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Affiche du SFPQ, 2015.

Affiche de la Coalition pour la justice sociale, 2014.

Aujourd’hui 1er mai fête internationale des travailleuses et travailleurs. Fête qui passe généralement vaguement inaperçue, elle s’est multipliée par des centaines de petites actions de rue et d’écoles du Québec pour remettre en question le modèle d’organisation de l’État appelé «austérité ou rigueur budgétaire» du gouvernement québécois. SVP quelqu’un peut-il mettre en contact notre gouvernement avec la personne qui a écrit ces lignes ci-dessous??? Pour qu’enfin cesse cet immense mensonge des politiques d’austérité qui vont équilibrer à jamais le budget de l’État et résoudre tous nos problèmes… en ouvrant plutôt de manière déguisée la privatisation des services sociaux…
Attachez vos tuques… :

«Aujourd’hui se décide ce que sera le monde en 2050 et se prépare ce qu’il sera en 2100. Selon la façon dont nous agirons, nos enfants et nos petits-enfants habiteront un monde vivable ou traverseront un enfer en nous haïssant. Pour leur laisser une planète fréquentable, il nous faut prendre la peine de penser l’avenir, de comprendre d’où il vient et comment agir sur lui. C’est possible : l’Histoire obéit à des lois qui permettent de la prévoir et de l’orienter.

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La situation est simple : les forces du marché prennent en main la planète. Ultime expression du triomphe de l’individualisme, cette marche triomphante de l’argent explique l’essentiel des plus récents soubresauts de l’Histoire : pour l’accélérer, pour la refuser, pour la maitriser.

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Si cette évolution va à son terme, l’argent en finira avec tout ce qui peut lui nuire, y compris les États, qu’il détruira peu à peu, même les États-Unis d’Amérique. Devenu la loi unique du monde, le marché formera ce que je nommerai l’hyperempire insaisissable et planétaire, créateur de richesses marchandes et d’aliénations nouvelles, de fortunes et de misère extrêmes; la nature y sera mise en coupe réglée; tout sera privé, y compris l’armée, la police et la justice. L’être humain sera alors harnaché de prothèses avant de devenir lui-même un artefact, vendu en série à des consommateurs devenant eux-mêmes artefacts. Puis, l’homme, désormais inutile à ses propres créations, disparaitra.

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Si l’humanité recule devant cet avenir et interrompt la globalisation par la violence avant même d’être libérée de ses aliénations antérieures, elle basculera dans une succession de barbaries régressives et de batailles dévastatrices, utilisant des armes aujourd’hui impensables, opposant États, groupements religieux, entités terroristes et pirates privés. Je nommerai cette guerre l’hyperconflit. Il pourrait aussi faire disparaitre l’humanité.

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Enfin, si la mondialisation peut-être contenue sans être refusée, si le marché peut-être circonscrit sans être aboli, si la démocratie peut devenir planétaire tout en restant concrète, si la domination d’un empire sur le monde peut cesser, alors s’ouvrira un nouvel infini de liberté, de responsabilité, de dignité, de dépassement, de respect de l’autre. C’est ce que je nommerai l’hyperdémocratie. Celle-ci conduira à l’installation d’un gouvernement mondial démocratique et d’un ensemble d’institutions locales et régionales. Elle permettra à chacun, par un emploi réinventé des fabuleuses potentialités des prochaines technologies, d’aller vers la gratuité et l’abondance, de profiter équitablement des bienfaits de l’imagination marchande, de préserver la liberté de ses propres excès comme de ses ennemis, de laisser aux générations à venir un environnement mieux protégé, de faire naitre, à partir de toutes les sagesses du monde, de nouvelles façons de vivre et de créer ensemble.

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On peut alors raconter l’histoire des cinquante prochaines années : avant 2035, prendra fin la domination de l’empire américain, provisoire comme celle de tous ces prédécesseurs; puis déferleront l’une après l’autre trois vagues d’avenir; hyperempire, hyperconflit, puis hyperdémocratie. Deux vagues a priori mortelles. Une troisième a priori impossible.

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Sans doute ces trois avenirs se mêleront-ils; ils s’imbriquent déjà. Je crois en la victoire, vers 2060 de l’hyperdémocratie, forme supérieure d’organisation de l’humanité, expression ultime du moteur de l’histoire : la liberté.» (1)

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Qui a bien pu écrire ces lignes en 2008 ? Un gauchiste barbu ? Un anarchiste visionnaire ? Un communiste déchu ? Un professeur créatif ? Un auteur de science-fiction ? Un (rare) syndicaliste original ?

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Laissez tomber vos préjugés.

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C’est un économiste philosophe, ingénieur et ex-conseiller gouvernemental français et des Nations-Unies, patron d’une entreprise de microfinancement et auteur : Jacques Attali.breve_histoire_avenir

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Je me suis permise de mettre en gras les passages que je trouvais important et un passage souligné que je trouve sous-développé dans son analyse. Si le monde sombre dans la violence de l’argent et des riches avant même d’être libéré de ses aliénations antérieures… Quelles aliénations ? Avons-nous regardé dans le cœur de l’homme et de la femme ? Dans leur sexualité harnachée, maitrisée ou pervertie ? Dans nos rapports de domination quotidiens et en particulier ceux entre hommes et femmes ? C’est là où, je crois humblement, sa pensée est encore insuffisamment développée… ou plutôt était insuffisamment développée. Car oh! surprise, je viens de voir sur son site la phrase d’intro (2) :

«Pour avoir droit à une étincelle d’éternité, il faut avoir aimé.» Puis, je regarde sa plus récente publication, dont le titre est, eh oui, «Devenir soi». Je le cite encore (décidément…) :

«Dans un monde aujourd’hui insupportable et qui, bientôt, le sera bien plus encore, il est temps pour chacun de se prendre en main, sans attendre indéfiniment des solutions miraculeuses. Il ne s’agit pas de résistance, ni de résilience. Mais de devenir soi.»

