Tag Archive: salon de conversation


Montréal, aux abords du métro Mt-Royal, 27 septembre ’14.

La tricoteuse du peuple au métro Mt-Royal, Montréal, sept. 2014, pendant les Journées de la culture. Crédit photo: Laurent Dansereau

Montréal, Plateau Mt-Royal, aux abords du métro. Il fait spécialement chaud et beau, bien sûr, les gens sont de très bonne humeur. En même temps, il y a un musicien et il y a deux comédiennes qui lisent du Michel Tremblay un peu plus loin ainsi qu’un mini groupe de manifestants au sujet des trainées suspectes très polluantes de petits avions supposés induire le climat. Belle ambiance culturelle sur la Place!

La tricoteuse du peuple enseigne à un garçon, métro Mt-Royal, Montréal, sept. 2014

La tricoteuse du peuple enseigne à un garçon, métro Mt-Royal, Montréal, sept. 2014. Crédit photo: Laurent Dansereau

À peine arrivée, je n’ai pas le temps de me faire mon « masque » de laine… qui sera très léger aujourd’hui vu la chaleur, que déjà des curieux et surtout des curieuses (peu d’hommes viennent tricoter aujourd’hui) m’approchent pour me demander ce que je fais, c’est quoi le Tricot du peuple, annoncé sur mon affiche par terre. Il y a les vraies tricoteuses qui me montrent des points en me donnant de bonnes adresses pour la laine ou de réseau social comme Ravelry, tout en échangeant sur le sort du monde. Il y a une maman (sur la photo) qui est venue spécialement avec ses enfants, car elle avait beaucoup aimé l’activité d’un groupe de tricot-graffiti, Les Villes-Laines, à l’école de ses enfants. Il y a cette dame et son mari qui me raconte sa vie. Une chinoise accompagnée par son mari francophone, mais qui ne parle pas français et avec qui j’essaie de converser en anglais, mais elle préfère se concentrer sur le tricot, alors je la laisse; une femme voilée qui veut faire tricoter sa fille très timide. Il y a ce jeune homme qui veut apprendre comment tricoter et insiste pour me donner des carottes avant de partir quand je lui dis que je n’ai pas encore diné, ou cet artiste-peintre qui arrive d’une perfo dans le cadre aussi des Journées de la culture et qui a envie de partager et plusieurs autres. Deux heures debout en bougeant peu, en plein soleil chaud, à converser et à montrer à tricoter, c’est une discrète performance pour moi, mais quand même qui me rentre dans le corps après; surtout, je raffine l’art de la conversation. Je me trouve meilleure, depuis le temps -depuis mes débuts en 2012, j’ai refait cette perfo 10 ou 15 fois dans différents contextes, le plus souvent dans le cadre de manifs et événements sociopolitiques. Aujourd’hui le thème qui ressort tourne autour du geste de donner/recevoir : plusieurs personnes l’ont soulevé d’elle-même, sans que je le suggère.

Affiche du Tricot du peuple, Montréal, sept. 2014

Affiche du Tricot du peuple, Montréal, sept. 2014. Crédit photo: Laurent Dansereau

La tricoteuse du peuple discute avec une participante, Montréal, sept. 2014. Crédit photo: Anatoly Orlovsky

Le lendemain, aux abords du métro de l’Église à Verdun, près de chez moi cette fois, du jeune homme engagé qui me parle de son souvenir du printemps érable qui reste mémorable et gravé à jamais dans son cœur, aux personnes âgées, plus nombreuses dans ce quartier, à une jeune femme d’origine indienne, j’ai des conversations particulièrement passionnantes : je n’en reviens toujours pas de la sagesse du peuple. Les gens très isolés par la vie urbaine et contemporaine ont besoin de parler et ne dédaignent pas un brin de philosophie sociale. Mais surtout aujourd’hui plus que les autres fois : les gens s’ouvrent immédiatement à moi. Les personnes conversent entre elles, si bien que nous finissons par former un miniclub social au coin de la rue, car il y a des bancs, mobilier urbain essentiel pour les rencontres de voisinage autant que pour le repos des passants. À quelque distance, un homme parle en anglais de moi et de mon tricoteur sur son cellulaire,  et ne tarit pas d’éloges, il décrit en détail mon costume et sa couleur (safran), comme étant la couleur des bouddhistes. J’ai l’impression d’être un personnage de film. Il ne sait pas qu’on entend presque tout son échange… À un moment, mon tricoteur me dit : il parle de vous. Alors je me tourne vers l’homme et je lui dis avec un large sourire : nous vous entendons! Je lui fais signe avec un tricot dans les mains de se joindre à nous. Interloqué, il me fait signe que non, continue quelques mots au téléphone puis s’éloigne en parlant… malheureusement. Mon tricoteur expert, un homme de 75 ans me raconte que son frère est mourant et qu’il est son exécuteur testamentaire, avec plusieurs tableaux de grands peintres chez lui et que cela lui pèse. Une femme plus âgée encore nous raconte son combat pour se faire respecter par le personnel soignant, considérant que leur méthode de bandage de sa jambe n’est pas adéquate. Elle nous montre sa jambe… vraiment très enflée et un grand oh! sort de nous. Elle nous dit « c’est mon corps après tout! Alors maintenant je fais à ma façon ». Difficile de croire qu’une jambe puisse être enflée à ce point et qu’elle puisse encore marcher! Quand même un peu inquiète, je lui demande pendant combien de temps ils ont mis des bandages et elle me répond : 2 ans!

