Category: regards croisés


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La Tricoteuse du peuple parle de refuge avec le public à la Place des Festivals à Montréal, lors d’un événement organisé par ATSA, mai 2019. Crédit photo : Jean Christophe

11 mai 2019 – Dans le cadre de l’événement culturel et communautaire sur les immigrants et les réfugiés «Cuisine ta ville»  organisé par ATSA (Quand l’art passe à l’action), j’ai rencontré les passants sur la Place des Festivals à Montréal pour discuter et tricoter ensemble. Je leur ai demandé : qu’est-ce qu’un refuge pour vous ?
Pour le public participant, le symbole du refuge est le lieu extérieur ou intérieur (spirituel) de la sécurité, du réconfort, de la paix, du repos, de la guérison, voire de l’amour. Converser avec des inconnus, tout en tricotant ensemble, parfois sur des sujets assez intimes (quelques réfugiés ont bien voulu se confier sur leur expérience) est une grande chance dans les deux sens. Beaux grands petits moments éphémères où se créent parfois quelques complicités aussi entre deux personnes du public qui tricotent et discutent ensemble. Moment d’échange, de connexion, de centration de notre humanité. Merci !

Plus de photos sur https://www.facebook.com/%C3%88ve-Marie-Langevin-750633708443354/

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Rapport Final Commission Bouchard Taylor

Charles Taylor et Gérard Bouchard  lors de la Commission gouvernementale qui porte leur nom en 2008

Au Québec, plus de 10 ans après la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables avec les minorités religieuses dans la fonction publique et quelques tentatives avortées de plusieurs partis politiques de légiférer à ce sujet, un nouveau parti au gouvernement du Québec (CAQ) vient de présenter son projet de loi 21 sur la laïcité de l’État.

Rappelons d’abord ce que veut dire le mot «laïcité» selon ces deux sociologues :

«Pour Gérard Bouchard et Charles Taylor, la laïcité reposait sur quatre grands principes.  »Deux définissent les finalités profondes que l’on recherche, soit : l’égalité morale des personnes ou la reconnaissance de la valeur morale égale de chacune d’entre elles, et la liberté de conscience et de religion. Les deux autres se traduisent dans des structures institutionnelles qui sont essentielles pour réaliser ces finalités, à savoir : la neutralité de l’État à l’égard des religions et la séparation de l’Église et de l’État », écrivaient-ils dans leur rapport remis en 2008.» (1)

Rappelons aussi le contexte social de ce débat, né de la vague d’immigration massive depuis la fin des années 1990 qui a amené des pratiques de plus en plus diverses, dont certaines plus radicales et visibles que d’autres, notamment sur les questions religieuses. Ces nouvelles pratiques ont à la fois enrichi et mis au défi le vivre-ensemble dans une société de plus en plus individualiste et mercantile. Elles nous ont tous questionnés sur comment bien vivre avec/dans la différence.

En résumé, nous avons été déchirés entre les droits individuels (garantis par les Chartes des droits) protégeant principalement les minorités, et les droits et responsabilités collectifs garantis par les lois habituellement votées par des gouvernements représentant la majorité des citoyens. Au Québec, un aspect identitaire est venu s’ajouter et compliquer le débat, car la plupart des Québécois au passé chrétien et catholique ont une relation difficile avec les symboles religieux depuis la Révolution tranquille des années 1960 (j’y reviens plus loin dans mon billet), mais aussi pour une partie des croyants, -surtout croyantes, surtout musulmanes, qui s’identifie fortement au port de leur hidjab  comme fondement de leur expression religieuse (d’après ce que j’essaie d’en comprendre). D’autres aspects identitaires sont également venus se greffer et ont souvent été instrumentalisés par les partis au pouvoir de différentes façons.

***

J’aimerais exprimer ici un point de vue assez nuancé, avec un pour, un contre et une conclusion-synthèse entre les deux et tenter de nommer au passage quelques pièges dans ce débat.

LE POUR

En tant qu’enseignante auprès des immigrants adultes depuis plus de 15 ans et de formation initiale comme psychosociologue, j’aimerais axer mon billet sur un angle que je n’ai pas entendu jusqu’à maintenant, un angle mort, peut-être : le devoir de réserve des fonctionnaires et des enseignants dans le cadre de leurs fonctions (et non sur un blogue personnel comme celui-ci ou autre fb de ce monde). Il s’agit d’une discrétion professionnelle à l’égard de ses opinions politiques et religieuses. Pourquoi ? Parce que ces opinions peuvent d’une part, indisposer les citoyens usagers de nos services ou fausser nos relations, voire nos décisions à leur égard. En ce sens, il importe de rester, autant que faire se peut, moralement et d’apparence impartiale. Dans le domaine gouvernemental et paragouvernemental, l’apparence d’impartialité, voire de conflit d’intérêts est loin d’être un détail. Il est le socle sur lequel on construit son autorité morale devant des personnes qui, la plupart du temps, ne nous connaissent pas du tout, ce qui nous aide à être perçus,  le cas échéant, comme prenant des décisions neutres, non basées sur des préférences personnelles, des opinions politiques, religieuses ou autres. D’autre part, c’est également un devoir professionnel de faire passer la responsabilité collective devant la responsabilité individuelle (contrairement à un commerçant, par exemple) dans ce type d’emploi. En aucun cas, il s’agit ici d’interdire à tous les croyants, en toutes circonstances, dans l’espace public, le port de signes religieux ! L’interdiction proposée dans ce projet est très limitée et circonscrite à certains actes professionnels dans la fonction publique de l’appareil gouvernemental.

En ce sens, je crois que ce compromis, parfois légitimement difficile à faire pour certaines personnes, notamment celles de groupes minoritaires, doit être fait par les individus au nom de l’État employeur et non le contraire. Tout bien réfléchi, ce n’est pas à l’État de faire un compromis pour les individus, sauf pour ceux déjà à l’emploi, qui portent des signes religieux : ils pourront conserver leur emploi (clause dite «grand-père» du projet de loi).

Ce juste compromis, venant à la fois des individus et de l’État devant tous les sectarismes présents et à venir inclut la responsabilité à la fois de l’État et de ses employés de respecter les pratiques religieuses des citoyens-contribuables dans leur vie privée et de n’en favoriser aucune. Ainsi, par une loi sur la laïcité de l’État et de certains de ses fonctionnaires, on agit aussi afin de promouvoir la liberté et l’égalité des religions.

De très nombreuses personnes, des décideurs aux personnes de la société ou à leurs représentants de groupes de pression se sont exprimés tous azimuts sur le sujet depuis 10 ans, par vagues successives, parfois rapprochées. Le temps est venu de faire quelques constats pragmatiques et de prendre position pour favoriser une décision.

J’enseigne à des immigrants. La plupart d’entre eux comprennent et approuvent vivement le fait qu’il est de leur responsabilité de comprendre, respecter et appliquer (dans le cas de ceux qui travaillent ou vont travailler pour l’État québécois) le rejet massif de la majorité des Québécois de l’influence de l’Église catholique romaine dans la politique, puis, plus tard, de tous signes religieux (voiles, costumes, soutanes, croix, etc.) et de ses pratiques religieuses dans l’espace public  (d’abord la messe du dimanche, confesse régulière, plusieurs des sacrements -mais pas tous- depuis la Révolution tranquille,puis pus récemment des autres rituels et symboles religieux comme le kirpan, le turban, le voile, la kippa, etc. dans certains services publics). À cet égard, l’éminent historien québécois Yvan Lamonde l’explique ainsi :

«Je reconnais que nos concitoyens canadiens et les citoyens québécois d’immigration récente peuvent avoir de la difficulté à saisir la profondeur de cette évolution ; il n’en reste pas moins que c’est de cette expérience historique profonde que vient l’appui de la majorité au projet de loi 21.»  (2)

Les immigrants qui viennent d’autres traditions religieuses, qu’ils soient pratiquants ou non, doivent comprendre cette blessure et ce rejet fondamentaux dans notre histoire, rejet qui accompagne, pour le meilleur et pour le pire, toute l’histoire occidentale du 20e siècle. Au Québec, ce rejet d’une grande majorité de Québécois catholiques s’est fait ici non pas sur une période de 100 ans, mais sur une très rapide période de seulement 10 années (entre 1960 et 1970). Cela explique la désapprobation plus ou moins discrète d’un grand nombre de Québécois (selon plusieurs sondages) – mais pas de tous – des symboles ou vêtements religieux, quels que soient dans l’espace public – et encore davantage devant une personne en situation d’autorité. Il est important de comprendre que cette désapprobation vise d’abord l’apparence de la personne et non qui elle est à l’intérieur et éviter de trop personnaliser le débat.

