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bandelette_dialogues1666Il y a 350 ans, un 2 juillet, la ‘première’ dispute philosophique publique au Québec avait lieu…

« Les Relations des Jésuites nous apprennent que le premier débat philosophique public (disputatio) au Québec se déroula le 2 juillet 1666 (…). L’intendant Jean-Talon participa à la discussion en latin. L’un des étudiants soumis à cet examen de philosophie se nommait [le futur explorateur et découvreur] Louis Jolliet. » (Cauchy V. (1968) dans Houde R. (1979).» (1)

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Mathieu Parent, anthropologue et poète de l’Atelier Mange-Camion a organisé le 2 juillet dernier un happening de lecture-discussion autour du texte ancien de La Hontan (1666-1716) «Dialogue avec un Sauvage» (publié en 1703). Tous les participants, dont moi et mon ami Fabrice Marcoux, devaient en lire un extrait qu’il nous avait envoyé par courriel, avec seulement une répétition avant le happening dans un parc très spécial appelé «le Champ des Possibles» à Montréal.

C’était une journée grise, fraiche et très (anormalement) venteuse pour juillet, avec parfois quelques rayons de soleil pour nous réchauffer. La plupart des gens étaient insuffisamment habillés et plusieurs sont partis frissonnants avant la fin. Néanmoins, pour commencer, nous étions une bonne trentaine à s’être déplacés. Mathieu, faisant référence au vent et au chemin de train à proximité et sans doute pour mettre nos esprits ensemble, a proposé d’entonner en canon le chant d’une comptine traditionnelle «Vent frais, vent du matin» :

Vent qui souffle au sommet des grands pins.
Joie du vent qui souffle,
Allons dans le grand…
Vent frais, vent du matin,
Vent qui souffle au sommet des grands pins.
Joie du vent qui souffle,
Allons dans le grand…

Les trois chapitres lus, soit « les lois», «la religion» et «le bonheur» ont été choisis par l’historien Réal Ouellet qui n’a pu malheureusement être des nôtres. Mathieu m’a écrit que «Réal Ouellet a insisté, avec raison je crois, lors de notre rencontre, sur le fait que l’originalité des Dialogues tient d’abord au fait que « le Sauvage [est] Philosophe »,  plutôt qu’à l’idée qu’il serait « le Bon Sauvage ». » Le texte de La Hontan est un débat binaire entre deux personnages, soit l’auteur lui-même et un Amérindien, un Huron qu’il appelle Adario, prototype probable, selon un des lecteurs (Jean-Guy Parent), du grand chef huron Kondiaronk. C’est une sorte d’herméneutique critique du mode de vie français et européen de son époque (17e siècle). Un texte qui aura inspiré le philosophe Leibniz, que La Hontan a fréquenté et probablement Montesquieu et ses «Lettres persanes» (1721) et Rousseau avec le mythe du bon sauvage (1755).

«Les Iroquois & les Hurons […] ont renversé les maximes politiques trop universelles d’Aristote & de Hobes. Ils ont montré […] que des Peuples entiers peuvent être sans magistrats et sans querelles […]. Mais la rudesse des ces Sauvages fait voir, que ce n’est pas tant la nécessité, que l’inclinaison d’aller au meilleur [bien] & d’approcher de la félicité, par l’assistance mutuelle, qui fait le fondement des Sociétés et de Etats […]. Leibniz, Jugement sur les œuvres de Mr. le Compte Sharftesbury, dans Opera Omnia, vol. V (1715), texte rapporté par Réal Ouellet (2)

Le texte de La Hontan, sous forme d’essai-débat, présage peut-être d’un courant libertaire qui mènera notamment à la Révolution française. Mais aussi un texte qui lui aura valu de fortes inimitiés autant en Nouvelle-France qu’en France auprès des pouvoirs établis le menant deux fois à l’exil. Dans ce texte, l’Amérindien défend son mode de vie, mais on comprend vite de nos jours qu’il s’agit en fait de la vision d’un Européen et non des mots qu’aurait utilisés un Autochtone, même en partie instruit en France, comme il est suggéré dans le texte. Mais La Hontan a tout de même vécu 10 ans en Nouvelle-France, ce qui donne de la valeur à son texte, même de nos jours et surtout à l’époque, où il a connu un vif succès et fera le premier rêver du Nouveau Monde nombre d’Européens de l’époque. Là est son originalité littéraire.

Précisément parce que La Hontan expose ses préjugés et automatismes propres à son époque, malgré le degré « d’ouverture » dont il fait état ─comme Champlain qui l’a précédé d’un siècle─, ce livre nous en fait apprendre beaucoup d’un point de vue anthropologique et historique. Cependant plusieurs aspects importants de la vie autochtone manquent, comme le faisait bien remarquer un des participants du public, notamment sur les aspects de cruauté avec les prisonniers des Amérindiens.

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Ce temps si improbable pour un 2 juillet combiné avec cette énorme concentration à écouter des lectures pendant 3 heures, intercalées de deux déplacements dans le parc et de deux brèves périodes pour émettre des commentaires (qui serviront à la discussion finale après la lecture) ont induit chez moi un flottement de la pensée, augmenté par ce lieu improbable et plutôt enchanteur, un petit boisé au milieu de la ville, sauvé des condos par des citoyens agronomes, artistes et écolos –entre le chemin de fer, les blocs de manufactures et le couvent des Carmélites avec son très haut vieux mur de pierres et ses grands arbres matures. Justement, un des dialogues de l’auteur finit par le mot « couvent ». En se tournant vers Adario pour l’écouter lire à son tour, La Hontan (M.) se tourne davantage vers ce couvent, comme pour évoquer la syncronicité du moment…

Deux ou trois moments magiques me furent donnés lorsqu’à la lecture du dialogue sur la religion, la cloche du couvent sonna longuement, lentement. La couleur de la lumière sous le ciel ombrageux, parfois traversé par un bref rayon de soleil, les vents puissants virant à l’envers les feuilles des arbres centenaires, alors que j’étais à demi couchée dans ce parc sauvage, jonchés de petits sentiers naturalisés appelés ici par les habitants des « lignes de désir » et n’ayant pour vue que ces « grands-pères » feuillus et le vieux mur du couvent, je me sentis alors happée doucement dans un de ces moments hors temps et hors saison, presque hors histoire (avec cette vue de ce côté du parc sans bâtiments modernes). Les voix des lecteurs devinrent un décor lointain d’esprits parlant devant la toute puissance de la nature, cette voix du grand Manitou défendue par Adario, une 3e voix de la nature semblant s’imposer aux deux autres, l’air de dire : « Écoutez-moi bonnes gens !! ». Sensible à cet appel, j’ai senti une sorte de long moment de non-pensée et de présence totale au monde, un cadeau comme il ne m’en arrive pas souvent… Merci !

Durant ce dialogue sur la religion catholique vs. la spiritualité amérindienne, un autre de ces beaux moments finement synchrone fut la distribution de petits pains maison faits par M. lui-même. Étant assise, je voyais à peine les pains distribués aimablement dans un sac par une autre participante, la jeune Jeanne. Ma main tomba sur un double pain qui n’avait pas encore été détaché. Hésitant à le garder, J., en bonne future mère de famille… ou Sœur économe et gentiment sévère, me fit remarquer par un mot ou deux soufflés doucement qu’il pourrait en manquer pour les autres… et je m’empressai alors de remettre le 2e pain dans le sac… presque gênée d’avoir eu « une mauvaise pensée »… Le pain était exquis, comme discrètement aromatisé de tomates séchées (?). Manger ensemble ce pain… quel beau geste ensemble, à un moment où justement, on nous parle d’hostie dans le texte… Geste trop souvent oublié de nos jours où la chrétienté est exit par la nouvelle religion de l’argent ou de la violence.

La fin de l’après-midi ramena de plus longs moments ensoleillés très appréciés… alors que mon corps grelottait un peu sous les vents. Appuyée à un arbre, je fermai les yeux quelques instants pour mieux sentir la chaleur de notre père le Soleil réchauffer mes joues. Quel plaisir de sentir cette longue caresse quand on a été en manque toute la journée !

