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Le ministre des institutions démocratiques, Bernard Drainville (Parti québécois), lors du dépôt du projet de Charte

7 novembre

Le gouvernement québécois dépose enfin son projet de la loi de Charte des valeurs après des mois de palabres. Son nom a changé : elle s’appellera dorénavant «Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement». http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201311/07/01-4708264-le-gouvernement-marois-lie-son-avenir-a-la-charte-de-la-laicite.php

Comme pour tout projet de loi important, une commission parlementaire est créée.

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15 novembre

Fatima Houda-PepinLa révolte de Fatima Houda-Pepin qui s’objecte à la position de son parti sur la préséance des libertés individuelles dans le domaine religieux et contre le port éventuel du tchador chez les élus. Depuis des années, elle est l’une des rares Québécoises d’origine musulmane à prendre la parole publiquement pour traquer les intégristes religieux, islamique en particulier. Ce discours sur «les libertés individuelles» du parti libéral ressemble davantage à une novlangue de fiction destinée à semer la confusion dans les esprits pour les affaiblir. Les mots, pour être crédibles, doivent être accompagnés d’actes qui militent dans le même sens. Dans l’histoire récente du parti Libéral, on n’avait pas remarqué, par exemple, de respect pour les libertés individuelles, pour le droit d’expression et d’association… dans la loi 78…

Même remarque pour ces accusations de racisme et de xénophobie. Que ces personnes regardent donc dans leur propre jardin avant d’accuser les autres. Cela contribuera un peu plus au dialogue.

Même remarque pour les accusations de division, en soulignant davantage ici leurs incohérences : un débat sans phase de division est impossible. Or, il y a évidence qu’il faut en débattre, à voir le nombre de réactions.

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18 novembre

Je reproduis ici ma discussion avec la blogueuse Michele Poupore http://michelepoupore.wordpress.com/2013/11/15/le-futur-enonce-de-politique-du-programme-de-lecole-quebecoise-aidez-nous-a-resister-a-la-tentation/

Elle se questionne sur ce qu’elle perçoit être de l’intolérance religieuse dans le projet de Charte sur la laïcité en comparant les diverses lois scolaires depuis les années ’70  très inclusives et ouvertes à la diversité religieuse et le débat actuel sur la Charte qu’elle trouve trop fermé :

Je lui réponds ceci :

J’imagine que vous faites allusion au projet de Charte, quand vous parlez de non-reconnaissance du fait religieux ?
Faire l’amalgame entre des lois sur l’école et la Charte me semble un dangereux glissement intellectuel.
Il faudrait quand même préciser que le projet de Charte ne prévoit pas d’interdire des religions, mais d’en limiter une expression vestimentaire, ce qui est quand même assez différent. Vous tombez dans le piège de l’exagération.

Mais vous avez raison sur un point : les choses ont changé depuis 1997. D’abord un très grand nombre d’immigrants ont été accueillis à Montréal, rendant en une seule génération nos écoles de 50 à 95% peuplés d’enfants venus des quatre coins du monde, ce qui n’était pas encore le cas dans les années 70-90. Comme le dirait l’historien et le cinéaste Denys Arcand, en histoire, il y a trois lois : le nombre, le nombre et le nombre. Puis, Il y a eu le choc de sept. 2011, et de nombreuses crises dans la vie civile mondiale du genre les crises des caricatures, des appels au meurtre (fatwa politique) d’auteurs reconnus comme S. Rushie ou d’objecteurs de conscience ou (rares) dissidents, ou d’appel à la destruction de certains lieux.

Chez nous, il y a eu des excès, notamment chez les juifs orthodoxes avec des exigences d’accommodements déraisonnables, et des excès des protestants orthodoxes chez nos voisins du Sud, etc. Malheureusement, ces intégrismes et abus religieux n’ont pas été dénoncés haut et fort par leur communauté modérée. Chez les musulmans, seul le printemps arabe a récemment délié quelques langues. Ces fondamentalistes ont transporté leur guerre de religion chez nous et sont très habiles dans la culpabilisation, voire l’instrumentalisation du peuple (je pense aux organisateurs de la 1re manif contre la Charte, par exemple). Malheureusement, ils n’ont pas regardé sérieusement dans leur jardin avant de dénoncer les autres. Pour toutes ces raisons et d’autres, un bri de confiance entre ces groupes et le reste de la société s’est formé progressivement en 15 ans…

