Edgar Morin, 2011

Edgar Morin, 2011

Le titre de cet article est la conclusion forte, quoiqu’un peu trop manichéenne, d’un nouveau texte d’Edgar Morin qui, avec sa verve et sa lucidité habituelles, pose un brillant regard rempli d’alternatives heureuses pour notre avenir… dans une langue abordable et surtout avec un esprit de synthèse remarquable.

Vous avez sans doute lu, à gauche, à droite, des idées semblables, mais il ajoute parfois un grain plus personnel et plus étonnant de sa part, comme parler du cinéma comme une «participation psychique» des spectateurs ou parler de ce qu’est l’incompréhension entre les personnes comme étant une sorte de «peste psychique».  À cet égard, il revient tout aussi brièvement sur sa notion de complexité, appliquée au domaine de l’éducation :

«Enfin, la nouvelle civilisation demande une éducation où serait enseignée la connaissance complexe, qui percevant les aspects multiples, parfois contradictoires d’un même phénomène ou même individu, permettant une meilleure compréhension d’autrui et du monde. La Compréhension d’autres serait elle-même enseignée, de façon à réduire cette peste psychique qu’est l’incompréhension, présente en une même famille, un même atelier, un même bureau. Y serait enseignée la complexité humaine. Bref une réforme radicale à tous niveaux de l’éducation permettrait d’enseigner à vivre autonome, responsable, solidaire, amical.» Edgar Morin

En outre, je retiens notamment sa réflexion sur la pression chronométrique à laquelle nous nous soumettons servilement la plupart du temps (croyant qu’être occupé, c’est être quelqu’un ou être important), en parlant d’alternance entre des moments de vie de «périodes de vitesse (qui ont des vertus enivrantes) et les périodes de lenteur (qui ont des vertus sérénisantes)».

Il parle aussi post-consumérisme en encourageant les achats dans ce qu’il appelle des «circuits courts» et beaucoup de différentes formes de convivialité du quotidien, entre autres en cherchant «l’épanouissement du Je au sein d’un ou de multiples Nous. N’oublions pas les solidarités locales, sans oublier la grande solidarité qui nous lie à tous les humains. »

Des sujets qui me branchent et que j’ai soit abordés dans mon travail d’artiste, comme la participation psychique du public lors d’un événement de mouvement dansé/arts martiaux (voir ma section onglet «projets art», soit abordés dans des articles de ce blogue, notamment dans mes «Lettres à mes amis», mais parfois avec une tournure d’une expérience plus blessée, et probablement ainsi plus blessante, moins neutre, ou moins sage sans doute… À chaque âge ses plaisirs et ses douleurs…

Bref, un texte de Morin à lire absolument sur le site d’un intéressant mouvement français dans le même genre que le mouvement «Ville en transition», ici le mouvement des Colibris en France.

http://www.colibris-lemouvement.org/oasis/dossiers-thematiques/lappel-de-pierre-rabhi-et-edgar-morin/edgar-morin-aux-oasis

Bon snack et belle lecture !

 

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