Tag Archive: manifestation


Je relais ici un article du journal Le Devoir qui fait état d’un important jugement concernant le droit de manifester au Québec, mis à mal depuis quelques années et en particulier depuis 2011.

En vertu de l’article 500.1 du code de sécurité routière, Gabrielle Garbeau avait été arrêtée en 2011 lors d’une manifestation contre le brutalité policière. Cet article «interdit toute entrave à la circulation « au cours d’une action concertée », sauf lors de défilés ou de manifestations préalablement autorisés. Or, ce tribunal a considéré que cette disposition « porte atteinte aux libertés d’expression et de réunion pacifique protégées par les chartes québécoise et canadienne ».

Voir http://www.ledevoir.com/societe/justice/455190/a-qui-la-rue-a-tous-la-rue?utm_source=infolettre-2015-11-13&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Reste à voir comment le gouvernement libéral de P. Couillard réagira et si les victimes de cet abus policier dénoncé par un important organisme de la société civile comme la Ligue des droits et libertés seront dédommagées…

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L’actualité revient parfois en loupe. À la différence que nous, le peuple, sommes collectivement généralement plus conscients des ravages de l’escalade de la violence ET nous sommes plus avisés des dangereux dérapages des agences de sécurité et d’espionnage nationale, grâce aux révélations de E. Snowden sur la NSA/PRISM américaine (1). Dans la foulée de la récente déclaration de guerre du Canada à l’organisation djihadiste Groupe armé État Islamique qui sème la terreur en Irak et en Syrie (7 octobre 2014), et des attentats perpétrés contre deux soldats canadiens en sol canadien (20 et 22  octobre 2014) (2)(3), plus que jamais les moyens diplomatiques de sortie de crise sont préférables aux moyens militaires, comme l’a plaidé hier à Montréal, pendant une petite manifestation du Collectif Échec à la guerre (4), un député de l’Assemblée nationale du Québec :

« Ça fait plus de dix ans que le Canada intervient au Moyen-Orient avec des solutions militaires et des actions qui ont eu comme résultat d’aggraver l’instabilité, la violence, et le terreau du terrorisme. Cela a eu, en plus, comme conséquence d’accroître l’influence du terrorisme dans la région et sur des jeunes détraqués d’ici.» Amir Khadir

Manif contre la guerre

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Je ressors donc de mes archives cette déclaration (malheureusement) toujours d’actualité, et que j’avais écrite à l’époque, alors que je militais contre la guerre en Afghanistan, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

mes archives de 2001

DÉCLARATION POUR UN MONDE SANS GUERRE

ET SANS VIOLENCE

     POUR LA CONSTRUCTION D’UNE NATION

PLUS HUMAINE ET PLUS UNIVERSELLE

par le Mouvement Humaniste de Montréal

Photo d’une des deux marches contre la guerre en Afghanistan, organisé ici par le Mouvement humaniste de Montréal, le 21 octobre 2001.

Marche pour la paix et la non-violence

Le 21 octobre 2001, lecture au point d’arrivée au Carré Dominion (Montréal, Québec, Canada) par Ann Farell, Ève Marie et Ali Zoubeidi.