Cette compréhension historique sur l’importance spécifique de l’expression concrète de la laïcité pour la nation québécoise pourrait permettre d’adoucir les débats et de s’interdire les outrances et les enflures verbales, ignorance ou fausseté du genre «raciste». En effet, le racisme est une croyance en la supériorité d’un groupe sur un autre, justifiant ainsi sa domination. Il n’est pas question de dire que les personnes qui portent tel ou tel symbole religieux sont inférieures ! Un maire de banlieue a parlé de «nettoyage ethnique», vraiment outrancier démagogique comme commentaire. Un enseignant a dit que cela allait empêcher des jeunes de faire carrière en enseignement. On ne rejette pas les personnes, mais un symbole important porté par plusieurs personnes, en particulier des femmes de religion musulmane. Un symbole dont il semble très difficile, voire impossible, de lâcher prise, alors qu’on a vu dans le passé des sociétés entières de confession musulmane (Turquie, Algérie, Tunisie, notamment) rejeter le hidjab. Vraiment difficile à comprendre cet attachement, d’autant plus que les musulmans eux-mêmes ne s’entendent pas au sujet de leur l’obligation ou non de porter le voile dans le Coran ! Il faut aussi savoir qu’un grand nombre de femmes de culture musulmane, pratiquantes ou non, rejettent elles-mêmes le port du voile (voir cet intéressant reportage de Radio-Canada sur ces 3 enseignantes qui le rejetent clairement, même dans l’enseignement (3). IMPORTANT : il ne s’agit pas d’un jugement de valeurs sur l’ensemble des pratiquants musulmans et autres, mais bien une précaution visant un petit nombre de fonctionnaires québécois en position d’autorité. J’ai entendu et vu beaucoup de jugement à l’emporte-pièce critiquant ce projet de loi comme une atteinte à «la diversité». C’est non seulement faux, mais d’une ignorance, voire manipulation intellectuelle insupportable. Cette loi ne vise PAS toute la société, comme certains semblent vouloir nous le faire croire.

Bref, dans ce projet de loi, on se préoccupe ici à la fois de son apparence d’impartialité et de son action neutre dans les faits et dans ses communications avec les usagers de certains services gouvernementaux comme les juges, procureurs, policiers, gardiens de prison et enseignants du primaire et du secondaire ainsi que les directeurs de ces écoles.

Voilà pour la thèse.

ET LE CONTRE

Mais maintenant, voyant le sociologue anglophone de McGill Charles Taylor, se dissocier lui-même de son rapport écrit avec Gérard Bouchard il y a quelques années, ainsi que , actuellement, des collègues-enseignants, habituellement si calmes, principalement ceux des écoles anglaises ainsi que des syndicats d’enseignants francophones (mais pas tous) prêts à la désobéissance civile pour empêcher cette loi de s’appliquer dans leurs écoles, puis lisant le texte de réflexion de l’un des principaux intellectuels ayant réfléchi sur la question et cité plus haut, G. Bouchard, qui explique très bien, notamment, que l’interdiction des signes religieux ne devrait viser que les personnes qui ont le droit coercitif de vie ou de mort (policier et gardien de prison) ou d’emprisonnement (juge et avocat) (4). Or les enseignants n’exercent effectivement pas de pouvoir coercitif, mais davantage une influence sur les jeunes. Il n’est pas non plus prouvé qu’ils exercent du prosélytisme sur eux. Si des personnes documentent de vrais cas, on pourra y réfléchir dans le futur.

Par ailleurs, l’importante question de la discrimination devra être encore être approfondie dans le débat et, à mon avis, être comprise au regard et à l’intérieur des responsabilités collectives qui devraient primer… ce qui, on le comprend, est assez difficile à faire passer dans une société de plus en plus individualiste. C’est cela qui différencie précisément, à mon avis, au Québec, notre société distincte des provinces anglophones canadiennes et des États-Unis.

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En conclusion

Je crois qu’il faut éviter les erreurs des derniers gouvernements et chercher un compromis modéré le plus acceptable pour une majorité de députés représentant une majorité de Québécois. C’est celui de la proposition initiale de Bouchard-Taylor qui exclut les enseignants de la loi. Pour ce qui est des autres corps professionnels, nous verrons plus tard, à l’usage. Mieux vaut un plus large consensus pour une loi si importante, celle qui institue enfin un mécanisme concret de la laïcité de l’État autant dans l’apparence des individus (5) qui le représentent que dans dans son application simplifiée; et surtout sans ces accommodements dits «raisonnables» à la pièce, du passé, et qui nous ont tant plongés dans la confusion.

Trouverons-nous un compromis gagnant-gagnant où chacun des camps accepte de laisser tomber quelque chose d’important en échange d’un aspect important pour lui, comme l’a demandé sur les ondes de Radio-Canada le philosophe Jocelyn Maclure ?

Réglons enfin avec un compromis applicable et viable qui ramène la paix sociale et calme les esprits surchauffés, c’est aussi faire de la politique.

Enfin, au-delà des symboles religieux, concentrons-nous comme société sur tout ce qui crée du «liant» social, avec des services adéquats d’éducation des enfants, de francisation des adultes immigrants, d’intégration par le travail et la culture, par le dialogue, la lutte contre les fausses nouvelles, les inégalités et les discriminations… qui empêchent vraiment les gens de travailler, d’être entendus et de se développer comme personnes dignes et humaines.

 

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(1) Voir le journal Le Devoir, 30-03-19, https://www.ledevoir.com/politique/quebec/551060/petit-guide-pratique-et-theorique-de-la-laicite

(2) https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/552632/la-laicite-et-la-question-identitaire

(3) https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1164904/enseignantes-musulmanes-non-voilees-projet-loi-laicite

(4) Voir tout le texte de G. Bouchard au https://streamings.streamingfilmcomplet.wiki/filmcomplet/589308/les-arbres-remarquables-un-patrimoine-protger-vostfr/

(5) Au sens d’absence de conflit d’intérêts et d’apparence de conflit d’intérêts du point de vue du simple citoyen-contribuable recevant ou donnant un service dans ces contextes précis de travail/services publics.

Chlorophylle38_2018

Jacinthe Laforte en spectacle, allias Chlorophyle38

Cette question sous forme d’affirmation, à la fois blague, dérision d’un personnage en quête d’amour et provocation dans le spectacle sociohumoristique d’une amie a fait réagir et réfléchir.

Voici les détails.

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«Les hommes ont décidé de rester à un niveau inférieur d’évolution !»

Texte de Jacinthe Laforte· 8 mars 2019 , publié avec sa permission et la discussion qui s’en suit. Bienvenue à votre avis aussi !

«Un spectateur a dit que [mon personnage de scène et spectacle] «Chlorophylle38 cherche un gars compatible» était un show féministe et j’étais contente, mais surprise, parce qu’une femme qui avait vu un extrait, il y a plusieurs mois, m’avait dit être très mal à l’aise, qu’elle craignait que mon spectacle renforce des préjugés contre les femmes, étant donné que je caricature certains comportements répandus chez plusieurs d’entre nous (dans l’extrait en question, celui d’avoir de grandes exigences envers les hommes sans se rendre compte que la rigidité sous-jacente parle plus de nos manques que de ceux de nos interlocuteurs).

J’ai demandé des précisions et le spectateur a dit que Chlorophylle38 ne ménageait pas les hommes!
La provocation en humour crée une zone d’incertitude : quand on énonce des énormités (comme Chlorophylle qui affirme avec conviction « Les hommes ont décidé de rester à un niveau inférieur d’évolution !»), fait-on passer un message (ici : pourquoi le domaine de l’intelligence émotionnelle, du développement personnel et de la spiritualité est-il massivement occupé par des femmes – CE QUI SEMBLE LUI CONFÉRER UNE VALEUR MOINDRE, alors qu’il touche au sens de la vie, au développement de la capacité d’amour et de vivre ensemble qui va faire toute la différence de la survie de l’espèce sur la planète!!!) ou se moque-t-on des personnes qui tiennent ce genre de discours sans nuance? OU LES DEUX? En ce qui me concerne, ces moqueries sont profondément ancrées dans la tendresse et la bienveillance, offertes dans une visée de conscience et de guérison.
En ce 8 mars, je vais énoncer pour les femmes ce qui est selon moi vrai pour tous les êtres humains : La conscience et l’accueil bienveillant des parts de nous qui agissent depuis le manque et l’exigence sont une voie de renforcement de notre présence, et par là de notre capacité à pleinement vivre notre valeur, à nous amener dans le monde avec confiance, à demander et recevoir avec assertivité et amour ce qui répond à nos besoins, à dire non à ce qui ne nous convient pas, oui à ce qui rend notre vie plus merveilleuse, et à nous engager dans l’univers collectif pour que toutes les femmes, partout dans le monde, puissent goûter à ça.
Bonne journée des droits des femmes! »

par Jacinthe Laforte sur Facebook au https://www.facebook.com/notes/jacinthe-laforte/les-hommes-ont-d%C3%A9cid%C3%A9-de-rester-%C3%A0-un-niveau-inf%C3%A9rieur-d%C3%A9volution-/10156429846232400/?comment_id=10156430192022400&reply_comment_id=10156433867217400&notif_id=1552235157643441&notif_t=feed_comment_reply&ref=notif
et sur son blogue https://www.jacinthelaforte.com/blog-videos/

 

Et la discussion qui s’en suit :

Merci et bonne fête chère Jacinthe ! J’adore ta conclusion et la situation paradoxale que tu illustres qui nous oblige à reculer la lorgnette et voir plus large avec notre cœur. Peux-tu donner plus de détails sur ce que tu veux dire par «agir depuis nos exigences» et «assertivité» ?

Jacinthe Laforte Cette exigence a comme impact, en général, soit la soumission, soit la rébellion de l’autre en question, mais rarement une réelle mobilisation vers la satisfaction mutuelle dans l’interdépendance… Je me note vraiment d’explorer cette question prochainement, en particulier dans l’idée des rapports hommes-femmes à un niveau sociétal.

