un refus du défaitisme et de la résignation au pire.

Somnifères, antidépresseurs, tranquillisants. Les vrais dangers. Crédit photo : Nouvel Obs

Somnifères, antidépresseurs, tranquillisants. Les vrais dangers. Crédit photo : Nouvel Obs

Les ruines d’aujourd’hui, c’est le regard tout aussi vrai du « verre à moitié vide ». De la consommation de tranquillisants et d’antianxiogènes qui augmente chaque année à vitesse exponentielle depuis les années 1950. Aliénation galopante ? De la moitié du monde qui n’est pas encore complètement respectée. De l’environnement qui est si détruit que même l’évocation de la fin de l’espèce humaine est régulièrement mentionnée dans des conversations sans faire sourciller!

Occupy 99% afficheDénoncés par les Indignés du mouvement Occupy dans le monde entier, les forces du marché capitaliste et les membres du 1%, principaux pollueurs de la petite planète ont perdu leur empathie pour les plus faibles à cause de leur avidité matérialiste. L’entrevue avec un de ses représentants connus, l’homme d’affaires torontois Kevin O’Leary (vedette des émissions Dragons’ Den et Shark Tank et auteur du livre (en traduction) Toute ma vérité), à l’émission québécoise «Tout le monde en parle», disait justement et sans sourciller, parfaitement convaincu dans son déni : «don’t change nothing», et… oubliais d’ajouter : for  me.

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Cacerolazo contre le FMI et le gouvernement et toutes les banques en faillite, Argentine, 2001, 2002.

Et ces millions de gens qui ont perdu leur fonds de pension en Argentine en 2002 (coupes du FMI), et ces milliers de Canadiens et autres, comme ma tante, qui ont perdu leurs économies durement gagnées lors de l’éclatement de la bulle Internet en 2000, ou ces millions qui ont perdu leur maison lors de la crise des hedge fund spéculatifs de marché aux États-Unis en 2008? Et les sans-abris dans nos pays riches… n’est-ce pas un scandale en soi! Et… et … et… la corruption des élites, des partis politiques? Et le cycle de plus en plus rapide des crises économiques ? Etc. Un tel égocentrisme force le dégoût et nous fait revenir au temps du Musset et des débuts du capitalisme sauvage.

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Manifestant pendant Occupy Wall Street, New-York, 2011

À la défense de ce capitaliste O’Leary cité plus haut, à la seule question non complaisante de l’animateur de télé Guy A. Lepage, il s’est cependant montré en désaccord avec le type spéculatif d’investissement en bourse, mais sans relever la contradiction dans son discours.

Des ruines, de grandes blessures au tissu social et humain… avec, entre autres, nos trop nombreuses relations jetées au moindre orage ou, à l’inverse, construites sur le mensonge et le profit personnel, gardant un silence politiquement correct sur les petits ou grands malaises vécus. Un jeune noir disait hier à ses amis, dans le métro, qu’il voulait quitter le Québec, l’Amérique pour aller vivre dans le Sud, là où les gens sont «plus humains», là où la société n’est pas basée sur «la paranoïa». Plus qu’un brin de vérité dans cette dure critique… Il disait aussi qu’il n’avait pas demandé à naitre ici parce ses lointains ancêtres avaient été amenés de force comme esclaves! Combien de générations cela prend-il pour se sentir intégré à une société ? Sur fond de tension identitaire, donc, autre ruine de notre époque. Aller plus au sud ? Évidemment le syndrome du plus beau dans le jardin du voisin est un piège à éviter… Plutôt : qu’est que je peux faire pour améliorer ou changer les choses ici, dans le pays où je vis, au lieu de la fuite en avant, car ailleurs, ce sont d’autres problèmes, républiques de bananes, et corruption endémique sous le soleil.

Manif avril 2012

Manif du printemps étudiant à Montréal, 2012. Contre les frais de scolarité. Virage à droite.

