Tag Archive: Refus global


Marcel Barbeau-Réalisation-de-la-sculpture-Dualité_1984

Marcel Barbeau. Réalisation de «Dualité», 1984

Marcel Barbeau «Dualité», 1984

Marcel Barbeau «Dualité», 1984

Artiste multidisciplinaire,   Marcel   Barbeau  était peintre et sculpteur, et aussi estampiste, performeur, danseur, passionné de musique contemporaine, créateur d’une œuvre variée et considérable. À 23 ans, Barbeau est historiquement signataire en 1948 du manifeste du Refus global du «mouvement automatiste canadien-français» avec le peintre Paul-Émile Borduas, son mentor et père spirituel.

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EXTRAIT du manifeste du Refus Global – Paul Émile Borduas

«Le règne de la peur multiforme est terminée

Dans le fol espoir d’en effacer le souvenir je les énumère :

peur des préjugés — peur de l’opinion publique — des persécutions — de la réprobation générale

peur d’être seul sans Dieu et la société qui isole très infailliblement

peur de soi — de son frère — de la pauvreté

peur de l’ordre établi — de la ridicule justice

peur des relations neuves

peur du surrationnel

peur des nécessités

peur des écluses grandes ouvertes sur la foi en l’homme — en la société future

peur de toutes les formes susceptibles de déclencher un amour transformant

peur bleue — peur rouge — peur blanche : maillon de notre chaine.

Du règne de la peur soustrayante nous passons à celui de l’angoisse.

[…]

D’ici là notre devoir est simple.

Rompre définitivement avec toutes les habitudes de la société, se désolidariser de son esprit utilitaire. Refus d’être sciemment au-dessous de nos possibilités psychiques. Refus de fermer les yeux sur les vices, les duperies perpétrées sous le couvert du savoir, du service rendu, de la reconnaissance due. Refus d’un cantonnement dans la seule bourgade plastique, place fortifiée mais facile d’évitement. Refus de se taire — faites de nous ce qu’il vous plaira mais vous devez nous entendre — refus de la gloire, des honneurs (le premier consenti) : stigmates de la nuisance, de l’inconscience, de la servilité. Refus de servir, d’être utilisables pour de telles fins. Refus de toute INTENTION, arme néfaste de la RAISON. À bas toutes deux, au second rang !

Place à la magie ! Place aux mystères objectifs !

Place à l’amour !

Place aux nécessités !

Au refus global nous opposons la responsabilité entière. […]

(voir le texte complet au https://fr.wikisource.org/wiki/Refus_global)

Texte tiré du Refus global pour une de mes perfos en 2014

Texte tiré du Refus global pour une de mes perfos en 2014, collectif, «Mouvements de l’art». Inspirée par la gestuelle des Automatistes, et alliant mon travail performatif avec le kung-fu au bâton, j’amorçais un cycle de réflexion et expérimentation avec le public sur l’art psychique.

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Marcel Barbeau laisse dans le deuil le Québec, ses amis  et sa famille dont sa fille, la documentariste et directrice de Wapiconi Mobile pour les autochtones Manon Barbeau et sa petite-fille, la jeune cinéaste et auteure Anaïs Barbeau-Lavalette.