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Ève Marie, la tricoteuse du peuple, sept. 2014. Crédit photo: Anatoly Orlovsky

Je constate, plus que jamais avec mon costume, mon maquillage coloré et soutenu et mon masque, que je projette sur les gens l’archétype de l’artiste, voire du clown (comme me l’a fait remarquer une amie) : cela met les gens immédiatement en confiance et je sais mieux comment la développer par mon écoute attentive, mes commentaires ou questions appropriés. Aujourd’hui et hier un peu aussi, on me parle surtout de paix. Ma nouvelle approche est de demander comment elles font pour appliquer ceci ou cela tous les jours dans leur vie quotidienne… Vaste sujet!

Les tricots du peuple, détails, 2014

Les tricots du peuple, détails, 2014. Crédit photo : Laurent Dansereau

Les tricots avancent très lentement à coups de quelques mailles à quelques rangs à chaque fois par les passants. Sont encore en cours les deux tricots d’origine, rendus à environ 75 X 40 cm. L’un est rouge (+ un peu de jaune), couleur du mouvement des carrés rouges de 2012 et l’autre est jaune (+ un peu plus de rouge), couleur du mouvement Occupons/Occupy de 2011.  Les deux couleurs mélangées symbolisent l’union et la relation qu’il y a eu entre les deux mouvements. Quelquefois, je tricote quand il n’y a personne qui vient ou lorsque la personne renonce à tricoter et préfère seulement me parler. Mais ils sont presque entièrement tricotés par des passants ou des participant.e.s à des actions sociopolitiques. Je dis aux gens : ces tricots dégagent une très bonne énergie, mais la plupart du temps, ce sont les gens qui me le disent spontanément. Un 3e tricot est terminé, il a été fait par ma cousine Julie-Élaine Roy (militante bien connue des Sourds et malentendants du Québec, initiatrice avec Raymond Dewar er Paul Bourcier de la langue des signes québécoise LSQ) pendant le printemps étudiant de 2012, alors qu’elle ne pouvait pas sortir pour prendre part aux manifestations devenues mouvement social. C’était sa façon à elle, me dit-elle, d’y participer, d’encourager le mouvement et de canaliser son indignation devant la réaction politique du gouvernement et celle des policiers.

Les gens me demandent ce que je ferai de ces tricots : je leur réponds qu’un jour (mais je ne suis pas pressée), je les exposerai. Hier, une dame qui avait déjà tricoté pour un abri d’itinérants me donne l’idée d’en donner un à un de ces organismes, d’autant plus que quelques itinérants y ont participé, à la Place Émilie-Gamelin, lors de ma 1re perfo (voir mon article de juin 2012).
Aujourd’hui le soleil est moins chaud, alors lorsqu’un ami, Anatoly Orlovsky, venu pour faire quelques photos et une amie voisine passée là par hasard, nous nous attardons un peu au plaisir de la douceur du temps, mes affiches rangées. Jacinthe nous raconte à quel point la mauvaise situation de la langue française à Montréal la met au bord de larmes, bilinguisme larvé et début d’assimilation, mais que sa situation personnelle ne lui permet pas, pour le moment, de militer.

Je vais revenir ici s’il y a encore de belles journées d’automne.

Ève Marie, 10-10-14

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En collaboration avec l’Institut du Nouveau Monde,

la tricoteuse du peuple vous invite à…

… UNE CONVERSATION DE CUISINE

SUR LA DÉMOCRATIE

ET LA PARTICIPATION CITOYENNE

Dimanche 23 juin 2013, de 14 h 30 à 17 h

à Montréal

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Assemblée populaire publique d’Occupons Montréal, octobre 2011. Photo crédit_Richard Renshaw

Entre l’élu et la rue, quelles contributions pour les citoyens dans notre démocratie ?

À travers cette discussion, nous explorerons vos solutions afin de favoriser la participation des citoyens aux processus de prise de décision collective, que ce soit des stratégies, des mécanismes ou encore des activités d’éducation civique. L’idée est de déclencher et animer une réflexion chez les participants, puis éventuellement par répercussion dans leur entourage, sur la participation citoyenne. Vos propos et actions proposés lors de cette conversation seront envoyés à l’INM qui prépare une vaste démarche délibérative sur ce sujet dans le but de dresser un portrait de l’état de la question dans la population québécoise.

Je recevrai chez moi 12 personnes d’horizons divers et j’animerai cette conversation de cuisine sur la démocratie et le peuple autour d’un café et de biscuits. Pendant la discussion, je vous inviterai également à faire quelques rangs de ‘retricotage’ dans le tissu social du Tricot du peuple, un précieux maillage débuté en mai dernier.