«Plus nombreux seront ceux qui ne se résigneront pas, plus profonde sera la démocratie, plus seront libérées des énergies, plus seront créées des richesses

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Bonne fête des travailleurs et des travailleuses, et meilleur… avenir!

1er mai 2015. 11 h 30 Policiers, manifestants et travailleurs réunis devant le chantier de construction du CHUM.Crédit photo: J. Nadeau

1er mai 2015, 11 h 30. Policiers, manifestants et travailleurs réunis devant le chantier de construction du CHUM.Crédit photo: J. Nadeau

1er mai 2015, 11 h. Réunis devant la tour de la Bourse, à Montréal, des travailleurs se joignent aux dizaines de milliers de leurs comparses qui ont manifesté partout au Québec au cours de cette journée. Crédit photo: J.Nadeau

1er mai 2015, 11 h. Réunis devant la tour de la Bourse, à Montréal, des travailleurs se joignent aux dizaines de milliers de leurs comparses qui ont manifesté partout au Québec au cours de cette journée. Crédit photo: J.Nadeau

1er mai 2015-3_9 h 30 12 mai 2015, 9h 30. Des centaines de manifestants se sont rassemblés au square Phillips, Montréal, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement libéral. Crédit photo: Jacques Nadeau, Le Devoir

1er mai 2015, 9h 30. Des centaines de manifestants se sont rassemblés au square Phillips, Montréal, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement libéral. Crédit photo: Jacques Nadeau, Le Devoir

1er mai 2015, 8 h. Au cégep du Vieux-Montréal, des professeurs tiennent un piquet de grève tout juste avant l’heure habituelle des cours. Crédit photo: J.Nadeau

1er mai 2015, 8 h. Au cégep du Vieux-Montréal, des professeurs tiennent un piquet de grève tout juste avant l’heure habituelle des cours. Crédit photo: J.Nadeau

Manif anti-austérité à Québec 1er mai 2015. Crédit photo: Mickaël Bergeron

Manif anti-austérité à Québec 1er mai 2015. Crédit photo_ Mickaël Bergeron

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(1) Tiré de l’avant-propos de la bande dessinée «Une brève histoire de l’avenir» de Pécau, Damien et Fernandez, éd. Delcourt, 2008.
Toutes ces idées sont également développées dans un livre au même titre «Une brève histoire de l’avenir», écrit par Attali, aux éditions Fayard, 2006. Un livre qui m’a empêché de dormir. Cœur sensible : évitez. Résumé sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_br%C3%A8ve_histoire_de_l%27avenir
(2) http://www.attali.com/

Facebook

Le centre de serveurs de Facebook, en Suède. «Le droit fondamental à une intimité sans encombre est rendu caduc par l’usage abusif des avancées technologiques par les États et par des entreprises dans leurs activités de surveillance.» Crédit photo : Agence France-Presse, Jonathan Nackstrand

[Voir l’extrait de mon récit poétique «Le Fiel à la bouche» à la fin du texte.]

Pour faire suite à mon article critique sur l’impact numérique dans l’éducation, (https://evemarieblog.wordpress.com/2013/07/23/quand-lindustrie-numerique-sabote-leducation) je veux relayer une information qui me semble essentielle : 562 écrivains de renom de 80 pays, dont 5 prix Nobel, ont récemment publié dans tous les grands journaux du monde une lettre qui s’adresse aux Nations Unies pour dénoncer la surveillance numérique institutionnelle et titrée :

« Refusons la société de surveillance! ».

Essentiellement, en plus de critiquer la violation du droit à la vie privée et de la Constitution par les États et des entreprises, ils réclament des Nations Unies une « déclaration internationale des droits numériques » :

«Le pilier de la démocratie est l’intégrité inviolable de l’individu. L’intégrité humaine s’étend bien au-delà du corps physique. Dans leurs pensées et dans leur environnement personnel et de communication, tous les êtres humains ont le droit à une intimité sans encombre. Ce droit fondamental est rendu caduc par l’usage abusif des avancées technologiques par les États et par des entreprises dans leurs activités de surveillance.

Une personne placée sous surveillance n’est plus libre ; une société sous surveillance n’est plus une démocratie. Pour rester valides, nos droits démocratiques doivent s’appliquer aussi bien dans le monde virtuel que dans le monde réel. La surveillance viole la sphère privée et compromet la liberté d’opinion.» Les 562 écrivains, 11-12-2013 (1)

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Depuis longtemps, je suis préoccupée par la confidentialité des communications sur Internet et la notion de vie privée dans un monde de plus en plus numérisé.

J’écris ici, je crois, un des mes plus étranges textes. J’ai l’air de sauter du coq à l’âne, mais à la fin, à vous de faire les liens… Je suis une pensée plus latérale que linéaire, une pensée que je découvre moi-même au fil de l’écriture…

Grosse parenthèse. Dans un récit que j’ai écrit en 1995 « Le Fiel à la bouche » (inédit) et dont l’action se passait dans un proche avenir, je mettais en scène une héroïne, Amanda, qui devient aveugle suite à une morsure d’un de ses serpents dont elle est amoureuse, et ce pendant une guerre du genre phase 2 postKoweit alors que des terroristes font sauter quelques églises de Montréal dans un climat de peur, de suspicion préfolie collective… Quand j’ai écrit ça, ce sont les éditeurs et mes quelques lecteurs qui pensaient que j’étais devenue un peu « guerlot », comme on dit par chez nous… On connait la suite… Septembre 2001. Au Canada, loi anti terrosrste donnant plus de pouvoir à la police et aux services secrets, suspension de certains articles de la Constitution pour certains prisonniers, et de plus en plus d’actes terroristes dans la population civile dans le monde, genre de nouvelle guerre larvée prenant pour cible au hasard des non-militaires, des passants des grandes villes … (2)

Malheureusement, la réalité est devenue pire que ma fiction… Cependant, je suis aujourd’hui plus optimiste qu’à l’époque (il y a 20 ans), je sens que le vent tourne enfin… mais c’est à chaque citoyen de souffler dessus pour qu’il gonfle définitivement et prenne vraiment son envol. C’est pour cela que j’écris moi aussi. Voici, en très bref, pourquoi.