Ce fut bientôt mon tour de lire. Forte de cette expérience, j’introduisis ma lecture avec une improvisation assaisonnée d’une tournure discursive de l’époque,  m’adressant à l’auteur joué par Mathieu : « Mon ami, …, que notre Dieu le vent dissipe ces mauvaises pensées et que le Soleil réchauffe nos cœurs, aujourd’hui !», ce qui a bien fait rire les valeureux spectateurs qui restaient encore pour cette dernière lecture.

Ensuite, on nous a offert de rentrer à l’intérieur pour nous réchauffer à la coop Temps Libre, à l’arrière du parc pour discuter, échanger et pique-niquer. La table était haute, longue et étroite et pour peu, quoique dans un cadre très convivial, et sans façon, on se serait presque cru à la première cène…

Pour finir en beauté, les organisateurs avaient eu la délicatesse de prévoir un petit cérémonial pour clore le happening en plantant une fleur ou une plante symbolisant chacun des trois chapitres sur les trois sites où nous les avions lus… mais nous sommes partis à la fois délicieusement fatigués et ragaillardis…

Quelle belle journée !

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Quelques mots

sur le Champ des Possibles

Le lieu, un parc mi-sauvage derrière des manufactures, appelé «Le Champs des Possibles» à Montréal, dans la partie industrielle du quartier Mile-End est un parc indigène auto-organisé par des citoyenNEs du quartier, et plus récemment par la Ville. Ici on entend l’idéateur et organisateur appeler «Adario», le personnage qui discute avec l’auteur de La Hontan, dans son livre «Dialogue avec un Sauvage» (1703).

Ce livre d’histoire du Québec a été lu et discuté en partie lors de ce happening, 350 ans jour pour jour après la première dispute philosophique européenne organisée en terre du Québec.

Pour plus d’info sur ce parc citoyen, voir https://amisduchamp.com/

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(1) http://aqction.info/evenement/dialogues1666-lectures-debats-pique-nique/

(2) Réal Ouellet. 2010. «Lahontan. Dialogue avec un Sauvage». Montréal: Lux.

Dialogue 1666-2

 

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« Quand chaque femme fait honneur au Soi, de la façon la plus dépouillée possible, l’énergie créatrice devient disponible pour l’ensemble, et cette énergie contribue aux changements qui soutiennent les transformations de l’humanité. Lorsque les femmes ne seront plus perdues, à demander aux autres de leur dire ce qu’elles devraient faire ou comment elles devraient vivre, il y aura de grands changements dans notre monde » Jamie Sans, «Treize mères originelles»

« L’inhumanité infligée à un autre détruit l’humanité en moi. » Emmanuel Kant

 

Je vous propose ici de (pour)suivre une réflexion sur le pouvoir dans les groupes, pour faire suite à une publication à la une d’aujourd’hui du journal Le Devoir (Montréal) qui se penche sur une des stratégies d’empowerment (ou libération de l’aliénation du peuple) : « Se libérer sans vous, se libérer de vous » (1) et pose des questions sur les actuelles imprécations du «Vivre ensemble».

En revenant sur une réflexion et expérimentation à ce sujet vécue au sein de la mouvance Occupy / Occupons Montréal en 2011-2012, la question du pouvoir se pose notamment dans la mixité ou non-mixité des (sous-)groupes militants. Question pour laquelle j’avais des sentiments tiraillés. Autrement dit, quelles sont les circonstances qui font qu’on choisit délibérément de militer dans un groupe non-mixte, comme un groupe de femmes, un groupe de Noirs, un groupe autochtone, un groupe gay ou queer, et même certains syndicats, etc., bref toutes ces «minorités» marginalisées où on vit, d’une manière ou d’une autre, une forme d’oppression face à la majorité ou à un groupe dominant, que ce soit l’exclusion sociale comme le sexisme, le racisme ou l’homophobie ou encore l’exclusion économique, politique ou religieuse. Vaste question…

J’aimerais alors partager ici d’abord quelques extraits significatifs de cet intéressant article du Devoir (1) que voici, suivi de mon billet.

« Constamment déçus par l’idéal d’une société  ‘juste’ qui leur est projetée encore davantage en ces temps de crise et de paupérisation, certains groupes pensent plutôt l’émancipation comme « la séparation d’une société fausse ». Ségolène Roy, blogueuse

« De telles pratiques peuvent mettre à l’abri certaines petites communautés pendant une période, mais à la longue, elles tendent à pénaliser les personnes qui en font partie en les privant de réseaux sociaux performants et en limitant la mobilité sociale.» Pierre Anctil, prof d’histoire, Université d’Ottawa

 

Quelques grands-mères et un grand-père font le résumé de leur cercle de parole.Crédit photo : Vincent-René

Quelques grands-mères font le résumé de leur cercle de parole puis plus âgé grand-père clôt la journée par un dernier témoignage, lors du cercle autochtone/non autochtone MITSHETUTEUAT, avril 2014. Crédit photo: Vincent-René

« Greg Robinson tempère en disant que ‘c’est un argument fort de demander comment les [personnes racisées] peuvent espérer mériter le respect ou l’égalité si elles n’ont pas les moyens de gérer leur propre mouvement. En revanche, c’est un argument fort de dire qu’on ne casse pas l’exclusion raciale par un mouvement exclusif.’» G.R., professeur d’histoire, Université du Québec à Montréal

« En tant que membre du groupe dominant, il est difficile pour les hommes cisgenres (nés de sexe mâle et s’identifiant au genre masculin) qui souhaitent se joindre au mouvement [féministe] de comprendre le refus de leur présence par les féministes. Car grandir et évoluer en tant qu’homme n’inclut pas – ou très peu- l’expérience de refus ou de rejet.» Sophie Chartier, journaliste, Le Devoir

Cercle afroaméricain. Angela Davis wanted_Black Panthers

Black Panthers

Une fois par année, le collectif radical Les Hyènes en jupons fait une manifestation non mixte à Montréal et les femmes reçoivent dans la rue des salves d’insultes misogynes de la part des passants et des policiers :

« À la question ‘pourquoi ça dérange ?’ Laura (nom changé) hésite. ‘Je pense que la non-mixité politique fait voir aux hommes qu’ils risquent de perdre certains privilèges.» « On l’utilise [notre groupe de femmes non mixte] comme lieu de ressourcement ». Laura, militante, Les Hyènes en jupons

Dans les groupes non mixtes (safer spaces), « On gagne des espaces intimes de confiance. Mais attention, les groupes non mixtes ne sont pas nécessairement dénués d’oppression. Il reste des rapports de pouvoir et il faut sans cesse les remettre en question.» Stéphanie Mayer, chercheuse en sciences politiques à l’Université Laval (2)

« Toutes trois soutiennent qu’il est important de remettre en question fréquemment les tactiques.» Sophie Chartier, journaliste, Le Devoir (1)

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AG15oct

1re assemblée générale d’Occupons Montréal au Square Victoria, rebaptisé «Place du peuple», 2011

La mouvance Occupons Montréal a expérimenté et réfléchi aussi sur cette façon de militer, et dont voici un résumé (3) :

– Concept d’espaces sécuritaires (safer spaces) pour soi et entre-sois : modèles de justice communautaire ou réparatrice (ni policière ni étatique), analyse et dénonciation de l’oppression vécue dans notre propre organisation : comment changer les dynamiques de pouvoir ? Sortir de l’aliénation par notre prise de conscience, on arrive enfin à ce niveau où on est prêt à développer une méthodologie concrète.

– Sortir de la culture l’hyper sécurisation pour exister dans l’espace public et psychique; trouver un équilibre entre sécurité/insécurité. Se défaire de la peur aussi qui nous est inculquée par le gouvernement et autres, en donnant une réponse originale à la violence de la marginalisation.

 

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Assemblée générale d’Occupons Montréal. Fabrice Marcoux, Mikelaï Cervera et Ben Godin anime un cercle sur les «Engagements», réflexion menée par le Comité de philosophie politique, 2012. Crédit photo: Ève Marie

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J’ajoute aujourd’hui ma réflexion et expérience sur le tissus social et la communication nonviolente qui a muri sur ce sujet.