Ma réponse : Oui, agir en fonction de nos seuls besoins amène des difficultés relationnelles et sociétales. Néanmoins, sur le plan de l’éducation tant parentale que scolaire, pourrait-on parler d’exigences constructives qui nous poussent à nous dépasser (mais sans nous mener à l’anxiété) ou destructives qui coupent de soi-même et des autres ? Le maitre-mot ici est en effet vraiment «mobilisation» sur le plan des relations individuelles. Cependant, en société, des sous-groupes ne peuvent pas nécessairement vraiment mobiliser le groupe au pouvoir qui refuse évidemment de perdre ses privilèges de caste/classe, de sexe, de revenus, de couleur, etc… C’est pourquoi on verra davantage des rapports de force sociaux se mettre en place.

Jacinthe Laforte Salut Ève! Oui, tout à fait! Et sur la question des rapports sociaux et des besoins, je recommande cette conférence en vidéo: https://www.facebook.com/spiralisformation/videos/318361912366628/ Le groupe Spiralis propose en mai un programme qui regarde la question des privilèges sociaux à la lumière de la Communication Non Violente

Et oui, on peut avoir des exigences assumées et conscientes (genre: pas de cigarette dans ma maison). La clé, c’est vraiment de voir l’impact de nos paroles, gestes, attitudes: est-ce que ça donne ce qu’on veut ou non? Sinon, on peut faire d’autres choix.

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J’ai visionné au complet ce passionnant document que tu suggères ci-haut, une formation qui vise à se questionner sur nos privilèges, dans une perspective de Communication NonViolente (CNV- issue de Rosenberg/Rogers).

Pour les personnes qui n’ont pas le temps de regarder cette formation au complet (65 minutes), voici quelques notes que j’ai prises :

Lorsqu’il y a une mauvaise communication et que quelqu’un nous renvoie la «balle» en pleine face :

1- Notre 1re réaction n’est pas nécessairement la meilleure : prendre un temps si possible, afin d’éviter une réaction défensive, offensive ou la culpabilité;

2- Faire un choix conscient de la partie du message (balle) sur laquelle je désire porter et donner mon attention. M’intéresser aux besoins sous-jacents de la communication (les besoins de l’autre/les miens).

3- Se donner de l’autoempathie en temps opportun.

4- suite du point 2… Porter attention à l’impact de notre message sur l’autre, et ce peu importe notre intention initiale.

5- Prendre action :

a) Apprendre  à connaitre progressivement mes biais personnels et mes angles morts;

b) M’éduquer sur les sous-groupes dans la société qui n’ont pas ou qui moins de privilèges que moi, sortir de ma bulle. Développer ma curiosité sur ce que vit l’autre ou l’Autre, afin de maintenir le lien sociétal ou individuel, selon la situation;

c) Partir de mon désir du «mieux» autour de moi (famille, amis, collègues) ou de celui d’un monde plus juste, moins inéquitable (par exemple) et non de celui, par exemple, de vouloir «sauver le monde» /  les autres;

d) Accepter à l’avance l’imperfection de telle ou telle action/parole et le courage de la prise de risque.

Et pour vous, chères lectrices et lecteurs ?

CENSURE ET AUTOCENSURE, LES NOUVEAUX MÉCANISMES DES CENSEURS

Dans Le Devoir de cette semaine, le rédacteur en chef de la revue québécoise Argument publie «Une privatisation de la censure», de Patrick Moreau, une opinion éclairée sur l’annulation par Festival de jazz de Montréal du spectacle SLAV de Robert Lepage et Betty Bonifassi, après une contestation militante cet été (1), et dont j’ai parlé en ces pages plusieurs fois depuis juillet dernier (2).

Tout d’abord, bravo à Patrick Moreau pour amener une opinion «autre» et clairement bien distillée. Je comprends que c’est le débat social dans son ensemble qu’il veut protéger et défendre, ce qui est tout à son honneur. Je partage aussi tout à fait plusieurs de ses inquiétudes quant à la transformation de cette nouvelle rectitude politique visant parfois à faire taire la diversité des (moyens d’) expressions dans tous les domaines de la vie publique.

Cependant, les questions lancées par les militants antiSLAV méritent une attention sérieuse également, comme en témoigne un autre article publié à la une dans ce journal (3). Il faut souligner et célébrer également la prise de parole des sans-pouvoirs encore traités aux marges de notre société.  Néanmoins, les moyens pris par ce groupe (et d’autres) pour critiquer une œuvre sont discutables.

À l’opposé, l’approche critique d’un autre spectacle en montage de Lepage (Kanata, avec Ariane Mouchkine – qui avait été également critiquée pour des raisons similaires l’été dernier, coup sur coup-), une approche d’affirmation & d’écoute mutuelle prise par des Autochtones au sujet de cette pièce était, me semble-t-il, beaucoup plus porteuse de dialogues.

Enfin, je réfute totalement les argument de monsieur Moreau, à savoir que ces groupes militants ou vedettes «ne sont pas représentatifs»… L’est-il lui-même pour défendre sa thèse et de qui ? Y a-t-il encore quelqu’un ou un groupe dans notre société qui peut prétendre l’être ? C’est précisément cette impression (probablement fausse) d’éclatement du consensus social qui nous a fait entrer depuis le tournant des années 2000 dans une ère de très difficile gestion de la diversité, car nous devons apprendre collectivement à faire face le mieux possible à nos conflits (intérieurs et) sociaux et aux redécoupages des zones de pouvoirs.

Nous devons également apprendre comment ne pas se laisser embrigader par ces nouveaux phénomènes de polarisation des idées, comme le pose très bien, par exemple, la démarche théâtrale de la pièce «L’Assemblée» (de Annabel Soutar et Chris Abraham) en créant, notamment de nouveaux lieux de conversations en personne… avec des gens différents de soi, brisant ainsi les cercles fermés des algorithmes des réseaux sociaux. Bonne suite !

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Un lecteur de ce texte, M. Rouette, se plaint que les militants sont des enfants gâtés qui utilise de mauvais moyens. Quand vous vivez de l’oppression, de l’injustice, de l’intimidation ou tout autre sentiment (réel ou imaginaire) de manque de respect, vos moyens pour agir sont généralement assez limités… par le fait même que vous êtes tenus à la marge depuis trop longtemps… Actions qui seront automatiquement dévaluées par ce fait même par la partie adverse.

Cependant, je comprends et partage le sentiment de ce lecteur d’être dans une tempête sociale d’incompréhension de la différence… très inconfortable…

Eh bien, mettons nos lunettes et prenons nos bâtons pour marcher et passer à travers !

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28 décembre

Tout est bien qui finit bien, de part et d’autres Lepage et les militants anti-SLAV se parlent vraiment enfin. Le metteur en scène reconnait humblement son erreur et propose des mesures concrètes pour y remédier. De leur côté les militants de montrent plus ouverts. Lepage annonce :

  • «que des représentants de SLĀV Résistance assisteront aux répétitions du spectacle avant sa reprise prévue en 2019. Des représentations se tiendront notamment à Saint-Jérôme les 22 et 23 janvier;
  • que de nombreux changements seront apportés au spectacle;
  • et que les représentants de SLĀV Résistance auront une tribune pour échanger avec le public et les artistes à la suite de certaines représentations futures.»

Voir les détails au https://www.ledevoir.com/culture/theatre/544487/polemique-slav-robert-lepage-fait-son-mea-culpa

Belle date pour un événement de concorde !

Tout simplement bravo pour cet heureux dénouement ! :))

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(1) https://www.ledevoir.com/opinion/idees/542275/la-privatisation-de-la-censure

(2)  (voir https://www.ledevoir.com/opinion/idees/542275/la-privatisation-de-la-censure et mon billet de juillet au https://evemarieblog.wordpress.com/2018/07/11/appropriation-culturelle-le-cas-de-slav/ ).

(3) https://www.ledevoir.com/culture/542286/rapport-sur-le-racisme-systemique-dans-les-arts

Les jeunes millénaux de la génération Y poursuivent le gouvernement du Canada pour son inaction climatique (1).

L’idée est frappante et le principe louable. En effet de nombreux voteurs-citoyens ont l’impression d’avoir été floués depuis trop longtemps par tous ces gouvernements surtout à l’écoute des riches et des puissants lobbys pollueurs de ce monde… C’est encore pire pour les jeunes qui auront à gérer les effets de toutes ces mauvaises décisions prises par le capital. Ils veulent en effet défendre le « droit à la vie et à la sécurité » des jeunes de 35 ans et moins, des droits pourtant protégés par la Charte canadienne et la Charte québécoise des droits et libertés.

Sauf que… heu… l’argent du gouvernement vient des taxes des gens. S’ils gagnaient leur cause, ce serait moins d’argent pour l’environnement ?

Par ailleurs, toutes les générations sont touchées par ces mauvaises décisions du passé. Personnellement, je n’ai jamais voté pour les amis des grands pollueurs et encore moins pour ce sinistre parti fédéral qui a annulé l’accord de Kyoto. Quelle engeance ! Et j’étais aux premières loges du recyclage et du transport à vélo dès mon adolescence… Je suis comme vous avec 20 ou 30 ans de plus !

Bref, y a-t-il moyen de créer des actions plus rassembleuses et qui n’auront pas pour conséquence d’opposer les générations de personnes entre elles ?

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(1) https://www.ledevoir.com/politique/canada/542264/poursuite-contre-le-gouvernement-du-canada-pour-son-inaction-climatique

À feu mon père, indépendantiste et diplomate

Québec un pays1J’ai hésité à publier ce billet, car beaucoup de choses ont déjà été écrites et je ne voulais pas ajouter au bruit ambiant de surplus. Mais certains angles que j’effleure dans cette chronique n’ont pas ou peu été abordés. Et quand j’ai pensé à mon père, dont c’était l’anniversaire de naissance ces jours-ci, je me dis, voilà, je le fais aussi pour sa mémoire et sa transmission.