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The Million March Man à Washington d.c., 1995

Dans le milieu des années ‘90, lorsque j’ai écrit « Le Fiel à la bouche », les technologies des fibres optiques commençaient à peine à être développées et Internet n’était pas encore connu dans le grand public. Le déclencheur de ce récit a été une nouvelle que j’avais enregistrée par hasard à la radio et relatant cette très grosse manifestation organisée par « Nation of Islam », un mouvement communautaire, politique et religieux américain (légal) musulman-noir, évènement appelé aussi « The Million Man March », à Washington. Cette «marche» n’était pas ouverte aux femmes ni aux blancs. J’avais été… disons… très… pertubée… impressionnée… dérangée… par cet événement.

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Malcom X, en 1964. Crédit Photo : wikipédia

Nation of Islam a eu Malcom X comme porte-parole et organisateur, dans les années ’50 au début ‘60 (mais il été assassiné par des membres de son Mouvement après avoir critiqué son association pour racisme à l’envers [contre les blancs], avoir quitté NOI et pour s’être intéressé à une autre branche de l’islam). L’Association est dirigée depuis 1978 par Louis Farrakhan. À l’époque, je ne me suis pas renseignée sur cette association pour écrire. Comme la plupart des citoyens, je ne réalisais pas la gravité de la tension entre musulmans et chrétiens qui se dessinait peu à peu; pour moi, c’était juste un (curieux) déclencheur.

J’avais plutôt choisi une écriture impressionniste, voire automatique et sans contredit surréaliste. Ce n’est pas ma tête qui a écrit, mais ma main et mon cœur. J’ai moi-même été surprise de l’étrange résultat qui en est sorti… C’était aussi l’avis des éditeurs que j’avais approchés pour sa publication… J’ai aussi soumis mon récit de « fiction » plusieurs fois  aux concours de Radio-Canada en tout ou en partie, mais sans jamais qu’il ne soit remarqué… et pourtant. L’actualité, 20 ans plus tard, me donna raison. Fin de la parenthèse.

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Edward Snowden

Edward Snowden, 2013. «Une question de conscience», «Mission accomplie», dit-il, “All I wanted was for the public to be able to have a say in how they are governed,” dans son interview au WP fin décembre 2013.

« Le programme baptisé MUSCULAR, et opéré avec l’homologue britannique de la NSA/FBI, le Governement communications headquarters, permet aux agences de renseignements de récupérer des données depuis les fibres optiques utilisées par les géants d’Internet, selon des documents obtenus auprès de l’ex-consultant de la NSA Edward Snowden. […] Ces interceptions mises en œuvre par la NSA auraient eu lieu en dehors des États-Unis, grâce à un fournisseur d’accès télécoms dont le nom n’a pas été révélé.» Le Devoir, 31-10-13. Nous saurons par la suite qu’il s’agit du fournisseur Verizon.

«Le chef de la NSA, le général Keith Alexander, interrogé sur les allégations du Washington Post lors d’une conférence à Washington, a assuré ne pas être au courant de leur publication.» Le Devoir, 31-10-13

«With assistance from private communications firms, the NSA had learned to capture enormous flows of data at the speed of light from fiber-optic cables that carried Internet and telephone traffic over continents and under seas. According to one document in Snowden’s cache, the agency’s Special Source Operations group, which as early as 2006 was said to be ingesting  »one Library of Congress every 14.4 seconds, » had an official seal that might have been parody: an eagle with all the world’s cables in its grasp.» Washington Post, 23-12-13

«La plupart de ces données, par définition et par destination, a appartenu à des gens ordinaires qui n’étaient soupçonnés de rien.» trad. du Washington Post, 23-12-13, sur le Réseau international.net*

«I said to you the only fear [left] is apathy — that people won’t care, that they won’t want change, he recalled this month.» Edward Snowden, Washington Post, 23-12-13

«Using PRISM, the cover name for collection of user data from Google, Yahoo, Microsoft, Apple and five other U.S.-based companies, the NSA could obtain all communications to or from any specified target. The [U.S.] companies had no choice but to comply with the government’s request for data.

NSA is watching youBut the NSA could not use PRISM, which was overseen once a year by the surveillance court, for the collection of virtually all data handled by those companies. To widen its access, it teamed up with its British counterpart, Government Communications Headquarters, or GCHQ, to break into the private fiber-optic links that connected Google and Yahoo data centers around the world.» Washington Post, 23-12-13

Concrètement, PRISM (4) utiliserait des «accès dissimulés»  dans les applications numériques des TIC installées par les citoyens ordinaires eux-mêmes (comme pour M. et Mme Patate dans la vidéo ci-dessous) dans leurs ordinateurs, téléphones, et tablettes du monde entier et acquises auprès des compagnies numériques qu’on croyait pourtant honnêtes et respectables… Voir l’explication du fonctionnement de cet espionnage du citoyen dans ce court vidéo d’animation, à l’humour caustique, fait par le journal Le Monde, en cherchant sur cette page la «famille patate» (3). On ne sait pas encore quelle est l’implication du Canada dans ce scandale, mais il est évident que les services secrets canadiens ont été impliqués, il reste à savoir comment et jusqu’à où…

Que peut-on faire à notre petite échelle ? Commencer par changer de moteur de recherche et de compagnie de courriel; un ami qui fait des sites Internet me conseille Ixquick, dont le siège social est au Pays-Bas. Personnellement, j’utilise le navigateur internet Mozilla Firefox qui est un logiciel libre, et plus facile d’utilisation que l’Explorer de Microsoft. Quitter tous les réseaux sociaux qui nous suivent à la trace, Faceb, Skype et consort : plusieurs ont été payés par la NSA pour qu’ils leur laissent accès à leurs données, selon le Washington Post (4). J’utilise aussi les services internet de mon ancienne université, l’UQÀM et je suis très satisfaite de leur excellent service à la clientèle. Toutes les autres techniques de résistance se trouvent dans un brillant article de A. Damasio «701 000 heures de garde-à-vue», dont la référence est dans les commentaires à cet article, ci-dessous.