Ce qui me frappe d’abord dans ces analyses, c’est l’absence complète de référents intra-personnels. Toute l’analyse est axée sur des dynamiques interpersonnelles, sociales ou politiques, au mieux groupales. Pourtant, ce sont aussi des individus qui exercent ce pouvoir. En effet, pourquoi toujours cette dichotomie tellement binaire entre sociologie et psychologie ? Dans quelle aliénation les relations de pouvoir nous mènent-elles ? Comment s’en sortir ? N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur les sources de ces relations de pouvoir ? Si tous les humains ont, certains plus que d’autres il s’entend, à un moment ou à un autre, vécu une relation de pouvoir avec un autre ou des autres, soit comme oppresseur, soit comme opprimé, soit les deux en même temps, n’est-ce pas là aussi un reflet de notre propre esprit et de la façon dont nous nous traitons nous-mêmes, soit la domination d’une partie notre psyché (l’ego par exemple) sur une autre partie? N’y a-t-il pas lieu de se demander comment une telle mécanique (?) se développe dès l’enfance et si elle n’est pas, à son tour, encouragée par certaines postures ou dynamiques familiale, sociale ou politique ? N’y a-t-il pas lieu aussi de chercher aussi du côté des neurones-miroirs qui seraient à la base du développement des langues humaines et du développement de l’aversion, de l’empathie et du désir mimétique (4) ?

Si la fin du XXe s. et une partie de XXIe siècle sont et seront dominés par une forte recherche identitaire menant à la fois à des évolutions individuelles ou nationales ET à des dérives communautaristes, voire sectaires, voire terroristes, il y a fort à parier que ce champ de recherche, d’expérimentation et de philosophie qui, pour l’instant, n’est que l’apanage d’avant-gardes, deviendra un thème fort de notre siècle si bouleversé.

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J’en profite pour remercier l’artiste, poète et militante Koby Roger Hall pour m’avoir fait connaitre ce concept de «safer spaces» et ces pratiques pour la 1re fois, lors d’une réunion bilan d’OM. Elle a tenu, notamment, avec Frédéric Biron Carmel et la galerie SKOL  un site d’«archives vivantes » d’Occupons Montréal. Plus de détails au http://skol.ca/wp-content/uploads/2012/08/feuillet_koby_fred_angl1.pdf et https://www.facebook.com/occupymontreal/posts/143543362450865 et http://www.rcaaq.org/html/fr/actualites/expositions_details.php?id=15600

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(1) Texte au complet au http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/457146/se-liberer-sans-vous-se-liberer-de-vous

(2) Auteure du mémoire « Du ‘nous femmes’ au ‘nous féministes’ : l’apport des critiques anti-essentialistes à la non-mixité organisationnelle »

(3) Voir mon billet du https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/16/occuponsmontreal-bilan/ et publié également dans la revue Possibles, au http://redtac.org/possibles/category/du-printemps-arabe-au-printemps-erable-un-nouveau-cycle-de-luttes-sociales-vol-36-no-2-hiver-2013/section-i-du-printemps-arabe-aux-indignes/

(4) 1996, Giacomo Rizzolatti et Corrado Sinigaglia, http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/neurones-miroirs-i-une-decouverte-48805 :

«Chez l’homme, on a observé la présence des neurones miroirs dans le cerveau encore immature du jeune enfant. Et chez l’adulte, ces réseaux miroirs apparaissent comme bien plus développés que chez les autres primates. Ce détail semble anodin et couler de source puisque le cerveau de l’homme est bien plus gros que celui des singes. Mais le fait que les neurones miroirs y soient très développés n’est pas fortuit. Car tout dispositif naturel possède une contrepartie fonctionnelle et si ces neurones sont présents en nombre, c’est sans doute parce qu’ils ont un lien avec ce qui sépare l’homme de l’animal. La raison et le langage aurait dit Aristote. Et plus généralement, l’intersubjectivité. »

«Voici ce que déclare Robert Sylvester, écrivain des sciences « La découverte des neurones miroirs est absolument renversante. C’est aussi la découverte la plus importante et elle est pratiquement négligée parce qu’elle est si monumentale que nul ne sait qu’en faire »

«Le neurone miroir est en fait multifonctionnel. Et semble fonctionner selon trois modes, le négatif, suscitant l’aversion et donc, porteur de différenciation ; puis le neutre, disons la cognition empathique, détachée de force attractive ou répulsive ; enfin le positif, lieu où le désir se fait mimétique et où le danger de conflit se dessine. »

«Il existe une sorte de mécanique, voire de dialectique des miroirs. En fait, un processus de renforcement, de surenchère, que Bateson avait du reste découvert dans les conflits»

«Et les oiseaux ? N’avons nous pas un mécanisme de ce type [mimétisme] lorsque deux moineaux se disputent une miette de pain ? Et aussi dans la genèse des langages que ces subtils animaux ont pu déployer pour communiquer à travers le champ. Ce qui nous ramène à l’homme et une question sur l’origine du langage. Selon Rizzolatti, les mécanismes miroirs font que des actions deviennent des messages sans médiation cognitive (sous entendu, rationnelle) Si bien que le mécanisme miroir pourrait être à l’origine de la genèse du langage. En permettant notamment qu’un message émis devienne pertinent pour son récepteur. »

Daniel Goleman, auteur de «L’intelligence émotionnelle» a aussi beaucoup aborder ce sujet des neurones miroir dans son livre.

 

 

 

Ai, shé: kon, wachiya, waachiya, kuei, kwé(k8é), gwé, bonjour*,

Crédit photo: Suzanne, Marie-José Tardif et T8aminik Rankin

Crédit photo: Suzanne Morissette, Marie-José Tardif et T8aminik Rankin

Un de mes aïeuls, Hector-Louis Langevin, qui a fondé la nation canadienne, a aussi été un des instigateurs des pensionnats indiens en  1883 (1). Au nom de ma famille, je veux m’excuser profondément de ces souffrances infligées et implore le pardon des personnes, de leur famille et de leurs ancêtres.

Les temps ont changé. Cinq générations plus tard, ce qui apparaissait être à cette époque un avancement, et où les théories racistes avaient le haut du pavé, apparait maintenant comme un barbarisme sans nom depuis la fermeture du dernier pensionnat à la fin des années 1990 et surtout depuis la Commission vérité et réconciliation.

Depuis quelques années, nous (blancs, Métis, Autochtones et Inuit) comprenons de plus en plus qu’il s’agit d’une violence coloniale, et que cette violence avalée est transmise comme une maladie psychique contagieuse (2), perpétuée et perpétrée par les autres et sur soi/les siens dans un cycle qui a semblé infini. Et a bien failli exterminer un peuple qui est pourtant un trésor de l’humanité. Heureusement, de nombreuses prises de conscience se font et se sont faites, et avec leur nombre grandissant, elles toucheront bientôt l’âme des peuples et l’ensemble de la société.

Un prière s’impose ici. Elle provient d’une femme-médecine la communauté indigène d’Hawaii, Morrnah Nalamaku Simeona et du dr. Len :

«Si moi et ma famille, mes proches ou mes ancêtres vous ont offensé ou offensé votre famille, vos proches ou vos ancêtres en pensées, en mots ou en actes, depuis le début de la création jusqu’à aujourd’hui, nous implorons humblement, humblement, humblement votre pardon. Puisse tout cela être nettoyé, purifié et libéré. Que tous les blocages, les mémoires, les énergies et les vibrations négatives soient coupés. Puisse toutes ces énergies indésirables être transmutées en pure lumière.»

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Ces pensionnats autochtones (3) de garçons et de filles (qu’on appelle aussi écoles résidentielles au Canada) me semblent être une cause profonde de la violence faite aux femmes autochtones dont j’ai déjà parlé sur ce blogue (4). De nombreuses violences sexuelles et humiliations quotidiennes y ont été vécues par les enfants autochtones pendant un siècle (5). Je veux dire aussi que dans la dernière année et en particulier dans les derniers jours, beaucoup d’informations, témoignages et allégations sont sorties dans les médias canadiens au sujet de la violence faites aux femmes autochtones par des conjoints, des policiers, des inconnus. Plus que toute autre, cette violence inacceptable est restée impunie, systémique. Cette violence qui atteint ces femmes est la même qui a atteint ces enfants des pensionnats indiens : celle de la déshumanisation. Pour les non autochtones qui ont fait ça, ces «Sauvages» ne sont pas des humains. C’est terrible.