Être révolté toute sa vie contre l’ordre établi et en particulier contre tous les académismes ou nouveaux académismes du milieu très fermé et très cliqué des arts visuels (dixit le peintre Serge Lemoyne et le critique d’art Robert Bernier de la revue Parcours), «les petits copains» comme le disait Barbeau aussi, il a tardé à avoir une véritable reconnaissance.  Avant-gardiste comme premier peintre canadien à travailler avec la technique du «all over» et expérimentateur de l’art optique «op art», il a demandé 18 ou 20 fois le prix Paul-Émile Borduas (gouvernement du Québec) avant de le recevoir en… (seulement) 2013 ! «Ça montre l’imbécilité de ce milieu-là» dit le journaliste culturel Bernier, suite à son décès. Pourtant, il a eu une première grande rétrospective de son œuvre la première fois à l’âge de 44 ans au Winnipeg Art Gallery (1969) qui a aussi tourné au Musée d’art contemporain à Montréal.  Mais ensuite, à part quelques grandes expos dont celles du Musée du Québec à Québec et du Musée d’art contemporain à Montréal (1975) ou du Musée du Bas St-Laurent (1998), il a en effet peu exposé dans les grands musées du Québec (ou du Canada) et davantage à l’étranger. Pourquoi ? Mystère! L’historien d’art François Marc Gagnon, spécialiste du mouvement automatiste, tente quelques hypothèses : malchance, dispersion (à une époque où les artistes multidisciplinaires étaient rares) ou peut-être, en partie, colère ? Colère ? Ah bon !?! Le simple fait que cela puisse être une raison de son écart du «milieu» laisse songeur sur ce même milieu…

Sans être rejeté, Barbeau a été occulté et n’a pas reçu la considération qu’il aurait dû avoir de son vivant… comme beaucoup d’autres grands artistes. Dans un des documentaires que sa fille a fait sur lui, il dit : « Combien de fois ce criss de musée-là me refuse?! Après je sais pas combien de carrières… Moi j’ai expérimenté toute ma vie! […] Je vais continuer à travailler, ils ne m’empêcheront pas de travailler, pis j’vais continuer, j’vais les emmerder, j’vais faire la plus grande peinture qu’on puisse faire, pis à un moment donné, ils vont me reconnaitre! Mais c’est à ce moment-là que je pourrai leur dire non.» (1)

Il était «extrêmement déterminé». Même très malade, lorsqu’il se mettait à sa table de travail, il retrouvait presque magiquement sa force vitale. Je crois qu’on peut parler, sans trop se tromper, de véritable force de la nature, comme Riopelle d’ailleurs. Ce sont des trésors qui partent… Lui qui a affronté vents et marées et a toujours continué, malgré tout, à persévérer et à créer, malgré des périodes de vide.

Œuvres à la fois épurées et expressives, elles appartiennent à l’univers baroque, dit Barbeau de son travail sur son site internet. «Son défi était de rendre un espace signifiant et conscient » (Bernier). Œuvre réfléchie, synthétique, placée, mais néanmoins intuitive, il est resté toute sa vie dans l’esprit de l’automatisme, et un des inventeurs de la peinture gestuelle, peu avant Jackson Pollock. Son travail est comme une méditation consciente; sa colère disparaissait et était canalisée par la création. Bernier compare son œuvre, malgré toute sa diversité, à «l’espace du golf » (qui était une passion pour lui), comme «espace aménagé, pensé, codifié. Un espace jumelé au mouvement et nourri par la technique et l’intuition, par le moment présent comme dans le ‘swing’».  Un être d’une richesse créative hors du commun qui «voit une couche au-dessus de tous» (Bernier)

Marcel Barbeau, «Bas du Fleuve». New-York, 1964

Marcel Barbeau, «Bas du Fleuve». New-York, 1964

Marcel Barbeau dans le magazine Vie des Arts_2015

Marcel Barbeau dans le magazine Vie des Arts, 2015

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J’ai rencontré Marcel Barbeau en  2006 lors d’une performance-manifestation de rue du peintre et ami Nikolaï Kupriakov, à l’entrée du ministère de Culture à Montréal. Alors impliquée dans le groupe Divergences avec ce dernier ainsi qu’avec les peintres Hélène Goulet et Louisa Nicol, nous revendiquions  à ce moment-là plus d’ouverture au programme d’art public dit du «1%» du gouvernement du Québec. Plusieurs artistes avaient signé notre pétition, dont Barbeau qui était venu parler avec Kupriakov. L’ancienne ministre de la culture, Line Beauchamp à qui j’avais fait parvenir une œuvre postale intitulée «La boite de Pandore» au nom du groupe était venue nous parler. La conversation avait tourné autour de ces artistes, pourtant talentueux qui sont refusés, pour leurs idées, pour leurs esthétiques, par les programmes dits publics. Barbeau avait une longue expérience dans le domaine…