À mon avis, dans un proche avenir se développera des coops sans but lucratif de services internet, seule manière de sortir de cette terrifiante logique du profit, du renseignement et du contrôle social à la G. Orwell (à relire : son chef d’œuvre «1984», écrit en 1949 en plein guerre froide, et revoir le très bon film de Terry Gillian «Brazil» basé sur son livre et sa relecture dans le film «La Matrice/The Matrix» de Andy et Lana Wachowski ).

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En effet, un de mes chapitres du Fiel à la Bouche (1995) faisait état en toile de fond des mésaventures d’Amanda, mais sans donner de détails, d’un scandale international ayant pour objet la fibre optique. Et dont les principaux protagonistes étaient jugés devant des tribunaux militaires! Je ne croyais pas si bien dire! Depuis ce temps, je me demandais bien ce que signifiait ce passage, et si un jour il se réaliserait et comment ? Quelle ne fut pas ma surprise 15 ans plus tard, en octobre dernier (2013), d’apprendre que la National Security Agency américaine (NSA) et l’agence d’espionnage britannique utilisaient les réseaux de… fibres optiques des Yahoo, Apple, Google, Facebook, Microsoft, Twitter, Skype et deux autres compagnies américaines pour se renseigner sur des innocents citoyens!!! Et que mon héroïne de récit de fiction serait en fait, un vrai héros américain en chair et en os, réfugié en Russie contre son gré… du nom d’ Edward Snowden !

Depuis le 22 juin, il est accusée par les États-Unis d’espionnage, de trahison, de vol et d’utilisation illégale de biens gouvernementaux. Lui se défend pour l’instant en disant qu’il n’a fait que suivre la Constitution américaine, que son intention est d’améliorer les processus de la NSA et de provoquer un débat public, non de nuire à son pays. Il dit suivre sa conscience en se dégageant de la «peur égoïste» des conséquences d’un tel geste de transgression du ronron technocratique, prétotalitaire, où l’omerta est de mise pour conserver ses privilèges… Voilà comment la corruption et la laideur se répandent à tous les niveaux de notre société… et que Snowden dénonce dans un geste d’éclat avec peu de précédents.

En décembre 2013, Snowden a donné un entrevue au Washington Post (5). Selon le journaliste-photographe Jean-François Nadeau, Snowden bénéficie maintenant d’un large appui populaire. Cependant, aperçu dans la blogosphère, des citoyens et surtout des hauts gradés qui ne peuvent croire un tel niveau d’idéalisme parce qu’ils ont perdus eux-mêmes cette grande qualité spirituelle ou qu’ils ont eu à faire des «compromis» avec leur intégrité (6). Ils cherchent des intentions cachées, le dénigrent, le salissent, technique bien connue pour détruire la réputation et l’attention qu’on donne à une personne. Il y a pourtant des êtres dont la conscience reste à ce niveau-là. Quand ils sont jeunes, ils prennent aussi plus de risques (7). Alors, que fera-t-il dans les 5 prochaines années de sa vie ? Ses nerfs tiendront-ils le coup de toute cette pression ? En attendant, un ami russe architecte de données me dit que Snowden travaille maintenant comme programmeur-vedette pour l’équivalent Facebook russe, Vkontacte. Il est évident qu’il ne pourra pas se cacher le reste de sa vie. Les États-Unis ont déjà reconnu les excès du programme. L’État négociera-t-il avec son ex-consultant ? Les pressions de l’opinion publique feront-elle la différence ? D’autres informations viendront-elles boucler la boucle de l’inacceptable et de l’intolérable ? C’est fou comme on s’est habitué à cela! Des événements comme celui-là viennent heureusement secouer l’aliénation et l’aveuglement tranquille de nos sociétés relativement confortables dans nos mensonges quotidiens…

Grâce à lui, on se dit qu’au moins le pouvoir judiciaire fonctionne encore dans ce pays, parce qu’un juge d’une cour américaine a pu statuer :

«On Dec. 16 [2013], in a lawsuit that could not have gone forward without the disclosures made possible by Snowden, U.S. District Judge Richard J. Leon described the NSA’s capabilities as “almost Orwellian” and said its bulk collection of U.S. domestic telephone records was probably unconstitutional.»[…] «The following day, an advisory panel appointed by Obama recommended substantial new restrictions on the NSA, including an end to the domestic call-records program.

“This week is a turning point,” said the Government Accountability Project’s Jesselyn Radack, who is one of Snowden’s legal advisers. “It has been just a cascade.”» Washington Post, 23-12-13

Finalement, Snowden a fait ses vœux de Noël au sujet de l’importance de la protection de la vie privée, juste plein de bon sens, qu’il a envoyés au Channel 4 et qui sont ici retransmis et traduits par le journal Le Monde (8).

Ed Snowden est un lanceur l’alerte. Il n’a pas mis la vie de personne en danger par ses révélations. Il a passé par des médias reconnus qui ont l’expertise pour vérifier, valider et révéler ce genre de scandale, en protégeant leur source. Il a mis sur la place publique un autre débat sur la démocratie et la transparence de l’État. Il a enfreint les lois de son employeur, mais il a respecté le 4e amendement de la Constitution américaine relatif au respect de la vie privée. En ce sens, sa transgression devrait être en majeure partie pardonnée. Il faudrait relire les conclusions du procès du Nuremberg sur le respect de sa conscience et de devoir moral, lorsqu’on reçoit un ordre de l’armée qui nous semble injustifiable. Néanmoins, sans être naïfs, prenons garde que cet éventuel pardon et ces nouvelles mesures que viennent d’annoncer le comité d’analyse de la NSA nommé par le président Obama pour desserrer les contrôles des services d’espionnage ne produisent pas le contraire que ce qu’elles sont supposées ouvrir.