Vivant au Québec, je ne suis pas d’allégeance politique péquiste (c’est-à-dire ni membre ni votante pour le Parti québécois ou P.Q., -un parti provincial, au Québec seulement), comme mes parents l’ont été. Si j’ai voté quelquefois pour ce parti au début de ma vie de citoyenne dans les années ‘80, j’ai rapidement décroché, déçue par plusieurs politiques de droite de l’époque votées par cette coalition souverainiste et indépendantiste. Cependant, lors de quelques élections pus récentes, j’ai parfois voté stratégiquement pour ce parti, mais surtout contre un autre parti, lorsque ce dernier avait des chances de perdre les élections dans mon comté.

Je me sens néanmoins interpellée par les récents événements politiques québécois. J’ai toujours eu un bon nez pour le devenir politique. Je tiens sans doute cela de mon père diplomate. Je me souviens, qu’alors jeune étudiante au cégep, j’avais prévu, et cela contre l’avis de mes amis militants à l’Association étudiante et de mon prof d’histoire, que le P.Q. gagnerait à nouveau le cœur des Québécois aux élections de 1981, et ce même s’il venait pourtant de perdre son référendum sur l’accession à la souveraineté. Peu d’analystes l’avaient prévu comme moi, à une époque où il n’y avait pas autant de sondages (de toute façon, pour ce qu’ils valent…). Cette prédiction, que j’avais gagnée à mon corps défendant, m’avait aussi gagné l’estime de mes amis et de mon prof d’histoire et m’avait donné confiance dans mes intuitions politiques.

Québec un pays4Lors des élections d’octobre dernier (2018), le P.Q. a connu la débâcle historique depuis sa création avec seulement une dizaine d’élu.e.s sur 125. Cela amène la grande famille indépendantiste, tous partis confondus et hors partis) à une réflexion profonde (espérons-le) et éventuellement aux vraies actions. J’aimerais ici répondre aux affirmations et questions soulevées par cet article, paru dans journal Le Devoir et poursuivre la discussion avec mes lecteurs et lectrices sur :

https://www.ledevoir.com/politique/quebec/541621/parti-quebecois-la-necessite-de-reflechir-mais-surtout-d-agir

Certains militants péquistes accusent leur ancien chef, Jean-François Lisée, d’être la cause principale de leur débâcle ! Un peu court comme analyse… Toujours cette tendance infantile dans ce parti à accuser les autres, avant de se regarder soi-même ? Ce chef, avec cette vision-là, n’a-t-il pas été élu par ses membres ? Par ailleurs, les motifs invoqués par de récents électeurs péquistes pour voter cette fois-ci pour un autre parti, sont des raisons qui remontent parfois à… il y plus de 30 ans ! Cela montre-t-il (et je ne suis pas particulièrement fière de demander cela) aussi une certaine immaturité politique d’une partie de son électorat ? Il y a chez les péquistes une culture du ressentiment et du verbiage à courte vue qui a fait que ma mère a elle-même quitté le bateau du Parti québécois comme «vieille» militante il y a une dizaine d’années… Avec cette logique politique tordue, en comparaison, s’il fallait que les électeurs et électrices de l’île de Montréal remontent à toutes les erreurs passées du Parti libéral pour lequel ils et elles ont pourtant massivement voté en octobre (1), ce parti fédéraliste aurait déjà été depuis longtemps effacé de la carte… Bref, y a-t-il, dans le Parti québécois, une culture assez toxique qui concoure peut-être, à la longue, à sa propre déchéance ? Comme l’affirme le candidat péquiste défait, Mathieu Traversy, cette culture est le propre du petit frère du P.Q., avec cette complaisance ou désir de plonger dans la boue certains de leurs membres au Bloc québécois (c.-à-d. pour mes lecteurs et lectrices hors Québec, cet autre parti souverainiste siège à Ottawa, pour les élections nationales-fédérales)… Mais M. Traversy est-il lui-même aveuglé par les comportements politiques des membres de son propre parti, et à amener ses déchirements sur la place publique, sous la loupe des médias qui en font leur joie et leur beurre ?

Et la question qui tue (et qui me fait mal à la poser moi-même)… Si j’étais une personne qui ne connait pas beaucoup la politique ou qui vient assez récemment d’arriver au Canada, serais-je porté à voter pour ce genre de parti dont les membres et leurs représentants agissent de la sorte ?  Considérerais-je le P.Q. apte à mener une nation francophone (incluant ses minorités) à se gouverner elle-même ? Poser la question… c’est y répondre…

Si le P.Q. et ses futurs alliés veulent inspirer une grande majorité de Québécois.e.s de la gauche et de la droite à voter pour lui, il faudrait commencer par donner l’exemple de l’autodignité et de la certitude de la capacité à vraiment POUVOIR gouverner un nouveau pays, sans tomber dans l’anarchie (luttes de pouvoir ou corruption), comme l’a malheureusement montré l’histoire des transitions à l’indépendance de nombreux pays dans le monde.

En effet, de trop longs temps sous l’effet de l’oppression, de l’exploitation ou simplement de la minorisation indifférente d’un peuple amène ses citoyens à internaliser leurs propres conflits dans leurs comportements quotidiens, voire à préférer les choix politiques et la langue des dominants, comme l’a montré l’analyse célèbre d’Albert Memmi dans son classique « Portrait du colonisé » et aussi, d’une autre façon, Gaston Miron, dans la partie essai de son célèbre livre « L’homme rapaillé » …

Pour exemple, souvenons-nous que l’Ukraine a mis entre 500 et 600 ans (1991) à trouver son indépendance, et ce malgré une forte « polognisation » et russification et immigration (la langue et même les prénoms ukrainiens furent interdits au 19e siècle par le tsar) (2) mais vit encore d’importants problèmes de tensions interethniques et linguistiques, sur fond de corruption (3). L’histoire est longue pour les vraies nations… Ceci dit, ce ne sont pas tous les nouveaux pays qui ont connu ce destin autodestructeur, quand même !

Un ou une chef digne de ce nom, doit se souvenir de cette tendance inscrite au plus caché de la psyché des francophones et de leurs alliés sensibles à la différence culturelle des Québécois ou venus des autres nations autrefois colonisées. Dans sa direction et capacité de ralliement et rassemblement des troupes de toutes allégeances confondues, un ou une nouvelle chef pourrait ainsi créer un mobilisateur de buts communs pour un projet de société inspirant…

Néanmoins de la lumière au sein même du P.Q., à en croire la jeune trentenaire et nouvelle présidente du P.Q., Gabrielle Lemieux, qui affirme avec vision que le P.Q. ne dispose pas du « monopole [de la promotion et de la représentation] de l’indépendance [du Québec]. » Cette admission me semble un grand pas en avant, et met peut-être la table pour des alliances situationnelles de représentation et autres lors des prochaines élections… Un autre leader indépendantiste, hors P.Q. cette fois (?), Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, plaide également pour sortir de la passivité et développer des projets d’actions concrètes.

Québec un pays3À suivre… Et bienvenue à vos commentaires, y compris de mes lecteurs et lectrices fédéralistes !

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  1. Et au contraire d’autres régions du Québec qui ont voté massivement pour la 1re fois pour le parti de la Coalition-Avenir-Québec, parti qui a emporté le pouvoir.
  2. Voir http://www.axl.cefan.ulaval.ca/europe/ukraine-2histoire.htm. Fait intéressant, «Aujourd’hui encore, beaucoup d’Ukrainiens utilisent un cocktail d’ukrainien et de russe lorsqu’ils parlent. Chacun mélange les langues à sa manière. On appelle ce phénomène de «bilinguisme alterné» le sourjyk écrit aussi surzhik ou surgik.». Un franglais vraiment indépendant est-il l’avenir du Québec ? Il est vrai que le français a eu et à encore un statut international supérieur à l’ukrainien. En ce sens, les deux histoires assimilatoires sont différentes et ne peuvent pas vraiment être comparées.
  3. L’Ukraine est classée, selon l’organisme Transparency International, au 142e rang mondial, ex æquo avec l’Ouganda.

 

  1. Québec un pays2

    Yvon Deschamps, célèbre humoriste québécois

Libellule

Une nouvelle espèce, l’aeschne des nénuphars (Rhionaeschna mutata)

Durant mon séjour au Centre de santé et de créativité Kio-o, les libellules sont mes amies… en nombres ici à cause de l’étang. Il y a bien longtemps que j’en avais vu autant, car plusieurs espèces sont en voie de disparition. Deux fois, elles m’ont rendu visite particulièrement. D’abord en arrivant, pendant que je faisais connaissance avec ma nouvelle prof, France Morneau, venue animer un atelier de « Retour vers soi » à l’aide de collages, créativité et méditations dirigées, une libellule est venue frôler ma tête et France m’a fait remarquer que cela portait bonheur. Puis elle a raconté qu’elle avait récemment vu une libellule dorée.

