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manif contre SLAV juin 2018 -crédit

Quelques dizaines de manifestants étaient massés devant le Théâtre du Nouveau Monde, lors de la première du spectacle «SLAV» en juin 2018. Crédit photo: Valérian Mazataud, Le Devoir

L’annulation récente du spectacle SLAV à Montréal sur les chants d’esclaves afro-américains et l’oppression dans l’histoire des Noirs, mais aussi celle subie par les Slaves des Balkans, celui des Irlandais, celui des Asiatiques d’aujourd’hui, monté par l’homme de théâtre Robert Lepage et la chanteuse Betty Bonifassi pose des questions sur l’appropriation culturelle, le racisme inconscient, les rapports culturels et politiques entre le théâtre, leurs artisans et les militants ainsi que la liberté d’expression artistique.

Les militants antiracistes ont notamment reproché le manque d’artistes noirs dans la production (2 sur 8). La sous-représentativité de la communauté noire sur scène est effectivement plus que discutable : une erreur que les créateurs auraient dû admettre au moins. Pour un sujet comme celui-là, cela choque et indigne de la part d’un artiste aussi expérimenté et important que Robert Lepage, dans un cadre aussi exposé, un des principaux théâtres montréalais et un festival de musique international aussi fréquenté.

La tenue de ce spectacle, puis son annulation par le diffuseur Festival international de jazz de Montréal ont été fortement polémiques. Les artistes ont choisi de s’exprimer seulement après l’annulation du spectacle, dénonçant « l’affligeant discours d’intolérance », craignant de répondre prématurément « en jetant de l’huile sur le feu » et ajoutant que « la pratique théâtrale repose sur le principe simple de ‘jouer à être quelqu’un d’autre’, ce qui peut exiger que ‘l’on emprunte à l’autre son allure, sa voix, son accent et à l’occasion son genre’ ».

Je pense que ce moment tardif d’expression publique est malheureux, car aucun dialogue et adaptation potentielle n’ont pu s’inter-engager. Il eut été intéressant que ce spectacle devienne le lieu d’un laboratoire artisto-social. Mais, à leur défense, tous les artistes n’ont pas l’âme d’un sociologue… D’un autre côté, c’est « sans reconnaître qu’il a pu faire une erreur » que cette défense par les créateurs de ce spectacle s’est faite, a critiqué le rappeur et historien Webster. Pour sa part, la militante Marilou Craft a affirmé qu’« on avait une belle occasion de parler des inégalités raciales dans la sphère culturelle et on détourne la conversation pour parler surtout de censure et de liberté d’expression. »

Par ailleurs, « Le terme ‘appropriation culturelle’ fraie dans les universités américaines [depuis la fin du XXe siècle]. Il décrit la saisie, l’adoption inappropriée et l’absence de reconnaissance lors de l’utilisation de coutumes, de pratiques, d’idées, etc. d’un peuple par des membres d’une autre communauté, typiquement plus dominante. Des notions d’exploitation, de colonisation, mais aussi de propriété intellectuelle le sous-tendent. » (1)

Pour ma part, je trouve en effet qu’une bonne occasion d’écoute et de prise en compte des leaders contestataires a été manquée, car certains aspects pragmatiques et de conception de ce spectacle incluaient insuffisamment la perspective des premiers concernés et plusieurs critiques étaient vraiment pertinentes.

Cependant, le concept d’appropriation culturelle est un concept universitaire américain. Est-il universel ? On peut penser que non, puisqu’il est le produit de LA nation dominante mondiale sur le plan scientifique et autre. Les francophones d’Amérique sont à fois minoritaires et majoritaires au Québec. Cela affecte nécessairement notre culture et notre vision de l’inclusion/exclusion et de l’exploitation des peuples. Peut-on copier-coller ce concept américain à notre réalité ici au Québec et en particulier celles des noirs ? S’il est vrai qu’il y a eu aussi de l’esclavage au Québec, les militants qui se sont identifiés à cette cause, contrairement aux Noirs américains, ne sont pas des descendants d’esclaves. Ceci dit, les blessures et infamies liées au racisme et à l’intolérance de tous les jours sont bien vivantes, d’où qu’on vienne.

Enfin, l’annulation d’un spectacle (2), cela va trop loin pour moi, car il ne s’agit pas ici d’un spectacle ayant des propos diffamatoires ou haineux. Je ne crois pas que les artistes ont à se soumettre aux militants (ni l’inverse). De plus, des enjeux commerciaux (3) et de réputation semblent avoir engendré la décision d’annulation des responsables du festival : cela pose la question de la liberté artistique, du règne de l’argent et de l’(in)capacité citoyenne de voir et d’entendre des choses avec lesquelles nous sommes profondément en désaccord : le propre de sociétés démocratiques.

Bref, un dialogue interculturel n’a pu s’enclencher et c’est cela le grand perdant de cette polémique, à mon avis. Allez hop, la rencontre des genres et des expériences métissées ! Quelle contradiction insupportable ! Allez hop au public, qui ne pourra pas en débattre lui-même, ne pouvant plus voir le spectacle et ni connaitre ces chants d’esclaves, eux-mêmes métissés.

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J’ai vécu moi-même une situation similaire pour la parution d’un livre en début d’année sur le thème du vivre-ensemble, dans le cadre du 375e de Montréal (4). Pour ce projet d’art avec mon personnage de Tricoteuse du peuple, je collaborais avec un organisme communautaire, dont un des volets d’action est les services aux immigrants. Après la lecture de mon manuscrit, la directrice de l’organisme m’a dit : « nous ne sommes pas d’accord ». D’abord déstabilisée, j’ai mis mon ego de côté, considérant cet organisme et sa directrice, en quelque sorte, comme mes éditeurs, et j’ai pris en note les aspects problématiques selon eux, que j’ai retravaillés, approfondis ou mieux défendus, tout en communiquant mon malaise par écrit à la directrice et à son assistante. C’est son assistante qui m’a répondu, tentant de calmer le jeu. Puis j’ai invité la directrice, elle-même immigrante latino-américaine, à donner son point de vue dans mon livre, invitation qu’elle a ignorée, sans jamais me donner une réponse claire.

Du point de vue du vivre-ensemble, c’était pour moi un échec monumental de communication et d’intercompréhension, après une démarche artistique de près d’une année avec, notamment, les citoyens d’un quartier multiethnique de Montréal avec qui le projet s’était pourtant très bien passé. Un échec dont je peine encore à me relever, car lorsque des citoyens natifs ne peuvent communiquer adéquatement avec des immigrants avec qui nous partageons généreusement notre table, cela m’inquiète énormément sur l’avenir de nos rapports sociaux. Épiphénomène ? Peut-être dois-je me garder de généraliser, et que cela n’était peut-être que simplement le fait de personnalités incompatibles ou de temps qui manque… mais avec cet épisode de SLAV, quoiqu’en se posant différemment de ma situation, cela laisse de quoi songeur… Malaise dans la cité ?

Que croyez-vous qu’il subsiste de tant d’incommunication ou de tant de commercialisme et de faux-fuyant ? Des positions qui deviennent de plus en plus exacerbées et polarisées de part et d’autre. Vraiment inquiétant. Voilà le terreau fertile du populisme qui mène au fascisme et ses nouvelles formes narcissiques… comme aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. Ne devenons pas comme eux. Penchons-nous sur des solutions, chaque jour.