Depuis 4 ou 5 ans, les Québécois, avertis par quelques immigrantes de tradition musulmane sur les dangers de l’intégrisme (la récente sortie de Fatima Houda-Pepin, par exemple), nous devenons moins naïfs et nous comprenons qu’il faut prendre des mesures pour gérer la diversité et prévenir les dérives telles que l’imposition de la charia qui ont failli advenir chez nos voisins ontariens. Nous comprenons de plus en plus que cela ne se fait plus «naturellement», comme lorsqu’ils étaient moins nombreux et moins guerriers. Quelles seront ces mesures ? Y a-t-il d’autres solutions plus efficaces ? C’est ce que le débat public et la Commission parlementaire du gouvernement verra, chose que vous omettez de dire dans votre article, dont la conclusion est quelque peu désopilante et contradictoire avec votre propos mesuré de n’y pas faire intervenir les questions partisanes.

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19 novembre

C’est vrai qu’il y a encore peu de musulmans au Québec (2 à 3%, en 2007, selon le rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, 2008 http://www.docstoc.com/docs/614990/Version-int%C3%A9grale-du-rapport-Bouchard-Taylor), mais beaucoup plus à Montréal; c’est pourquoi c’est le temps de réfléchir à tout cela pour établir des règles plus claires de neutralité politique et religieuse dans la fonction publique, pour un état visiblement laïc. Par ailleurs, le problème touche tous les fondamentalistes. Je suis d’accord qu’il y a aussi les fondamentalistes québécois et athées, c’est pourquoi il importe de calmer le jeu dans nos discussions publiques. Je crois qu’il n’est pas raisonnable de réclamer la liberté religieuse pour se soustraire aux normes de la vie commune. Or notre tradition ne couvre plus la tête des femmes depuis la colonie. Le pluralisme ne signifie pas nier nos traditions, surtout lorsqu’on parle de postes d’autorité de qui représentent l’État et donc la culture. Dans la rue, c’est autre chose, on accepte même les femmes en niqab ou la burka… Pour ma part ces tenues me provoquent un haut-le-cœur quand je vois des femmes se soumettre à une telle négation de leur corps et d’elle-même, mais je me tais quand je les vois, car je peux comprendre que ça prend un certain temps avant de changer ses habitudes. Et pour s’intégrer et se trouver du travail, ce n’est pas l’idéal… Néanmoins, on ne voit ces tenues que depuis, quoi, 4-5 ans à Montréal ? On voit tout de suite qu’à l’étranger, cela s’est durci aussi.

Djemila Benhabib Si je comprends bien, vous semblez dire qu’il n’y a pas de problème d’intégrisme à Montréal ? Parlez-en à Houda-Pepin ou Benhabib qui l’ont connu il y a bien des années… en venant vivre ici. Cette banalisation me fait peur. Tous les petits signes sont là, ils s’infiltrent progressivement; il importe d’y réagir rationnellement, dans un État de droit, comme vous le dites. Il importe de responsabiliser publiquement les personnes potentiellement porteuses de ces intolérances. Je ne tolère pas les intolérants, c’est ma limite. Les lois criminelles nous protègent de l’intégrisme, effectivement. Mais qu’en est-il dans la vie civile ? Saviez-vous que le voile est interdit chez les fonctionnaires, en Tunisie depuis… 1981.

Pour ce qui est des cas de demandes d’accommodements, ils sont pourtant documentés et nombreux. Si ma mémoire est bonne, la Commission scolaire de Montréal en avait reçu 400 ou 600 (?), je ne sais plus sur quelle période. Par exemple, j’enseigne moi-même aux immigrants à l’éducation des adultes et il n’y a pas un semestre ou je n’entends pas parler d’une demande pour un local ou lieu de prière pour les musulmans. Mais les directions préfèrent taire ces demandes, car elles savent que si elles consultaient l’équipe-école dans nos instances démocratique comme les Conseils d’établissement, cela ferait toute une histoire. Autrement dit, ces chiffres ne sont que la pointe de l’iceberg. Comme l’avait remarqué le rapport Bouchard-Taylor, les demandes d’accommodements portent la plupart du temps sur un sujet religieux ou encore sur le fait qu’une femme ou qu’un homme donne un service; c’est pourquoi, ces demandes ont si souvent soulevé l’enjeu de l’égalité homme-femme. Or le voile est vu par des musulmanes elles-mêmes comme un symbole d’asservissement collectif de chaque femme individuellement. Précisément parce que ce sujet est si controversé, cela mérite une plus grande attention collective. On a clairement besoin d’une loi pour préciser ce que veut dire un État laïc.