Pour plus d’info : http://www.inm.qc.ca/democratie/la-demarche

 

Voir la première partie de cet article plus bas.

«L’histoire, réalité ou connaissance, a toujours été masculine : elle ne s’est intéressées qu’aux activités culturellement assignées aux hommes. Cette histoire est foncièrement patriarcale. Ce n’est que depuis un siècle environ que des femmes ont réalisé que cette histoire était partielle et partiale, puisqu’elle oblitérait la moitié de l’humanité.» Micheline Dumont, historienne

28 novembre

Femmes et politique 8Les manarchistes

Il me semble que j’aurais beaucoup de choses à dire sur cet atelier sur les manarchistes, organisé par le comité femmes de l’UQÀM. En bref, un outil, dont le but était de faire prendre conscience à ces messieurs leur comportement contradictoire, nous a été proposé pour qu’on en fasse l’analyse et la critique. Ce long questionnaire n’était pas sans… contradictions aussi. Un truc assez oppressant finalement, pour dénoncer des oppresseurs qui se disent féministes appelés, si j’ai bien compris des «manarchistes»*? (voir la définition donnée en atelier en bas de page). Comme quoi, ni les hommes, ni les femmes ne sont à l’abri des incohérences, les yeux aveuglés par le rétroviseur. Si le but est de sensibiliser ces dites personnes, ce sera raté, si c’est de les confronter, 5 questions au lieu de 84 feraient la job… À mon avis, un zine avec des cas vécus serait beaucoup plus efficace comme outil. Par contre, la discussion était excellente pour nous faire prendre conscience de l’oppression que nous avons vécue dans notre vie…

La violence dans les relations

L’automne dernier, j’ai subi une courte série d’autres insultes et actes violents, pour la plupart venant d’hommes inconnus. J’ai été très déstabilisée par tout cela, dans le foulée de l’attentat raté contre notre nouvelle première femme première ministre (Québec) qui faisait son discours de victoire (et qui a fait un mort parmi les techniciens). Sur une page de forum d’OM, j’ai raconté plus en détails ces actes d’agressivité, dont deux bizarres quasi accidents où je me suis trouvée surprise d’être encore en vie. Est venu à mes oreilles les commentaires d’un militant : c’était, selon lui, de la paranoïa. J’étais estomaquée, la personne en question ne s’est jamais souciée de prendre de mes nouvelles, mais me jugeait du panache de sa haute connaissance de la psychologie humaine. Pour la camaraderie, on repassera! Je me suis sortie de cette mauvaise passe en organisant chez moi un cercle de discussion privé sur la violence dans la société. Le désir de domination semble malheureusement intrinsèque aux rapports humains générant de la violence explicite ou insidieuse. C’est une autre piste de réflexion développée par les féministes qui a déjà été beaucoup développée, mais à mon avis avec un manque de posture interrelationnelle. Autrement dit, sur fb, ce ne sont pas tant les attaques personnelles ou le manque de répondant qui démobilise, mais la façon dont tous les autres réagissent par leur indifférence et parfois leur désensibilisation qui les déshumanise et qui est propre au médium puisque tout passe si vite… Et cela a un impact sur notre militance. Cela dépasse aussi de beaucoup le seul cadre d’analyse homme-femme.

8 mars

Le plaisir et la reconnaissance

Oui, le plaisir et la reconnaissance, parlons-en aussi. Il va sans dire que tout ce bénévolat communautaire et politique apporte de nombreuses satisfactions qui nourrissent au quotidien notre engagement, notre implication, nos relations sociales et notre futur. Fraternité/sororité, réseau d’entraide, expériences de vie unique en son genre, fierté, dépassement de soi, résultats concrets sur la place publique, inspiration à vivre mieux et autrement, etc. Ces actions répondent à de profonds besoins psychosociaux qui ont été bien définis par le classique de la pyramide de Maslow :

  •      Besoin d’accomplissement de soi
  •      Besoin d’estime
  •      Besoin d’appartenance et d’amour
  •      Besoin de sécurité
  •      Besoins physiologiques

Il est important de comprendre mieux quels sont les besoins universels de tous les êtres humains, hommes, femmes, enfants et de tous âges. Puis de les garder en tête et dans notre cœur lorsqu’on prétend avoir une action politique pour le bien commun.

«il y avait le droit plaisir, et par-dessous tout, le bon plaisir, la raison du plus fort.» Zola

Traditionnellement, les hommes portent davantage leur attention sur la tâche et sur les résultats visibles; ils sont aiguillés par la compétition comme principe d’avancement. Les femmes sont plus axées sur les relations et le processus de travail invisibles et mettent plutôt de l’avant la coopération (ce dernier point sera à rediscuter) comme principe de développement. Si le plaisir d’être dans une action bénévole politique veut être partagé par tous et toutes, son accomplissement se vit différemment selon les personnes, les sexes et les classes sociales et son échec aussi. Une femme qui quitte un parti politique, une association ou un collectif informel ou communautaire le fait entre autres parce qu’elle en a assez des jeux de coulisse où elle voit voler les couteaux dans le dos contre elle ou contre d’autres, – comme ma mère au Parti Québécois. Ou encore parce qu’une femme ne se sent pas suffisamment appréciée, comme parfois moi-même à Occupons Montréal, où des publications écrites résultant d’un vrai travail de réflexion ont été peu commentées, tombant vite dans l’oubli ou dans l’indifférence.