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12 juillet

Oh bonne nouvelle… de l’écoute, de la communication…

Après la conférence de presse du collectif SLAV Résistance qui a déclaré que « SLAV a été le catalyseur d’une conversation sur la race, le racisme, l’appropriation culturelle et le privilège blanc qui rend les gens mal à l’aise, mais qui doit exister » et demandé que le théâtre qui a hébergé ce spectacle engage «des auteurs, metteurs en scène et acteurs noirs, en plus de présenter des spectacles produits et développés par ces personnes »…

… la directrice du théâtre qui avait prêté sa salle pour SLAV vient de déclarer qu’elle sera désormais plus attentive à ce que leurs spectacles représentent davantage la diversité du Québec. En effet, Lorraine Pintal « promet ainsi un coup de barre pour rendre la scène du TNM plus représentative de la diversité culturelle. » À suivre…

Voir https://www.ledevoir.com/culture/theatre/532223/le-tnm-sera-beaucoup-plus-plus-a-l-ecoute?utm_source=infolettre-2018-07-12&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

 

14 juillet… Et maintenant … Kanata

Kanata._Crédit photo _David Leclerc

Kanata. Crédit photo : David Leclerc

Oups, Robert Lepage et la grande femme de théâtre Ariane Mnouchkine chez les Autochtones… sans Autochtones sur scène pour leur pièce «Kanata» en préparation à Paris.

Dans une lettre fort bien écrite et réfléchie depuis 1 an rédigée par des artistes et intellectuels autochtones (dont Dave Jeniss, acteur et directeur artistique du Théâtre Ondinnok), ils répondent à une lettre à mme Mnouchkine (5) publiée cette semaine en questionnant une fois de plus l’absence de comédiens issus de la thématique de cette autre pièce montée par Lepage (6), en faisant appel à la odeiwin (ou parole du cœur en langue anicinape) (7).

L’un des grands problèmes que nous avons au Canada, c’est d’arriver à nous faire respecter au quotidien par la majorité, parfois tricotée très serrée, même dans le milieu artistique. Notre invisibilité dans l’espace public, sur la scène ne nous aide pas. Et cette invisibilité, Mme Mnouchkine et M. Lepage ne semblent pas en tenir compte, car aucun de nos membres ne fera partie de la pièce. Nous ne voulons pas censurer quiconque. Ce n’est pas nos mentalités et dans notre façon de voir le monde. Ce que nous voulons, c’est que nos talents soient reconnus, qu’ils soient célébrés aujourd’hui et dans le futur, car NOUS SOMMES [en majuscule dans le texte]. Certains ont été consultés par les promoteurs de Kanata. […] Est-ce que les metteurs en scène de Kanata ont cherché une collaboration [de comédiens] ?

Les signataires de cette lettre se montrent irrités que leur histoire soit une fois de plus réinterprétée sans eux. Pourquoi y a-t-il que des comédiens français dans cette pièce ? Mme Mnouchkine  explique :

« Parce que le théâtre a besoin de distance, de transformation, de cette quête, de ce chemin de l’imagination. Il ne peut pas y avoir — j’utilise le terme plutôt dans le sens bouddhiste que chrétien — de compassion sans imagination. On ne peut pas parler de fraternité si on n’imagine pas son frère ou sa sœur.  Ce sera toujours un acteur qui va jouer Hamlet ; et il n’a pas besoin d’être Danois. Je dirais qu’il vaut mieux qu’il ne le soit pas. »

Conclusion.  Autant pour SLAV que pour Kanata, cette démarche artistique est absolument pertinente, on est au théâtre, ne l’oublions pas, pas dans une arène politique où on y devrait plus consciemment faire de la discrimination positive… Mais… parce qu’il y a maintenant un mais… Il y a maintenant un «contexte social» particulier, comme les signataires le soulignent justement . Les professionnels des arts de la scène de plus en plus issus des «minorités» visibles ont aussi besoin de travailler et de faire valoir leur talent… et leur vision du monde. Je crois que cette démarche n’empêche pas a priori de les avoir sur scène à l’heure de la mondialisation et de la réflexion sur l’inclusion et, au Canada, à l’heure d’une grande démarche sociale et gouvernementale de «réconciliation et de vérité» (8). À mon avis, une équipe interculturelle enrichira la réflexion de ces pièces et de toutes les autres à venir.

Les signataires de cette lettre interpellent aussi les subventionneurs culturel de l’État. Certains nouveaux critères de sélection pour les subventions pourraient favoriser ce dialogue.

16 juillet… Bonne nouvelle

À peine 48 h après la publication de cette lettre des Autochtones dont Lepage et Mnouchkine veulent représenter l’histoire entre blancs et Autochtones au Canada, les deux artistes ont fait savoir qu’ils aimeraient rencontrer cette semaine les signataires afin de les écouter et d’entrer en vrai dialogue et discuter de leur projet. Les signataires ont bien accueilli cette proposition.

Voir https://www.ledevoir.com/culture/theatre/532491/robert-lepage-et-ariane-mnouchkine-invitent-la-communaute-autochtone-au-dialogue?utm_source=infolettre-2018-07-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

et https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/a-la-une/document/nouvelles/article/1112970/lettre-ouverte-robert-lepage-autochtone-kanata-kim-obomsawin

 

21 juillet

La rencontre a eu lieu dans le respect avec la tradition autochtone du bâton de parole (9). Un des importants signataires de la lettre critique, l’homme de théâtre Dave Jeniss de la troupe Ondinnok a déploré «une relecture de l’histoire du Canada excluant les créateurs issus des Premières Nations». De son côté, Robert Lepage semble avoir été fortement ébranlé par cette rencontre après avoir indiqué clairement que les acteurs (tous Européens et non-Autochtones) avaient déjà été engagés par Mme Mnouchkine avec un contrat d’exclusivité pour la troupe du Théâtre du Soleil de Paris :  «Je ne m’attendais vraiment pas à affronter une telle colère », a avoué Robert Lepage à propos des débats entourant ses pièces Kanata et SLAV.» a déclaré M. Lepage. Il a par contre souhaité réaliser de futurs projets avec des artistes autochtones dans un proche avenir (10).

Reste à voir comment cette rencontre interculturelle ouvrira un vrai dialogue de collaboration dans le futur… et comment ces affaires qui ont eu une assez bonne couverture médiatique influenceront tous les créateurs et leurs publics, par une réflexion et des actions de médiations culturelles.

 

27 juillet

Lepage décide d’annuler son spectacle avec le Théâtre du cirque du Soleil et Mnouchkine veut trouver une «riposte théâtrale» !