«Dans le jugement sur la prière à Saguenay, on a vu l’embarras des juges qui ne pouvaient pas se référer à un texte de loi régissant la neutralité de l’État à l’égard du religieux» D. Benhabib, in revue Inter-UQAM, automne 2013

Quant à savoir quelle(s) mesure(s) limitera et encadrera le mieux possible les dérives obscurantistes, voilà le vrai débat, à mon avis. Mais ne rien faire n’est pas une option, car plus il y aura de signes religieux dans l’État, plus il y en aura dans la société et vice-versa, cela ne freinera aucunement ces mauvaises tendances. En fait, il faudrait se demander collectivement ce qui favorisait le courant moderniste de l’Islam et des autres religions. Le besoin de religieux ou de spirituel est un besoin humain, inégalement partagé, il ne s’agit pas le nier, mais de l’encadrer étant donné les nombreuses dérives ici et ailleurs dans le monde… Petite planète!

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22 novembre

Je continue ici ma discussion avec la blogueuse Michele Poupore.

Votre recherche sur un plan historique est intéressante, en montrant divers points de vue, me pousse à aller un peu plus loin. J’ai remarqué, en particulier, certains extraits et trouvé de nouveaux pour étayer notre discussion.

J’avoue que je comprends toujours pas le lien que vous essayez de faire entre les lois de l’éducation (livres blancs, Loi sur l’Instruction publique) et le débat sur la Charte. Je ne vois pas comment ces lois et énoncés de lois peuvent directement aider les décideurs à prendre une décision pour les écoles et les garderies au sujet de la Charte.

La position du CSF en 1995 :

« De la même façon, l’interdiction du hijab à l’école québécoise
pénaliserait d’abord des filles, celles qui, pour toutes sortes de raisons, le portent.»
( CSF, Réflexion sur la question du port du voile à l’école)

Julie Miville-Dechêne

Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil sur le statut de la femme (Québec), 2013

Comme on le voit dans les extraits suivants de la position du CSF de 2007 et de 2011, les temps ont changé au Québec et leur position aussi qui… va et vient. Avec l’actuelle présidente, Julie Miville-Dechêne, elle est personnellement est plutôt contre la Charte et réclame, comme vous, plus d’études scientifiques. Mais on a vu que les récentes nominations au CSF, jugées par elle partisanes, car pas en accord avec elle (?) a mis brièvement le feu aux poudres.

J’étais très étonnée d’apprendre que :

La position du CSF en 2007 :

«Cesser, pour un temps, de manifester sa croyance ne constitue pas le déni de cette croyance, a fortiori si cette interruption est motivée par la sauvegarde d’autrui et le bien-être collectif.»(CSF,  p.13) Source : http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/09/27/la-presidente-du-csf-julie-miville-dechene_n_4003753.html

La position du CSF en 2011 :

«Là où le conseil tranche sans hésitation, c’est au sujet du port de vêtements ou de signes religieux « nettement visibles » par les employés de l’État, ce qu’il condamne.

« Quand on dit que l’État est laïc, ça veut dire que l’État ne peut pas paraître associé à la religion. Et toutes les religions, pas seulement la religion catholique. Ces fonctionnaires qui représentent l’État ne peuvent pas porter de signe religieux, tranche Christiane Pelchat [la présidente du CSF en 2011].

Le Conseil du statut de la femme s’oppose, en ce sens, à la Fédération des femmes du Québec qui, elle, estime qu’une telle mesure pourrait discriminer les femmes musulmanes à l’embauche.» Source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2011/03/28/001-conseil-statut-femme-laicite.shtml

sission FFQNous le savons, les groupes féministes sont divisés sur cette question comme pour d’autres et cela n’est pas nouveau. Il s’agit d’une décision très difficile à prendre et très complexe, c’est le moins qu’on puisse dire…

« En Allemagne, les Landers peuvent interdire le port du voile par les enseignantes s’ils désirent réglementer leur tenue vestimentaire.» (CSF, 2007, p.117).