Des compagnies privées numériques américaines ont aussi participé à cet espionnage moyennant argent, ce qui est très grave. Mais cet espionnage non étatique se faisait déjà pour le développement des affaires et le marketing de ces compagnies et il tend à se développer rapidement avec la mise en marché des innovations d’«objets connectés» (lunette, montre, bracelet, ‘mother’, vêtement intelligent, etc.). Ces nouveaux objets ne soulèvent pas seulement des enjeux légaux, mais des enjeux psychosociaux en mettant en place un genre de terrible surmoi culturellement orienté (américain, encore!) qui ferait retourner Freud plusieurs fois dans sa tombe…(9) Infantilisation, aliénation volontaire à vie ? Non merci!

cyber-surveillanceDans un excellent dossier spécial du journal Le Devoir du 11 janvier 2014, on apprend par le journaliste Fabien Deglise que «La question de la transparence est centrale dans le développement de ces technologies» dit Jonathan Roberge, de l’INRS. «Mais elle est aussi problématisée.» «Cette connectivité des objets ne va pas être contrôlée par des millions d’entreprises, mais par une oligarchie assez réduite à qui l’on est en train d’octroyer une capacité transformative faramineuse.» «Une dérive qui, selon le prof de droit Simon Chesterman, de l’Université de Singapour, commande désormais une nouvelle connexion, rapide cette fois, ‘sur plus de transparence’ de la part de ces multinationales […] peut-on lire  dans les pages numériques du Tech in Asia (10).

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Cildo Meireles, «zero dollar bill», 1978 : résister à l’oppression capitaliste

Heureusement, mon récit du Fiel à la bouche finit bien (ou mal, c’est selon) et j’ai l’étrange impression qu’il se réalise justement à ce moment-ci dans mon histoire de vie. En voici deux extraits : celui dont je vous parle plus haut et le final.

LE FIEL À LA BOUCHE (extrait, 1995)

-chapitre 23-

La crise internationale s’est calmée. On commence à parler de paix. J’habite maintenant aux appartements communautaires. Je travaille quelques heures par semaine pour le Centre de recherche énergétique. Grâce à ce que je perçois maintenant, je peux détecter facilement toutes les défaillances de leurs nouveaux systèmes électromagnétiques.

Peu à peu, les souvenirs de mon ancienne vie me reviennent. Tout le fil conducteur en devient évident. Au fur et à mesure que je raffine mon œil intérieur, la perception de mon propre mystère s’éclaircit. Je vois les pensées circuler de plus en plus clairement. Ce sont des lignes oblongues autour de moi qui finissent par former un réseau de lianes tressées très serrées. Elles m’empêchent de circuler à mon aise. Je vois comment j’ai aimé ma cage mais aussi combien elle m’a fait pleurer.

Peu à peu, je vois autour de moi comment le tressage de mes pensées laisse de plus en plus passer de fins rayons de lumière. Cela semble avoir un impact sur les gens autour de moi et même sur le lieu où j’habite. Les objets se brisent beaucoup moins souvent. Je sens une nouvelle chaleur. J’entends plus de rires. Les érables ne pleureront plus en avril.

-chapitre 24-

Il y a eu de gros changements au niveau des Réseaux Internationaux de câbles optiques. Certains Réseaux sont maintenant devant les tribunaux militaires. On commence à peine à comprendre ce qui a provoqué la guerre. Je suis cela de très loin, mais j’avais remarqué des interférences depuis longtemps sur certaines lignes numérales. Mais personne ne m’avait prise vraiment au sérieux.

Les paysages paradisiaques que j’imaginais lorsque j’étais jeune me reviennent à l’esprit de plus en plus souvent. Je me sens aussi légère qu’une plume au soleil. Même ma robe s’envole.

 Nous ferons pousser un jardin d’amarantes. Nous mangerons des écorces de serpents au soleil. Voici venir l’état de grâce.

-chapitre 26-

 Quand ils entrent au-dedans de mes rêves, nous mangeons des coquelicots rouges et ils font de la musique. Nous prenons seulement ceux qui repoussent facilement pour ne pas en manquer. On les reconnaît facilement car ils sont plus beaux que les autres. Nous buvons l’eau à la bouche et elle nous raconte son ivresse. Chacun de nos gestes se forme à la manière d’une prière suave au Soleil. Nous sommes dans l’ivresse de Dieu, tous réunis. Nous voyons la racine et la cime des arbres d’un seul coup d’œil. L’est et l’ouest se trouvent au même endroit. C’est toujours le jour et c’est toujours la nuit en même temps. Il faut cultiver la joie pour y rester.

Le bassin des larmes perpétuelles a été inauguré. Tous ceux qui ont envie de pleurer viennent s’y laver. Les cygnes nous regardent, amusés. Jamais œuvre humaine n’eut le pouvoir d’attirer tant de monde. La filée fait plusieurs fois le tour de la Terre comme un grand jardin électrique branché sur la même fréquence… vue d’une autre planète, la Terre a maintenant l’air d’une comète dans sa robe du dimanche matin.

 

FIN

extrait inédit de « Le Fiel à la bouche » 1995, Ève Marie Langevin,  bientôt en CD

(à la recherche d’un éditeur)

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(1) Voir la lettre complète au http://www.ledevoir.com/societe/justice/394827/refusons-la-societe-de-surveillance?utm_source=infolettre-2013-12-11&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Pour aller plus loin, il y a eu aussi un éditorial très inspiré dans le journal Le Devoir et une opinion très pertinente d’un professeur de gestion de l’Université McGill, Montréal : « Résister à la déshumanisation électronique du monde ». Voir http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/394954/appel-a-la-liberte

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/394956/resister-a-la-deshumanisation-electronique-du-monde

(2) Voir à ce sujet mon texte archivé de 2001 au https://evemarieblog.wordpress.com/2012/11/02/declaration-pour-un-monde-sans-guerre-et-sans-violence/

(3) http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/12/04/la-nsa-localise-pres-de-5-milliards-de-portable-par-jour-dans-le-monde_3525520_651865.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20131205-[titres]

(4) http://www.washingtonpost.com/world/national-security/nsa-paying-us-companies-for-access-to-communications-networks/2013/08/29/5641a4b6-10c2-11e3-bdf6-e4fc677d94a1_story.html