Cet «immense horizon» de Musset me fait penser aussi à ce qu’a vécu la génération des baby-boomers. Ils ont aussi connu cette internationalisation rapide avec les nouveaux moyens de communication. Puis, ont déchanté, pour la plupart, en atteignant la quarantaine ou la cinquantaine, devenant trop souvent plus égoïstes que ceux qu’ils avaient dénoncés jadis. On n’a qu’à penser à leur discours en 2012 contre les « enfants-rois » de la génération Y et contre les «carrés rouges» que le gouvernement québécois a faussement associé pendant des semaines «à la violence et à l’intimidation»… Eux qui refusaient, il y a deux ans, dans une grève historique, l’augmentation des frais de scolarité. En effet, depuis les années d’études des boomers, les frais de scolarité ont connu une augmentation largement supérieure à l’inflation, soit plus de 625 % (soit ±300$/cours universitaire). Et ces boomers critiques ont oublié que c’est toute la société qui avait payé pour leurs études universitaires entre 1968 et 1989  à… 50$ par cours. Heureusement, ce conflit (devenu par ailleurs crise sociale des «casseroles» par des lois antimanifestations) ne s’est pas transformé en fracture générationnelle, car de nombreux ainés les ont aussi supportés et encouragés. Mais quand la police tire et emprisonne nos enfants qui demandent à grands cris un meilleur accès à l’éducation, on se dit qu’il y a en effet quelque chose de pourri dans notre royaume.

Les Séguin

Les Séguin, 1975.

Et le titre ? Ne vous fait-il pas penser à une chanson, un classique des jeunes boomers des années ’70 au Québec, « Enfants d’un siècle fou » du groupe Les Séguins ? Voir http://www.youtube.com/watch?v=zDKaF4qgJco

« Semence ou débris ?» : voilà une question très contemporaine, finalement!

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Mes forts crocus, vivants sous la neige, en mars 2010, Montréal. Crédit photo Ève Marie

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(1) Le romantisme est une période littéraire, musicale et picturale européenne, exprimée par le mal de vivre de deux générations, que l’on situe généralement entre 1800 et 1850. «Le peintre ne doit pas seulement peindre ce qu’il voit devant lui, mais aussi ce qu’il voit en lui-même.» Caspar David Friedrich

«Dans cette société, on ne peut pas vivre sans être coupable, sans être corrompu par cette manière dont on vit ensemble, par cette manière dont on exploite les autres. En fait, tout est une question de degré. Il y a des gens qui sont responsables de la misère à un plus haut degré et d’autres qui le sont en se taisant, en adoptant un silence qui les rend coupables. Cela dit, il ne faut pas être trop déprimé par rapport à ça. Parce que c’est aussi une tactique de la politique de nous faire penser que nous sommes le problème, alors que c’est la structure corrompue dans laquelle nous vivons qui est la source de tous ces dérèglements.»

le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier, de passage à Montréal au FTA pour monter

la pièce phare du Norvégien Henrik Ibsen « Un ennemi du peuple ».

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English: Detail of photograph taken in 1900 of Henrik Ibsen. (Photo credit: Wikipedia)

À première vue, à la première lecture, j’applaudis cette vision qui me semble vraiment pertinente… Mais en relisant, je me rends compte que si je suis en accord avec les tenants, je diverge assez sur les aboutissants. À travers Ibsen, Ostermeier dit que nous, les humains, ne sommes pas le problème, c’est plutôt la structure politicoéconomique, le capitalisme, qui nous rend mauvais, qui nous détourne de ce que nous devrions être. En effet, j’abonde en ce sens : c’est  ce système qui favorise deux des poisons mentaux de l’humain : l’égoïsme et l’avidité. On se rend de plus en plus compte à quel point il nous détruit parce qu’il détruit l’environnement dont nous sommes issus. Mais encore ? Est-ce LE point final après quoi tout a été dit? Quel autre système socioéconomique aurait favorisé une meilleure humanité ? La monarchie ? La dictature ? Le communisme ? L’impérialisme ? Le régime seigneurial des serfs ? « L’autochtonisme » des premières nations ? N’est-ce pas des hommes qui les ont créés, répandus puis imposés sous peine d’exclusion ou de mort ?