  1. Face aux victimes du 11 septembre dernier, où des milliers de civils sont morts et face à toutes les autres victimes, ailleurs, dans d’autres pays, dont les morts n’ont jamais été pleurés et qui nous font réaliser qu’une vie américaine n’est ni plus ni moins précieuse que la vie d’une personne algérienne, canadienne, irakienne, anglaise, rwandaise, palestinienne ou… afghane.
  2. Face à la pression psychologique, exercée aussi par l’utilisation d’images violentes et d’information manipulée, par lesquelles on pousse les gens à choisir un camp pour s’aligner sur des options fausses comme « civilisation occidentale contre barbarisme islamique », comme « commerce néolibéral contre terrorisme », « violence nécessaire contre violence sanguinaire ». L’hystérie médiatique crée ainsi de la méfiance, de l’isolement entre les êtres qui deviennent plus manipulables.
  3. Face à l’indignation sans espoir, à la perte des valeurs, et à la disparition des valeurs éthiques et morales qui poussent des millions de personnes à invoquer le recours à cette même violence qui est paradoxalement est à l’origine de cette douleur et souffrance.
  4. Face à la rage aveuglante qui obscurcit les esprits et pousse les gens à identifier l’ennemi « dans tous ceux qui sont différents », et à rejeter le blâme et la responsabilité sur des peuples entiers ou des religions, au lieu de voir les ressemblances et le vrai provocateur (qui pourrait être plus proche et plus occidental que ce que l’on croit).
  5. En reconnaissant que dans le processus actuel et rapide de mondialisation, ce qui arrive en un endroit a des répercussions immédiates en d’autres lieux, et qu’il n’y aura plus de lieu « sûr » si l’on ne répond pas aux besoins de chaque être humain, en chaque coin de la Terre.
  6. En reconnaissant que notre planète n’est pas en mesure de subir une troisième guerre mondiale à cause de la limitation des ressources, de la fragilité de ses équilibres environnementaux, et à cause du lent processus de la vie elle-même.
  7. Avec la prise de conscience profonde que, dans l’histoire de l’humanité, les guerres ont rarement résolu les problèmes ou éliminées les causes qui les ont déclenchées. Elles ont toujours été une source plus grande de douleur et de souffrance pour les gens, et les seuls « gagnants » seront ici les grands intérêts économiques et financiers transnationaux en relation à la vente d’armes, et aux industries des médicaments, du pétrole et de l’eau.

Nous, Hommes et Femmes, témoins de ce début troublé du XXIe siècle, nous revendiquons l’arrêt de cette guerre contre l’Afghanistan qui semble faussement motivée par un combat contre le terrorisme, nous nous engageons à reconnaître et nous voulons faire valoir :

  1. Que dans cette crise, seul un sérieux travail sur les causes socio-politiques qui ont provoqué ces attentats terroristes pourra permettre de briser la spirale de la violence et  garantir une paix plus durable et plus réelle.
  2. Que chaque être humain n’est pas une marchandise ou une chair à canon. La dignité et l’unicité de chaque vie, le déploiement de toutes nos perceptions et la diversité des cultures humaines sont maintenant garantes de notre survie et de notre développement humain.
  3. La dignité, l’unicité et la responsabilité de chaque vie envers les autres, et par conséquent, la valeur absolue de chaque être humain, au-dessus de laquelle rien ne peut être placé ou justifié parce qu’on se rend compte les liens interdépendants qui relient et unissent tous les êtres. C’est pourquoi le présent conflit doit être présidé par les Nations Unies et les terroristes jugés devant le Tribunal pénal international.
  4. L’affirmation de la non-violence comme une force morale de référence, par laquelle une personne, un groupe ou les peuples montrent à leurs contemporains et générations futures leur force morale et l’élévation de leur conscience, comme le seul chemin viable pour la construction d’une nation humaine plus universelle.
  5. L’utilisation de la violence signifie toujours la négation de la différence, de la liberté et de l’intentionnalité de l’autre. La reconnaissance de la diversité est la plus grande contribution et richesse que les individus, les petites communautés, les peuples et les nations peuvent apporter à ce projet à travers leurs efforts conjoints, la créativité, la discussion et la réciprocité.
  6. Notre engagement ferme, personnel et collectif à créer des enceintes de participation et de communication, non seulement pour arrêter les guerres, mais aussi pour faire « exploser » la paix dans chaque coin de la planète et de faire croître les formes les plus développées de cette volonté de vivre.
  7. La dissémination la plus large, tout de suite et partout, par tous les moyens et à tous ceux que l’on rencontre, de ce message : « Oui, il est possible d’arrêter la guerre, d’arrêter la spirale de la violence, de jeter les ponts pour une meilleure humanité. Aujourd’hui, chaque personne est responsable de ce qui arrive. Il n’y a plus de victimes, il n’y a plus d’innocents. Oui, il est possible de construire des réseaux de résistance par une alternative au quotidien, dans nos familles, dans nos milieux de travail et, éventuellement, dans notre quartier, dans notre pays, afin d’encourager, de stimuler et de protéger le dialogue entre les différences politiques, sociales ou religieuses et de contribuer aux alternatives au capital économique pour une mondialisation des solidarités. Et n’oubliez pas… Quand le vase est plein, il ne faut qu’une seule goutte pour le faire déborder…