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  1. https://www.ledevoir.com/societe/531938/slav-l-appropriation-culturelle-entre-deux-miroirs et https://www.ledevoir.com/culture/531920/qu-est-ce-que-l-appropriation-culturelle et https://www.ledevoir.com/culture/theatre/531876/robert-lepage-reagit-a-l-annulation-de-slav
  2. Seules trois représentations ont eu lieu avant l’annulation et le public présent lors de la 1re a dû entrer… en passant à travers un cordon de policiers et des injures de « white supremacist » de manifestants qui… n’avaient pas vu le spectacle… expérience fort éprouvante pour certains spectateurs…Pour sa part, le Festival nie toute censure et argue -tardivement- une blessure de Betty Bonifassi et des préoccupations de sécurité comme raisons de l’annulation.
  3. Le chanteur américain Moses Sumney a annulé sa participation au Festival suite à la controverse.
  4. «Mémoires. Tricotés serrés. Journal d’un vivre-ensemble» Disponible sur commande au https://www.facebook.com/%C3%88ve-Marie-Langevin-750633708443354/
  5. https://www.ledevoir.com/culture/532131/les-ameridiens-du-canada-lus-par-lepage-et-mnouchkine
  6. https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/532406/encore-une-fois-l-aventure-se-passera-sans-nous-les-autochtones
  7. S’écrit aussi anishnabé de la nation des Algonquins ou Anishinabeg, située dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue au Québec et du centre-est de l’Ontario.
  8. Allusion à la Commission de vérité et réconciliation du Canada, au sujet des pensionnats autochtones, tenue de 2007 à 2015. Voir mon billet à ce sujet au https://evemarieblog.wordpress.com/2015/10/23/lettre-dexcuse-aux-autochtones-au-sujet-des-pensionnats-amerindiens/
  9. Voir mon billet sur la conversation dans l’histoire au https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/13/histoire_conversation_salons_groupe-de-discussion/
  10. https://www.ledevoir.com/culture/532926/robert-lepage-entrevue-radio-canada
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Grande mosquée de Québec, au matin du 30 janvier 2017. Crédit photo : Le Devoir, Jacques Nadeau

Je prépare un billet sur les sentiments d’exclusion, d’injustice et d’oppression, qui sont, je crois, les sentiments les plus à vifs pour de larges pans de population, de minorités et d’individus en ce début du 21e siècle. Le choc de l’attentat de Québec le 29 janvier dernier, où des musulmans ont été tués par un tireur «fou», alors qu’il se trouvaient dans une Mosquée à Québec, soulève de nombreuses questions et appelle des actions nouvelles. Je suis allée aux funérailles de Montréal et j’aimerais plus tard trouver les mots pour vous en parler. J’envoie à nouveau mes condoléances aux familles éprouvées.

Mais avant, j’aimerais vous faire connaitre le regard croisé d’une militante bien connue de la culture sourde, ma cousine Julie Elaine Roy, qui s’exprime ici éloquemment au sujet de cet attentat et plus largement, au sujet de toute situation d’intolérance et de nos responsabilités.

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Samedi 4 février 2017

Chère sœur,

Ce que j’ai ressenti lors des évènements du dimanche 29 janvier 2017 a suscité en moi de la grande tristesse vis-à-vis la communauté musulmane.

Cela m’a fait revivre toute l’intolérance face aux personnes « non conformes » à la majorité de la société.

Je suis une personne devenue sourde suite à une complication lors de ma naissance en 1948.

Je fus éduquée à l’Institution des Sourdes-Muettes de Montréal de 1955 à 1964. J’ai poursuivi mes études grâce à des cours privés en français et en anglais dans le but d’aller à l’université de Gallaudet (Washington D.C.),  seul établissement universitaire pour les étudiants sourds communiquant en langue des signes américaine. Diplômée de celle-ci, j’ai été professeure  d’élèves sourds à l’école Lucien-Pagé et conseillère pédagogique au cégep du Vieux-Montréal auprès d’élèves sourds et malentendants en leur prodiguant différents services adaptés à leurs besoins. Je suis présentement à la retraite depuis 10 ans.

Donc, forte de mon expérience et de mon vécu, je vais vous raconter tout ce que peuvent susciter des paroles blessantes chez un enfant.

Je me souviens à l’Institution, lors des leçons de catéchisme le professeur nous disait que la religion catholique était la meilleure au monde. J’avais peut-être 10-11 ans. Déjà à ce moment-là, j’éprouvais de la tristesse pour les autres humains de la terre qui n’en faisaient pas partie.

À cette époque-là, j’ai même dit à une élève qu’elle irait en enfer si elle n’allait pas à la messe plus souvent dans la semaine. Cette dernière a rapporté mes paroles au professeur. En me reprochant déjà ma bévue, j’allais répliquer : «  Oui, mais…), sauf qu’elle m’a giflée tout de suite avant que je ne finisse ma phrase qui aurait été celle-ci. « C’est vous qui me l’avez enseigné ». C’est vrai que ces dires ne devraient pas être prononcés, j’en suis consciente. Cette leçon me fut bénéfique lorsqu’à mon tour je suis devenue enseignante, 15 ans plus tard.

Nous professeurs, avons beaucoup de pouvoir face à une classe d’élèves. Nous avons la grande responsabilité de transmettre notre savoir. J’ai toujours respecté leurs réflexions. Étant moi-même sourde, j’ai eu durant des années à subir des préjugés selon lesquels les Sourds ne comprennent que le concret et pas l’abstrait. Heureusement, il y a longtemps que j’ai entendu cette ineptie.

J’ai toujours été à leur écoute et je corrigeais parfois leurs raisonnements incongrus tout en faisant bien attention à mes propos.

Au début de ma carrière à l’école Lucien-Pagé, les élèves des classes du secteur sourd nouvellement intégrés lors des récréations, des diners à la cafétéria et des participations aux activités de loisirs m’ont dit que les entendants étaient méchants. Je leur ai répondu que leurs parents l’étaient sans doute aussi, car 90% des enfants sourds ont des parents entendants. Cela les a fait réfléchir. C’est normal parce que c’est juste de l’ignorance.

Souvent dans mon enseignement, j’ai fait de la sensibilisation à la culture sourde et à la langue des signes québécoise (LSQ). Quelquefois mes élèves me contestaient. Je trouvais cela légitime, car j’ai toujours prôné le respect vis-à-vis de l’intelligence de ces enfants. À la longue, ils finiraient par comprendre et c’est le cas. Ils sont devenus les défenseurs de cette langue.

Tout au cours de ma vie, j’ai dû faire face à des propos racistes de la part de mes proches, selon le contexte de chacun. Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours ressenti un malaise que je ne pouvais pas m’expliquer et que je n’ai compris que plus tard. Je n’étais pas l’une des leurs. Cette exclusion s’applique dans les domaines tels que la religion, la race, le sexe, le handicap, etc. Si nous continuons à pointer les différences qui ne nous conviennent pas, on fera le vide autour de nous et nous nous retrouverons seuls.

Suite à l’évènement du 29 janvier dernier, j’ai regardé à la télévision les deux cérémonies religieuses dédiées aux défunts. J’ai aimé les discours des deux premiers ministres, ceux des deux maires et surtout ceux des imams ou des personnalités de la communauté musulmane. Ces derniers nous ont rappelé ce qu’est la vraie religion musulmane. Ce que je savais déjà.

Là où je veux en venir est ceci : « Il est de notre devoir de faire attention à nos paroles et là je pense à Loïc mon petit-neveu de trois ans qui entend tout et qui commence à raisonner subtilement. J’aimerais que, comme adulte, lui donner l’exemple du respect dans la façon de communiquer.

 

Voilà ma chère sœur ce que je voulais dire.