 

Le lendemain, alors que j’étais seule, une libellule a volé dans mes cheveux, ce qui m’a surprise et j’ai secoué la tête (ces insectes carnivores n’ont peur de rien, comme les couleuvres…  comportement assez unique dans la nature). Puis, elle est revenue fonçant sur moi encore… alors j’ai dit : OK, tu veux ? J’ai fait une petite boulette avec ma veste rouge et elle est venue doucement se poser dessus !!! Je l’ai longuement observée de tous les angles. Quelle merveille de la création ! Mais mademoiselle (1) était aussi en « observation » puisque pendant un moment, alors que je tournais ma veste doucement dans un sens… mademoiselle tournait dans le sens opposé, petit jeu qui a duré quelques secondes alors que je lui parlais : alors, tu veux bien me voir aussi hihi ? Finalement, bien accrochée sur ma veste, elle s’est laissée tourner. Ce manège durant quelques minutes et réalisant l’unicité de ce moment… improbable, je lui ai dit (ou pensé ?) : OK à toi ! Je t’écoute !

 

Elle était bleue et noire, avec des reflets d’argent à la lumière vive du midi, une nouvelle espèce (comme moi 😊) – découverte en 2012 (année culte pour moi avec les Carrés rouges, Occupons Montréal et les Casseroles) par un agent de la SEPAQ au Mont-St-Bruno (Québec), parait-il (2) avec ses ailes de dentelles (comment la création a-t-elle pu « prévoir » une telle précision et perfection ?)

L’observation attentive de ce genre de détail de beauté me fait croire que Dieue existe…– une femme sans aucun doute :0)– D’ailleurs, pour la perfo que je prépare à la Maison de la culture de Verdun (Québec) à la fin août, parait-il que dans les manuscrits de Nag Hammadi (chapitres de la Bible ayant été écartés au 3e siècle pour hérésie), c’est d’une figure féminine appelée Barbelo dont on parle dans le 1er chapitre sur le créateur du monde (3).

Les meilleures dentellières de Bruges n’ont qu’à aller se rhabiller devant miss libellule… avec sa géométrie libre sans pareil (ont-elles toutes les ailes pareilles ?). Sur le bout de l’aile, elle a une petite plaquette rectangulaire de couleur argentée. Une coquetterie ou cela a-t-il une fonction, me demandais-je ? Et son corps, si long (au moins 6 cm), si mince, qu’elle bouge un peu, avec une sorte de ventilateur directionnel au bout, sorte d’« ailes » mineures, qu’on retrouve aussi chez les oiseaux et les avions, ses descendants…

J’apprends en lisant maintenant qu’elles ont peu changé depuis des milliers d’années, outre… leur grandeur alors qu’elles accompagnaient… les dinosaures… Pourquoi les vivants étaient-ils si géants ? Y avait-il une lune ?

Bref, j’étais immobilisée dans le chemin, en direction de ma chambre depuis de longues minutes quand je me décidai à avancer en demandant à ma mademoiselle à qui je demande alors : OK ? Tu veux me suivre ? Je marche doucement quelques pas et m’éloigne de l’étang. Elle reste encore un petit moment sur ma veste, puis reprend son envol, alors je lui dis : Bonne vie ! en la regardant voler.

Puis, je me concentre sur son « message ». Je n’ai rien « entendu » de spécial, mais je sens qu’elle est venue m’annoncer une bonne nouvelle, tant ce moment était clair, léger et joyeux. La bonne nouvelle sera une surprise, peut-être un nouveau chum, puisque c’est une de mes « visions » de travail-création de mon atelier, lancée dans le champ quantique…

Qui vivra verra !

Dans le Wiki, je lis que «Dans la mythologie germanique, les libellules sont associées à la déesse Freia, déesse de l’amour dont elles sont les messagères. Au temps de la christianisation, elles sont diabolisées par les missionnaires qui luttent contre le paganisme, d’où l’appellation anglophone de dragonfly (dragon ailé ou dragon volant). Au Japon, dès le Moyen-Âge, la libellule se fit une place de choix dans l’univers des Samouraïs. En effet, une des caractéristiques de vol de cet anisoptère est de ne pouvoir qu’avancer : impossible de reculer ! Elle a donc pris sa place parmi les êtres valeureux qui « ne recule jamais ».

Parfait pour moi qui cherche l’amour et ai plusieurs combats à mener…

Et vous ?

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(1) Nom traditionnel des libellules au Québec, m’a rappelé Julie, une des participantes à l’atelier.

(2) https://www.sepaq.com/parcs-quebec/blogue/article.dot?id=5174df85-b9cc-44e6-8bbb-b808b388699d

(3) Chapitre de « L’apocalypse d’Adam », traduit du copte égyptien, langue parlée avant l’invasion arabe. Voir :

  • Jean Doresse. 1958. « Les livres secrets des gnostiques d’Égypte. Éd. Plon
  • Michel Tardieu. 1984. « Livre secret de Jean » in « Écrits gnostiques, Codex de Berlin. Éd. du Cerf.
  • Gary Anderson, Micheal Stone. 1999. « A synopsis of the Book of Adam et Eve ». Ed. Scholars Press.

Fossil of a Meganeuridae_The Largest Insect Ever Was a Giant Dragonfly1 (1)__

Meganeura est un genre d’insectes fossiles du Carbonifère (entre – 360 et – 300 millions d’années) ayant l’aspect d’une libellule géante. Elle est l’ancêtre de la plus grosse libellule encore vivante sur terre. Elle mesure près de 30 cm de long et plus de 70 cm d’envergure.

manif contre SLAV juin 2018 -crédit

Quelques dizaines de manifestants étaient massés devant le Théâtre du Nouveau Monde, lors de la première du spectacle «SLAV» en juin 2018. Crédit photo: Valérian Mazataud, Le Devoir (*)

 

Chronique sous forme de journal d’une histoire québécoise.

Cette affaire pose des questions sur le racisme inconscient, les rapports culturels et politiques entre le théâtre, leurs artisans et les militants

ainsi que la liberté d’expression artistique.

En juillet 2018, c’est l’annulation du spectacle SLAV à Montréal sur le thème des chants d’esclaves afro-américains et de l’oppression dans l’histoire des Noirs, mais aussi celle subie par les Slaves des Balkans, celles des Irlandais, celles des Asiatiques d’aujourd’hui. Cette pièce de théâtre a été montée par l’homme de théâtre Robert Lepage et la chanteuse Betty Bonifassi.

Les militants antiracistes ont notamment reproché le manque d’artistes noirs dans la production (2 sur 8). La sous-représentativité de la communauté noire sur scène est effectivement plus que discutable : une erreur que les créateurs auraient dû admettre au moins. Pour un sujet comme celui-là, cela choque et indigne de la part d’un artiste aussi expérimenté et important que Robert Lepage, dans un cadre aussi exposé, un des principaux théâtres montréalais et un festival de musique international aussi fréquenté.

La tenue de ce spectacle, puis son annulation par le diffuseur Festival international de jazz de Montréal ont été fortement polémiques. Les artistes ont choisi de s’exprimer seulement après l’annulation du spectacle, dénonçant « l’affligeant discours d’intolérance », craignant de répondre prématurément « en jetant de l’huile sur le feu » et ajoutant que « la pratique théâtrale repose sur le principe simple de ‘jouer à être quelqu’un d’autre’, ce qui peut exiger que ‘l’on emprunte à l’autre son allure, sa voix, son accent et à l’occasion son genre’ ».

Je pense que ce moment tardif d’expression publique est malheureux, car aucun dialogue et adaptation potentielle n’ont pu s’inter-engager. Il eut été intéressant que ce spectacle devienne le lieu d’un laboratoire artisto-social. Mais, à leur défense, tous les artistes n’ont pas l’âme d’un sociologue… D’un autre côté, c’est « sans reconnaître qu’il a pu faire une erreur » que cette défense par les créateurs de ce spectacle s’est faite, a critiqué le rappeur et historien Webster. Pour sa part, la militante Marilou Craft a affirmé qu’« on avait une belle occasion de parler des inégalités raciales dans la sphère culturelle et on détourne la conversation pour parler surtout de censure et de liberté d’expression. »

Par ailleurs, « Le terme ‘appropriation culturelle’ fraie dans les universités américaines [depuis la fin du XXe siècle]. Il décrit la saisie, l’adoption inappropriée et l’absence de reconnaissance lors de l’utilisation de coutumes, de pratiques, d’idées, etc. d’un peuple par des membres d’une autre communauté, typiquement plus dominante. Des notions d’exploitation, de colonisation, mais aussi de propriété intellectuelle le sous-tendent. » (1)

Pour ma part, je trouve en effet qu’une bonne occasion d’écoute et de prise en compte des leaders contestataires a été manquée, car certains aspects pragmatiques et de conception de ce spectacle incluaient insuffisamment la perspective des premiers concernés et plusieurs critiques étaient vraiment pertinentes.

Cependant, le concept d’appropriation culturelle est un concept universitaire américain. Est-il universel ? On peut penser que non, puisqu’il est le produit de LA nation dominante mondiale sur le plan scientifique et autre. Les francophones d’Amérique sont à fois minoritaires et majoritaires au Québec. Cela affecte nécessairement notre culture et notre vision de l’inclusion/exclusion et de l’exploitation des peuples. Peut-on copier-coller ce concept américain à notre réalité ici au Québec et en particulier celles des noirs ? S’il est vrai qu’il y a eu aussi de l’esclavage au Québec, les militants qui se sont identifiés à cette cause, contrairement aux Noirs américains, ne sont pas des descendants d’esclaves. Ceci dit, les blessures et infamies liées au racisme et à l’intolérance de tous les jours sont bien vivantes, d’où qu’on vienne.