Cela peut être aussi le fait d’un mauvais choix de canal de communication, mais j’ai l’impression que les hommes vont passer par-dessus cela plus facilement que les femmes. Je vais plutôt chercher le canal qui existe déjà pour me faire entendre, tandis que peut-être un homme va vouloir le créer à son image? Ou encore, même phénomène de sentiment d’exclusion (la perception peut être juste ou fausse, mais peu importe, le sentiment est là, incontournable tant qu’il n’est pas nommé) : ainsi une personne propose une action qui est d’emblée rejetée, pour des raisons à l’opposé de ce qui la motive au départ, les personnes qui la repoussent en bloc ne prenant le temps d’en questionner les tenants et aboutissants. Lorsque cela m’arrive, je suis peut-être moins ‘armée’ pour tourner la page rapidement. Et cela arrive très souvent en politique, peu importe qu’on soit un homme ou une femme, mais j’avance que c’est la réaction qui est généralement différente. J’ai occasionnellement  travaillé dans des milieux d’hommes (la construction) et j’ai toujours été fascinée à quel point les hommes peuvent s’engueuler et se critiquer vertement puis aller prendre une bière après… Les femmes sont rarement capables de faire cela. Par contre, ils vont se ‘compétitionner’ de manière souvent aberrante, avec une grande perte d’énergie. Je reviendrai dans un autre article sur les travers des femmes au travail ou en politique, bien évidemment loin d’être parfaites mesdames… Peut-être heureusement, ça reste à voir…

Modération ou radicalisme ?

Vous remarquez peut-être que même dans cette réflexion présente, je reste prudente et nuancée dans mes affirmations et questions, est-ce par manque de confiance ou par sentiment que la Vérité n’existe pas? Peut-être un peu des deux? Ce qui veut dire aussi que lorsque je me trouve dans un groupe de radicaux, je suis mal à l’aise, je quitte assez vite, autre raison de fuite. Et ce, même si je considère, comme plusieurs personnes de ma génération X, être devenue plus radicale ou moins modérée avec l’âge, ce qui est contraire à l’évolution normalement observée des générations. À l’opposé, plusieurs jeunes militants masculins ont quitté OM parce qu’ils trouvaient, entre autres, pas assez radical. Cependant, est-ce que la modération est une marque féminine? Je n’en suis pas certaine… N’a-t-on pas parlé de féministes radicales des années ’70? Le radicalisme vient plutôt d’une condition sociale d’opprimé.e.s, combinée à une condition familiale difficile. Mais cela est une toute une autre histoire…

 

Femmes et politique 3Boysclub et « plancher collant »

J’écoutais l’automne dernier une entrevue au sujet de la publication d’un livre le sexisme en politique par une ancienne ministre libérale des finances et du Conseil du trésor du Québec, Monique Jérôme-Forget. Dans son livre, elle dénonçait entre autres, ce plafond de verre du « boysclub » qui cantonne les femmes à des postes de pouvoir subalterne. Mais ce qu’elle ajoute est encore plus intéressant. Elle parle du « plancher collant » où les femmes elles-mêmes sont à critiquer puisqu’elles se bloquent aussi elles-mêmes trop souvent en se demandant si elles vont être capables d’aller plus haut… Je trouve que cette posture est très mature. C’est bien beau de critiquer les autres, ici en l’occurrence les hommes, mais quand on regarde dans sa cour… c’est tout aussi important et on y trouve aussi nos propres faiblesses comme femmes. C’est précisément cette prise de conscience qui nous fait évoluer comme personne et comme peuple.

Une autre façon totalement alternative d’envisager cette question est de me demander si j’ai envie de participer à ce type de pouvoir et ce type de réussite. Pour ma part, la réponse est clairement non, ce qui ne veut pas dire que je n’appuie pas les femmes (et les hommes) qui choisissent cette voie.

Femmes et politique 6De la discussion aux salons au type d’organisation

Prendre connaissance de notre histoire et de l’apport des femmes à la politique nous apporte beaucoup d’enseignement aussi. « Afin de se soustraire au diktat [de l’absolutisme royal du roi Louis XIV], de grandes dames de l’aristocratie se retirent de la cour, préférant un espace privé où elles accueillent leurs familiers. Ce phénomène semble naître vers 1618 avec la marquise de Rambouillet. […] Ces dames animent des salons qui s’efforcent de tenir à distance la violence du siècle autant que la tutelle de l’Église. Elles en viennent à établir un savoir-vivre et une nouvelle civilité liée à l’art de la conversation : l’intuition psychologique et l’improvisation comptent désormais autant que les connaissances. Subtilement décliné, l’esprit définit une nouvelle politesse et les limites de l’humour toléré, de même que l’éloquence du corps (regard et gestes). Ces nouveaux usages, qui supposent l’égalité des partenaires, font découvrir à la noblesse, bridée à la cour, une nouvelle civilité ou l’épée est échangée contre la rhétorique.» (Michel Laurin) Voir mon blogue à ce sujet : https://evemarieblog.wordpress.com/2012/09/13/histoire_conversation_salons_groupe-de-discussion/