 

Excuse les fautes de syntaxe ou coquilles dans le texte. L’important est de dire exactement ce que je ressens.

 

Julie Elaine Roy

 

Proposition dans la Charte des valeurs

Proposition dans la Charte des valeurs québécoise

«La dignité humaine ne dérive pas de la religion mais la précède.» Hitchens (*a)

Après quelques lectures et autres discussions ces deux dernières semaines, mais surtout basé sur mon expérience quotidienne avec les immigrants depuis de nombreuses années, mon point de vue évolue et  je crois que je suis de plus en plus d’accord avec le projet de Charte des valeurs, même s’il reste encore des points de compromis, des éclaircissements à faire et des contradictions à résoudre.

Quatre des cinq principes proposés par le gouvernement du Parti québécois font consensus, soit l’égalité hommes-femmes, le devoir de réserve et de neutralité du personnel de l’État, donner et recevoir un service à visage découvert, établir une politique pour les demandes d’accommodements religieux.

Le principe qui fait débat actuellement est surtout celui de la nécessité ou non d’encadrer le port des signes religieux pour le personnel de l’État public et parapublic et si oui, comment le faire ? (1)

hijab au travail 2

policière au travail dans un autre pays, avec son hijab (petit voile)

–          La neutralité de l’État et la fonction de la personne devraient être exprimées par des vêtements neutres : c’est ce qu’on demande déjà aux pompiers, policiers, juges, etc. qui portent tous des costumes quand ils travaillent. Je vois de moins en moins quel « droit » on bafouerait en demandant aux employés de l’État de retirer les accessoires religieux dits ostentatoires (visibles). Si à l’ONU, on ne porte aucun signe religieux, si dans d’autres villes plus cosmopolites, on voit rarement des femmes voilées, quel est le vrai problème (2)? N’y a-t-il pas de la naïveté à vouloir faire des exceptions?

–          La question des droits doit être balancée par celle de la responsabilité : or c’est la responsabilité des fonctionnaires et autres employés des secteurs parapublics de ne pas indisposer, influencer les contribuables, patients, élèves en affichant trop clairement leur appartenance religieuse. Pour prendre un exemple extrême, je serais franchement très mal à l’aise d’arriver à la garderie avec mon enfant et que toutes les personnes soient voilées et recouvertes de la tête au pied même à 30°. Ce costume crée un mur entre les personnes. À terme, il ne favorise pas l’intégration. Avec le niqab et la burqa (voile intégral), le mur est encore plus évident et le retrait du contact public plus prononcé.

calotte et burka musulmans

calotte et niqab musulmans

Par contre, je l’accepterais si j’allais vivre en Égypte ou en Arabie. Imaginez maintenant un infirmier juif portant la kippa sur la tête qui prend soin d’un patient musulman… radical (=islamiste). Pas très bon pour sa guérison… Il demandera un autre, ça créera des complications. Ou imaginez un homme qui refuse que sa femme ou sa fille soit soignée ou accouchée par un autre homme. Que fait le personnel soignant? N’y a-t-il pas d’autres choses plus urgentes à régler? En  Amérique, monsieur, madame ne peuvent pas vivre comme dans leur pays.

kippa juive

kippa juive

Le débat social a parfois pris une tournure complètement déformée : il ne s’agit pas d’empêcher les gens de pratiquer leur religion !! Il importe de remettre les pendules à l’heure, de recadrer le débat et de calmer les esprits échauffés : il s’agit de réglementer le costume des fonctionnaires.

hijab au travail3

Hidjab/voile au travail. Le débat social est déjà récupéré par le marketing d’un hôpital en… Ontario. Au Québec, la Fédération des infirmières (FIQ), le syndicat avait déjà pris position pour la neutralité de l’État, mais avec «une période de transition» et pour un modèle de laïcité ouverte et non-coercitive. Elle rendra publique sa position spécifique sur la Charte prochainement.

Gravure de Jeanne Mance

Gravure de Jeanne Mance, missionnaire française laïque, ad 1660. Cofondatrice de Montréal et fondatrice de l’hôpital Hôtel-Dieu pour les sœurs de la Société Notre-Dame de Montréal

Portrait de Marguerite Bourgeoys par Pierre Leber, 1700.

Portrait de Marguerite Bourgeoys par Pierre Leber, 1700. Elle était enseignante et membre laïque de Congrégation Notre-Dame de Montréal (catholique)

Sur le plan des traditions, nous demandons aux immigrants de les partager avec nous lorsqu’ils viennent habiter dans notre pays. Tous les nouveaux arrivants, sauf exception, s’attendent à cela lorsqu’ils débarquent chez nous, je peux vous l’affirmer sans aucun doute puisque j’ai souvent discuté de cela avec mes étudiants.

tchador

tchador musulman (grand voile)

tchador Lev Tahor

Costume religieux porté par les femmes et le filles dans la secte juive Lev Tahor

Or comme en France, c’est surtout la question du voile chez les femmes musulmanes qui fait jaser et qui crée des clivages actuellement. Notez que certains groupes fondamentalistes juifs portent également un genre de tchador ou grand voile, qui couvre les femmes (et même les filles) complètement, sauf leur visage. Chez nous, il y a bien longtemps que les Québécoises ne se couvrent plus les cheveux en signe de modestie (3).

bonnet

Répliques de bonnets portés par les femmes du peuple de la colonie française au Québec (17e s.)

Au Québec, les religieuses catholiques ont à la fois été forcées (de par l’opprobre populaire) et ont choisi de retirer leur voile dans les écoles et sur la rue pendant la Révolution tranquille des années 1960 (4). Le voile est tout simplement d’un autre siècle. Néanmoins, je le tolère et l’accepte dans l’espace public, car je conviens que ça peut prendre un certain temps avant de changer ses habitudes. Je comprends et pratique dans mon travail tous les jours les différences dans une ville multiculturelle comme la nôtre. Plusieurs de mes étudiantes viennent voilées dans mes classes et je suis très à l’aise avec elles. Par contre je refuserais une femme avec le niqab (yeux seulement) ou le voile intégral, car pour apprendre une langue, on a besoin de voir l’expression complète du visage.

Autrement dit, c’est d’abord aux nouveaux arrivants de montrer leur bonne volonté de s’intégrer, en se montrant sensible à nos malaises : ils ont le fardeau de la preuve en se montrant accommodants et souples avec leur société d’accueil. Ce faisant, nous serons beaucoup plus tentés de l’être en retour. La tolérance et la communication ne commencent-elles pas par soi et par sa propre maison ? Les personnes qui donnent l’exemple sont habituellement plus convaincantes.