Ève Langevin, La boite de Pandore1_2006

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Ève Langevin, La boite de Pandore2-2006

J’ai toujours eu une filiation profonde avec ces artistes du mouvement automatiste. Probablement parce que j’étais la petite-petite nièce du mentor de Borduas, le peintre Ozias Leduc, bien que dans les années ’90, je n’étais pas vraiment consciente de ma filiation du côté paternel. Aussi, simplement parce que j’aimais les œuvres de Borduas et que je regardais souvent chez ma mère deux peintures de jeunesse (?)(2) qu’Ozias avait données à ma grand-mère. Mais surtout parce que j’ai lu et relu ce manifeste du Refus global, j’ai lu tout ce que Borduas a écrit sur l’art. Lors de la sortie du film de Manon Barbeau, «Les enfants du Refus global», où sa fille se questionnait sur les relations familiales entre ces grands artistes et leurs enfants, souvent abandonnés, je m’étais sentie interpellée, car mon père, homme de la même génération que Barbeau, avait lui aussi tout consacré à sa carrière (politique, pour l’indépendance du Québec), laissant femme et enfants derrière… pour le meilleur et pour le pire. Je reproduis ci-dessous, l’article que j’ai écrit pour le journal Le Devoir à ce sujet en 1998, suite au décès de mon père.

Écoutez l’entrevue avec Robert Bernier à Radio-Canada au http://ici.radio-canada.ca/emissions/desautels_le_dimanche/2015-2016/

Pour plus de détail voir :

http://www.marcelbarbeau.com/

http://revue-parcours.com/art-contemporain/marcel-barbeau-1925-2016/

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de mes archives, 1998

Mon texte sur le film «Les Enfants du Refus global»_p.1_Ève Langevin-1998_journal Le Devoir

Mon texte sur le film «Les enfants du Refus global», p.2

Mon texte sur le film «Les Enfants du Refus global»_Ève Langevin-1998_journal Le Devoir (le stupide titre n’est pas de moi…)

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Ève Langevin, La boite de Pandore3_2006

La boite de Pandore, Ève Langevin_2006

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(1) «Barbeau libre comme l’art», Manon Barbeau, ONF. 2000. http://www.dailymotion.com/video/xmo7vy_barbeau-libre-comme-l-art_shortfilms

«Les Enfants du Refus global», Manon Barbeau, ONF. 1998. https://www.youtube.com/watch?v=diwzK_zTgE8

(2) Malheureusement, l’authenticité de ces deux peintures n’a pas pu être attestée à ce jour. Voir ma série de billets sur cette question au https://evemarieblog.wordpress.com/2014/08/31/le-grand-peintre-ozias-leduc-recherches-familiales-1/

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Photo satellite du fleuve St-Laurent, de la Gaspésie et la Côte Est de l'Amérique du Nord

Photo satellite du fleuve St-Laurent, de la Gaspésie et la Côte Est de l’Amérique du Nord

Nous, les Québécois sommes engagés dans une situation sans issue au sujet des projets étrangers et locaux des hydrocarbures.

Ce manifeste pour l’Élan global me semble sérieux et essentiel. Je signe au http://elanglobal.org/apropos … même s’il est évident que nos signatures ne suffiront pas.