Le capitalisme pose « la question de l’espace qui reste à la vérité dans une société où tout est dicté par l’économie.» T. O.

Ne tourne-t-on pas en rond en reportant sur les structures les problèmes de l’humanité ? Pire : en disant qu’il s’agit d’une stratégie de la politique pour nous affaiblir ? Ce n’est sûrement pas un hasard que ce soit un Allemand qui affirme cela. Comme tous les peuples, ils ont des comptes à régler avec leur histoire, mais peut-être davantage que les autres avec leur histoire récente. Cela teinte forcément leur point de vue.  (Mais cela est une autre histoire).

Devant le même constat déprimant de Ostermeier du « tous coupables, tous corrompus », et devant le triste spectacle de la Commission Charbonneau *, je parviens à une tout autre conclusion. N’est-ce pas une forme assez perverse de silence que de reporter sur les autres, sur le système, les problèmes que nous vivons? N’aurions-nous pas avantage au XXIe siècle à regarder davantage dans les mains et dans le cœur de l’homme (et de la femme)?

«Toutes les actions humaines ont pour mobile la faim et l’amour» Anatole France

Quels sont les mobiles profonds qui nous poussent individuellement et collectivement à dominer et à profiter des faiblesses des autres? À vouloir plus d’énergie ? À vouloir plus d’argent, plus de cette richesse ostentatoire du matériel? À prétendre quelque chose et à faire son contraire ? À se mentir à soi-même? À se fermer les yeux sur les injustices ? À ne penser qu’à soi ? Ou inversement, à désirer plus de communion, à manifester notre attachement à l’art ? À nous indigner puis à passer à l’action ?

Ce qui est corrompu : « cela est provenu de ce que la douce indifférence s’est unie à la rigide inertie, si bien que les conditions ont dégénéré en stagnation […], une conséquence d’un mauvais usage de la liberté humaine qui a causé l’état de corruption. […] À l’indifférence et l’inertie qui ont provoqué la corruption doivent se substituer la résolution et l’énergie pour qu’à la fin apparaisse un nouveau commencement.» Yi King, principes de philosophie taoïste, traduit par R. Wilhelm

C’est ici que le spirituel (et non le religieux) rejoint la politique. Il est évident qu’une société où nous prendrions conscience en bas âge de la connexion profonde qui nous unit aux autres et de l’illusion de la séparation et de la solitude permettrait un tout autre déploiement des qualités et des faiblesses humaines. Mais sans tomber dans le dogmatisme idéologique et comportemental des sociétés tissées serrées… Après de multiples pseudos réformes de l’éducation, ce serait LA véritable révolution, à mon sens. Cette nouvelle relation à l’autre et à la différence, elle commence dans les cours d’école, là où se passe l’intimidation et au travail là où se vit le harcèlement. La culpabilité, la corruption, c’est aussi cela au quotidien. La récente polémique autour du clip College Boy du groupe français Indochine le montre par l’absurde. En attendant, en tant que parent, nous pouvons y voir dans notre famille et éventuellement dans le choix d’une école alternative. Dans le mouvement des Indignés, voilà aussi ce que j’ai entrevu et pressenti de beau, de neuf, d’une part, et les déceptions que j’y ai vécues d’autre part. Voilà ce à quoi je rêve. Je rêve aussi que je rêve. Dans mon rêve, je suis convaincue d’être dans la réalité. Dans la réalité, je me demande si je ne rêve pas. C’est le doute créateur.

Voir le rêveur de sa vie

Voir le rêve dans le réel

Montrer le réel dans le rêve.