«De mon grand pays solitaire
Je crie avant que de me taire
À tous les hommes de la terre
Ma maison c´est votre maison

Gilles Vigneault, Mon pays

–          Par contre, ce qui m’énerve là-dedans, c’est que ces nouvelles mesures toucheraient surtout les femmes, et surtout celles, nombreuses, qui travaillent en garderie et dans le domaine de la santé. En renversant la perspective, juste pour faire boutade et faire réfléchir les hommes musulmans, à la limite j’accepterai cette modestie lorsque les hommes se couvriront la tête également, chose évidemment qui n’arrivera jamais (7). Alors?? C’est quoi, le fond de l’affaire? C’est néanmoins un dilemme pratique important et encore non-résolu par la discussion sociale, pour le quotidien et l’intégration au travail de ces femmes. Devrions-nous prévoir une période de transition, à la manière des clauses «grand-père» des syndicats pour protéger les anciennes, car le chômage sévit 2 fois plus chez les musulmanes ? D’un autre côté, comment s’intégreront-elles vraiment si elles continuent à porter le voile pendant des années encore ? À quoi bon se donner tant de mal pour des exceptions puisque, selon une interprétation libérale (contesté par les conservateurs) du Coran, rien n’oblige les femmes à mettre le hijab (ni à faire prière dans l’espace public 5 fois par jour), c’est pourquoi de très nombreuses femmes pratiquantes dans les pays musulmans ne le portent pas. Bref, ce que je comprends pour l’instant, c’est que les femmes musulmanes qui choisissent de le porter, le font soit par habitude, soit par nostalgie/attachement identitaire (pour celles qui ne le portaient pas dans leur pays et le portent ici), soit pour se conformer aux conventions ou aux pressions de leurs milieux immédiats –comme l’ont démontré des cas documentés en France où des jeunes filles, sous le couvert de l’anonymat (!), ont supplié le législateur d’interdire le voile à l’école (5)– qui sont soit conservateurs, soit radicalement pour un retour en arrière avec la charia.

«Le voile n’est pas un bout de tissu anodin, comme on le prétend. Bien au contraire, il véhicule le prosélytisme d’un islam fanatique et totalitaire. La plupart des musulmanes de Montréal ne portent pas le voile. Sont-elles moins pieuses pour autant ?» (6) Nadia Alexan, prof retraitée d’origine égyptienne

On n’a pas beaucoup entendu les hommes sikhs porteurs du turban ou du kirpan se plaindre dans cette histoire, vous avez remarqué?

hijab au travail

hijab/voile/foulard musulman et tchador ?

–          J’apprenais récemment que la Tunisie interdit le port de signes religieux dans sa fonction publique depuis… 1981. À cet égard, j’ai une anecdote à raconter qui m’a donné froid dans le dos. Une de mes collègue canado-tunisienne m’a raconté que lorsqu’elle est retournée en vacances dans son pays d’origine, quelques mois après la révolution de jasmin, elle se promenait, comme à Montréal, avec un T-shirt à petites bretelles qui laissait voir un petit tatou. Un jour, un homme, habillé à l’afghane, l’a agressé en pleine rue, en plein jour en lui disant d’aller se rhabiller. Elle s’est retrouvée à l’hôpital. Le médecin, qui l’a soignée et qu’elle connaissait, un homme moderne et libéral, lui a dit : quand même, tu pourrais faire attention! De plus, à peu près au même moment, sa sœur, qui ne s’est jamais voilée non plus, mais qui est restée en Tunisie, s’est fait demander, avec beaucoup d’insistance, par un chauffeur de taxi, donc un parfait inconnu, quand est-ce qu’elle allait mettre son hijab! Incroyable comment les hommes se donnent la liberté de contrôler le corps des femmes. Il faut rester très vigilant avec cela. Un pouce = un pied… Lui demandant récemment de commenter cette expérience, elle me dit que le fait que son agresseur venait probablement d’Afghanistan «rend la chose encore plus grave. Si la Tunisie va être sauvée, elle le sera grâce à ses femmes qui résistent et qui résistent… et qui refusent de voir leurs enfants voir et vivre l’inexplicable.» Évidemment, c’est loin, c’est pas chez nous, mais c’est juste pour illustrer ce qu’il peut y avoir en dessous de cette histoire de voile, et ce, malgré tous les discours de «liberté» et «choix complet» dont les femmes d’ici qui le portent nous assurent, alors le doute subsiste. Des hommes intégristes ou ultra-orthodoxes voyagent partout dans le monde pour influencer, voire terroriser les populations locales. Ce prosélytisme est tout simplement inacceptable. Gare à la manipulation! Au sujet de notre débat sur la Charte, ma collègue tunisienne me répond : «la religion est quelque chose de très personnel et on n’a pas à afficher ses croyances. Le Canada est un pays multiculturel et comme tu l’as si bien, dit un pouce = un  pied (8).»

« Les musulmanes portant le voile qui se prétendent féministes trahissent le combat mené par ces femmes héroïques, qui se sont débarrassées du voile, symbole du patriarcat. […] en portant le voile de l’aliénation, elles montrent qu’elles ne veulent pas s’intégrer. » Nadia Alexan (5)

–          Enfin, il importe de faire l’effort de sortir du présent et d’imaginer quel type de Charte aura le meilleur impact et des conséquences bénéfiques pour le futur, alors qu’il y a aura vraisemblablement de plus en plus d’immigrants. En ce sens, il importe de fixer des balises dès maintenant. De plus, dans une étape subséquente, il me semble que d’autres valeurs fondamentales des Québécois devraient faire l’objet de débat puis être incluses par consensus dans la Charte pour la bonifier. Occupons Montréal, a fait la démarche en 2011-2012 en produisant un document final intitulé : «Déclaration des engagements individuels et collectifs», publié au https://evemarieblog.wordpress.com/les-engagements-d-occupons-montreal/ et au http://www.occupons-montreal.org/?page_id=5

–          Le seul argument négatif que je retiens est justement dans cette projection dans l’avenir. Si le multiculturalisme à l’anglaise a créé des communautés fermées et parfois sectaires (on l’a vu avec les attentats de Londres en 2005, perpétrés par de jeunes islamistes… nés en Angleterre); mais le républicanisme à la française avec une pseudo-intégration forcée n’a pas marché non plus (on l’a vu avec des émeutes à répétition dans les banlieues d’immigrés). Bref, quel est le meilleur outil à court et long terme pour intégrer les immigrants ? : telle est la question de fond. Il importe d’affirmer clairement nos valeurs et nos façons de faire, tout en évitant les replis communautaristes et les crispations identitaires (les nôtres et celles de certains immigrants) d’une exclusion choisie. Pas simple comme nouveau contrat social.

Et pour vous?

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niquab

Photo ironique d’une femme en burqa se prenant pour Marilyn Monroe pour l’anniversaire du magazine féministe La Vie en rose, il y a une dizaine d’années

(a) Christopher Hitchens est un philosophe, journaliste et essayiste britanno-américain contemporain. Plus de détails au http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/395206/hitchens-appuierait-le-projet-de-loi-60

(1) http://www.nosvaleurs.gouv.qc.ca/fr

(2) «J’ai passé les 20 dernières années de ma carrière à l’ONU. J’ai aussi travaillé dans plusieurs autres organisations internationales. Dans tous ces cas, j’étais entouré de nombreux collègues juifs, musulmans et sikhs, entre autres. Je n’ai pratiquement jamais vu de signes vestimentaires religieux, ni turban, ni kippa, ni voile — surtout pas de voile –, ni chez les fonctionnaires de l’ONU ni chez les délégués ou visiteurs des différents pays.

Or, fait frappant, quand je viens à Montréal, je vois plus de femmes voilées en une journée que je n’en ai vues en 20 ans à l’ONU, à New York ou à Genève, à l’ONU ou en ville. Comment se fait-il que l’on voie autant de femmes voilées à Montréal et que l’on n’en voie pratiquement jamais dans ces villes cosmopolites ou dans les bureaux et les missions de l’ONU? N’y aurait-il là que des mécréants et des impies?