Fleuve St-Laurent-petrolier-ile-aux-coudres_SRCIci comme ailleurs, nous devons faire une profonde réflexion sur nos sources énergétiques, suite à l’annonce cette semaine par la revue scientifique américaine Science Advances qui a annoncé que la « 6e extinction de masse est en cours» ! (au cas où certains n’avaient encore remarqué…)

say-no-Trans-Canada-Energie Est
Plus de détails au http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/443312/biodiversite-l-humain-a-enclenche-la-sixieme-grande-extinction
et au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/06/21/lhumain-a-enclenche-la-6e-grande-extinction/

Aussi, les autochtones se regroupent dans le monde, veillent et agissent pour l’environnement et la protection de territoire : après-demain, jour de l’indépendance : http://26june.weebly.com/ :

«  The unification of all the independent sovereign indigenous nations is an opportunity to restore balance and harmony to Mother Earth, and to create a new era of peace, justice, spiritual renewal, cooperation and healing for all of our Human Family.»

Indigenous Nations rallied to protect Medecine Lake from industial sacle Geothermal desecration. California, march 2015. Source :http://bsnorrell.blogspot.ca

Indigenous Nations rallied to protect Medecine Lake from industial scale geothermal desecration. California, march 2015. Source :http://bsnorrell.blogspot.ca

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Manifestation à Cacouna contre le projet de port pétrolier de Tanscanada-pipeline sur le fleuve Saint-Laurent, 2014. En 2015, le gouvernement annule le projet.

St-Laurent_Forces

Source: revue Forces

Et vous ?

lesindignesduquebec

Élan global

Sophie Doucet Sophie Doucet

Les Indignés du Québec vous invitent à signer le «Manifeste pour l’Élan global» qui constitue un clin d’œil à l’héritage du Refus global.  Le 9 août 1948 était publié le «Refus global». Ce manifeste signé par 15 membres du groupe automatiste rejetait alors l’immobilisme de la société québécoise. Sa parution en 1948 provoqua une vive controverse au Québec. 

Aujourd’hui, le manifeste pour un Élan global est un clin d’œil à l’héritage du Refus global. L’Élan global se veut radical par ses idées et implore une transformation profonde du Québec comme l’ont fait les Automatistes il y a 67 ans.
Refus+global
L’Élan global n’est pas qu’un manifeste. L’Élan global est un collectif d’objectrices et d’objecteurs de conscience qui souhaitent se libérer des hydrocarbures et bâtir un monde juste et viable. C’est un mouvement de résistance à l’invasion systématique de notre territoire par les pétrolières et par de puissants intérêts financiers. Notre objectif est de…

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1e peinture  049

Ève Marie, 1re peinture gestuelle issue du kung-fu, avril 2013

De décembre ’13 à février ’14, suite à cette invitation ci-dessous que j’avais faite à quelques amis artistes et philosophe, cinq d’entre eux ont répondu présents, soit le compositeur de musique contemporaine, musicien et poète Anatoly Orlovsky,  la conteuse Elisabeth Desjardins, le peintre et photographe Pierre Chevalier et la l’auteure-compositrice-interprète de jazz Caroline Harvey (qui a malheureusement dû se décommander pour maladie).

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Chers amis,

Je prépare actuellement un spectacle-atelier «solo» interdisciplinaire… mais participatif dans lequel je vous propose d’en être à la fois les acteurs semi-improvisés et les spectateurs, en partie libérée(s) du besoin de performance et de son corollaire le jugement, et davantage animée(s) du désir d’expression et de relation de l’Ëtre.

Une partie de mon travail artistique des années ‘2000 a consisté à poser des actions ponctuelles pour critiquer le nouvel académisme dans les arts visuels (et autres…), notamment avec une collaboration dans le groupe Divergences avec Nikolaï Kupriakov* et plus récemment cet été avec Marina Maslovskaïa pour les supporter dans leur performance hors murs pendant la Biennale de Venise, visant à ramener l’importance de la peinture dans l’art et à critiquer les dérives de l’art contemporain.