*Au Québec, la commission judiciaire indépendante menée par la juge France Charbonneau sur le financement des partis politiques et les relations entre l’industrie de la construction, la mafia, les firmes de génie conseil et autres et les gouvernements municipaux et provincial fait la manchette quotidiennement depuis l’automne dernier. Un scandale n’attend pas un autre et a mené notamment jusqu’à maintenant à la démission des maires de deux plus grandes villes du Québec, soit Montréal et Laval.

Liens :

Au sujet de la corruption : « Je m’aperçois qu’il y a deux ou trois choses qui reviennent dans mes livres : le morcellement de notre perception du monde, ce qui rend difficile le fait de lui donner un sens; les comportements aberrants qui nous poussent vers l’autodestruction collective; le mélange de naïveté et d’aveuglement volontaire qui nous fait fermer les yeux sur nos comportements les plus délirants…» Jean-Jacques Pelletier

Lafontaine, 2012

J’ai remarqué que depuis que je porte le carré rouge dans l’espace public, je reçois et je donne plus d’aide. C’est peut-être seulement une coïncidence, mais à la lumière du récent manifeste du muvement /etudiant des carres rouges, où ils élargissent considérablement leurs horizons, ça me donne l’idée de pousser la sensation et le concept plus loin au sujet du port du carré rouge : comme citoyen.e.s  engagé.e.s  et  disposé.e.s  dans la rue à de petits gestes civiques pour aider les autres, de manière à (faire) bénéficier des apprentissages de cette magnifique lutte sociale. Après la grève, leurs porteurs et leurs porteuses pourraient continuer à s’afficher avec le carré rouge pour la mémoire, bien sûr, mais aussi pour continuer à donner de la visibilité à leur ‘service social’.

Je pense qu’il faut rapidement détourner de façon constructive tout ce discours purulent qui a et va associer (pendant les élections) le carré rouge à «la violence et à l’intimidation»[1] et au chaos social. Le carré rouge, «c’est la rue» ? OK, prenons la désinformation et retournons-la comme une crêpe (ou une tarte à la crème). Prenons-la à bras-le-corps comme on le fait dans les arts martiaux, suivons le mouvement de l’adversaire et poussons-le encore plus loin. C’est une idée, il y en aura d’autres, mais comme citoyen.ne.s, en grève ou non, il faut proposer des actions concrètes pour que les gens se sentent plus en sécurité dans les rues de la ville en tout temps, entre autres…  grâce au carré rouge. De toutes les façons, il faut combattre la peur. Cela me semble une bonne façon de déjouer ces tactiques malsaines du gouvernement. Tout le monde sera gagnant, sauf les menteurs qui seront démasqués par la force de ce genre de gestes empathiques répétés et vus au quotidien. Même le maire de Montréal sera content :)). Il pourra venter «sa» ville comme étant la plus accueillante et la plus sécuritaire au monde…

Dans le manifeste de la CLASSE[2] qui fait assez bien la démonstration du terrible risque de la marchandisation de la vie, un détail m’a frappé : «Si nous avons choisi la grève, […], c’est pour créer un rapport de force, seule mécanique nous permettant de peser dans la balance». Seule ? C’est en effet le principal mécanisme, ou du moins le plus utilisé dans la tradition de la gauche syndicale, mais il en existe un autre, plus subtil et dont les effets sont plus profonds à long terme seulement. Il s’agit de pousser à la conscience/faire voir l’inconscience de certains comportements humains. C’est un aspect peut-être plus spirituel, mais dans l’état de corruption et d’ÉGOisme où nous nous trouvons, ça devient de plus en plus évident et une question concrète de survie collective. Je crois que ce «nouvel» aspect apporté à la vie politique peut être vraiment novateur[3], surtout s’il est porté par les plus jeunes et par les plus vieux de notre société. Et par la conscience, tout le monde est touché, de l’élite au peuple, du 1% au 99%. Sauf que… y’en a pour qui les conséquences sont plus dommageables…