Plus de détails sur PRIM au http://www.lemonde.fr/international/infographie/2013/06/11/le-programme-prism-en-une-infographie_3427774_3210.html

(5) Voir son entrevue complète au http://www.washingtonpost.com/world/national-security/edward-snowden-after-months-of-nsa-revelations-says-his-missions-accomplished/2013/12/23/49fc36de-6c1c-11e3-a523-fe73f0ff6b8d_story.html ou en traduction française au http://reseauinternational.net/2013/12/26/edward-snowden-apres-des-mois-de-revelations-sur-la-nsa-dit-que-sa-mission-est-accomplie/

(6) Comme autres exemples croisés, il y a eu aussi aux États-Unis cette année, le soldat Bradley Manning qui a été reconnu coupable de la plus grande fuite de documents secrets aux États-Unis. Il a pris 35 ans de prison. Plus près de nous,  à une autre niveau, la fonctionnaire canadienne Sylvie Therrien a été congédiée et critiquée comme une paria pour avoir eu l’intégrité de révéler ce qui lui semblait contraire aux objectifs du programme d’assurance-emploi, soit des informations sur les quotas secrets du programme  du gouvernement fédéral. Dans leur campagne de soutien de 40,000 $ organisé par le Conseil national des chômeurs et chômeuses, une contributrice a écrit très justement : «Vous êtes un exemple de courage et d’intégrité à une époque de cynisme, de corruption, et d’individualisme… Bref, merci pour ce geste, vous êtes une femme remarquable.» Marie-S.

Au Québec, un autre lanceur d’alerte dans le domaine des syndicats de la construction et des fonds syndicaux de solidarité, associés au plan de pension (REER) à la centrale syndicale FTQ, est le très courageux Ken Pereira  (ex-directeur du local des mécaniciens industriels), alors qu’on vient d’apprendre à quel point les dirigeants de la FTQ-Construction étaient en contact avec le milieu criminalisé.

Les lanceurs d’alerte qui travaillent pour le bien commun devraient être mieux protégés par la loi, sans tomber dans la dérive des systèmes de délation tels que l’ont connu les pays communistes.

(7) Au Québec, nous avons vu et vécu de très nombreux exemples de ce genre de manifestation de l’être pendant le «printemps érable» de 2012.

(8) Vœux de Noël : http://www.lemonde.fr/technologies/video/2013/12/25/les-v-ux-de-noel-d-edward-snowden_4339825_651865.html

(9) http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/397064/nouveaux-gardiens-de-la-morale

(10) http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/397065/une-transparence-a-deux-vitesses

_____________________

MISE À JOUR

LA PRESSE (journal quotidien à Montréal) 20-01-2015 :

  • «Au Canada, le Centre de la sécurité des télécommunications a participé à cueillette.»
  • «Le groupe d’étude de la Maison-Blanche a conclu que la NSA était allée trop loin.»

__________

Voir aussi la Déclaration d’Ottawa sur la surveillance de masse au Canada.

J’ai mis aussi d’autres mise-à-jour dans les «commentaires» ci-dessous.

 

 

 

Occupons Montréal – Mouvement du 15 octobre (OM) a déjà presqu’un an. De nombreux débats nous ont animé cette année, dont le fait de quitter volontairement la Place du peuple (Square Victoria) [1] ou non et comment, de faire des revendications ou des actions, de l’importance ou non de se structurer en organisation, de faire des occupations permanentes ou temporaires, de faire ou non des assemblées générales, représentatives ou non, de se structurer sur Internet et comment, etc.

 

Ce fut au début, une expérience communautaire de six semaines absolument marquante et unique dans une vie, en particulier pour les occupant.e.s du campement. Une sensation de fraternité et de communion inégalée (ces sentiments sont restés dans nos communications puisque très souvent, nous nous saluons ou nous disons bonjour en nous faisant une chaleureuse accolade). Mais à la fin novembre, devant la pression de la Ville, le cirque médiatique et l’épuisement ressenti sur le campement, le choix d’un sous-groupe d’activistes-fondateurs (?) de quitter volontairement et la façon dont cela a été fait via médias interposés a provoqué une importante crise interne suivi d’une scission et bien des déchirements dont les relents sont parfois encore palpables.

 

Suite à la «levée du campement» et/ou à «l’expulsion» et/ou «l’éviction» par la police (oups, sujet sensible…), il y a eu scission en deux groupes : OM et 99%. À un moment ou à un autre, entre octobre et décembre 2011 principalement, plusieurs activistes déjà militants dans d’autres groupes généralement très à gauche, ont eu l’impression ou la perception, à tort ou à raison, d’être exclus d’Occupons Montréal, ce qui a parfois valu le surnom d’OM comme étant «hippie fasciste» ! Phénomène maintes fois remarqué de la division et de la faiblesse de la gauche. Pour résoudre ce dilemme et pour éviter toute récupération, tout en tendant à l’inclusion de diverses tendances politiques, les personnes à OM dès le départ ont refusé que les sympathisants soient des représentants de tel ou tel groupe. Si la personne est déjà engagée dans un autre groupe, elle doit s’impliquer à OM sur une base individuelle. Notons, sans trop se tromper, que la plupart des sympathisants d’OM en était à leur première expérience politique, et représentaient un assez large spectre de l’échiquier politique, plutôt gauchiste ou centre, mais également anarchiste,  et même libertarien, fan de Ron Paul, etc. et ce dans une volonté affichée de tenter de regrouper les différentes tendances  du 99%.

Basé sur une structure de pouvoir horizontale, donc sans chef, mais perlé de leaders de tâche, et basé sur le jugement de personnes quant au développement de relations humaines saines, aussi ouvertes que possibles dans le respect de nos limites. La non-structuration a gagné pour l’instant, la plupart des occupant.e.s préférant un fonctionnement organique éphémère basé sur une non-structure de constellations de petits groupes d’affinité et d’initiatives personnelles qui soulèvent l’enthousiasme et la mobilisation. Les rencontres se font généralement avec un cercle de parole où chacun est invité à parler et surtout à écouter.