3e peinture 29-06-13 039

Ève Marie, en répétition de kung-fu au bâton

Cet engagement social, parfois de style guérilla artistique, mais aussi par besoin de libération féministe, m’a amenée à pratiquer des arts martiaux, et en particulier le kung-fu (de la famille xing yi), le mouvement dansé et improvisé ou l’exploration vocale, ou celle des énergies et des souffles du corps et, plus récemment, d’en découvrir une expression métamorphosée, à ma plus grande surprise, dans une sorte de peinture gestuelle performative et improvisée. C’est sur la base d’une écriture inconstante de poésie ou de récit sur des thèmes à la fois sociopolitiques et spirituels et de ces nouvelles explorations que je désire mettre en scène et partager avec vous prochainement : un genre de répétition générale semi-privée en studio pour m’accompagner et s’inspirer mutuellement à travers notre médium artistique, que ce soit la peinture, la sculpture, le dessin, la photo, la musique et le chant, la danse, les arts martiaux, le tricot graffiti, la poésie, l’écriture de textes de philo et toutes leurs combinaisons riches et possibles et dont le titre de travail serait : Mouvements de l’art. Cette mise en commun aura lieu probablement en février; j’attends donc votre confirmation pendant les fêtes.

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paul_emile_borduas, atelier à Paris

Paul-Émile Borduas en exil volontaire à son atelier parisien, vers 1958

Il est toujours bon de renouer avec nos classiques (ce que les musiciens ont compris et pratiquent depuis plus longtemps que les autres artistes), c’est pourquoi je vous propose comme «pulse» de départ soit un regard sur le manifeste socioartistique Refus global (1948) du peintre Paul-Émile Borduas, soit le conte traditionnel russe de Vassilissa et la Baba Yaga, ci-joint. Ce conte raconte ce qui se passe quand on prend conscience que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être. Je vous propose également mes mots de 1995 qui dénotent l’importance que je donne au « nous » et qui mettent la table pour cette expérience collective de création.

Ozias Leduc, Mon portrait, 1899

Ozias Leduc, Mon portrait, 1899

Borduas fut l’apprenti de mon arrière grand-oncle, le grand peintre canadien Ozias Leduc. La discussion que j’ai eue de ce fameux texte du Refus global avec certains d’entre vous m’a laissée sur ma faim. Il m’a semblé être encore mal compris. Et à coup sûr, il a été mal interprété par la génération des artistes boomers (profs d’université, etc.), et du mouvement des Plasticiens, qui s’en sont servi pour justifier leur art conceptuel alors que ce texte est exactement à l’opposé de cette vision. Plutôt qu’un débat intellectuel ou un groupe de discussion comme occasion de se rencontrer, je vous lance cette fois-ci le défi d’en intégrer personnellement ses multiples dimensions par votre art, en venant à ce spectacle participatif.

Que rapporte l’historien de l’art Guy Robert (1) au sujet de la critique de l’«intention» créatrice dans le manifeste du Refus global ? Il dit que pour Borduas, «la valeur et la signification de l’œuvre procèdent et émergent de la réalité matérielle, plastique; la meilleure intention [rationnelle, logique] n’y ajoute rien.»**

Refus global _le livre«La portée de cette puissance magique que [Borduas] qualifie aussi de transformante» (GR) : c’est cette puissance qu’ont perdue les artistes les plus connus de notre époque dans l’exploitation de leur personnalité.»

Un an après le printemps érable, la phrase suivante aura peut-être une résonance particulière pour certains d’entre vous, à mon avis un des plus beaux passages de la littérature québécoise écrits par un artiste issu des arts visuels, avec une résonance révolutionnaire propre aux crises de plus en plus rapprochées de notre époque :

«Rompre définitivement avec toutes les habitudes de la société, se désolidariser de son esprit utilitaire. Refus d’être sciemment au-dessous de nos possibilités psychiques et physiques. […] Au refus global, nous opposons la responsabilité entière. […] Chaque fois qu’un homme obéit aux nécessités profondes de son être; chaque fois qu’un homme consent à être un homme neuf dans un temps nouveau.» Borduas