P.S. Les bals populaires (interdits par le gouvernement d’occupation allemande) ont été les premiers lieux de construction de la Résistance française, lors de la dernière grande guerre… Ils ont permis de réunir des personnes autrement isolées et déprimées, de détendre, stimuler et enjouer corps et esprits et surtout de redonner la joie et le courage nécessaire à l’action constructive.

Et, finalement, la place des poètes est merveilleusement rafraîchissante et inspirante dans la vision d’un monde meilleur, mais jamais parfait (la perfection ―toujours totalitaire― du monde, le piège le plus dangereux des utopistes…). Que la beauté soit notre inspiratrice!

 «La libération de l’homme et de la femme se fera le jour où tous les hommes et toutes les femmes marcheront le front dans le front comme une armée de roses qui embaument l’espace. Un jour, tout de suite, icitte, je ne marche plus sur les épines de la violence et je passe à travers les bancs de neige et la poudrerie des balles pour aller construire ma maison dans l’amour.»

«Je suis l’homme, je suis l’enfant, je suis la femme noire, la femme jaune, la femme blanche, l’homme noir, l’homme jaune, l’homme blanc. Je suis l’oiseau et le poisson et la tortue et le cheval qui courent. Je suis l’herbe et l’arbre, la mer et la montagne. Si je fais du mal à une partie de moi, à la femme qui est en moi de n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur, je me fais du mal à moi-même. Aussi ai-je souvent mal à toutes les parties de moi mutilées, torturées, affamées en quelques lieux du monde. Le jour approche où je serai entière et entier, où j’aurai assumé ma féminitude, ma mâlitude, ma négritude, ma jaunitude. Je suis l’homme, je suis l’enfant, je suis la femme noire, la femme jaune, la femme blanche, l’homme noir, l’homme jaune, l’homme blanc.» Julos Beaucarne (poète et chansonnier belge)

________[fin de la lecture]____________________

(1) Voir mon blogue à ce sujet au https://evemarieblog.wordpress.com/2013/12/26/refusons-la-societe-de-surveillance-et-vive-edward-snowden/

(2) Début novembre 2014, des rumeurs de théorie du complot orchestré par le 1er ministre ou son entourage eux-mêmes circulent déjà, comme après tout événement traumatique. Une autre vidéo, qui circulerait sur Internet montrerait clairement, mais avec des images prises en retrait et d’un autre point de vue, que cet attentat ne serait qu’une mise en scène pour nous faire avaler des lois plus rigides. Depuis 2011 et l’affaire des fausses armes de destruction massive en Irak pour invoquer le recours à la guerre de 2003 par le quatuor Bush-Cheney-Rumsfeld-Powel et la CIA qui plaident «l’erreur»… (!!!) (voir http://www.lefigaro.fr/international/2013/03/20/01003-20130320ARTFIG00500-guerre-d-irak-comment-tout-a-commence-il-y-a-dix-ans.php), on sait que le peuple peut être manipulé à haut niveau et que toutes les théories du complot ne sont pas nécessairement l’œuvre de fous paranoïaques. Je n’ai pas vu cette vidéo et je ne peux pas me prononcer. Mais une chose est sûre : la sécurité au Parlement canadien a toujours été plutôt faible ET il y a des individus qui peuvent commettre ce genre de crime. C’est notre propre naïveté collective qui nous a fait croire le contraire et qui pourrait avoir tendance à nous faire rechercher de fausses preuves contraires. D’autant plus que le mobile ne tient pas la route : le gouvernement conservateur actuel n’a nullement besoin du votes supplémentaires des députés de l’opposition ou même de l’opinion publique pour faire passer des lois plus répressives en matière de sécurité nationale, car il est fortement majoritaire au Parlement. D’autre part, il serait présomptueux d’affirmer que tous les journalistes compétents qui ont couvert cette affaire se sont laissés berner. Donc, sans trancher sur ce débat… prudence!