Par ailleurs, de passage à Toronto je n’ai pas vu là non plus autant de femmes voilées qu’à Montréal, et de beaucoup. N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur les causes de cette frénésie de manifestations d’intégrisme au Québec.» André Sirois, L’Aut’Journal, 9-10-13

(3) Au temps de la colonie française du 17e s., la mode et les conventions voulaient que les femmes se couvrent la tête avec un bonnet, sans que cela ne soit un signe religieux.

(4) La religieuse sœur Dumont a récemment témoigné de cette expérience à la radio d’État en disant que le voile faisait comme un mur désagréable entre elle et les autres personnes non-voilées :

«Le but de la religion est que les humains deviennent meilleurs. C’est une question de paix. Il n’y pas un voile qui peut être plus fort que la paix. C’est l’argument suprême. Il n’y a pas de religion qui a demandé à ses fidèles de se voiler. Ce sont les traditions qui nous l’ont imposé. » http://www.radio-canada.ca/emissions/medium_large/2013-2014/chronique.asp?idChronique=315050

«Que nous le voulions ou non, les signes religieux trop apparents dressent un mur et créent un malaise.»

http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/388881/adieu-coiffe-voile-corset-cape-capuche-etc

(5) La commission Stasi (2003) pour une réflexion sur l’application du principe de laïcité à l’école, au travail, dans les services et lieux publics a examiné, notamment, la question du port du voile dans les écoles françaises. À la suite de son interdiction, 144 jeunes filles voilées se sont retirées… dans toute la France. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Stasi

(6) Voir in http://www.ledevoir.com/politique/quebec/389246/arretons-de-dorloter-l-integrisme

(7) En fait, cela arrive parfois… pour manifester un appui aux femmes, ou à un homme déguisé en femme… pour échapper à la police politique, comme témoigne cette nouvelle en 2009 en Iran : http://blogues.lapresse.ca/hetu/2009/12/17/pourquoi-ces-hommes-portent-ils-le-tchador/ et http://iran.blog.lemonde.fr/2009/12/15/le-tchador-masculin-envahit-le-web/ : «Le blog Spittoon.org, spécialisé dans la religion et la politique dans le monde musulman, interprète la photo [de Majik Tavakoli déguisé en femme avec un tchador] comme étant une tentative pour les autorités iraniennes «d’humilier (Tavakoli) en utilisant une vieille pratique du gouvernement pour prouver au public que les leaders de l’opposition sont « moins que des hommes » et manquent cruellement de courage et de bravoure .» C’est tout dire sur la signification de ce vêtement dans la culture traditionnelle perse.

tchador au masculin

Tchador… au masculin, en appui à la campagne iranienne «Nous sommes tous Majid»Tavakoli.

(8) Expression comme pour dire 1mm = 10 cm.

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8 avril 2015

Suite à une recherche pour un autre article sur les autochtones, je tombe sur cette photo :

Selk’nam, à gauche costume et maquillage pour le rituel du Haïn. À droite, «clown sacré» maquillage des Shoorts, sorte de police et de gardien du territoire, également responsable de réprimer les femmes insoumises. Dans le rituel du Haïn, lors de leur dernier rituel avant leur extermination en 1923, Terre de Feu. Crédit photo: Anne Chapman. Dans la pièce d’Ondinnok, on raconte comment l’un d’entre eux brula la vulve d’une femme infidèle qui avait profité de l’absence des chasseurs pour coucher avec tous les jeunes hommes de la tribu. Ce rituel n’est pas sans faire penser à celui de la lapidation des femmes infidèles ou prostituées dans la Bible et dans les traditions musulmanes. Bien sûr, l’homme infidèle, lui, est rarement inquiété, habitude acquise probablement quand les hommes ont compris leur rôle dans la procréation pour «protéger» leur lignage et leur descendance… et qui fonda, peut-être, le patriarcat.

c Autochtones Selk’nam de la Terre du Feu (Argentine/Chili) aujourd’hui exterminés (!). À gauche, costume et maquillage pour le rituel d’initiation des jeunes hommes appelé «Haïn». À droite, «clown sacré»avec le maquillage des «Shoorts», sorte de police et de gardien du territoire, également responsable de réprimer les femmes insoumises. Dans le rituel du Haïn, lors de leur dernier rituel avant leur extermination en 1923. Crédit photo: Anne Chapman. Dans la pièce d’Ondinnok (Montréal), on raconte comment l’un d’entre eux brula la vulve d’une femme infidèle qui avait profité de l’absence des chasseurs pour coucher avec tous les jeunes hommes de la tribu. Ce rituel n’est pas sans faire penser à celui de la lapidation des femmes infidèles ou prostituées dans la Bible chrétienne et dans les traditions musulmanes. Bien sûr, l’homme infidèle, lui, est rarement inquiété, habitude acquise probablement quand les hommes ont compris leur rôle dans la procréation, pour «protéger» leur lignage et leur descendance… et qui fonda, peut-être, le patriarcat.

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Autres liens intéressants :

http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/277804/guy-rocher-invite-le-quebec-a-achever-sa-laicisation

http://michelvenne.inm.qc.ca/?p=277&utm_medium=email& utm_campaign=Infolettre+d%27octobre+2013+-+Et+si+on+…&utm_source=YMLP&utm_term=En+qu%26ecirc%3Bte+de+la%26iuml%3Bcit%26…

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/387251/engouement-pour-le-manifeste-anti-charte

http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/388738/les-religions-indiscretes-doivent-respecter-la-societe-civile

http://www.lactualite.com/opinions/le-blogue-de-manon-cornellier/suggestions-de-lecture-pour-ou-contre-la-charte-des-valeurs-quebecoises/

– Le cinéaste Teri Gillian dit que cette histoire lui fait penser à « Monty Python, la Vie de Brian » (la scène de la lapidation :-) . C’est autorisé, ce film, en Iran ? Après tout, ça se moque du christianisme, pas de l’Islam, donc y aurait pas de raisons de l’interdire… Ça ferait peut-être rire les iranien(e)s (qui doivent en avoir bien besoin). Voir ce film hilarant des Monty Python : http://www.youtube.com/watch?v=MIaORknS1Dk.  Gullian : «Ça y est… j’ai retrouvé le lien vers la fameuse scène de la lapidation, où des acteurs masculins jouent le rôle de femmes qui se mettent des fausses barbes pour se faire passer pour des hommes pour pouvoir participer à une lapidation dans l’Antiquité…» Source : blogue du journal Le Monde.

 

 

 

Occupons Montréal – Mouvement du 15 octobre (OM) a déjà presqu’un an. De nombreux débats nous ont animé cette année, dont le fait de quitter volontairement la Place du peuple (Square Victoria) [1] ou non et comment, de faire des revendications ou des actions, de l’importance ou non de se structurer en organisation, de faire des occupations permanentes ou temporaires, de faire ou non des assemblées générales, représentatives ou non, de se structurer sur Internet et comment, etc.