De plus, autre sujet, je suggère une nouvelle image dans les prochaines manifs de nuits : une lampe de poche ou de cell dirigée vers un petit miroir et portée haut la main… le miroir de ceux qui ne se rendent pas compte qu’il n’y a plus de miroir quand ils s’y mirent. Travailler artistiquement sur des symboles à interprétations multiples est tout aussi puissant, comme vous le savez et l’avez démontré. Si ce geste était répété en masse, nul doute que ce serait le genre d’image médiatique frappante qui ferait le tour du monde, attirant ainsi l’attention là ou quand il le faut.

Chers étudiant.e.s, dans le fond, ce que je veux vous dire essentiellement, et que je ressens depuis un an ou deux, c’est que…

Quand les hommes et les femmes de cœur (re)commencent

à prendre la parole de l’action,

c’est qu’un autre pays est en marche,

c’est que notre âme,

exaspérée et famélique

a décidé de franchir le Rubicon,

l’illusoire distance qui

nous

sépare

de

l’autre.

***

Petit moment d,histoire du Québec.

“Depuis bientôt 5 ans l’Agéum revendique auprès du gouvernement
pour obtenir la gratuité scolaire que ce dernier avait formellement promise en 1960, depuis 5 ans le gouvernement refuse, depuis 5 ans l’Agéum re­nouvelle bêtement ses revendications et depuis 5 ans aussi le gouvernement se fout d’elle parce qu’il la sait incapable de sortir gagnante d’une épreuve de force avec lui. Un véritable syndicat n’aurait jamais accepté une telle situation et aurait proposé à ses commettants des moyens “syndicaux” de résoudre le problème, entre autres la grève. Mais l’Agéum, à cause du re­fus du gouvernement et son incapacité propre, voit ses membres patauger dans des conditions de travail assez pénibles pour quelques-uns et se sent dépassée par un problème qui pourrait trouver ses solutions immédiatement si elle était une véritable force syndicale.”
Tiré de la revue Parti Pris, vol. 3 no 6, janvier 1966 (Montréal)

 


[1] En juin, la ministre de la ‘culture’ avait confondu et associé publiquement, sans l’ombre d’un doute et au nom d’une «grande, grande, grande partie des Québécois», le carré rouge avec la «l’intimidation, la violence», pour se rétracter du bout des lèvres suite à une levée de boucliers, tout en enfonçant le clou encore une fois. Sans parler des nombreuses allusions du premier ministre à ce sujet.

[3] C’est le sens de la «Déclaration des engagements individuels et collectifs» mis de l’avant par Occupons Montréal en février 2012. Voir le lien ici-bas.

http://occupons-montreal.info/philo-politique/node/197

Le temps des récoltes est commencé 

Je ne sais pas encore si «je» peux parler au nom du peuple, si mes antennes sont assez aiguisées, mais certains indices, observations, sentiments, intuitions, alouette, me donnent à entendre que je peux au moins parler en mon nom, dans un état total de vase communiquant. J’imagine que ces réserves sont aussi mes dernières défenses devant un silence trop longtemps tenu en laisse, contrôlé maitrisé minimisé. Qui a dit qu’un peuple sans vocabulaire tombe dans la violence ?

Disons que mon histoire commence en octobre dernier dans les réunions du groupe de philo politique d’Occupons Montréal. Les mots sortent en désordre de ma bouche. Moi qui suis d’habitude lente et posée, je me surprends dans un pêle-mêle de phrases qui prennent naissance là, au rond point écho du métro Square-Victoria à Montréal, sous «la Place du peuple». Je ne me rendais pas compte à quel point j’avais accumulés ces mots, juste là sur le bord des lèvres, juste sur les confins de ma langue.