Ce qui m’apparait particulièrement pertinent à notre sujet ici est le nouveau mode de communication que ces femmes d’autrefois ont mis en place après la Renaissance. C’est ce manque d’intuition dans les communications, la « structurite » aigüe de certaines organisations militantes et le pouvoir de type hiérarchique (ou vertical) qui font aussi parfois fuir certaines femmes, plus à l’aise dans un fonctionnement informel ou organique. Mais par contre, j’en connais quelques-unes qui sont parties, comme leurs camarades masculins d’ailleurs, parce qu’Occupons Montréal n’était pas assez structuré…

Femmes et politique 9

En conclusion, je crois qu’on peut dire que la vie politique et la vie… tout court se vit différemment selon que l’on soit un homme ou une femme et d’un individu à un autre. Le mouvement féministe des années ‘60/70 avec son égalitarisme ‘aplanisseur’ a nié les différences, qui, je crois, sont pertinentes et nécessaires à la vie humaine, c’est du moins la thèse récente de l’auteure Nancy Houston « Reflets dans un œil d’homme », contredisant ainsi la célèbre thèse de Beauvoir  « On ne nait pas femme, on le devient » (voir références ici-bas). Houston renverse la perspective en affirmant au contraire « qu’on ne nait pas homme, mais on le devient. Le masculin a besoin d’être trouvé, renforcé ou réitéré ». En ce sens, j’ajoute que peut-être la vie politique permet davantage aux hommes de le devenir et de s’y exprimer, tandis que les femmes y trouvent moins leur compte en « étant » tout simplement ? La question est loin d’être cernée complètement. Mais toujours est-il que le féminisme en politique d’aujourd’hui ne signifie plus être pareille au « sexe fort », comme l’on disait autrefois, mais plutôt être exigeante dans l’acceptation et la formation de notre sensibilité particulière comme enrichissement spirituel au monde et à la vie collective.

Paix. Justice. Confiance. Transparence. Partage des ressources… Valeurs féminines? Valeurs humaines.

*/*

*Manarchiste : «Discours généralement tenu par un homme qui n’est pas relié à ses actes, de type oppressant envers les femmes.»

«Valorisation de certains comportements militants : leadership par l’action directe et les actions physiques (manif et autres).»

«Vit sur des privilèges qui fait qu’il peut ne pas faire ce qu’il dit et ne pas faire attention à l’oppression des autres.»

Références :

http://www.feministisktinitiativ.se/franska.php?text=eu-valmanifest-2009

http://www.levif.be/info/actualite/dossiers/les-entretiens-du-vif/nancy-huston-on-ne-nait-ni-homme-ni-femme/article-4000120771196.htm

http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-deuxieme-sexe/

http://www.leconflit.com/article-le-deuxieme-sexe-de-simone-de-beauvoir-102878746.html

http://www.ina.fr/video/PH806055647

http://www.ledevoir.com/culture/livres/376066/ou-sont-les-femmes

FEMEN ou les manifestantes aux seins nus défendant les droits des femmes qui soulèvent d’importantes questions très controversées sur la place des femmes en politique, la démocratie, la corruption, la prostitution, la religion. Néanmoins des doutes subsistent sur le financement de ces groupes d’activistes. Voir  http://fr.wikipedia.org/wiki/Femen

Un salon chez Mme Geoffrin en 1755, par Lemonnier.

En pleine querelle religieuse et sous l’autorité du Roi-Soleil Louis XIV, «la cour de Versailles, où se rencontre une société choisie de beaux esprits et de gens de lettres, adopte les anciens codes de courtoisie comme instruments de coercition et de contrôle au service de l’absolutisme royal.

Afin de se soustraire à ce diktat, de grandes dames de l’aristocratie française se retirent de la cour, préférant un espace privé où elles accueillent leurs familiers. Ce phénomène semble naître vers 1608 avec la marquise de Rambouillet.* […] Ces dames animent des salons qui s’efforcent de tenir à distance la violence du siècle autant que la tutelle de l’Église. Elles en viennent à établir un savoir-vivre et une nouvelle civilité liée à l’art de la conversation : l’intuition psychologique et l’improvisation comptent désormais autant que les connaissances. Subtilement décliné, l’esprit définit une nouvelle politesse et les limites de l’humour toléré, de même que l’éloquence du corps (regard et gestes). Ces nouveaux usages des «salonniers et salonnières», qui supposent l’égalité des partenaires, font découvrir à la noblesse, bridée à la cour, une nouvelle civilité ou l’épée est échangée contre la rhétorique.»(1)