 

34

Après la fin du camp, il y a eu aussi une «localisation» des enjeux et des personnes avec la formation de plusieurs groupes d’occupants par quartier, via Internet et via des réunions/actions en personne (voir les références).  Cet été, il y a eu aussi un système d’archives vivantes mise sur pied à la galerie SKOL et sur Internet (http://thelivingarchives.ca/). Qu’on se le dise, OM n’est pas mort, mais se transforme selon l’état socio-politique !

 

En novembre 2011, pendant la première occupation, il y a eu une liste des raisons de notre indignation (voir autre article précédent) basées principalement sur une critique du système capitaliste et d’une remise en question, voire d’un rejet de la représentativité électorale considérée comme un mensonge, mais il n’y a pas eu de revendications officielles. On a préféré le chemin d’engagements individuels et collectifs (voir http://occupons-montreal.info/philo-politique/node/197) (discutés entre octobre 2011 et février 2012) basés sur une critique de la marchandisation de la vie et d’une prise de conscience et une auto responsabilisation de nos actes quotidiens ayant un impact sur la vie collective.  Également, des actions ponctuelles sur une base d’initiative et d’affinités entre individus. On a fait le bilan de l’occupation tardivement en avril et cela a pavé la voie, entre autres aux occupations diurnes et ponctuelles d’un à quatre jours dans des parcs de Montréal, prenant principalement la forme d’ateliers de discussions et de réseautage, de kiosques de groupes sympathisants, de partage et cuisine communautaire et de spectacles.

 

On a eu de moins en moins d’assemblées générales, plusieurs en critiquant la représentativité ou le lourd déroulement, mais la réflexion sur son organisation se poursuit. De mars à juin cette année, on a tous participé activement soit au printemps érable ou au mouvement étudiant en grève contre l’augmentation des frais de scolarité et la marchandisation de l’éducation et des services sociaux, dont nous avions contribué à jeter les premières pierres à l’automne dernier. Occupons Montréal et ses groupes de quartier ont énormément contribué à l’esprit du «nous» du printemps érable au Québec et ont été un des ferments de la grève étudiante en contribuant à sa longévité, comme le reconnaissait un des leaders du mouvement étudiant, Gabriel Nadeau-Dubois (voir : http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201209/07/01-4572244-petit-dejeuner-avec-gabriel-nadeau-dubois.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=envoyer_cbp ). Parallèlement, le mouvement Occupy Wall Street a contribué à lever le voile public sur le terrible endettement des étudiants états-uniens.

 

Puis, quelques personnes d’OM, sur une base individuelle, ont aussi participé à la création des APAQs locales (assemblée populaire autonome) crée dans la mouvance des casseroles contre le gouvernement québécois libéral de Jean Charest en juin, mais l’origine de leur création viendrait surtout du QPIRG-Concordia –

cela est quelque peu controversé. Le modèle de création est inspiré des assemblées populaires espagnole et grecque issues du Mouvement des Indignés. Ces nouvelles assemblées de quartier se poursuivent depuis, ont ralliées de nouvelles personnes, avec divers profils politiques, mais sont en redéfinition, suite à l’élection du Parti Québécois.

 

Deux personnes ont créé deux forums d’échange sur Internet (celui qui reste est Open Atrium est au http://occupons-montreal.info)  et de nombreuses pages internet (voir réf. en bas de page), dont une page de plus de 13,500 membres. Mais leur multiplication a été critiquée comme source de dispersion, de redondance, de perte d’information et d’énergie et la réflexion était toujours en cours à ce sujet lors de l’occupation du Sud-Ouest.

 

Des publications ont ou vont parler d’OM (Inter art actuel/ Possibles) et des médias l’ont couvert de façon satisfaisante, (CUTV, Le Devoir, certains SRC),

mais bien des critiques et de la méfiance sont encore vivantes à l’égard des autres médias, à juste titre. Plusieurs journalistes ou animateurs très mal informés qui colportent actuellement que le mouvement est mort devraient être la risée de leur profession.

 

En 2012, des activistes d’OM ont organisé et réalisé quatre autres occupations, quatre jours  à l’évènement JAPPEL12M15M d’avril à la Place du peuple (Square Victoria) organisé également avec d’autres groupes, un jour au parc Lafontaine en juin, trois jours au parc Molson en juillet puis deux jours  au parc Georges-Étienne-Cartier, les 15 et 16 septembre. De nombreux projets sont nés d’activistes d’OM ou encore plusieurs d’entre eux et elles ont joint des groupes le temps d’une action :

 

«VIA22. N’oublions pas la Chorale qui endisque, les BBQ Vegan de cuisine collective [du peuple] , Repères et ses alternatives sérieuses au néolibéralisme, les liens avec les groupes communautaires et les population des quartiers, les Archives vivantes Preoccupations, la COOP généreux, SOS Poigan, les plates-formes mises à la

disposition de la population (occupons-montreal.info, jappel15m, forum Repères), le think tank IPP, les initiatives individuelles et le réseau d’entraide que nous avons développé. Les liens avec Profs contre la hause, les APAQ, Têtes blanches carrés rouges. Je suis sûr qu’il y a des initiatives que j’oublie ou que je ne connais pas, toutes impliquant des participants d’Occupons Montréal.»François Genest

 

 

 

Occupons Montréal

La cuisine du peuple, Occupons Montréal (Photo credit: _iMage_)

http://www.flickr.com/photos/30166189@N02/6290803322/in/photostream/

Occupons Montréal

Occupons Montréal (Photo credit: _iMage_)

*/*

 

Mais au-delà de tout cela, nous avons surtout (re)créé une culture de la discussion, de l’écoute et d’une certaine inclusion des différences, un rejet des clivages et de la division sociale et une certaine expérience de la gestion des conflits, notamment dans la question de l’inclusion /exclusion et des safer spaces. Fait également assez unique au mouvement Occupons/Occupy, certaines questions/préoccupations spirituelles ont parfois joint le discours politique et militant. Ces préoccupations ont été principalement amenées principalement par la génération Y, dans un élan de fraicheur, en toute ouverture et en dehors des préjugés habituels. Cependant, OM est un mouvement multigénérationnel de 16 à 80 ans.