Maintenant, des femmes courageuses ont décidé de parler publiquement, malgré les menaces de représailles contre elles et leurs familles. J’ai pleuré en écoutant les témoignages dans un reportage de l’émission Enquête à Radio-Canada (6). Il est temps que cesse tout ce cycle infernal. Comme l’ont très bien dit et souhaité Michele Audette (présidente de Femmes autochtones du Québec) et Édith Cloutier (directrice du Centre d’amitié autochtone de Val d’Or), que la guérison commence en parlant ! Importantes prises de conscience !

Maintenant, autochtones et non autochtones tenons-nous debout ensemble, vers une unité incluant des différences constructives, à l’écoute les uns et surtout des autres. A’ho (j’ai dit) !

Nakurmik, nià: wen, migwech, tshi nashkumitin, mikwetc, migwetc (mig8etc), welalin, merci, pour la suite du monde.

signé : Ève Marie Langevin

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*Ces salutations sont respectivement en langue inuktitut de l’Est canadien, mohawk/kanien’kehá:kas, cri de l’Est/eenou/eeyou), naskapi, innue (montagnais) et attikamekw, algonquin/anishinabeg, mi’kmaq/mi’gmaq et française.

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(1) Oncle d’il y a 5 générations, Me Hector-Louis Langevin (Conservative Party), était député de Three Rivers (Les Trois-Rivières), Québec; Official Reports of the Debates of the House of Commons or the Dominion of Canada, Volume XIV, 1883, Ottawa, p. 1376. «The intention is to establish three industrial Indian schools in the North-West […] The fact is, that is you wish to educate these children, you must separate them from their parent during the time they are being educated. If you leave them in the family, they may know how to read and write, but they still remain savage… » Le texte au complet au https://books.google.ca/books?id=7Ys9AQAAMAAJ&pg=PA1376&lpg=PA1376&dq=%27%27The+fact+is+that+if+you+wish+to+educate+the+children,+you+must+separate+them+from+their+parents+during+the+time+they+are+being+taught.+If+you+leave+them+in+the+family+they+may+know+how+to+read+and+write,+but+they+will+remain+savages,+whereas+by+separating+them+in+the+way+proposed,+they+acquire+the+habits+and+tastes%E2%80%A6of+civilized+people%27%27+house+of+common+1883&source=bl&ots=93n9hw_HjF&sig=SqlmzJVdIOKHxXMcTE7dnIy_Nqo&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

(2) C’est la thèse de Edgar Morin, qui parle de «peste psychique» en amont de la violence, se manifestant comme une incompréhension profonde entre deux humains : « Enfin, la nouvelle civilisation demande une éducation où serait enseignée la connaissance complexe, qui percevant les aspects multiples, parfois contradictoires d’un même phénomène ou même individu, permettant une meilleure compréhension d’autrui et du monde. La Compréhension d’autres serait elle-même enseignée, de façon à réduire cette peste psychique qu’est l’incompréhension, présente en une même famille, un même atelier, un même bureau. Y serait enseignée la complexité humaine. Bref une réforme radicale à tous niveaux de l’éducation permettrait d’enseigner à vivre autonome, responsable, solidaire, amical. » http://www.colibris-lemouvement.org/oasis/dossiers-thematiques/lappel-de-pierre-rabhi-et-edgar-morin/edgar-morin-aux-oasis

(3) Voir les infos et les conclusions de la Commission vérité et réconciliation sur les pensionnats :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2015/06/02/005-pensionnats-autochtones-genocide-culturel-selon-commission-verite-reconciliation.shtml

http://www.trc.ca/websites/trcinstitution/index.php?p=891

« Un État qui détruit ou s’approprie ce qui permet à un groupe d’exister, ses institutions, son territoire, sa langue et sa culture, sa vie spirituelle ou sa religion et ses familles, commet un génocide culturel. Le Canada a fait tout ça dans sa relation avec les peuples autochtones. » — Rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Abus physiques, psychologiques et sexuels, malnutrition : la liste des torts subis par ces enfants a été minutieusement documentée au fil des milliers de pages du rapport final de la Commission. http://www.trc.ca/websites/trcinstitution/index.php?p=15

Entrevue de la commissaire Marie Wilson, à la suite de ces témoignages et allégations de violence sexuelle commis par des policiers contre des femmes autochtones de Val d’Or (Québec) à Radio-Canada, «Médium Large», 29-10-15  à 9:08 au http://ici.radio-canada.ca/emissions/medium_large/2015-2016/

(4) Voir notamment :

(5) Dominique Rankin et Marie-Josée Tardif, «On nous appelait les Sauvages : souvenirs et espoirs d’un chef héréditaire algonquin », 2011. éd. Le jour.

(6) http://ici.radio-canada.ca/tele/enquete/2015-2016/episodes/360817/femmes-autochtones-surete-du-quebec-sq

 

 

J’étais chez lui, mais je ne le savais pas.

Cet été-là, je couchai aussi loin que possible de l’auberge de jeunesse où je travaillais. Les nuits bruyantes et bien arrosées m’empêchaient tout simplement de dormir.

Dans la forêt, j’avais trouvé, par un petit sentier, une clairière bien dégagée où restaient les anciennes fondations d’une maison de ferme.

J’y avais établi mon campement pour l’été avec une simple tente petite sans fenêtre que Jean-Luc m’avait prêtée.

Sauf l’histoire du serpent que j’ai racontée dans « Le Fiel à la bouche », je passai là des nuits tranquilles. Au début, c’était un défi pour moi d’y marcher au crépuscule ou souvent plus tard jusqu’à ma tente, surtout les nuits sans lune, sans avoir peur…

Mais j’y découvris la lumière brillante des nuits de pleine lune éclairant de loin mon petit chemin. Au gré des nuits, j’y marchais progressivement confiante, ayant plus peur d’un éventuel homme soûl qui me suivrait que de l’épaisseur ou de la solitude de la forêt.

J’y avançais, tour à tour, dans le mystère opaque d’une nuit noire et sans vent ou dans une nuit habitée par la lune, en compagnie des ombres réveillées.

Un matin frisquet de la mi-août, je fus réveillée par un halètement de chien, tout prêt de mon oreille droite. Très endormie, je bougeai un peu ma couverture métallique et le son d’animal disparut aussitôt. Je me rendormis bien vite, sans plus de cas.

Mais un peu plus tard j’entendis le même son. Il était revenu! Deux fois de suite et à la même place près de mon oreille, ce n’était pas « normal »! Cette fois-ci, je me réveillai raide : ce halètement… C’était plus rauque qu’un chien! C’était sauvage! Je ne pouvais pas voir, seulement entendre. C’était… c’était… petit ou moyen. Était-ce un ours ou quoi? Je bougeai à nouveau ma couverture mais cette fois-ci, je l’entendis se déplacer sur le site avec un cling-clang de veilles tôles abandonnées.

 

Je cherchai prestement mon vieux canif dans mon sac. Je ne l’avais pas utilisé depuis longtemps. J’essayai d’ouvrir la lame, tout en me concentrant pour visualiser le seul bon mouvement fatal que j’aurais peut-être la chance de faire avec le canif si l’animal m’attendait à ma sortie…

Après quelques tentatives infructueuses pour ouvrir ce canif, je dus me rendre à l’évidence : il était un peu rouillé et jamais je ne réussirais à l’ouvrir avec mes doigts.

J’écoutai de longues minutes : à part le vent qui halait dans les feuilles, plus rien. L’animal était-il parti ou m’attendait-il devant ma porte zippée? Impossible de le savoir. Après un long 15 minutes silencieux, je me décidai enfin à sortir : je ne pouvais tout de même pas rester là toute la matinée! Et puis j’avais faim.