Quelques mois avant, une collègue avait dit «la politique ne m’intéresse pas !» Un silence gêné s’en était suivi. Puis quelqu’un avait parlé de ses rénos. J’avais seulement tenté timidement de soulever un sujet d’actualité. On était en pleine crise économique mondiale, personne ne comprenait vraiment la gravité et la nouveauté de la situation.

Maintenant, le bouchon a sauté et plus jamais nous ne retournerons à ce silence morbide de négation d’être collectif, même lorsque tout se sera calmé. Il y a eu avant. Il y aura après.

J’ai beaucoup souffert de ce silence politique, le mien, celui du peuple. En particulier du cynisme, de la détestation de soi, de l’indifférence alliée à l’inertie, recette implacable de la corruption, de ce genre d’usage sans conscience de la liberté humaine.

Puisque acculée au silence par le mensonge triomphant porté en valeur suprême de notre nouvelle (ou ancienne) aliénation postmoderne, personne n’avait osé s’y opposer. L’héroïsme n’était plus à la mode.  En même temps, je me disais, il n’y a aucune autre époque où j’aimerais  vivre. Alors quoi ? Et comme tout le monde se taisait, je ne rencontrais que peu de personnes…

Accumulation, accumulation… quel grain de sel a tout déclenché ? Ou juste le fruit était mûr et maintenant, il tombe ? Et la chute de l’empire est vertigineuse. Voilà son point faible, le clou sur lequel même «eux» pourront en partie devenir «nous» quand ils comprendront à quel pont ils se sont perdus eux-mêmes.

C’est le retour du refoulé. D’autres petits morceaux de lambeaux humains nous serons envoyés. C’est le repoussoir, l’image suprême de folie aliénante dans laquelle notre ‘civilisation’ tombée produit le mal être. Ça ne fait pas plaisir à écrire, mais lui c’est nous aussi. Quand on l’aura vraiment intégré, un autre grand pas sera franchi. En même temps, les alternatives se pensent et se vivent. «Dieu est mort» ça fait longtemps, mais n’a jamais cessé de vivre au plus secret de mon/notre âme. Quand les hommes et les femmes de cœur (re)commencent à prendre la parole de l’action, c’est qu’un autre pays est en marche, c’est que notre âme, exaspérée et famélique, a décidé de franchir le Rubicon, l’illusoire distance qui nous sépare de l’autre.

Dans le mouvement des Indignés, je découvre des jeunes super articulés, avec un fort désir spirituel hors religion consacrée, sensible au fait féminin et un fort besoin de fraternité avec, paradoxalement, une grande difficulté à faire des compromis. Choisir un resto à huit têtes peut devenir un sport extrême… Mais ça s’arrange, ce n’est pas incontournable. Les petits poussins ont grandi et n’ont plus besoin d’être couvés. Voilà donc ceux que notre gouvernement dénigre tant. Il a réussi assez bien sa campagne de division et de salissage avec le remplissage mur à mur d’«enfants gâtés», «consommateurs» ou «d’enfants-roi». Parents-rois, grands-parents rois, ai-je envie de répondre à mes parvenus, nouveaux riches de congénères ! Quand le pouvoir discrédite à ce point ses forces vives et l’avenir de sa nation, c’est qu’il a peur. Lorsqu’il (… joue à ?) se montrer temporairement incapable de négocier avec ses objecteurs de conscience, c’est qu’il est en fin de règne. Ça s’est déjà vu dans d’autres (r)évolutions.

Hey ! Ce sont sur mes enfants, nos enfants que tu tapes – vient pas me dire que les 3000 arrêtés ont tous commis un méfait ! J’étais là, j’ai vu comment se fait la création de la réalité, la mise en scène et le montage en épingle de la violence dans notre chère nation distincte si terriblement pacifique qu’on peut te faire perdre un œil pour t’obliger à rester pacifique…

Mais ça ne marche plus. Le peuple est scolarisé, plus éveillé, communique hors-réseau standard. La réalité a changé subitement. Les membres du gouvernement semblent dépassés. Ils regardent en arrière avec leurs œillères. Ils donnent l’impression d’être incapables de voir en avant un autre monde, incapables de voir venir les nouveaux risques. Ils sont tellement coupés d’eux-mêmes que c’en est tragique et dangereux.