Vassilissa, illustration d'Ivan Billibin

Vassilissa, illustration d’Ivan Bilibin

Sur Vassilissa, je dirai pour l’instant peu de chose, vous laissant la chance d’interpréter le conte vous-même. Néanmoins pour vous situer un minima en cadrant la démarche artistique que je vous propose ici :

« Les cycles féminins [et masculin] qui correspondent aux tâches de Vassilissa sont les suivants : régulièrement, nettoyer sa façon de penser, remettre à neuf ses valeurs, débarrasser sa psyché des trivialités, balayer son soi, désencombrer sa façon de penser et de sentir. Allumer sous sa vie créatrice un feu qui ne s’éteint pas, cuisiner systématiquement des idées, [cela] signifie avant tout que l’on prépare de manière originale de la vie, de la vie inédite, afin de nourrir la relation entre soi et la nature sauvage. » Par ce conte, « notre tâche est d’infuser le tüz (âme ou feu de l’âme) dans nos idées, dans nos vies et celles de notre entourage. » « La femme sauvage est celle qui ose, celle qui crée, celle qui détruit. » Clarissa Pinkola Estes, «Femmes qui courent avec les loups » (1992)

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Quand ils entrent au dedans de mes rêves, nous mangeons des coquelicots rouges et ils font de la musique. Nous prenons seulement ceux qui repoussent facilement pour ne pas en manquer. On les reconnaît facilement car ils sont plus beaux que les autres.

Nous ferons pousser un jardin d’amarantes. Nous mangerons des écorces de serpents

au soleil. Voici venir l’état de grâce.

Le bassin des larmes perpétuelles a été inauguré. Tous ceux qui ont envie de pleurer viennent s’y laver. Les cygnes nous regardent amusés. Jamais œuvre humaine n’eut le pouvoir d’attirer tant de monde. La filée fait plusieurs fois le tour de la Terre. Nous buvons l’eau à la bouche et elle nous raconte son ivresse. Chacun de nos gestes se forme à la manière d’une prière suave au Soleil. Nous sommes dans l’ivresse de Dieu, tous réunis. Nous voyons la racine et la cime des arbres d’un seul coup d’œil. L’est et l’ouest se trouvent au même endroit. C’est toujours le jour et c’est toujours la nuit en même temps. Il faut cultiver la joie pour y rester.

mon extrait inédit de « Le Fiel à la bouche » (1995)

Il parait que je suis surréaliste. Et vous? Les automatistes, Borduas en tête, se trouvaient dans cette mouvance, mais avec des différences appréciables. Quelle ne fut pas ma surprise de lire cette semaine dans un autre classique qui manquait à ma culture, « L’Homme révolté » de Camus (1951) l’extrait suivant :

« André Breton n’a jamais varié, en effet, dans sa revendication du surréel, fusion du rêve et de la réalité, sublimation de la vieille contradiction entre l’idéal et le réel. On connaît la solution surréaliste : l’irrationalité concrète, le hasard objectif. La poésie est une conquête et la seule possible, du point de vue suprême. Un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur… cessent d’être perçus contradictoirement. »

Alors ? J’espère que ça vous inspire! Qu’en dites-vous ? Ça vous tente ? J’attends de vos nouvelles!

Ève Marie, 14 décembre 2013

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Peinture 4 perfo Art en Mouvements 028

détail 1, perfo gestuelle, février ’14, Ève Marie

Nous avons réalisé ce projet expérimental et exploratoire, comme rampe de lancement, avec un public sur invitation seulement, le 9 février ’14, au CEDA, à Montréal. Nous intégrerons plus tard quelques extraits vidéos.

Ève Marie, perfo gestuelle du 9 février, sur des extraits du Refus global

détail 2, perfo gestuelle du 9 février ’14, sur des extraits du Refus global, Ève Marie

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(1) GUY ROBERT, «Borduas», éd. les presses de l’université du québec, 1972.

* Le groupe Divergences, avec aussi les peintres Hélène Goulet et Louisa Nicol.

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