J’ouvris d’abord une partie basse du zip de ma tente pour regarder : pas de pattes devant… Puis plus grand : toujours rien. Enfin, sac à dos devant comme ridicule bouclier, je sortis. Balayage visuel. Rien. Je cherchai brièvement des pistes mais ne vis rien.

Certaine de ne pas y revenir coucher ce soir-là, je défis ma tente rapidement et retournai à l’auberge pour le déjeuner.

Je racontai mon histoire. Un ami me proposa de venir chercher les pistes. Il en trouva, effectivement.

J’étais sur le territoire du coyote.

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Deux ou trois jours plus tard, tannée par le bruit incessant des vacanciers festifs, je cherchai sans succès un autre site où dormir dans le bois. Je compris aussi que c’était l’odeur de la pêche pourtant bien enveloppée qui avait sans doute attiré mon coyote.

Je résolus donc de retourner à la même place, mais sans fruit dans ma tente pour accompagner mon réveil. De toute façon, sachant le coyote curieux mais farouche, je n’étais plus vraiment inquiète. Je lui fis une petite offrande en pensée.

Il m’accepta et ne revint pas. Je fis quelques feux, surtout les premières nuits pour me rassurer et lui signifier ma présence. Je dormis paisiblement et ne rêvai pas de lui.

Et c’est ainsi que le coyote devint mon animal fétiche et que je cherchai une de ses dents pour honorer mon réveil.

Aouou! Aï-aï-aï-aï-a

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Crédit photo: Mark William

Crédit photo: Mark William

Sons de coyotes

http://www.youtube.com/watch?v=0ga0i1FSXZQ

En complément de programme, poème de Mark William et son récit en musique de coyote:

http://www.youtube.com/watch?v=0ga0i1FSXZQ

 

Photo satellite du fleuve St-Laurent, de la Gaspésie et la Côte Est de l'Amérique du Nord

Photo satellite du fleuve St-Laurent, de la Gaspésie et la Côte Est de l’Amérique du Nord

Nous, les Québécois sommes engagés dans une situation sans issue au sujet des projets étrangers et locaux des hydrocarbures.

Ce manifeste pour l’Élan global me semble sérieux et essentiel. Je signe au http://elanglobal.org/apropos … même s’il est évident que nos signatures ne suffiront pas.

Fleuve St-Laurent-petrolier-ile-aux-coudres_SRCIci comme ailleurs, nous devons faire une profonde réflexion sur nos sources énergétiques, suite à l’annonce cette semaine par la revue scientifique américaine Science Advances qui a annoncé que la « 6e extinction de masse est en cours» ! (au cas où certains n’avaient encore remarqué…)

say-no-Trans-Canada-Energie Est
Plus de détails au http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/443312/biodiversite-l-humain-a-enclenche-la-sixieme-grande-extinction
et au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/06/21/lhumain-a-enclenche-la-6e-grande-extinction/

Aussi, les autochtones se regroupent dans le monde, veillent et agissent pour l’environnement et la protection de territoire : après-demain, jour de l’indépendance : http://26june.weebly.com/ :

«  The unification of all the independent sovereign indigenous nations is an opportunity to restore balance and harmony to Mother Earth, and to create a new era of peace, justice, spiritual renewal, cooperation and healing for all of our Human Family.»

Indigenous Nations rallied to protect Medecine Lake from industial sacle Geothermal desecration. California, march 2015. Source :http://bsnorrell.blogspot.ca

Indigenous Nations rallied to protect Medecine Lake from industial scale geothermal desecration. California, march 2015. Source :http://bsnorrell.blogspot.ca

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Manifestation à Cacouna contre le projet de port pétrolier de Tanscanada-pipeline sur le fleuve Saint-Laurent, 2014. En 2015, le gouvernement annule le projet.

St-Laurent_Forces

Source: revue Forces

Et vous ?

lesindignesduquebec

Élan global

Sophie Doucet Sophie Doucet

Les Indignés du Québec vous invitent à signer le «Manifeste pour l’Élan global» qui constitue un clin d’œil à l’héritage du Refus global.  Le 9 août 1948 était publié le «Refus global». Ce manifeste signé par 15 membres du groupe automatiste rejetait alors l’immobilisme de la société québécoise. Sa parution en 1948 provoqua une vive controverse au Québec. 

Aujourd’hui, le manifeste pour un Élan global est un clin d’œil à l’héritage du Refus global. L’Élan global se veut radical par ses idées et implore une transformation profonde du Québec comme l’ont fait les Automatistes il y a 67 ans.
Refus+global
L’Élan global n’est pas qu’un manifeste. L’Élan global est un collectif d’objectrices et d’objecteurs de conscience qui souhaitent se libérer des hydrocarbures et bâtir un monde juste et viable. C’est un mouvement de résistance à l’invasion systématique de notre territoire par les pétrolières et par de puissants intérêts financiers. Notre objectif est de…

View original post 225 mots de plus

À l’occasion de la sortie du rapport de la Commission canadienne de Vérité et réconciliation sur les pensionnats autochtones, qui dénonce haut et fort le «génocide culturel» dont ont été victimes les autochtones du Canada (1), je crois qu’une prière s’impose. Elle provient d’une tradition de guérison des indigènes de Polynésie, et en particulier à Hawai. J’adresse cette prière à vous, êtres des premiers peuples.

Prière ho’oponopono.

Si moi et ma famille, mes proches ou mes ancêtres vous ont offensé ou offensé votre famille, vos proches ou vos ancêtres en pensées, en mots ou en actes, depuis le début de la création jusqu’à aujourd’hui, nous implorons humblement, humblement, humblement votre pardon. Puisse tout cela être nettoyé, purifié et libéré. Que tous les blocages, les mémoires, les énergies et les vibrations négatives soient coupés.

Puisse toutes ces énergies indésirables être transmutées en pure lumière.

Que cela soit!

Morrnah Nalamaku Simeona, a Hawaiian Kahuna Lapa’au et dr Len

Morrnah Nalamaku Simeona (1913 – 1992), ad 1970, healer in Hawaii

Morrnah Nalamaku Simeona

Morrnah Nalamaku Simeona est une «healer» (femme-médecine, chamane, guérisseuse) à Hawai. Elle est la créatrice de la méthode « Self-I-Dentity through Ho’oponopono» (2). Elle a fondé les «Pacifica Seminars» dans les années 1970. Elle est reconnue comme une Kahuna Iapa’au healer à Hawaii et a été honorée par l’État américain d’Hawaii comme un « Living Treasure» (trésor vivant) en 1983.

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En effet, ces mots si simples ont trop souvent quitté notre bouche, nos pensées et nos rapports humains et collectifs :

  • Je suis désolé
  • S’il te plaît, pardonne-moi
  • Je te remercie
  • Je t’aime

À répéter souvent dans une semaine :)))

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Alors quoi ? Devant une erreur, que dis-je, une aberration presque fatale, une laideur sans titre, on ne peut que rappeler la beauté à la rescousse.

« Pour ceux qui serait tentés d’en retrouver la signification originelle et d’en convoquer la puissance intrinsèque, il faut d’abord rétablir un peu d’harmonie perdue, soigner les mots blessés, et en retrouver les définitions, même quand ces dernières glissent des doigts, comme profanées par l’étendu du malentendu.

Il y a une beauté de la nature, du territoire, qui provoque en nous quelque chose qui nous élève, ou mieux, nous agrandit. Fleuve et battures, estuaires et iles, oies, bernaches, huards, lupins églantines dans l’odeur des algues, épinettes, lacs, et plus haut, dans le Nord éblouissant : toundra.

[…]

Il y a une beauté du geste. Il y a une beauté de l’humain. Il y a des horreurs, des erreurs. Il y a de la colère, de l’insécurité, de la cupidité et des inégalités révoltantes. Il y a un individualisme frénétique qui sévit partout dans nos sociétés de confort. Malgré tout, persistant comme une petite musique obstinée qui refuse de nous sortir de la tête, il y a la beauté, oui, chez les humains. Les gestes sont petits, parfois invisibles. Les gestes sont infimes. Mais parfois ils sauvent la vie, ou la journée. C’est devant cette beauté que nous sommes le plus désarmés : elle nous semble tellement inhabituelle que nous ne savons pas comment la recevoir.» Véronique Côté, La vie habitable.