(3) À noter que le Moyen-Orient n’a pas le monopole du règne de la terreur et des exactions. En Amérique du Nord, fait beaucoup moins mis en lumière par les médias, le cartel mexicain de la drogue mène depuis plusieurs années des opérations similaires d’une violence inouïe à la frontière avec les États-Unis. En Europe, moins connues aussi sont les scènes d’horreur de la guerre civile espagnole au XXe s.

(4) Le Collectif Échec à la guerre avait organisé en 2003 en plein hiver à -20°C une des manifestations les plus courues de l’histoire canadienne (plus de 150 000 personnes, ce qui avait été, per capita, la manifestation à ce sujet la plus courue au monde) (seules les manifs du printemps étudiant en 2012 ont battu ce «record» avec presque 300 000 personnes pour le Jour de la Terre). Voir http://www.echecalaguerre.org/index.php?id=54

POUR ALLER PLUS LOIN…

Faites la lecture des engagements philosophiques et pratiques dans la vie de tous les jours mis de l’avant par Occupons Montréal, dans le sillage des nombreuses occupations du mouvement Occupy en 2011 et auxquels j’ai participé dans la réflexion et dans l’écriture.Voir https://evemarieblog.wordpress.com/les-engagements-d-occupons-montreal/

Démocratie : « doctrine politique d’après laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens. » (Robert)

À Montréal, depuis un an, on a tellement entendu associer ensemble les mots « manifestation » et « illégale » ou « carré rouge » et « violence et intimidation » qu’une partie du peuple finit par croire que c’est vrai et normal. C’est une dangereuse dérive sémantique et pratique qu’il faut, à mon avis, dénoncer dans les médias sociaux et ailleurs.

Connaissez-vous la fameuse citation « Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste » de Martin Niemöller  ?

À l’heure où toutes les institutions sont affaiblies par la corruption et le manque de vision pour le bien commun, la vigilance citoyenne s’impose, comme nouvelle forme de démocratie directe. Voici le texte au complet :

Deutsch: Briefmarke von Martin Niemöller

Deutsch: Briefmarke von Martin Niemöller (Photo credit: Wikipedia)

 « Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique.

Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »

MARTIN NIEMÖLLER, à  DACHAU

Arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen.
Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau.
Puis libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.

Bien sûr, on n’en est pas là, mais on ne veut pas s’y rendre non plus…

*/*

Dans le journal Le Devoir du 23 mars 2013, le prof et philosophe Christian Nadeau parle de la crise de confiance à l’égard des institutions :

«Ce que [le printemps érable] a révélé et ce qu’il reste encore, c’est l’ampleur de la dérive des institutions, celle du journalisme, de la police, mais aussi des institutions politiques, note-t-il. Il y a un pouvoir exécutif qui a oublié qu’il était au service de toute la population, mais qui a voulu jouer un jeu très dangereux en refusant toute forme de dialogue.» La reprise du dialogue «n’est pas possible tant qu’il n’y aura pas admission des erreurs commises par les autorités publiques. La police a un énorme travail à faire de ce côté-là» a-t-il dit, même s’il est persuadé que les forces de l’ordre ne sont pas un bloc monolithique.

De l’autre côté, les militants, surtout ceux qui ont été matraqués, et on les comprend, ceux qui mettent tous les policiers dans le même paquet, ne favorisent pas non plus la reprise d’un dialogue critique. C’est comme faire du profilage à l’envers. Démoniser et stigmatiser l’adversaire policier, ça rappelle ce qu’ont fait tous les racistes de ce monde dans d’autres situations, et cela n’arrange rien au déblocage et à la solution. C’est en profonde contradiction avec que l’on dénonce, justement. On ne peut pas lutter contre l’oppression pour en créer une nouvelle! Comme le dirait Serge Mongeau, «il faut que les babines suivent les bottines!»