 

Ce fut au début, une expérience communautaire de six semaines absolument marquante et unique dans une vie, en particulier pour les occupant.e.s du campement. Une sensation de fraternité et de communion inégalée (ces sentiments sont restés dans nos communications puisque très souvent, nous nous saluons ou nous disons bonjour en nous faisant une chaleureuse accolade). Mais à la fin novembre, devant la pression de la Ville, le cirque médiatique et l’épuisement ressenti sur le campement, le choix d’un sous-groupe d’activistes-fondateurs (?) de quitter volontairement et la façon dont cela a été fait via médias interposés a provoqué une importante crise interne suivi d’une scission et bien des déchirements dont les relents sont parfois encore palpables.

 

Suite à la «levée du campement» et/ou à «l’expulsion» et/ou «l’éviction» par la police (oups, sujet sensible…), il y a eu scission en deux groupes : OM et 99%. À un moment ou à un autre, entre octobre et décembre 2011 principalement, plusieurs activistes déjà militants dans d’autres groupes généralement très à gauche, ont eu l’impression ou la perception, à tort ou à raison, d’être exclus d’Occupons Montréal, ce qui a parfois valu le surnom d’OM comme étant «hippie fasciste» ! Phénomène maintes fois remarqué de la division et de la faiblesse de la gauche. Pour résoudre ce dilemme et pour éviter toute récupération, tout en tendant à l’inclusion de diverses tendances politiques, les personnes à OM dès le départ ont refusé que les sympathisants soient des représentants de tel ou tel groupe. Si la personne est déjà engagée dans un autre groupe, elle doit s’impliquer à OM sur une base individuelle. Notons, sans trop se tromper, que la plupart des sympathisants d’OM en était à leur première expérience politique, et représentaient un assez large spectre de l’échiquier politique, plutôt gauchiste ou centre, mais également anarchiste,  et même libertarien, fan de Ron Paul, etc. et ce dans une volonté affichée de tenter de regrouper les différentes tendances  du 99%.

Basé sur une structure de pouvoir horizontale, donc sans chef, mais perlé de leaders de tâche, et basé sur le jugement de personnes quant au développement de relations humaines saines, aussi ouvertes que possibles dans le respect de nos limites. La non-structuration a gagné pour l’instant, la plupart des occupant.e.s préférant un fonctionnement organique éphémère basé sur une non-structure de constellations de petits groupes d’affinité et d’initiatives personnelles qui soulèvent l’enthousiasme et la mobilisation. Les rencontres se font généralement avec un cercle de parole où chacun est invité à parler et surtout à écouter.

 

34

Après la fin du camp, il y a eu aussi une «localisation» des enjeux et des personnes avec la formation de plusieurs groupes d’occupants par quartier, via Internet et via des réunions/actions en personne (voir les références).  Cet été, il y a eu aussi un système d’archives vivantes mise sur pied à la galerie SKOL et sur Internet (http://thelivingarchives.ca/). Qu’on se le dise, OM n’est pas mort, mais se transforme selon l’état socio-politique !

 

En novembre 2011, pendant la première occupation, il y a eu une liste des raisons de notre indignation (voir autre article précédent) basées principalement sur une critique du système capitaliste et d’une remise en question, voire d’un rejet de la représentativité électorale considérée comme un mensonge, mais il n’y a pas eu de revendications officielles. On a préféré le chemin d’engagements individuels et collectifs (voir http://occupons-montreal.info/philo-politique/node/197) (discutés entre octobre 2011 et février 2012) basés sur une critique de la marchandisation de la vie et d’une prise de conscience et une auto responsabilisation de nos actes quotidiens ayant un impact sur la vie collective.  Également, des actions ponctuelles sur une base d’initiative et d’affinités entre individus. On a fait le bilan de l’occupation tardivement en avril et cela a pavé la voie, entre autres aux occupations diurnes et ponctuelles d’un à quatre jours dans des parcs de Montréal, prenant principalement la forme d’ateliers de discussions et de réseautage, de kiosques de groupes sympathisants, de partage et cuisine communautaire et de spectacles.

 

On a eu de moins en moins d’assemblées générales, plusieurs en critiquant la représentativité ou le lourd déroulement, mais la réflexion sur son organisation se poursuit. De mars à juin cette année, on a tous participé activement soit au printemps érable ou au mouvement étudiant en grève contre l’augmentation des frais de scolarité et la marchandisation de l’éducation et des services sociaux, dont nous avions contribué à jeter les premières pierres à l’automne dernier. Occupons Montréal et ses groupes de quartier ont énormément contribué à l’esprit du «nous» du printemps érable au Québec et ont été un des ferments de la grève étudiante en contribuant à sa longévité, comme le reconnaissait un des leaders du mouvement étudiant, Gabriel Nadeau-Dubois (voir : http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201209/07/01-4572244-petit-dejeuner-avec-gabriel-nadeau-dubois.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=envoyer_cbp ). Parallèlement, le mouvement Occupy Wall Street a contribué à lever le voile public sur le terrible endettement des étudiants états-uniens.

 

Puis, quelques personnes d’OM, sur une base individuelle, ont aussi participé à la création des APAQs locales (assemblée populaire autonome) crée dans la mouvance des casseroles contre le gouvernement québécois libéral de Jean Charest en juin, mais l’origine de leur création viendrait surtout du QPIRG-Concordia –

cela est quelque peu controversé. Le modèle de création est inspiré des assemblées populaires espagnole et grecque issues du Mouvement des Indignés. Ces nouvelles assemblées de quartier se poursuivent depuis, ont ralliées de nouvelles personnes, avec divers profils politiques, mais sont en redéfinition, suite à l’élection du Parti Québécois.

 

Deux personnes ont créé deux forums d’échange sur Internet (celui qui reste est Open Atrium est au http://occupons-montreal.info)  et de nombreuses pages internet (voir réf. en bas de page), dont une page de plus de 13,500 membres. Mais leur multiplication a été critiquée comme source de dispersion, de redondance, de perte d’information et d’énergie et la réflexion était toujours en cours à ce sujet lors de l’occupation du Sud-Ouest.

 

Des publications ont ou vont parler d’OM (Inter art actuel/ Possibles) et des médias l’ont couvert de façon satisfaisante, (CUTV, Le Devoir, certains SRC),

mais bien des critiques et de la méfiance sont encore vivantes à l’égard des autres médias, à juste titre. Plusieurs journalistes ou animateurs très mal informés qui colportent actuellement que le mouvement est mort devraient être la risée de leur profession.

