Tourte voyageuse... disparue depuis 1914 en Amérique du Nord

Tourtes voyageuses (1)… disparues depuis 1914 en Amérique du Nord. Crédit dessin : « Ectopistes migratorius » par Louis AgassizFuertez

Je relaye un article du journal Le Devoir au complet : http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/443312/biodiversite-l-humain-a-enclenche-la-sixieme-grande-extinction

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Le titre est tellement lourd à porter que je l’ai lu hier sans trop y porter attention. Ma conscience était comme dans un genre de déni. 24 h plus tard, le titre m’est revenu en mémoire et m’a pété en pleine face. Voilà comment l’attention procède.

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Selon une étude publiée aux États-Unis avant-hier dans Science Advances, «Nos estimations révèlent un recul exceptionnellement rapide de la biodiversité au cours des derniers siècles, ce qui indique qu’une sixième extinction de masse est en cours.»

«L’humain»… hum on devrait dire plutôt ceux principalement qui ont mis en place le modèle industriel depuis 2 siècles, soit les sociétés capitalistes, puis les sociétés communistes européennes riches ainsi que nos modèles et capacités scientifiques et de science… sans conscience. Comme miroir à cette pulsion de mort, la natalité dans les pays pauvres (appelés discrètement «3e monde») et dans les pays émergents est aussi un problème  qui contribue grandement à la crise écologique. Mais surtout dans tous les cas : notre manque de conscience. Lentement, nous prenons conscience de notre manque de conscience. La dernière extinction de masse a eu lieu il y a 65 millions d’années, avec les dinosaures, causée vraisemblablement par un élément extérieur à la Terre (une météorite) !!!

C’est la question que pose l’astrophysicien et écologiste Hubert Reeves : comment l’intelligence créatrice destructrice des humains peut-elle devenir, en peu de temps, constructrice ? Comme se fait-il que l’évolution de notre espèce nous ait mené dans ce genre d’impasse ? Éros et Thanatos diraient les anciens Grecs (2). Iwouskea et Tawiskaron diraient les anciens Hurons-Wendats (3).

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Que faire ? À petite échelle, par exemple : (re)connexion avec la nature. Comme le disait André Vollant, innu de la Côte-Nord du Québec, « Quand je mange un caribou, je suis caribou, quand je mange de l’outarde, je suis outarde, quand je mange du saumon, je suis saumon.» (4) Et à grande échelle, maintenant, par exemple, à chaque fois que nos gouvernements prendront une décision qui pollue, qui risque de détruire des environnements précis, qui augmente les territoires agricoles, ou qui contribue aux monocultures, il faudra dire et écrire :

Voulez-vous causer la 6e grande extinction de la Terre ?

Évidemment, cela ne suffira pas.

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(1) L’ile aux tourtes, vous connaissez ? Cette micro-ile entre la pointe est de l’ile de Montréal et Vaudreuil-Dorion au Québec. L’oiseau disparu depuis longtemps y a laissé son nom.

(2) Dans la mythologie grecque, Thanotos est le frère jumeau d’Hypnos la personnification du sommeil, et de Moros (fatalité) et de Kèr. En psychanalyse, Sigmund Freud nomme « Thanatos » la pulsion de mort qui habite chaque être humain. Il l’oppose à la pulsion de vie, « éros ». La pulsion de vie étant la libido.

(3) Voir la pièce du théâtre Ondinnok au http://www.ondinnok.org/toutes-les-creations/809-2/

(4) Cité par l’écrivain algonquin Michel Noël, dans son article «Hommage à nos ancêtres», paru dans la revue Littoral, no10, printemps 2015.

Photo Ève Marie Langevin

Comment regarder une fleur, un arbre… maintenant ? Crédit photo : Ève Marie

Eastman 2011 la biche 3.Crédit photo Ève Langevin

Comme si elle me demandait : et maintenant, parleras-tu pour moi ? Crédit photo : Ève Marie, 2011

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