Cependant, je m’inquiète des récentes nouvelles tactiques policières des dernières manifestations de mars 2013 qui visent à couper court à une manif avant même qu’elle ne commence et procédant, dans certains cas à des arrestations massives (ça, ce n’est nouveau, comme hier pour la manif-anniversaire du 22 mars -soit à un an du mouvement de protestation-, avec 200 personnes interpellées qui ont attendu des heures avant d’être embarquées par la police. Elles vont recevoir une amende de 634$ par personne). Et pourquoi ? Aucun acte criminel n’a pourtant été commis. Mais la manifestation a été déclarée illégale parce que les organisateurs n’ont pas donné l’itinéraire à la police, selon le règlement municipal P-6 qui a été voté dans la controverse totale pendant le printemps érable. Autres tactiques policières : dans d’autres manifs, les participants reçoivent des amendes salées… parce qu’ils entravent la voie publique. Selon leur avocat, Me Denis Poitras, le Québec est le seul endroit où on applique à des manifestants ce règlement du Code de la route. Il a déposé une requête dénonçant l’inconstitutionnalité de ce règlement, qui, selon lui, est en contradiction avec le droit d’expression conféré par les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. De plus, une entorse à un règlement municipal devrait résulter en une amende et non une interdiction de manifester! Quelle dérive! Le 24 mars, il y a une vigie pour appuyer cette demande faite par une partie de la société civile, il y a pourtant plusieurs mois et qui n’a toujours pas débouchée. [Ajout : une autre vigie, le 26 avril 2013, voir https://www.facebook.com/events/181649941985759/?context=create%5D

Malgré l’élection d’un gouvernement soi-disant moins à droite, je remarque avec vive inquiétude que le droit de manifester s’est subitement beaucoup dégradé depuis quelques semaines.  Quelles sont les relations entre la police, les municipalités et le gouvernement? Comment ces canaux de communication fonctionnent-ils normalement?  Garder l’ordre pour qui? C’est, entre autres, ce qu’une enquête publique pourrait mettre à jour.

Plus que jamais, cette enquête est nécessaire. À suivre de très très près comme une vigilance citoyenne. Avec quelques camarades d’Occupons Montréal du groupe Idées de la Place du peuple, nous avons organisé l’automne dernier une séance de signatures pour la pétition qui circulait en vue d’une grande conférence de presse regroupant une cinquantaine de mouvements associatifs, groupes affinitaires ou assos étudiantes touchées par la violence policière de ce printemps 2012! La société civile ne se laissera pas faire!

Voir aussi la première partie de ma réflexion à https://evemarieblog.wordpress.com/2012/11/04/une-enquete-sur-la-violence-policiere-est-incontournable/

Autres liens intéressants :

http://www.ledevoir.com/societe/education/373949/printemps-etudiant-traces-judiciaires

http://www.facebook.com/events/159512357528159/

http://www.journaldemontreal.com/2013/03/23/la-police-dit-repondre-aux-demandes-du-public

 

Voir aussi la mise-à-jour de cet article et de nouvelles références en cliquant dans «commentaires», situé en-dessous de l’article ou de la page.

Manifestation au printemps 2012, Montréal

Gestes lacrymés

changés en mensonges policiers

«mots lacrymogènes, mots matraques»*

La manifestation est illégale,

Veuillez vous disperser

ah non pas encore !

Et pourquoi

je vous le demande,

un jeune a fait quelque chose

on ne sait pas trop quoi

les cavaliers de l’apocalypse urbain

ont essayé de l’attraper

la foule a couru le protéger le rattraper, la technique de la pieuvre a-t-elle bien fonctionné

les manifestants commencent à avoir de l’expérience dit-on

mais pour créer diversion et séparer la foule

un motardcop sort d’on ne sait où et fonce dans le tas dans l’autre direction

heureusement personne n’est blessé, juste frôlé qu’on m’a dit

les plus valeureux poursuivent le motardcop qui passe devant moi ahurie

en criant des bêtises

Nous avions chanté avec la Chorale du peuple

nous étions plus calmes et plus centrés

de longues minutes plus tard

au jeu du rat et de la souris

tous les manifestants sont annoncés illégaux au mégaphone

je l’ai entendu à la télé les autres fois

mais là c’est là devant moi

D’un coup, je sens pourquoi ils se radicalisent

tellement je suis stupéfaite

dans mon pacifisme indigné

300 personnes n’ont plus le droit de manifester parce qu’un aurait fait quelque chose