 

Nous avons mis de l’avant et expérimenté un fonctionnement de la démocratie directe inspiré du mouvement anarcho-syndical, avec une «horizontalité» du pouvoir, c’est à dire sans chef, mais avec des leaders changeants et changeantes, au gré des projets d’action et de l’intérêt qu’ils suscitent ou non, et selon l’énergie et la disponibilité des personnes, toutes bénévoles. Un fonctionnement davantage axé sur l’attention au processus qu’aux résultats. En somme, des souvenirs passés, vivants et mémorables, la lente construction présente de notre vision, de nos idéaux et de nos solutions et alternatives futures.

 

Nous avons aussi créé des relations vivantes avec des groupes d’autochtones et des groupes communautaires alliés, un véritable réseau d’alliances, d’entraide et de complicités personnelles et collectives. C’est la lente et non finie recréation d’un grassroots/tissu social très abimé par 15 ans d’individualisme et de dépression sociale post-référendaire et de rectitude politique rasante et… 30 ans de néolibéralisme et de pensée unique délétères pour les liens psychosociaux.

 

Occupons Montréal a été depuis un an une véritable pépinière d’auto organisation de talents, d’idées, de créativité et d’actions essaimant vers d’autres organisations, un lieu de réseautage et de prise de conscience des dérives, des finalités, voire de la disparition ou de l’effondrement de l’économie de marché et de l’apparition progressive et lente d’alternatives économique, politique, sociale, personnelle et spirituelle à penser, à vivre et à construire.

 

Voilà où nous en sommes.

 

Allons de l’avant !

 

«Plusieurs thèmes et actions du mouvement des Indignés répondent aux questions soulevées par la période. Nous avons déjà évoqué la critique du système représentatif et de la classe politique. Le recours aux assemblées, la préoccupation d’éviter la bureaucratisation de la parole, le rejet des hiérarchies, sont d’autres directions qui divergent avec la politique du passé et s’appuient sur des principes politiques qui visent une nouvelle organisation de la société. Dans cette expérience de la démocratie de base, si les pratiques groupusculaires ne disparaissent pas, elles sont mises à mal et dénoncées. Animée par ces principes, la capacité d’auto organisation des Indignés a été un signe fort d’énergie et de créativité, de responsabilité collective.

 

La dénonciation de la société marchande sous-entend une critique des relations sociales du capitalisme, identifiées comme la racine de son déséquilibre. L’idéologie dominante du marché régulateur de la production, le rôle dominant du capital financier en période d’effondrement de la rentabilité de l’économie productive, ses corollaires de corruption, spéculation, arrogance, tout cela trouble les tentatives constantes de rafistolage idéologique, le système « le mois mauvais possible » paraît chaque jour qui passe comme le plus mauvais réellement existant. Et la survie de la démocratie rime désormais avec l’extension de la pauvreté, du désastre social

 

Charles Reeve, Quelques notes sur le mouvement des Indignés, janvier 2012, http://divergences.be/spip.php?rubrique885

 

RÉFÉRENCES

 

générales :

 

http://www.facebook.com/occupymontreal

 

http://www.occupons-montreal.org/?page_id=5

 

http://www.reddit.com/r/occupymontrealag

 

Forum : http://occupons-montreal.info

 

http://www.meetup.com/JAPPEL15M/

 

les Engagements d’OM :

 

http://occupons-montreal.info/philo-politique/node/197

 

groupes «Occupons» de quartier :

 

http://www.facebook.com/occuponslesudouest

 

https://www.facebook.com/groups/occupons.le.plateau/

 

http://www.facebook.com/pages/Occupons-Mercier-Hochelaga-Maisonneuve/144614925643271

 

https://www.facebook.com/pages/OccuponsOccupy-Villeray-St-Michel-Parc-Extension/170636339699600

 

https://www.facebook.com/pages/Occupons-Rosemont-La-Petite-Patrie-Occupy-Rosemont-Petite-Patrie/295641213801047

 

http://www.petitepatrie.org/index.php/accueil

 

https://www.facebook.com/pages/Occupons-Occupy-Verdun/299466226750313

 

Rive sud : https://www.facebook.com/groups/312525055444079

 

https://www.facebook.com/pages/Occupons-Occupy-CDN-NDG-C%C3%B4te-St-Luc/249357358458878

 

Ouest de l’île : https://www.facebook.com/99montreal

 

… et d’autres moins actifs.

 

Médias internes :

 

http://www.om99media.org/

 

http://www.livestream.com/occupymontreal

 

https://twitter.com/occmontreal

 

http://thelivingarchives.ca

 

 

 

[1] Le Square Victoria rebaptisé par les occupants en assemblée générale «Place du peuple» dès le premier jour, est une assez grande et jolie place publique au centre-ville de Montréal (Québec, Canada), avec des arbres, des bancs, des fontaines, des sculptures (la Reine Victoria de Marshall Wood et une autre de style contemporain, «TaiChi Sing Wip» de Ju Ming), un métro (dont une entrée de style art nouveau comme les métros parisiens), entre, notamment, la Tour de la Bourse, les multinationales Power Corporation, Quebecor et le Centre de commerce mondial de Montréal.

 

Ancien marché de foin, vue générale actuelle du Square Victoria depuis le toit d’un édifice coin Beaver Hall et Viger. On y voit les sculptures au nord, les jets d’eau au centre et le petit boisé tout au sud devant le siège social de Quebecor. http://fr.wikipedia.org/wiki/Square_Victoria Sculpture-monument de l’Anglais Marshall Wood (1872) au Square Victoria. http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=678,1154690&_dad=portal&_schema=PORTAL&id=283 Sculpture du Taïwanais Ju Ming (1985) Taichi Single Whip Quartier international de Montréal, Square Victoria. Crédit : Michel Dubreuil Vue du Square Victoria avec l’entrée du métro inspiré par les métros parisiens dont le design industriel est conçu, à l’origine, par l’architecte français Hector Guimard.

 

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