Dans le mouvement Occupy et dans l’espace public, on cherche tout aussi tragiquement et radicalement à dépasser cette exclusion habituelle eux/nous. C’est très très difficile. Le cerveau résiste, ça demande une révolution de l’esprit – celle qui dépasse en profondeur toutes les autres qui se sont lamentablement transformées en tyrannie. Tyrannie du capital de la haute finance, du 1%, tyrannie de la ‘nomenklatura’ communiste ou pseudo, tyrannie des extrémistes religieux fanatisés islamistes, catholiques et ainsi soit-il. Aïe – on n’a pas fini avec ça, ce retour dans le continuum des incivilités aux extrémismes, dans la plus grande téléréalité émotionnelle de tous les temps. Ils ne sont pas l’apanage de ces nouveaux ou anciens rois. À court terme, j’espère que les plus radicaux dans le mouvement de contestation actuelle comprendront que s’ils continuaient plus loin, le peuple pourrait les lâcher et qu’ils risque de provoquer l’inverse de ce qu’ils recherchent = le backlash. À long terme, dans le très bon Abécédaire d’Hugo Latulippe, Serge Bouchard avance cette idée lumineuse : dans le corps humain, la nature a parié sur notre tête, «c’est la matière qui commence à réfléchir sur elle-même». C’est notre partie la plus développée. C’est notre conscience qui évoluera dans le temps, pour notre survie.

*/*

Quand le même jour, une ministre de la ‘culture’ confond et associe publiquement, sans l’ombre d’un doute et au nom d’une «grande, grande, grande partie des Québécois», le carré rouge avec la «l’intimidation, la violence» et qu’un directeur de F1 fait l’apologie du dictateur comme mode de gouvernance, c’est qu’ils sont encore capables de se regarder dans le miroir le matin en se levant parce qu’ils ne se rendent pas compte qu’il n’y a plus de miroir. On se dit que la dérive est commencée et on désespère de voir sur quel point aveugle nos dirigeants élus par le peuple veulent nous faire croire que nous sommes tombés, et dans quel trou noir démocratique nous nous étions enfoncés. En même temps, c’est sans doute la condition nécessaire pour qu’une comète fulgurante en sorte. Je suggère une nouvelle image dans les prochaines manifs : une lampe de poche dirigée vers un petit miroir. De plus, j’ai remarqué que depuis que je porte le carré rouge dans l’espace public, je reçois et je donne plus d’aide. C’est peut-être seulement une coïncidence, mais ça me donne l’idée qu’une fois la grève vraiment terminée, leurs porteurs et leurs porteuses affichent leur ‘service social’ en continuant à porter le carré rouge. Pour la mémoire, bien sûr, mais aussi comme citoyens engagés et disposés dans le rue à des gestes civiques pour aider les autres, pour bénéficier des apprentissages de cette magnifique lutte sociale.

Pour sa résolution, un changement d’interlocuteurs pourrait sans doute aider. En ’70 et en ’90, les gouvernements libéraux ont négocié avec des adversaires armés; il y a eu mort d’homme. Le dénouement de ces deux crises est très instructif. Les libéraux négocieront avec les étudiants nus pour leur plus grande accessibilité à l’université. Les libéraux joueront peut-être la carte du sauveur juste avant les élections… En attendant, s’il vous plait, venez m’arrêter avec mon petit carré rouge porté sur mon cœur.

9-12 juin 2012

P.S. Voir le lien en bas de page du magnifique vidéoclip du groupe québécois Mes aïeux.

Voir aussi http://www.avaaz.org/fr/la_fin_de_limpunite_des_banquiers_fr/?cotMxab

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