Enfin, l’annulation d’un spectacle (2), cela va trop loin pour moi, car il ne s’agit pas ici d’un spectacle ayant des propos diffamatoires ou haineux. Je ne crois pas que les artistes ont à se soumettre aux militants (ni l’inverse). De plus, des enjeux commerciaux (3) et de réputation semblent avoir engendré la décision d’annulation des responsables du festival : cela pose la question de la liberté artistique, du règne de l’argent et de l’(in)capacité citoyenne de voir et d’entendre des choses avec lesquelles nous sommes profondément en désaccord : le propre de sociétés démocratiques est remis en question par ces actions «militantes».

Bref, un dialogue interculturel n’a pu s’enclencher et c’est cela le grand perdant de cette polémique, à mon avis. Allez hop, la rencontre des genres et des expériences métissées ! Quelle contradiction insupportable ! Allez hop au public, qui ne pourra pas en débattre lui-même, ne pouvant plus voir le spectacle et ni connaitre ces chants d’esclaves, eux-mêmes métissés.

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J’ai vécu moi-même une situation similaire pour la parution d’un livre en début d’année sur le thème du vivre-ensemble, dans le cadre du 375e de Montréal (4). Pour ce projet d’art avec mon personnage de Tricoteuse du peuple, je collaborais avec un organisme communautaire, dont un des volets d’action est les services aux immigrants. Après la lecture de mon manuscrit, la directrice de l’organisme m’a dit : « nous ne sommes pas d’accord ». D’abord déstabilisée, j’ai mis mon ego de côté, considérant cet organisme et sa directrice, en quelque sorte, comme mes éditeurs, et j’ai pris en note les aspects problématiques selon eux, que j’ai retravaillés, approfondis ou mieux défendus, tout en communiquant mon malaise par écrit à la directrice et à son assistante. C’est son assistante qui m’a répondu, tentant de calmer le jeu. Puis j’ai invité la directrice, elle-même immigrante latino-américaine, à donner son point de vue dans mon livre, invitation qu’elle a ignorée, sans jamais me donner une réponse claire.

Du point de vue du vivre-ensemble, c’était pour moi un échec monumental de communication et d’intercompréhension, après une démarche artistique de près d’une année avec cet organisme, mais aussi, notamment, avec les citoyens d’un quartier multiethnique de Montréal avec qui le projet s’était pourtant très bien déroulé. Un échec dont je peine encore à me relever, car lorsque des citoyens natifs ne peuvent communiquer adéquatement avec des immigrants avec qui nous partageons généreusement notre table, cela m’inquiète énormément sur l’avenir de nos rapports sociaux. Épiphénomène ? Peut-être dois-je me garder de généraliser, et que cela n’était peut-être que simplement le fait de personnalités incompatibles ou simplement de temps qui manque… mais avec cet épisode de SLAV, quoiqu’en se posant différemment de ma situation, cela laisse songeur… Malaise dans la cité ?

Que croyez-vous qu’il subsiste de tant d’incommunication ou de tant de commercialisme et de faux-fuyant ? Des positions qui deviennent de plus en plus exacerbées et polarisées de part et d’autre. Vraiment inquiétant. Voilà le terreau fertile du populisme qui mène au fascisme et ses nouvelles formes narcissiques… comme aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. Ne devenons pas comme eux. Penchons-nous sur des solutions, chaque jour.

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12 juillet 2018

Oh bonne nouvelle… de l’écoute, de la communication…

Après la conférence de presse du collectif SLAV Résistance qui a déclaré que « SLAV a été le catalyseur d’une conversation sur la race, le racisme, l’appropriation culturelle et le privilège blanc qui rend les gens mal à l’aise, mais qui doit exister » et demandé que le théâtre qui a hébergé ce spectacle engage «des auteurs, metteurs en scène et acteurs noirs, en plus de présenter des spectacles produits et développés par ces personnes »…

… la directrice du théâtre qui avait prêté sa salle pour SLAV vient de déclarer qu’elle sera désormais plus attentive à ce que leurs spectacles représentent davantage la diversité du Québec. En effet, Lorraine Pintal « promet ainsi un coup de barre pour rendre la scène du TNM plus représentative de la diversité culturelle. » À suivre…

Voir https://www.ledevoir.com/culture/theatre/532223/le-tnm-sera-beaucoup-plus-plus-a-l-ecoute?utm_source=infolettre-2018-07-12&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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14 juillet 2018Et maintenant… le spectacle «Kanata» !

Kanata._Crédit photo _David Leclerc

Répétition de Kanata en préparation à Paris.. Crédit photo : David Leclerc

Oups, Robert Lepage et la grande femme de théâtre Ariane Mnouchkine chez les Autochtones… sans Autochtones sur scène pour leur pièce «Kanata» en

Dans une lettre fort bien écrite et réfléchie depuis 1 an et rédigée par des artistes et intellectuels autochtones (dont Dave Jeniss, acteur et directeur artistique du Théâtre Ondinnok), ils répondent à une lettre à Ariane Mnouchkine (5) publiée cette semaine en questionnant une fois de plus l’absence de comédiens issus de la thématique de cette autre pièce montée par Lepage (6), en faisant appel à la odeiwin (ou parole du cœur en langue anicinape) (7).

L’un des grands problèmes que nous avons au Canada, c’est d’arriver à nous faire respecter au quotidien par la majorité, parfois tricotée très serrée, même dans le milieu artistique. Notre invisibilité dans l’espace public, sur la scène ne nous aide pas. Et cette invisibilité, Mme Mnouchkine et M. Lepage ne semblent pas en tenir compte, car aucun de nos membres ne fera partie de la pièce. Nous ne voulons pas censurer quiconque. Ce n’est pas nos mentalités et dans notre façon de voir le monde. Ce que nous voulons, c’est que nos talents soient reconnus, qu’ils soient célébrés aujourd’hui et dans le futur, car NOUS SOMMES [en majuscule dans le texte]. Certains ont été consultés par les promoteurs de Kanata. […] Est-ce que les metteurs en scène de Kanata ont cherché une collaboration [de comédiens] ?

Les signataires de cette lettre se montrent irrités que leur histoire (?) (10) soit une fois de plus réinterprétée sans eux. En effet ! Mais pourquoi n’y a-t-il que des comédiens français dans cette pièce ? Mme Mnouchkine  explique :

« Parce que le théâtre a besoin de distance, de transformation, de cette quête, de ce chemin de l’imagination. Il ne peut pas y avoir — j’utilise le terme plutôt dans le sens bouddhiste que chrétien — de compassion sans imagination. On ne peut pas parler de fraternité si on n’imagine pas son frère ou sa sœur.  Ce sera toujours un acteur qui va jouer Hamlet ; et il n’a pas besoin d’être Danois. Je dirais qu’il vaut mieux qu’il ne le soit pas. »

Conclusion.  Autant pour SLAV que pour Kanata, cette démarche artistique est absolument pertinente, nous sommes pas théâtre, ne l’oublions pas, pas dans une arène politique où on devrait plus consciemment faire de la discrimination positive… Mais… mais… mais… parce qu’il y a maintenant un mais… Il y a maintenant un «contexte social» particulier, comme les signataires le soulignent justement . Les professionnels des arts de la scène de plus en plus issus des «minorités» visibles ont aussi besoin de travailler et de faire valoir leur talent… et leur vision du monde. Je crois que cette démarche n’empêche pas a priori de les avoir sur scène à l’heure de la mondialisation et de la réflexion sur l’inclusion et, au Canada, à l’heure d’une grande démarche sociale et gouvernementale de «réconciliation et de vérité» (8). À mon avis, une équipe interculturelle enrichira la réflexion de ces pièces et de toutes les autres à venir.

Les signataires de cette lettre interpellent aussi les subventionneurs culturel de l’État. Certains nouveaux critères de sélection pour les subventions pourraient favoriser ce dialogue.

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16 juillet 2018 … Bonne nouvelle !

À peine 48 h après la publication de cette lettre des Autochtones au sujet de Lepage et Mnouchkine qui veulent représenter l’histoire entre blancs et Autochtones au Canada, sans comédiens autochtones, les deux artistes ont fait savoir qu’ils aimeraient rencontrer cette semaine les signataires afin de les écouter et d’entrer en vrai dialogue et discuter de leur projet. Les signataires ont bien accueilli cette proposition.

Voir https://www.ledevoir.com/culture/theatre/532491/robert-lepage-et-ariane-mnouchkine-invitent-la-communaute-autochtone-au-dialogue?utm_source=infolettre-2018-07-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

et https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/a-la-une/document/nouvelles/article/1112970/lettre-ouverte-robert-lepage-autochtone-kanata-kim-obomsawin

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21 juillet 2018

La rencontre a eu lieu dans le respect avec la tradition autochtone du bâton de parole (9). Un des importants signataires de la lettre critique, l’homme de théâtre Dave Jeniss de la troupe Ondinnok a déploré «une relecture de l’histoire du Canada excluant les créateurs issus des Premières Nations». De son côté, Robert Lepage semble avoir été fortement ébranlé par cette rencontre après avoir indiqué clairement que les acteurs (tous Européens et non-Autochtones) avaient déjà été engagés par Mme Mnouchkine avec un contrat d’exclusivité pour la troupe du Théâtre du Soleil de Paris :  «Je ne m’attendais vraiment pas à affronter une telle colère », a avoué Robert Lepage à propos des débats entourant ses pièces Kanata et SLAV» a déclaré M. Lepage au journal Le Devoir. Il a par contre souhaité réaliser de futurs projets avec des artistes autochtones dans un proche avenir (11).