 

En 2012, des activistes d’OM ont organisé et réalisé quatre autres occupations, quatre jours  à l’évènement JAPPEL12M15M d’avril à la Place du peuple (Square Victoria) organisé également avec d’autres groupes, un jour au parc Lafontaine en juin, trois jours au parc Molson en juillet puis deux jours  au parc Georges-Étienne-Cartier, les 15 et 16 septembre. De nombreux projets sont nés d’activistes d’OM ou encore plusieurs d’entre eux et elles ont joint des groupes le temps d’une action :

 

«VIA22. N’oublions pas la Chorale qui endisque, les BBQ Vegan de cuisine collective [du peuple] , Repères et ses alternatives sérieuses au néolibéralisme, les liens avec les groupes communautaires et les population des quartiers, les Archives vivantes Preoccupations, la COOP généreux, SOS Poigan, les plates-formes mises à la

disposition de la population (occupons-montreal.info, jappel15m, forum Repères), le think tank IPP, les initiatives individuelles et le réseau d’entraide que nous avons développé. Les liens avec Profs contre la hause, les APAQ, Têtes blanches carrés rouges. Je suis sûr qu’il y a des initiatives que j’oublie ou que je ne connais pas, toutes impliquant des participants d’Occupons Montréal.»François Genest

 

 

 

Occupons Montréal

La cuisine du peuple, Occupons Montréal (Photo credit: _iMage_)

http://www.flickr.com/photos/30166189@N02/6290803322/in/photostream/

Occupons Montréal

Occupons Montréal (Photo credit: _iMage_)

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Mais au-delà de tout cela, nous avons surtout (re)créé une culture de la discussion, de l’écoute et d’une certaine inclusion des différences, un rejet des clivages et de la division sociale et une certaine expérience de la gestion des conflits, notamment dans la question de l’inclusion /exclusion et des safer spaces. Fait également assez unique au mouvement Occupons/Occupy, certaines questions/préoccupations spirituelles ont parfois joint le discours politique et militant. Ces préoccupations ont été principalement amenées principalement par la génération Y, dans un élan de fraicheur, en toute ouverture et en dehors des préjugés habituels. Cependant, OM est un mouvement multigénérationnel de 16 à 80 ans.

 

Nous avons mis de l’avant et expérimenté un fonctionnement de la démocratie directe inspiré du mouvement anarcho-syndical, avec une «horizontalité» du pouvoir, c’est à dire sans chef, mais avec des leaders changeants et changeantes, au gré des projets d’action et de l’intérêt qu’ils suscitent ou non, et selon l’énergie et la disponibilité des personnes, toutes bénévoles. Un fonctionnement davantage axé sur l’attention au processus qu’aux résultats. En somme, des souvenirs passés, vivants et mémorables, la lente construction présente de notre vision, de nos idéaux et de nos solutions et alternatives futures.

 

Nous avons aussi créé des relations vivantes avec des groupes d’autochtones et des groupes communautaires alliés, un véritable réseau d’alliances, d’entraide et de complicités personnelles et collectives. C’est la lente et non finie recréation d’un grassroots/tissu social très abimé par 15 ans d’individualisme et de dépression sociale post-référendaire et de rectitude politique rasante et… 30 ans de néolibéralisme et de pensée unique délétères pour les liens psychosociaux.

 

Occupons Montréal a été depuis un an une véritable pépinière d’auto organisation de talents, d’idées, de créativité et d’actions essaimant vers d’autres organisations, un lieu de réseautage et de prise de conscience des dérives, des finalités, voire de la disparition ou de l’effondrement de l’économie de marché et de l’apparition progressive et lente d’alternatives économique, politique, sociale, personnelle et spirituelle à penser, à vivre et à construire.

 

Voilà où nous en sommes.

 

Allons de l’avant !

 

«Plusieurs thèmes et actions du mouvement des Indignés répondent aux questions soulevées par la période. Nous avons déjà évoqué la critique du système représentatif et de la classe politique. Le recours aux assemblées, la préoccupation d’éviter la bureaucratisation de la parole, le rejet des hiérarchies, sont d’autres directions qui divergent avec la politique du passé et s’appuient sur des principes politiques qui visent une nouvelle organisation de la société. Dans cette expérience de la démocratie de base, si les pratiques groupusculaires ne disparaissent pas, elles sont mises à mal et dénoncées. Animée par ces principes, la capacité d’auto organisation des Indignés a été un signe fort d’énergie et de créativité, de responsabilité collective.

 

La dénonciation de la société marchande sous-entend une critique des relations sociales du capitalisme, identifiées comme la racine de son déséquilibre. L’idéologie dominante du marché régulateur de la production, le rôle dominant du capital financier en période d’effondrement de la rentabilité de l’économie productive, ses corollaires de corruption, spéculation, arrogance, tout cela trouble les tentatives constantes de rafistolage idéologique, le système « le mois mauvais possible » paraît chaque jour qui passe comme le plus mauvais réellement existant. Et la survie de la démocratie rime désormais avec l’extension de la pauvreté, du désastre social

 

Charles Reeve, Quelques notes sur le mouvement des Indignés, janvier 2012, http://divergences.be/spip.php?rubrique885

 

RÉFÉRENCES

 

générales :

 

http://www.facebook.com/occupymontreal

 

http://www.occupons-montreal.org/?page_id=5

 

http://www.reddit.com/r/occupymontrealag

 

Forum : http://occupons-montreal.info

 

http://www.meetup.com/JAPPEL15M/

 

les Engagements d’OM :

 

http://occupons-montreal.info/philo-politique/node/197

 

groupes «Occupons» de quartier :

 

http://www.facebook.com/occuponslesudouest

 

https://www.facebook.com/groups/occupons.le.plateau/

 

http://www.facebook.com/pages/Occupons-Mercier-Hochelaga-Maisonneuve/144614925643271

 

https://www.facebook.com/pages/OccuponsOccupy-Villeray-St-Michel-Parc-Extension/170636339699600

 

https://www.facebook.com/pages/Occupons-Rosemont-La-Petite-Patrie-Occupy-Rosemont-Petite-Patrie/295641213801047

 

http://www.petitepatrie.org/index.php/accueil

 

https://www.facebook.com/pages/Occupons-Occupy-Verdun/299466226750313

 

Rive sud : https://www.facebook.com/groups/312525055444079

 

https://www.facebook.com/pages/Occupons-Occupy-CDN-NDG-C%C3%B4te-St-Luc/249357358458878

 

Ouest de l’île : https://www.facebook.com/99montreal

 

… et d’autres moins actifs.

 

Médias internes :

 

http://www.om99media.org/

 

http://www.livestream.com/occupymontreal

 

https://twitter.com/occmontreal

 

http://thelivingarchives.ca

 

 

 

[1] Le Square Victoria rebaptisé par les occupants en assemblée générale «Place du peuple» dès le premier jour, est une assez grande et jolie place publique au centre-ville de Montréal (Québec, Canada), avec des arbres, des bancs, des fontaines, des sculptures (la Reine Victoria de Marshall Wood et une autre de style contemporain, «TaiChi Sing Wip» de Ju Ming), un métro (dont une entrée de style art nouveau comme les métros parisiens), entre, notamment, la Tour de la Bourse, les multinationales Power Corporation, Quebecor et le Centre de commerce mondial de Montréal.

 

Ancien marché de foin, vue générale actuelle du Square Victoria depuis le toit d’un édifice coin Beaver Hall et Viger. On y voit les sculptures au nord, les jets d’eau au centre et le petit boisé tout au sud devant le siège social de Quebecor. http://fr.wikipedia.org/wiki/Square_Victoria Sculpture-monument de l’Anglais Marshall Wood (1872) au Square Victoria. http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=678,1154690&_dad=portal&_schema=PORTAL&id=283 Sculpture du Taïwanais Ju Ming (1985) Taichi Single Whip Quartier international de Montréal, Square Victoria. Crédit : Michel Dubreuil Vue du Square Victoria avec l’entrée du métro inspiré par les métros parisiens dont le design industriel est conçu, à l’origine, par l’architecte français Hector Guimard.

 

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