bas-du-fleuve-2011-048

Photo: Ève Marie. Esprit. 2011

Ouf quelle année intense, difficile ! Qu’est-ce que toute cette série de mensonges privés et publics, de corruption révélée, de morts innocents dans des endroits apparemment en paix révèlent de notre nature « humaine » (et ça continue, encore aujourd’hui à Berlin -et toutes les semaines en Irak, en Syrie, au Nigeria, en Afghanistan- et ailleurs), de météos en folie ? Quel étrange miroir déformant cela nous fait ? Aie! Il faut pourtant bien finir par se regarder en face… La tentation est de fuir,,, encore… Ou d’imaginer l’autre en soi bien pire (ou bien mieux) qu’il ne l’est. N’est-ce pas toujours la souffrance qui cause les pires cataclysmes ?

De l’autre côté du verre, il y a les utopies concrètes qui se préparent à gauche, à droite, un peu partout et dont on entend encore peu parler; à lire, à voir dans la revue à laquelle je participe au http://redtac.org/possibles/

Mais en attendant, si vous avez une dure année, n’abandonnez surtout pas; tout, même le pire, finit par passer; on finit par se relever, un morceau à la fois, une petite tâche à la fois, on reconstruit autrement.

Voyez ci-dessous ce vieux texte que j’avais pris dans une revue il y a longtemps et qui a longtemps été collé sur mon frigo… Peut-être qu’il vous inspirera aussi le moment venu. Courage !

Un sourire dans votre cœur, de joyeuses Fêtes à mes lecteurs !

nabandonne-surtout-pas

***

Lundi 2 janvier 2017

Je trouve des auteurs, des artistes, partageant les mêmes préoccupations, par la lecture du journal. Et à qui j’ai envie de passer le relais de la parole.

D’abord le metteur en scène de théâtre Mani Soleymanlou, en préparation pour sa pièce «8», constate que :

« Tout le monde est dans le jus. Je n’ai jamais vu autant de gens autour de moi qui frôlent le burn-out. La technologie oblige à ça aussi, à devoir répondre sur huit plateformes en même temps. 

Et la journaliste Marie Labrecque poursuit : « Et le trop-plein d’information dont nous sommes bombardés génère une impuissance qui génère la colère et un sentiment de culpabilité. Cette incapacité d’apprivoiser le moment présent entraîne le besoin de la fuir, selon Soleymanlou. Mais aussi chez l’artiste, un besoin de se regrouper. Et une interrogation : qu’est-ce qu’on à dire ensemble ? » Le metteur en scène poursuit : « Les réseaux sociaux ont tout fragmenté. Le temps, notre rapport à l’autre. Notre haine est compartimentée. Et tout est bref. En Syrie, les gens envoient par Twitter leurs derniers mots et des vidéos de fin du monde. On est rendus là. La guerre, le génocide, traduits en 140 caractères. » (1)

***Si vous habitez à Montréal et que vous avez envie de venir voir cette pièce avec moi,

faites-moi signe. À la Place des Arts, du 10 au 28 janvier 2017***

Par ailleurs, le romancier métis Jean Bédard, dont le journaliste Christian Desmeules nous rapporte la parution de son dernier livre « Le dernier chant des Premiers peuples » nous écrit que :

« C’est une sorte de fable sombre aux accents apocalyptiques où les hommes et les animaux courent ensemble à leur perte. Comme un groupe de coureurs affolés lancés vers un grand mur qui a pour nom, au choix, réchauffement climatique, inondations à grande échelle, sécheresse, extinction de masse. » Bédard lui dit : « On s’est tous entassés à Montréal, à Toronto, à Pékin, à Liverpool, dans un gros tas de malheurs et de hurlements, juste pour éviter de se retrouver dans un équilibre écologique qui nous rejette dans l’inutilité parfaite. On a coulé du ciment, on a étendu de l’asphalte, on a dressé des tours de Babel, on a blasphémé contre la paix, contre la vie, contre l’amour, contre notre propre existence… » (2)

Puis en regardant le listage des livres le plus vendus cette semaine, je découvre que l’excellent roman d’Anaïs Barbeau-Lavalette, « La femme qui fuit » qui est dans les « best sellers » depuis 13 semaines, s’est hissé au 1er rang ! Elle raconte l’histoire tragique de sa grand-mère, Suzanne Meloche, poètesse et peintre qui a rejeté complètement sa famille en la fuyant et donc se fuyant elle-même toute sa vie. La fuite… métaphore de notre temps qui aimante tant ses lecteurs ? Hum.

À suivre…

______________

(1) http://www.ledevoir.com/culture/theatre/488101/soleymanlou-sonne-la-fin-du-party

(2) http://www.ledevoir.com/culture/livres/488095/fiction-quebecoise-un-monde-en-chute-libre