Reste à voir comment cette rencontre interculturelle ouvrira un vrai dialogue de collaboration dans le futur… et comment ces affaires qui ont eu une assez bonne couverture médiatique influenceront tous les créateurs, les diffuseurs et leurs publics, par une réflexion et des actions de médiations culturelles et de créations.

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27 juillet 2018

Oh my my !!! Lepage décide d’annuler sa collaboration avec le Théâtre du Soleil. Je suis sonnée ! Qu’est-ce qui se passe ?

De son côté, Mnouchkine veut trouver une «riposte théâtrale» ! À suivre …

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9 septembre 2018

La troupe d’Ariane Mnouchkine a vraiment décidé de reprendre le flambeau, ce que je salue. Bravo !

À la réflexion, les militants ont confondu le documentaire et le théâtre. Ce dernier n’a pas à être, jamais, le reflet exact de la vie. Il s’agit de «représentation» de la vie. Pour un comédien, point n’est besoin d’être un Noir pour jouer un Noir ou tout être humain différent de lui. Néanmoins, j’ai expliqué plus haut et parfois même défendu que des artistes, les auteurs et les metteurs en scène des communautés minorisées devraient être engagés et davantage impliqués dans ce type de production. Et la posture des attaques en particulier contre SLAV ont par trop attaqué la liberté d’expression (que ces militants revendiquent par ailleurs – ils ne sont jamais à une contradiction prêt/près…) et tout cela a finalement débouché sur une bien étrange forme de censure de gauche ou d’auto-censure plus que  navrante.

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27 novembre 2018

Voir mon autre billet -un peu trop long pour être collé ici- «SLAV, la suite» où le rédacteur en chef de la revue Argument, Patrick Moreau, dénonce ces phénomènes de censure dans les arts, au https://evemarieblog.wordpress.com/2018/11/27/slav-la-suite-ou-sus-a-la-censure/

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15 décembre 2018

La pièce «Kanata, épisode 1, la controverse» de la troupe de Mnouchkine, avec le retour de Lepage à la mise en scène, s’apprête à être présentée en France. J’aimerais ici relayer à nouveau la parole d’un groupe de signataires autochtones et alliés qui explique, une fois de plus, et fort élégamment, leur posture. «Pendant deux heures et demie, Kanata raconte l’histoire des femmes autochtones disparues dans une rue de la ville de Vancouver. La pièce se rapproche aussi parfois du théâtre documentaire, bien qu’aucun artisan autochtone n’en fasse partie.» (AM) Voir https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/543673/a-propos-de-kanata-episode-1-la-controverse

Et ci-dessous : le commentaire très positif de la journaliste française Katia Chapoutier, collaboratrice régulière à l’émission de radio «Culture Club» à Radio-Canada sur la première de la pièce (ici) [cliquez à 14:06]. Elle rapporte notamment que la pièce a eu une ovation debout lors de cette première.

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17 décembre 2018

Par contre, la cinéaste autochtone abénakise Kim Obomsawin et l’écrivaine innue Maya Cousineau Mollen, rencontrées par le journal Le Devoir à la sortie du spectacle, sont mitigées : « Nous comprenons que le Théâtre du Soleil est une troupe permanente et le fait qu’aucun acteur autochtone n’ait été embauché n’est pas en soi catastrophique, analyse Kim Obomsawin. Mais je demeure persuadée qu’un co-metteur en scène autochtone aurait contribué à bonifier les personnages, qui sont plutôt inconsistants. Ce que j’ai vu à la Cartoucherie confirme les craintes de la communauté autochtone. Nous impliquer aurait vraiment pu faire de cette pièce une œuvre meilleure. Je n’y ai pas non plus vu, par exemple, de discours critique sur la responsabilité collective devant le sort des femmes autochtones assassinées. Tout reste au premier degré. » (12)

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28 décembre 2018

Tout est bien qui finit bien, de part et d’autres Lepage et les militants anti-SLAV se parlent vraiment enfin. Le metteur en scène reconnait humblement son erreur et propose des mesures concrètes pour y remédier. De leur côté les militants de montrent plus ouverts. Lepage annonce :

  • «que des représentants de SLĀV Résistance assisteront aux répétitions du spectacle avant sa reprise prévue en 2019. Des représentations se tiendront notamment à Saint-Jérôme les 22 et 23 janvier;
  • que de nombreux changements seront apportés au spectacle;
  • et que les représentants de SLĀV Résistance auront une tribune pour échanger avec le public et les artistes à la suite de certaines représentations futures.»

Voir les détails au https://www.ledevoir.com/culture/theatre/544487/polemique-slav-robert-lepage-fait-son-mea-culpa

Tout simplement bravo pour cet heureux dénouement ! :))

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5 janvier 2019

Oups, pas tout à fait terminé ce débat… D’abord cette affaire a fait un
des sketches de la populaire revue humoriste et surtout satirique de l’année à
la télévision d’état (Radio-Canada français) «Bye Bye 2018». Lepage y était
montré comme un artiste autocentré, peu sensible aux enjeux sociaux et aux
contradictions inhérentes à son travail dans SLAV. (13)

Puis, il y a cette intéressante lettre au lecteur publié aujourd’hui par le journal Le Devoir de Jana Havranboka, qui fait mention de ses origines tchèques. Ai-je été jovialiste en concluant un heureux dénouement par la communication entre Lepage et les militants ? En effet, ce lecteur compare la reconnaissance publique de ses erreurs de l’homme de théâtre à une séance d’autocritique obligée des artistes de l’époque communiste en ex-Tchécoslovaquie. En effet, les artistes devaient faire «une place importante au prolétariat ou se repentir et produire une œuvre qui ne correspondait pas à ses intentions artistiques ou se trouver au chômage. Le résultat : la production d’œuvres impersonnelles, ennuyantes» ou «l’émigration des artistes qui ne voulaient pas se soumettre au diktat du régime» comme Kundera ou Forman. Ouch ! Cela fait réfléchir !

Mais cela est-il vraiment le cas ici ? Encore une autre personne qui dit comment et quoi faire ou ne faire faire et penser à un artiste ? À Lepage de trancher avec les moyens de SA création. Voir cette lettre au https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/544895/lettre-le-repentir-des-esprits-creatifs

_____________________________

* Pour la petite histoire, il est à noter  qu’à ma connaissance, la dernière fois qu’il y a eu une manif devant ce théâtre, cela remonte à 1978 contre/pour la pièce «Les Fées ont soif» de Denise Boucher, pièce iconoclaste férocement antipatriarcale et anticléricale.

  1. https://www.ledevoir.com/societe/531938/slav-l-appropriation-culturelle-entre-deux-miroirs et https://www.ledevoir.com/culture/531920/qu-est-ce-que-l-appropriation-culturelle et https://www.ledevoir.com/culture/theatre/531876/robert-lepage-reagit-a-l-annulation-de-slav
  2. Seules trois représentations ont eu lieu avant l’annulation et le public présent lors de la première a dû entrer… en passant à travers un cordon de policiers et des injures du genre… « white supremacist !» criées par des manifestants qui… n’avaient pas vu le spectacle… expérience fort éprouvante pour certains spectateurs…Pour sa part, le Festival nie toute censure et argue -tardivement- une blessure de Betty Bonifassi et des préoccupations de sécurité comme raisons de l’annulation.
  3. Le chanteur américain Moses Sumney a annulé sa participation au Festival peu te temps après cette controverse.
  4. «Mémoires. Tricotés serrés. Journal d’un vivre-ensemble» Disponible sur commande au https://www.facebook.com/%C3%88ve-Marie-Langevin-750633708443354/
  5. https://www.ledevoir.com/culture/532131/les-ameridiens-du-canada-lus-par-lepage-et-mnouchkine
  6. https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/532406/encore-une-fois-l-aventure-se-passera-sans-nous-les-autochtones
  7. S’écrit aussi «anishnabé» de la nation des Algonquins ou Anishinabeg, située dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue au Québec et du centre-est de l’Ontario.
  8. Allusion à la Commission de vérité et réconciliation du Canada, au sujet des pensionnats autochtones, tenue de 2007 à 2015. Voir mon billet à ce sujet au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/10/23/lettre-dexcuse-aux-autochtones-au-sujet-des-pensionnats-amerindiens/
  9. Voir mon billet sur la conversation dans l’histoire au https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/13/histoire_conversation_salons_groupe-de-discussion/
  10. Pas clair dans les communications s’il s’agit d’une pièce sur l’Histoire des relations Blancs-Autochtones avec un  grand «H», ou sur une histoire dans leur quotidien ???
  11. https://www.ledevoir.com/culture/532926/robert-lepage-entrevue-radio-canada
  12. https://www.ledevoir.com/culture/theatre/543744/a-paris-kanata-agite-le-drame-des-femmes-autochtones-disparues
  13. https://ici.radio-canada.ca/tele/bye-bye/2018/segments/capsule/100415/black-panther-parodie

« Malheureusement à notre époque, la notion d’engagement glisse trop souvent dans une perception utilitaire de l’art. Elle doit prendre une couleur politique identifiable pour prétendre à la nécessité. Mais moi, j’ai besoin de réaffirmer que ressentir le monde, c’est aussi un engagement. »

Evelyne de la Chenelière in Le Devoir, 21-04-2018

Le Tricot du peuple Feu Feu Joli F. avril et mai 2018. Crédit photo _CRousseau_3254 (41)

La Tricoteuse du peuple avec une des participantes au Parc Lafontaine (2018). Crédit photo: Caroline Rousseau

 

Dans cette performance, j’accompagne et j’appuie la démarche de l’anthropologue et créateur Mathieu Parent autour de son installation relatant l’incendie criminel du parlement de Montréal au Bas-Canada et de sa bibliothèque en 1849 par les torys anglais. Cet événement historique s’est passé dans le sillage de la rébellion des Patriotes et d’une crise économique qui affecte nouvellement les marchands anglais. En effet, à l’appel du journal The Gazette qui s’insurge contre le vote du parlement donnant une indemnité aux victimes de la guerre, dont de nombreuses veuves dont les maris sont morts, une manifestation contre ce vote vire à l’émeute autour du Parlement. La bibliothèque est une perte totale et la presque totalité des livres s’envole en fumée.