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(1) http://www.lapresse.ca/actualites/national/201506/02/01-4874588-les-pensionnats-autochtones-ont-participe-a-un-genocide-culturel.php

http://www.ledevoir.com/politique/canada/441653/autochtones-94-gestes-pour-fermer-la-plaie-des-pensionnats

Le rapport de 382 pages contient 94 recommandations très diverses qui s'adressent à tous les ordres de gouvernement, de même qu'à la population, à l'Église, aux médias et même à des écoles et ordres professionnels. Sur la photo: La Commission de vérité et de réconciliation sur les pensionnats autochtones. John Cree (G) et Don Waboose (tambour), ouvraient la commission avec une cérémonie de tambour et de chant. Crédit photo: David Boily

Le rapport de la CRV de 382 pages contient 94 recommandations très diverses qui s’adressent à tous les ordres de gouvernement, de même qu’à la population, à l’Église, aux médias et même à des écoles et ordres professionnels. Sur la photo: la Commission de vérité et de réconciliation sur les pensionnats autochtones. John Cree et Don Waboose (tambour), ouvraient la commission avec une cérémonie de tambour et de chant. Crédit photo: David Boily

(2) J’ai entendu parlé de cette méthode lorsque j’ai suivi une formation en reiki. Selon plusieurs sources impossibles à vérifier, un proche collaborateur de Mme Morrnah Nalamaku, le docteur et psychiatre Len aurait utilisé cette méthode pour traiter et guérir des psychotiques en prison. Voir http://www.forme-sante-ideale.com/la-methode-hooponopono-pourquoi-ca-marche/ Il serait intéressant de soumettre ces actions à un spécialiste physicien des effets quantiques, théorie des cordes et autres champs morphiques. Beaucoup d’aspects de la vie échappent encore à la science !

«La violence faite à la nature et la violence faite aux femmes sont la même.»  Yves Sioui Durand et Catherine Joncas, fondateurs et directeurs artistiques du théâtre Ondinnok au Québec

IMG_20150507_0001 (2)Depuis longtemps, je m’interroge sur les causes et sources profondes du patriarcat et de la domination de l’homme sur la femme partout dans le monde, sauf à de rares exceptions, et plus largement de la tendance humaine à la domination sur autrui, dont les femmes ne sont pas exemptes, il va sans dire (1). Progressivement, j’en suis venue, moi aussi, à la même conclusion, en observant les personnes derrière la pollution de la Terre-Mère. (2)

Le théâtre Ondinnok vient d’en proposer une vision puissante dans leur plus récente pièce proposée dans le cadre de l’événement Printemps autochtone d’art «Un Monde qui s’achève – Lola» à la Maison de la culture Frontenac à Montréal.

IMG_20150507_0001Lola2_théâtre OndinnokComme le relatait cette semaine Yves Sioui Durand, lors de leur conférence performative post-pièce, la plupart des nations autochtones des Amériques ont comme mythe fondateur une histoire entre le Soleil et la Lune (3). Les Selk’nam de la Terre de Feu au sud du Sud, là où commence et finit le monde au détroit de Magellan, raconte comment (si j’ai bien compris) au début des temps, les hommes ont voulu s’approprier le pouvoir dominant des femmes. L’un a poursuivi l’autre jusque dans le ciel, le mâle devant Soleil et la femelle Lune.

Selk'nam, à gauche costume et maquillage pour le rituel du Haïn, à droite maquillage des Shoorts, sorte de police et de gardien du territoire  dansle rituel du Haïn

Selk’nam, à gauche costume et maquillage pour le rituel du Haïn. À droite, «clown sacré» maquillage des Shoorts, sorte de police et de gardien du territoire, également responsable de réprimer les femmes insoumises. Dans le rituel du Haïn, lors de leur dernier rituel avant leur extermination en 1923, Terre de Feu. Crédit photo: Anne Chapman. Dans la pièce d’Ondinnok, on raconte comment l’un d’entre eux brula la vulve d’une femme infidèle qui avait profité de l’absence des chasseurs pour coucher avec tous les jeunes hommes de la tribu. Ce rituel n’est pas sans faire penser à celui de la lapidation des femmes infidèles ou prostituées dans la Bible et dans les traditions musulmanes. Bien sûr, l’homme infidèle, lui, est rarement inquiété, habitude acquise probablement quand les hommes ont compris leur rôle dans la procréation pour «protéger» leur lignage et leur descendance… et qui fonda, peut-être, le patriarcat.

S’inspirant de la thèse de l’ethnologue et anthropologue Anne Chapman dans son dernier livre (4), la pièce d’Ondinnok «Un monde qui s’achève – Lola» donne à voir et à sentir la nation Selk’nam qui avait ritualisé ce mythe pour assoir définitivement le pouvoir des hommes avec une cérémonie rituelle et initiatique appelée Haïn. Pour Catherine Joncas et  Yves Sioui Durand d’Ondinnok, la racine du théâtre, dont l’essence même est de révéler le double, est chamanique.

Angela Loij et une des dernières femmes de la nation Selknam vers 1964. Crédit photo: Anne Chapman

Angela Loij et une des dernières femmes de la nation Selknam vers 1964. Crédit photo: Anne Chapman

Chapman a rencontré en 1964 Lola Kiepja et Angela Loij pour connaitre et transmettre les savoirs et la mémoire de cette nation alors en voie d’extinction. À son tour, Ondinnok a rencontré Chapman en 2004 et leur projet de théâtre s’est lentement développé jusqu’en 2015.

Livre d'Anne Chapman (2008) et photo de Lola Kiepja, 1964.

Livre d’Anne Chapman (2008) et photo de Lola Kiepja, 1964.

Dans le Haïn, les jeunes hommes étaient invités à entrer dans un tipi avec les anciens. Ils ressortaient de là couvert de sang en disant aux femmes qui chantaient autour qu’ils avaient eu de nombreuses relations sexuelles avec Xalpen personnage féminin mythique assez terrible de leur spiritualité. Comme celui du Mexique par exemple, là où il a tant de féminicides : la chorégraphe de la pièce, d’origine mexicaine Leticia Vera a bien mis cela en mouvement. La longue pause sur image, au retour de l’entracte reste imprégné dans notre mémoire : des comédiens habillés en Shoorts et leur costume masqué conique, face au public, se tiennent debout, immobiles devant des femmes couchées à leurs pieds, immobiles aussi, comme mortes victimes de violence. On pense à toutes ces femmes, et en particulier à cette vague (?) de femmes autochtones violées, tuées ou disparues dans l’Ouest canadien et aussi au Québec (5). C’est le cœur serré devant cette image saisissante qu’on attend le retour de l’action. Xalpen, à la sexualité insatiable, était liée à la Lune. Devant des femmes effrayées par une telle scène, les jeunes hommes nouvellement initiés tiraient désormais leur pouvoir sur elles. Très tôt dans l’histoire humaine, l’humain a voulu codifier les rapports hommes-femmes dysfonctionnels, jugés une menace pour les sociétés basées sur la survie, dans leur fonction, notamment, reproductive.