«Déjà au Moyen Âge et à la Renaissance, des femmes lettrées, telle Marguerite de Navarre au XVIe siècle., réunissaient autour d’elles poètes et musiciens» (2) . Par la suite, sous Louis XV et Louis XVI, les salons français deviendront davantage les lieux d’échange et de confrontation d’idées et de réputation, et d’élaboration philosophique. Ils contribueront très certainement à la «lingua franca» et à la popularité de la langue française dans toute l’Europe ainsi qu’au développement du siècle des Lumières. D’autre référence parle plutôt d’« un exercice tourné vers la plaisanterie et l’aspect spectaculaire» (3). On sait cependant qu’au siècle des Lumières, la cour est progressivement délaissée par les intellectuels et les artistes au profit des salons et de la création de cafés qui deviennent les nouveaux espaces privés ou publics de diffusion de la culture et des idées propres au XVIIIe siècle.

Michel Laurin intègre ces deux tendances dans son analyse des salons du XVIIIe s. :

«Le faste et la monumentalité de Versailles sont de plus en plus abandonnés par les savants et les artistes qui se réunissent désormais dans les [nouveaux] cafés et les élégants salons des grands hôtels parisiens, lesquels font dorénavant une bonne place à la politique et à l’évolution des mœurs. Ces nouveaux centres de la vie culturelle permettent à la sphère intime de succéder au cérémonial rigide de la cour. […] On cherchera à se divertir, passant son temps  dans les théâtres et les bals. Dans les salons, on organise des jeux de société qui servent de prétexte au libertinage.» (1)

Ces salons de conversation, d’échange artistique et intellectuel et de sociabilité divertissante ont vraisemblablement contribué à l’évolution des mœurs et des idées qui mena à la révolution française. Pendant la révolution, on vit aussi une prise de parole populaire (du peuple) avec les «tricoteuses jacobines» vers les années 1792 (voir mon blogue sur ce sujet au https://evemarieblog.wordpress.com/2012/07/16/le-tricot-du-peuple-performance-relationnelle ).

Toutefois, ces avancées de la place des femmes dans la société ne débouchèrent pas sur leur reconnaissance légale et juridique et encore moins sur leur égalité avec les hommes. Le Code civil adopté en France par Napoléon en 1804 (et adopté également au Québec) continue de refuser aux femmes des droits politiques et civils.

Néanmoins, quelques femmes organisatrices de salons devinrent particulièrement influentes sous le Directoire français (4), comme Germaine de Staël (5), célèbre philosophe, écrivaine et salonnière. Dans leur version populaire, l’apport des femmes de la Commune de Paris firent brièvement entendre leurs voix. Au XXe siècle, la tradition se perpétue avec notamment la comtesse Anna-Élisabeth de Noailles, née princesse Bibesco Bassaraba de Brancovan (qui est à l’origine du prix Fémina), où se croisent l’élite et l’intelligentsia française, comme Edmond Rostand, Paul Claudel, Colette, André Gide, Maurice Barrès, Paul Valéry, Jean Cocteau, Alphonse Daudet, Pierre Loti ou encore Max Jacob (6), ainsi que le poète québécois Paul Morin, alors étudiant à La Sorbonne (7).

Cercle de parole

Cercle de parole contemporain

Voilà pour nos racines françaises et européennes, il y a aussi toute notre tradition continentale d’Amérique avec les cercles de paroles autochtones sur lesquels j’aurai l’occasion de revenir plus en détails plus tard (voir archives avril 2014).

«Le ‘cercle d’échange’ ou ‘cercle de parole’ : dans les cultures des Premières Nations, l’écoute et le silence font partie intégrante de la communication de façon plus marquée que dans la culture occidentale. Il est clair que dans ces cercles, personne n’est obligé de prendre la parole. On ne doit interrompre personne, chacun parle à son tour dans le cercle ou laisse la parole au suivant. On évite aussi de juger ou de contester de la parole d’un autre membre du cercle et on doit terminer le cercle par un apport positif.» Vincent Dostaler, SOS Territoire

Par exemple, au niveau institutionnel, de nombreux cercles de parole, appelés aussi «cercle de partage», «cercle de guérison» ou «cercle de confiance» sont actuellement mis en place lors de la tournée de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (au sujet des pensionnats autochtones). Les cercles de partage, notamment, sont animés des membres du Comité des survivants de ces écoles résidentielles où les enfants étaient arrachés à leurs parents contre leur gré par la police pendant la saison académique et ont subi de nombreux sévices par les religieux. Ces cercles permettent aux survivants et à leur famille, aux anciens employés et à toute personne touchée par les pensionnats de partager ensemble leur vérité, leurs blessures, leurs doutes, et ce dans un cadre public ou privé (au choix). Voir les liens ici-bas.