Autour de cette histoire qui mena à une nouvelle constitution par l’Acte d’Union des Haut et Bas-Canada, j’invite les gens à se questionner sur le contenu d’une éventuelle nouvelle constitution. Je demande aux passants et aux visiteurs de l’installation de Mathieu au Parc Lafontaine à Montréal: si vous aviez une nouvelle constitution à écrire, avec qui, comment ou qu’est-ce vous mettriez dedans ? (1)

Le Tricot du peuple Feu Feu Joli F. avril et mai 2018. Crédit photo _CRousseau_3254 (25)

L’installation Feu Feu Joli F de/avec Mathieu Parent et des participants. Crédit photo:  Caroline Rousseau

Les temps ont bien changé depuis les Patriotes et depuis l’écriture de la Constitution canadienne de 1867, écrite par une élite politique, elle-même élue par une poignée de gens favorisés économiquement. Et vous, mes lecteurs, si  aujourd’hui, vous aviez à écrire une constitution, quels mots importants, idées importantes afin de rassembler les gens y mettriez-vous ?

Tricot Feu Feu Joli F-1

Un des nouveaux Tricots du peuple fini sur l’installation de Mathieu Parent

Parfois on me demande qu’est-ce qu’une constitution exactement. Je dis aux gens que je ne suis pas une spécialiste, mais que, en gros, il s’agit d’un document qui permet de définir les valeurs d’un peuple, de partager les pouvoirs entre les provinces et d’établir les mécanismes de règlements de conflits entre les personnes et entre les provinces canadiennes. La question est complexe, mais tous les participants à ce nouveau Tricot du peuple ont eu au moins un mot en tête pour la définir : paix (pas d’obstruction) (dit 2 fois, dont une enfant de 4 ans), meilleur échange économique du commerce interprovincial, éducation gratuite, démocratie directe (représentation tirée au hasard, comme pour les procès criminels), vérité, silence, reddition de comptes, révolte pour un sans État, écoute, consultation, implication et fierté des Autochtones et Inuit, respect, meilleure communication et capacités de critique des autres, et d’autres qui m’ont moins frappée (je ne prends pas de notes durant nos conversations et confections du Tricot).

 

Peut-être parce qu’il s’agit d’un événement intellectuel, les passants sont moins portés que d’habitude à vouloir tricoter avec moi, plusieurs préfèrent simplement converser et réfléchir, avec moi… et le Tricot avance moins vite… Mais bon, tricoter n’est pas l’objectif, mais le prétexte… J’ai tendance à retomber comme nous tous dans une approche matérialiste… Aussi, comme tous mes Tricots de rue, je dois prendre le temps de montrer comment tricoter avant d’aborder véritablement notre sujet de conversation.

Le Tricot du peuple Feu Feu Joli F. avril et mai 2018. Crédit photo _CRousseau_3254 (30)

Les enfants sont aussi invités à faire quelques mailles et à donner leur opinion sur ce qui est important pour leur avenir… Crédit photo:  Caroline Rousseau

Lors de ma 3e et dernière performance, il fait enfin beau après un printemps tardif et il y a beaucoup de monde qui passe par là; les gens sont souriants et, tout comme moi, ont probablement plus envie de socialiser.

Bref, ma performance relationnelle qui vise, comme toutes les autres fois (2) à prendre contact avec des inconnus, joint plus spécialement des motifs politiques cette fois-ci…

Le Tricot du peuple Feu Feu Joli F. avril et mai 2018. Crédit photo _CRousseau_3254 (4)
Tricot en cours… sur conversation de démocratie directe. Crédit photo:  Caroline Rousseau

 -quoique que lors de mes performances pour le 375e de Montréal, nous avions beaucoup conversé autour d’enjeux sociaux comme l’immigration et le vivre-ensemble (3).

C’était vraiment intéressant de converser sur ce sujet, j’ai adoré mon expérience!

Mes deux prochaines performances comme Tricoteuse du peuple seront à la bibliothèque de Parc-Extension à Montréal (une activité de francisation, sur le thème des confidences et de l’appréciation critique du Québec)  en mai 2018 ainsi qu’à la Maison de la culture de Verdun (sur le thème de la poésie et de la démarche de création) en août et septembre 2018. Tous les détails sur la page Facebook à mon nom au https://www.facebook.com/%C3%88ve-Marie-Langevin-750633708443354/

Pour ma participation comme telle à l’installation de Mathieu, j’ai  choisi de restituer une notice d’un livre sur la teinture des vêtements.

*/*

Et vous, qu’en pensez-vous, comment voyez-vous les choses ?

 

________________________________

(1) Voici la démarche, la réflexion et les questions plus précises que nous avions préparées ensemble, Mathieu et moi pour la réalisation de cette performance.

QUESTION 1

  1. De quelle(s) façon(s), comment écrire une constitution ?
  2. Qui devrait écrire une nouvelle constitution tenant compte de nos nouvelles réalités du 21e siècle ?
  3. Pour ces questions, en intro, j’amènerais les choses ainsi :
  4. Si vous aviez à écrire une constitution, comment vous y prendriez-vous ?

QUESTION 2

  1. Quels sont les récits ou les mythes fondateurs qui vous inspirent (traditions occidentale, amérindienne, asiatique africaine, etc.) pour définir votre identité ?
  2. Quels sont les principes de bien commun qui sont importants pour vous / pour la nation ?
  3. Quels sont les éléments rassembleurs de sens commun que tous les humains partagent ?
  4. Si vous aviez à coécrire une constitution, quels seraient les éléments importants et pourquoi ?
  5. Qu’est-ce que vous chérissez dans votre cœur comme avenir pour le peuple ?
  6. Pour ces questions, au point de départ, on pourrait résumer les choses ainsi :
  7. Quels récits, raisons ou sagesses devraient selon vous inspirer la réalisation d’un tel écrit ?

SOUS-QUESTIONS (QUESTION 2)

  1. La notion de « droit » peut-elle être surpassée (pensée en dehors de ce cadre restreint) visant le plein développement humain et la limitation des abus individuel et collectif ?
  2. La notion de « besoin » peut-elle être surpassée (pensée en dehors de ce cadre restreint) visant le plein développement humain et la limitation des abus individuels et collectifs ?
  3. Pour ces sous-questions, au besoin, selon le déroulement de la conversation, on résumerait les choses ainsi :
  4. Quelles responsabilités devrions-nous prendre (et partager)
  5. pour élargir le bien commun et favoriser un développement
  6. humain respectueux des personnes dans nos sociétés ?

+ Autres thèmes à aborder (réflexion et compréhension) en préparation, au besoin

  1. À quoi sert une constitution ? et Quels sont les enjeux d’un tel exercice ?

 

(2) Voir mes autres billets sur mes performances au https://evemarieblog.wordpress.com/category/perfo-tricot-du-peuple/

 

(3) Voir mon livre « Mémoires. Tricotés serrés. Journal d’un vivre-ensemble. » disponible sur commande sur ma page fb ou en prêt à la Grande Bibliothèque de Montréal.

«Il y aurait avantage à réinvestir l’espace public avec une réflexion plus calme, plus posée» Jérémie McEwen au sujet de son nouveau livre «Avant, je criais plus fort»

Mes abonnés auront surement remarqué que mes billets se font plus rares. Je me suis en effet consacré à l’écriture d’un livre sur le vivre-ensemble, relatant une expérience de création artisanale avec le Tricot du peuple et de médiation cultuelle avec des citoyens de Montréal «Mémoires. Tricotés serrés. Journal d’un livre ensemble», que vous pouvez trouver sur ma page fb professionnelle au https://www.facebook.com/%C3%88ve-Marie-Langevin-750633708443354

Mais au-delà de cela, je me questionne depuis plusieurs mois sur le fait de prendre la parole dans l’espace public. Nous sommes tous surchargés, soûlés d’«information» de qualités diverses. Que puis-je apporter d’autre, de plus, de mieux, sans répéter ? La poète en moi a besoin de prendre son temps, de ne pas céder à ce courant, cette tentation de publier à tout prix.

Je planche actuellement sur une nouvelle faisant d’état d’une recherche au cégep de Maisonneuve (école postsecondaire à Montréal) à l’effet que les enseignants s’autocensurent dans leur propos et certains sujets chauds à aborder en classe, afin de ne pas trop soulever la controverse et simplifier leur gestion de classe. Comme enseignante à l’éducation des adultes au secondaire et à l’université, je me sens très interpellée par cette nouvelle. Ainsi, afin de respecter la diversité des modes de vie et des opinions, on choisirait l’indiversité des discours abordés en classe ?  J’ai soumis récemment ce problème philosophique et pratique à ma directrice qui m’a simplement répondu : «merci pour ce partage».

À suivre… dans le silence et la réflexion pour l’instant… Bienvenue comme toujours à vos commentaires afin de susciter la conversation virtuelle 🙂

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