je rappelle qu’il n’y a ni bris ni blessés ni morts, peut-être une seule provocation

heureusement la foule reste plutôt calme

peut-être le repère des Indignés dégage une aura de pacification,

qui aurait cru que Victoria régnerai encore en nous de cette façon là

l’incroyable égrégore-esprit des lieux créé par notre expérience de l’automne

ne sera jamais effacé

ils peuvent effacer tout sauf notre conscience

Elle rayonne maintenant maintenant maitresse des lieux

sur les tours à bureau, bourse, Québécor, PowerCorp et compagnie

Les manifestants s’assoient, se reposent et reprennent des forces avant de repartir ou de se disperser

peut-être vers Émilie-Gamelin

attention nous sommes gravement sur la nouvelle pente,

celle des nouveaux risques

qu’on préfère ne pas voir

je vous en supplie allez-y au moins une fois

vous y verrez la création de la réalité

C’était bien moins grave qu’à Québec 2001,

mais le ton pour les détails a monté à la puissance 2012 chez les autorités

dans leur/notre corruption

ils ont tant de peur,

les petits soldats de bois

un seul souffle suffit pour les désaligner

Après nous sommes 7-8 camarades d’Occupons Montréal

on s’improvise gardiens de sécurité du jeune homme maintenant isolé par 5 policiers

nous courons pour les rattraper

des dames, des mères sur la rue voyant la scène

se mettent à applaudir ironiquement puis à les critiquer

les huit chars

qui quittent le théâtre surréaliste

du montage en épingle d’un seul geste

voilà comment on crée la violence dans notre pays si pacifique si allergique à la violence

si calme avec sa révolution dite tranquille d’un âge où la conscience était à ses débuts

Ensuite de retour à la Place du peuple

nous observons le reportage radio canadien

la journaliste dit que le jeune homme avait lancé de la crotte

que cela explique ou justifie le recours à l’illégalité de la manif

nous nous insurgeons, le cam ferme le kodak, Reda se fâche, je tempère,

je demande les faits, la journaliste s’excuse, discute, je lui demande de refaire le topo avec un autre point de vue elle accepte, Fabrice et une jeune fille parlent, après la journaliste nous confie son stress sa position inconfortable critiquée de toute part, je lui parle de leurs fausses images de samedi sur l’événement JAPPEL à mon tour je m’énerve Kristiane prend la relève pour savoir comment la journaliste se sent, elle a marché le chemin de Compostelle, le dialogue reprend, nous nous serrons la main

Finalement, revenus à la statue nous participons à un autre groupe de discussion sur une éventuelle grève sociale assis sur le trottoir au coin St-Antoine/Beaver Hall entre toutes les autos et les bruits

Le temps a changé un autre grain de sel est posé

Une vieille dame passe, nous engueule parce que les jeunes traitent mal les vieux

On l’écoute calmement, accusant le coup

un dialogue se crée, le jeune Reda lui parle nous les entourons

à la fin la veille dame prend Reda dans ses bras

À travers toute cette laideur

quelque chose de si beau est sorti

nous nous sommes transportés à nous-mêmes

Quand les hommes et les femmes de coeur (re)commencent à prendre la parole de l’action,

c’est qu’un autre pays est en marche,

c’est que notre âme,

exaspérée et famélique

a décidé de franchir le Rubicon,

l’illusoire distance qui nous sépare de l’autre.

———————–

* référence à «Speak White» de Michèle Lalonde (1968) dont voici la partie finale :

«Speak White

de Westminster à Washington relayez-vous

speak white comme à Wall Street

white comme à Watts

be civilized

et comprenez notre parler de circonstance

quand vous nous demandez poliment

how do you do

et nous entendez vous répondre

we’re doing fine

we

are not alone

nous savons

que nous ne sommes pas seul.» [1]

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