*/*

Je dois dire que je suis particulièrement interpelée par ce sujet en tant que poète et linguiste (8). Il y a quelques jours (septembre 2012), alors que j’animais chez moi avec des amis mon premier cercle de parole/groupe de discussion sur le thème de la violence intérieure et sociale, une amie d’origine russe, peintre de surcroît, disait à quel point la culture permettait de délier la violence parce qu’elle nous permettait d’avoir accès aux autres, de savoir qu’on est pas seul à vivre quelque chose, ni en ce moment, ni dans l’histoire. Ça m’a semblé fondamental comme commentaire.  L’inculture tue. L’éducation anime. Je comprends encore mieux pourquoi, en tant que prof et artiste, j’ai été si interpellée ce printemps 2012 par la lutte des étudiant.e.s  pour le gel des frais de scolarité et contre la marchandisation de l’éducation (Québec).

Dans le même genre, mais ouverts à des personnes plus éloignées de notre réseau, il y aussi les «assemblées de cuisine» ou, plus récemment, «conversations de cuisine» où on y discute généralement d’un sujet politique dans la cuisine d’un voisin (surtout en période électorale) et de façon organisée et prévue à l’avance, ou les «assemblées de quartier», remises au goût du jour par les Indignados espagnols et qui ont fait des petits à Montréal : certaines de ces assemblées populaires autonomes de quartier (APAQ) fonctionnent encore, plus d’un an après leur création, suite au Mouvement des Casseroles lors de la crise sociale du printemps étudiant 2012, voir https://www.facebook.com/apaqRPP . Les artistes s’y mettent aussi, comme en témoigne l’événement multimédia Mégaphone à l’automne 2013 à Montréal, inspiré à la fois par ces évènements, et par le London’s Speaker’s Corner et les symposiums de la Grèce antique. Voir au http://megaphonemtl.ca/accueil

Occupons le parc Molson Crédit_Richard Renshaw

Groupe de discussion d’Occupons Montréal lors d’«Occupons le parc Molson», août 2012. Crédit photo:Richard Renshaw

Parallèlement, de nos jours, le mouvement Occupons/Occupy -dans lequel je suis active- et ce un peu partout sur les cinq continents, a remis au goût du jour l’importance de la conversation entre inconnus, du partage d’expériences vécues, d’opinions, de visions, d’idées et de connaissances et autres manifestations de cocréativité populaire (voir le dernier lien ici-bas), et ce à l’intérieur de petits groupes de discussion ouverts à tous et à toutes. La nouveauté et la différence par rapport au groupe de discussion/cercle de parole est son expression dans des lieux publics -généralement à l’extérieur 3 saisons sur 4- un groupe ouvert, donc, également aux passants, permettant potentiellement des rencontres et l’expression de points de vue imprévus. De l’occupation en 2011 du parc Zuccotti à New-York, à Montréal et ailleurs en Amérique du Nord (et probablement aussi sur les autres continents), nous avons tous constaté à peu près la même chose, soit la libération de la parole et de la subjectivité après des années d’autocensure du politiquement correct et de la langue de bois.

De plus en plus nombreuses, des initiatives citoyennes ou universitaires ou d’universités populaires/communautaires sont prises pour remettre la discussion en personne au plan du jour. À Montréal, notamment on trouve :

– «L’université autrement dans les cafés» (activité bilingue) : http://www.concordia.ca/fr/vie-etudiante/universite-autrement.html

– Groupe de discussion pour parents/adolescents : http://www.amcal.ca/Programmes_de_consultation_en_groupe.aspx

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En conclusion, dans un geste sans précédent de réappropriation de l’espace public, ce type de dispositif de discussion ouverte est, à mon avis, une réponse novatrice au néolibéralisme (9). Ce dernier a favorisé depuis trente ans la mise en place des communautarismes isolants et des groupes politiques fermés ou sectaires et des inégalités grandissantes (10). Des sous-groupes ont été opposés à d’autres par les pouvoirs en place, beaucoup en France, parait-il, mais aussi au Québec, notamment pendant la grève étudiante de 2012, et partout dans le monde… Et le peuple avait désappris à se parler et à communiquer, résultant, entre autres, un effritement social, des inégalités grandissantes entre les personnes du 1% et du 99%, une perte de pouvoir et de responsabilité du peuple et un retour de la violence latente. Ces «nouveaux» groupes de discussion ont répondu à ce besoin de reconstruire le «grassroot» ou le tissu social profondément abimé par des années de repli sur soi.

«La seule revendication dans le mouvement Occupons/Occupy, est « qu’on nous laisse tranquilles dans nos parcs, nos places publiques, nos écoles, nos bureaux, nos quartiers, pour qu’on puisse se rencontrer,  réfléchir ensemble, et, sous forme d’assemblée [de cuisine, de quartier], décider quelles sont les alternatives possibles. De là, une fois ces espaces démocratiques déployés, on pourra débattre du genre de revendications qu’on pourrait avoir ainsi que des personnes ou institutions qui pourraient les satisfaire. » Marina Sitrin, in Occupy Wall Street! éd. Les Arènes, 2012. Sitrin fait ici allusion aux arrestations massives, parfois musclées, de milliers (6705, selon le linguiste et libertaire bien connu Noam Chomsky) de participants à ces groupes de discussion et occupants du Square Zuccotti et du pont de Brooklyn à New York en 2011. Même phénomène répressif à Montréal et à Québec, quoique plus réservé, et ailleurs dans le monde.