Anne Chapman, ethnologue et anthropologue franco-américaine, vers 2004

Anne Chapman, ethnologue et anthropologue franco-américaine, vers 2004

Lola la chamane a révélé à l’anthropologue Anne Chapman (4) que le Haïn était mis en scène par les hommes et qu’il n’y avait pas de relations sexuelles comme telles. Si cette violence ritualisée servait également à réfréner les pulsions masculines violentes et à protéger, d’une certaine façon, les femmes de leurs excès, elle servait aussi à établir un contrat social clairement inégalitaire d’où les femmes étaient exclues. Nous savons que ce type de relations psychosociales n’est pas le modèle de toutes les nations autochtones, notamment chez les Iroquois où les femmes jouent un grand rôle dans le processus de décision pour le groupe. Lola a aussi légué à l’humanité les derniers chants chamaniques Selk’nam qu’on peut écouter notamment au http://www.folkways.si.edu/lola-kiepja/shaman-chant-no-1/american-indian-world/music/track/smithsonian

Cependant, comme cette société Selk’nam, en harmonie avec la nature, est pourtant inégalitaire, on comprend mal encore le lien que les créateurs d’Ondinnok font dans le titre de cet article entre patriarcat et pollution de la Terre-Mère. Je désire inviter à nouveau les auteurs de cette pièce à préciser leur pensée et leur démarche dans la revue Possibles, dans le cadre de ma préparation pour le numéro sur les nouvelles mouvances autochtones. Plus de détail au https://evemarieblog.wordpress.com/2014/10/12/appel-de-textes-de-creation-sur-la-terre-pour-possibles/

Cette nation a été décimée par des politiques de génocide, par les chercheurs d’or et les éleveurs de moutons à la Terre de Feu mais leur mémoire reste, grâce à Chapman puis à Ondinnok. Et, parait-il, des Argentins et des Chiliens, après des années de honte, se réclament de descendance Selk’nam.

Performance inspirée des Selk'nams par Deviantart au Chili. Crédit photo: Victor Andres Ojeda P.

Performance inspirée des Selk’nams par Deviantart au Chili. Crédit photo: Victor Andres Ojeda P.

Cette photo n’est pas sans faire penser à la Ma-nufestation des étudiants lors du printemps érable à Montréal, en 2012. Un inconscient collectif s’est-il manifesté, quand on sait que 70% des Montréalais de souche ont de très lointains ancêtres autochtones datant des tous débuts de la colonisation française… comme l’affirme notamment l’historien Denys Delage dans le film «L’empreinte», voir au https://www.youtube.com/watch?v=pRYg7cP1RQM.

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Printemps érable 2012 «Ma-nufestation». Manifestation étudiante le 8 juin contre le Grand Prix de F1 de Montréal : «Notre nudité exprime notre volonté de transparence».

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Printemps érable 2012 «Ma-nufestation».

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(1) Petite anecdote de ce genre de rapport de pouvoir détestable au quotidien : juste après avoir fini d’écrire cet article, je sors en bicyclette faire quelques courses. Au stop, j’arrive en même temps qu’une voiture de la rue transversale, je ralentis et arrête une seconde en équilibre sur ma bicyclette pour voir s’il va me laisser passer. Au moment où je démarre lentement avec difficulté, car je suis en 12e vitesse, l’automobiliste me klaxonne et me fait signe de passer… mais plutôt comme une tape d’impatience avec sa main, geste d’une grande incivilité, l’air de dire… débarrasse au plus criss, je suis pressé MOI. Je me retourne, insultée, et lui lance : «c’est quoi ton problème ?» (j’ai fait mon stop normalement, puis j’ai redémarré). Il me répond en criant : toé, traverse pis ferme ta gueule!»… Je me sens salie, je souffle fermement avec ma bouche pour me débarrasser de cette mauvaise énergie… Heureusement arrivée au supermarché, un beau gentil jeune homme m’offre gentiment une dégustation de fromage et de vin rosé, dont une partie ira au cancer du sein. Nous bavardons un instant… le temps d’oublier ce fâcheux mais banal incident, d’un type de violence devenue trop quotidien. Depuis que je me suis fait renversée par une voiture l’automne dernier, je suis plus prudente avec les voitures et j’ai plus peur de ces bolides… Justement j’avais besoin de vin, j’achète celui-là, le remercie puis avance dans l’allée. Je l’entends en arrière, je me retourne : il me sourit encore, et insiste : merci madame, merci… sans que je sache trop pourquoi… L’équilibre est rétabli.

(2) Voir notamment mon poème Éco F au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/03/08/eco-f/

et mes poèmes publiés dans la revue Possibles au http://redtac.org/possibles/2014/07/17/nous-sommes-je-je-suis-nous/

(3) Dans la nation inuite au nord du Québec et du Canada, l’artiste chanteuse et conteuse Laakkuluk W. Bathory est aussi une artiste très engagée à Iqaluit. Elle est présidente d’un groupe pour l’ouverture d’un centre de performances culturelles. Elle raconte, entre autres, un mythe important de la culture inuite, celui la Lune et du Soleil : https://www.youtube.com/watch?v=Y0fPa9-s96g

Au contraire du mythe des Selk’nam et de la fondation occidentale dans la mythologie grecque, les Inuits ont un pôle solaire féminin (sister) et un pôle lunaire masculin (brother). Intéressant, non?

(4) Son livre testament où elle prouve que les Selk’nam avait un véritable théâtre : Quand le soleil voulait tuer la lune, Rituels et théâtre chez les Selk’nam de Terre de Feu, éd. Métaillé, 2008.

(5) Voir https://evemarieblog.wordpress.com/2015/01/15/encore-une-femme-autochtone-disparue-lynn-esther-iserhoff/

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Réunion Anishnabe Solidarité NABRO ET SOS TerritoireShannon Chief, de la Nation Anishinabe du Bassin-versant de la Rivière des Outaouais parlera et partagera avec le public le 20 février à 18 h à l’UQAM, à Montréal.

Le comité SOS Territoire du GRIP-UQAM et Solidarité NABRO vous invitent à un potluck/discussion sur le thème des résistances autochtones aux projets d’exploitation des ressources naturelles, et le rôle que nous pouvons y jouer.

Qu’est-ce qui se passe sur le territoire?
Comment construire des solidarités en lutte?
Comment créer et maintenir des liens avec les autres mouvements sociaux et environnementaux ?

L’invitée pour l’occasion écrit :


«J’ai été élevée et j’ai habité dans plusieurs régions de bassin-versant de la rivière des Outaouais, notre territoire est immense, et c’est en étant entourée par ma famille qui habite plusieurs communautés de notre territoire que je me sens comme chez moi. Les aînés que je connaissais quand j’étais jeune me parlaient des changements à venir, qu’ils et elles ne verraient pas dans leurs vies à eux, mais que nous verrions nous autres. Ils parlaient des wampums, des prophéties, de la perte de notre langue, de la maladie et de la destruction de notre terre mère. Ça me terrifiait de penser que la fin du monde arriverait dans mon temps sur terre.
Notre nourriture, notre eau, nos abris, nos médecines, et nos ressources ne cessent d’être détruits, ce qui compromet la survie des animaux, de nos enfants, et des générations futures.
La réalité est que ni le Canada ni le Québec n’ont signé quoi que ce soit pour prouver leur titre sur notre territoire.
Les wampums que les Anishnabeg ont conclus avec les Français, les Anglais, et autres nations étaient faits pour assurer qu’il y ait de la paix entre nous. Cette paix doit exister pour les animaux, l’environnement qu’on connait comme terre mère, pour les personnes et pour une façon de vivre pour nous tout-e-s.» SHANNON CHIEF
Clan du Loup, messagère sacrée du conseil des aîné-e-s traditionnel-le-s, Nation Anishinabe (algonquine) du Bassin-versant de la Rivière des Outaouais.


Venez écouter et partager respectueusement.

HORAIRE
18h: Potluck. Emmenez un mets à partager!
19h: Début du cercle de discussion


À noter que Shannon s’exprime principalement en anglais. De la traduction chuchotée sera disponible au besoin.

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POUR SE RENDRE AU CAFÉ FRACTAL : local SH-R380 de l’UQAM
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La porte d’entrée qui mène au café se trouve au milieu du côté arrière du pavillon Sherbrooke (SH). La porte d’entrée principale se trouve au 200, rue Sherbrooke Ouest, mais donc il ne faut pas entrer par là, plutôt passer par la porte arrière.
http://www.uqam.ca/campus/complexe.htm

Adresse : 2119, rue Jeanne-Mance, Montréal

Louis Riel

Louis Riel, ad 1880

En 1885, le Métis Canadien-Français Louis Riel de l’Ouest canadien est condamné à mort au Manitoba pour avoir défendu et armé les siens pour protéger leurs terres, pour retrouver leurs droits civils et de propriété et pour avoir lutté contre l’avancée des arpenteurs, de la colonisation et du Canadian Pacific.

Après des actions pacifistes, il lance un appel à une résistance armée aux chefs amérindiens Big Bear et Pound-Maker, et aidé par un autre chef Métis, Gabriel Dumont (1). Selon l’historien Jacques Lacoursière (2), « cet événement remet en cause les fondements mêmes de la Confédération » canadienne naissante : « l’agitation dans le Québec contre l’exécution d’un Canadien-Français sommairement condamné par un jury et un juge anglais devint une révolution politique.» Mason Wide (3).

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Le nouveau chef du parti National au Québec, Honoré Mercier, en fera d’ailleurs la lancée d’un de ses discours resté célèbre au Champ de Mars à Montréal en novembre 1885, juste après la pendaison de Louis Riel à Régina :

« Riel notre frère est mort, victime de son dévouement à la cause des Métis dont il était le chef, victime de fanatisme et de trahison. »

Un nouveau chant, sur l’air de la Marseillaise avec de nouvelles paroles « La Marseillaise rielliste » était en vogue au Québec en 1885 :

Enfants de la nouvelle France,
Douter de nous est plus permis!
Au gibet Riel se balance,
Victime de nos ennemis (Bis).
Amis, pour nous, ah, quel outrage!
Quels transports il doit exciter!
Celui qu’on vient d’exécuter
Nous anime par son courage.

Refrain
Courage! Canadiens! Tenons bien haut nos cœurs;
Un jour viendra (Bis) Nous serons les vainqueurs.

Que veulent ces esclavagistes?
Que veut ce ministre étrangleur*?
Pour qui ces menées orangistes**,
Pour qui ces cris, cette fureur ? (Bis)
Pour nous, amis, pour nous, mes frères,
Ils voudraient nous voir au cercueil,
Ces tyrans que leur fol orgueil
Aveugle et rend sourds aux prières.

Refrain

Honte à vous, ministres infâmes,
Qui trahissez, oh! lâcheté!
¬Vous avez donc vendu vos âmes!
Judas! Que vous ont-ils payé? (Bis)
Dans la campagne et dans la ville
Un jour le peuple vous dira:
Au bagne, envoyez-moi tout ça!
La corde n’est pas assez vile!

Refrain

Source de la chanson : reproduction d’un texte de l’Institut d’Histoire de l’Amérique française,
collection Lionel Groulx (2)

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La Cour suprême du Canada va entendre très prochainement une cause au sujet des droits linguistiques des francophones de l’Ouest canadien, dont une bonne part sont des Métis. Les juges vont déterminer si « la Reine Victoria a réellement promis à Louis Riel de préserver l’ensemble des droits des Métis de la terre de Rupert (vaste territoire duquel sont nés la plupart des provinces et territoires de l’Ouest canadien) en échange d’une adhésion pacifique à la Confédération » (4). Après des recherches approfondies dans les archives du Manitoba, à Ottawa, à la compagnie de la Baie d’Hudson et à Londres pour trouver des preuves historiques et constitutionnelles pour cette cause, l’avocat de cette cause devant la Cour suprême, Me Roger Lepage vient d’affirmer qu’« à l’époque, la Couronne nous a dit que si l’on déposait les armes elle respecterait nos droits civils, religieux et de propriétés. Ça incluait nos droits linguistiques.» (4)

À noter qu’il y a eu deux rébellions avec Riel : une aux alentours de la Confédération canadienne (1870) et l’une après (1885).

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* Possiblement une allusion au 1er ministre conservateur canadien John A. Macdonald, qui préféra une politique d’apathie (selon Lacoursière, 1973) face aux revendications des Métis en 1885, puis envoya l’armée. Pourtant, quelques années plus tôt, en 1869, les 10,000 Métis de la Rivière-Rouge (actuelle région de Winnipeg) des terres d’Assiniboia, « les Métis francophones avaient obtenus des garanties et des promesses solennelles de la part du gouvernement Macdonald, selon lesquelles ils pourraient conserver leur mode de vie, leur langue, leur religion et leur terres.» (5)

** En 1885, « les Orangistes d’Ontario réclament la tête de Riel pour venger la mort de Scott » J. Lacoursière (1973). Pendant le gouvernement provisoire de Riel de 1870 dans l’Ouest canadien, « reconnu pour sa haine des Métis francophones, Thomas Scott [avait] menacé, avec d’autres colons ontariens, de se rebeller. Arrêté en 1870 [par les Métis], Scott est jugé, condamné et exécuté.» Pierre Rousseau, (2003) (6)

_________________________________
(1) Le chef métis Gabriel Dumont sera l’invité de la Société St-Jean-Baptiste en 1888, pour donner une série de conférences.
(2) Jacques Lacoursière, Denis Vaugeois, Jacques Provencher, « Canada – Québec, synthèse historique », éditions du Renouveau pédagogique, Montréal, 1973
(3) Mason Wide, « Les Canadiens français de 1760 à nos jours », Le Cercle du Livre de France, Montréal, 1963
(4) Le Devoir, 7/02/15, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/431175/une-contravention-pour-deterrer-l-heritage-de-riel#ajout-commentaire

(5) Le Devoir, 7/02/15, http://www.ledevoir.com/politique/canada/431166/la-gifle

(6) Le Devoir, 25/08/03, http://www.ledevoir.com/non-classe/34656/le-fin-mot-de-l-histoire-riel-notre-frere-est-mort-honore-mercier

Je relaie ce message que je viens de recevoir du Cercle des Premières Nations de l’UQAM.

La jeune autochtone Lynn Esther Iserhoff est disparue et est recherchée.

Date de diffusion : 13 janvier 2015

Avec l’accord de la famille et à la demande des policiers-enquêteurs, nous sollicitons votre collaboration en vous demandant de publier la photo ainsi que la description de cette personne.

Lynn Esther Iserhoff disparue, janvier 2015

Lynn Esther Iserhoff disparue, janvier 2015

Profil de la personne disparue

Disparu(e) depuis : Le 8 janvier 2015
Nom Iserhoff
Prénom Lynn Esther
Âge 18
Taille 1,65 m ( 5’5 »)
Poids 56 kg (125 lb)
Cheveux Bruns
Yeux Bruns
Origine ethnique Autochtone
Vêtements
Enquêteur au dossier Info-Crime
Téléphone de l’enquêteur 514-393-1133
Numéro de dossier MTLEV1500024865

Note individuelle

La jeune femme est originaire de Mistissinni, dans le Nord du Québec, où sa disparition a été rapportée le 8 janvier dernier. Les enquêteurs ont des raisons de croire qu’elle serait présentement à Montréal et qu’elle pourrait être aperçue dans les secteur du centre-ville et de ville LaSalle. Elle aurait de mauvaises fréquentations, sa famille est très inquiète et craint pour sa sécurité.

La jeune fille a une cicatrice sur son visage, du haut du nez jusqu’au haut du front. La jeune femme camoufle parfois la cicatrice avec du maquillage, mais elle est généralement bien visible.

———————————————————-

Date de diffusion : January-13-15

With the permission of the family and at the request of police investigators, we ask you to support our efforts by publishing this photo and description of the missing person.

Missing Person Profile

Missing since Le 8 janvier 2015
Last Name Iserhoff
First Name Lynn Esther
Age 18
Height 1,65 m ( 5’5 »)
Weight 56 kg (125 lb)
Hair color Bruns
Eye color Bruns
Ethnicity Autochtone
Clothes
Investigator Info-Crime
Investigator’s phone number 514-393-1133
Case number MTLEV1500024865

Gustavo Zamora Jiménez

Coordonnateur

Cercle des Premières Nations de l’UQAM

UQAM, bureau DS-3223

  1. 987.3000 poste 6793

cpn@uqam.ca

www.cpn.uqam.ca

https://www.facebook.com/#!/cpn.uqam

*/*

Une campagne pour exiger au Canada une commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées est en cours. On peut l’appuyer, notamment sur Twitter au mot-clic #AmINext.

________________

+ Lien d’actualité : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/428704/femmes-autochtones-l-oea-veut-une-enquete

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