Alors, on converse ensemble? À la prochaine!

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Voyez également ma série plus récentes d’articles sur ce sujet :

«Groupe de discussion (4) : conversation de cuisine sur la démocratie participative» :https://evemarieblog.wordpress.com/2013/09/21/groupedediscussion_democratie/

«Groupe de discussion (3) : atelier sur la surérogation = actions héroïques» : https://evemarieblog.wordpress.com/2013/07/11/groupe-de-discussion-atelier-sur-la-surerogation-actions-heroiques/

«Occupons les condos : pique-nique en habitat social» : https://evemarieblog.wordpress.com/2012/08/20/occupons-les-condos-pique-nique-en-habitat-social/

«Histoire active des salons de conversation (2)… devenus conversations de cuisine» : https://evemarieblog.wordpress.com/2013/06/04/histoire-active-des-salons-de-conversation-devenus-conversations-de-cuisine-2/

Occupy Wall Street Group Discussion 2011 Shankbone

Occupy Wall Street, Group Discussion 2011 Shankbone (Photo credit: Wikipedia)

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* Selon Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Salon_litt%C3%A9raire

(1) tiré de : Anthologie littéraire, du Moyen Âge au XIXe siècle, Michel Laurin; éd. Beauchemin/Chenelière Éducation, Montréal, 2012 (manuel des cours de littérature obligatoire au cégep québécois)

(2) http://www.devoir-de-philosophie.com/dissertation-salons-litteraires-12714.html

(3) in Cours Autodidacte de Français Écrit (C.A.F.É.) offert entre autres à l’Université de Montréal :  http://www.cafe.edu/genres/n-conver.html

(4) Selon Montesquieu, dans son livre «Lettres persanes» (1721), sous le Directoire français, les femmes formaient «un nouvel État dans l’État» par les relations qu’elles développaient auprès des hommes de pouvoir et entre elles et «dont les membres toujours actifs se secourent et se servent mutuellement» (Lettre CVII, Rica à Iben, Smyrne).

(5) Née Anne Louise Germaine Necker, en 1766.

(6)selon http://www.plumedepoesies.org/t5035-la-comtesse-anna-elisabeth-de-noailles

(7) Selon L. Mailhot et P. Nepveu «La poésie québécoise»

(8) L’analyse de contenu et l’analyse des champs lexicaux dans les discours sont d’importants domaines de recherche en linguistique. Le plus connu de ces chercheurs est Noam Chomsky qui explique sa théorie dans le film documentaire bien connu «Manufacturing Consent» (La Fabrication du consentement) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Manufacturing_Consent:_Noam_Chomsky_and_the_media et http://www.youtube.com/watch?v=TjIGPD-6QBk

(9) «Ce travail [de sape]-là, pour le résumer grossièrement, se fonde sur un seul axiome, une affirmation de Margaret Thatcher, à savoir qu’il n’y a pas de société, mais seulement des individus. Ce que cette phrase implique est dévastateur.» Pierre Lefebvre et Anne-Marie Régimbald, «Nous ne sommes pas seuls», revue Liberté, no 300, Montréal, été 2013.

(10) «Le Conference Board soulignait en 2011 que le Canada est l’un des pays ayant connu la plus forte augmentation des écarts de revenus depuis une quinzaine d’années. Bien que moins touché par ce phénomène, le Québec n’a pas été épargné. La taille de sa classe moyenne s’est réduite depuis le milieu des années 1980 et la part des revenus captée par le 1% le plus riche est passée de 7 à 11% de tous les revenus.» Nicolas Zorn et Michel Venne, Institut du Nouveau Monde (Montréal).

Un autre facteur plus psychosocial de ce repli des conversations humaines directes sont les nouvelles technologies numériques. Voir à ce sujet mon article au https://evemarieblog.wordpress.com/2013/07/23/quand-lindustrie-numerique-sabote-leducation/

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Quelques autres liens :

– Sur des salons dans l’histoire française :

http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=1758&get_all=1#reac

http://textespretextes.blogs.lalibre.be/tag/mme+de+rambouillet

http://literaturesalon.wordpress.com/2011/11/09/confessions-of-a-would-be-salonniere-my-favorite-twenty-first-century-salons/

http://www.weblettres.net/blogs/uploads/a/ABF/43888.pdf

– Sur le rôle des tricoteuses pendant la révolution française  : http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/femmes/femmes2.htm

– Sur des cercles de parole autochtone:

– Sur d’autres projets de cocréation, conversation publique et mise en commun :

http://www.concordia.ca/fr/a-propos/universite-autrement/methodologie-conversations-publiques.html

http://www.percolab.com/des-conversations-qui-recr%C3%A9ent-le-monde/#comment-190

http://www.lilianricaud.com/travail-en-reseau/a-propos/projets/bibliotheque-libre-patterns-evenements-co-creatifs/

http://www.thestar.com/entertainment/2013/09/13/megaphone_art_installation_gives_montreal_something_to_shout_about_en_scene.html

– Sur une définition plus pointue et scientifique de la conversation : http://www.cafe.edu/genres/n-conver.html

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