Je ne savais pas, voilà un exemple à réfléchir dans le monde occidental, tout en voyant bien que divers pays ont pris diverses positions, et ce même si leur Constitution est différente de la nôtre. Pas de doute que le débat est nécessaire et qu’on doit absorber et accepter une phase de division, tout en tentant de calmer le jeu.

Vous dites «Notamment, le Canada, le Québec et les États-Unis ont opté d’enchâsser les droits de la personne dans leur constitution. De ce fait, les droits de la personne sont priorisés, ils constituent en quelque sorte l’article 1er,  ils viennent avant les droits collectifs.» (Michelle Poupore).

Voilà précisément un débat sur l’esprit de la loi qui nous dépasse. Votre affirmation, quoique généralement exacte, ne l’est pas dans tous les cas, c’est ce que Me Julie Latour, ex-batonnière du barreau du Québec affirmait aux nouvelles de Radio-Canada, la semaine dernière, en donnant des exemples de jugements dans des causes récentes d’accommodements religieux où les juges ont donné préséance aux droits collectifs. En ce sens, elle disait que la Charte pouvait tenir la route légalement… Qui a raison ? [par la suite, pour justifier sa position pro Charte des valeurs, elle expliquera qu’il y a une différence entre la liberté de conscience et de religion garantie par nos Chartes des droits et l’expression de la religion]. En ce sens, l’avocate affirme que le port de signe religieux n’est pas un droit fondamental. Ce sous-débat soulève donc deux questions. Qui a préséance dans la décision de débats fondamentaux ? Les élus ou les juges nommés par des partis politiques ? Comment le pouvoir essentiel de la justice doit-il contribuer à la démocratie et limiter les excès de l’autoritarisme politique ?

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8 décembre

Rencontrée hier, à un événement international de signatures de cartes d’appui à des prisonniers politiques organisé par Amnistie Internationale et Équiterre à Montréal : une éducatrice de maternelle qui vient de prendre sa retraite.

Elle nous dit que le milieu de la garderie et des services de garde est la nouvelle chasse-gardée de la communauté musulmane. Qu’elle s’en inquiète. Que des éléments radicaux tentent de s’y imposer. Pendant notre conversation, elle nous dit que sa fille s’est récemment convertie à l’islam, ce qui a l’heur de la décourager. Je crois qu’elle est elle-même d’origine musulmane, mais tellement bien intégrée, que c’est difficile à déceler dans son accent et dans son visage. Cela n’a de toute façon guère d’importance, je le souligne seulement pour le bénéfice des lecteurs.

Elle nous raconte qu’à son CPE (=garderie publique) il n’y a plus de porc et de … (j’ai oublié quoi) dans les repas, mais que des parents musulmans pratiquants particulièrement pointilleux ont demandé et obtenu l’accommodement d’avoir le menu à l’avance pour pouvoir décider s’ils font un lunch ou pas à leur enfant. Un jour, il y a eu une petite altercation entre une éducatrice qui s’affiche musulmane avec son voile et un éducateur laïc. Une petite qui n’avait pas son lunch de la maison s’est fait dire par cette éducatrice : «ne mange pas de ce plat, ce n’est pas hallal!» Alors l’éducateur s’est interposé en disant que l’enfant devait bien manger quelque chose, ne pas retourner en classe l’estomac vide… Elle nous dit qu’elle trouve cette histoire de menu bien trop compliquée à gérer. Si des parents se méfient de la nourriture, pourquoi pas leur dire que ça devient leur responsabilité tous les jours de nourrir leur enfant à leur façon? Plus largement, elle est pour la Charte, elle pense qu’il faut clarifier la situation qui dégénère dans toute sorte de détails de la vie quotidienne, parce que pendant ce temps, on ne s’occupe pas de pédagogie. Je discute avec elle de ce phénomène de repli identitaire de musulman peu ou non pratiquant dans leur leur pays ou même nés ici (comme sa fille) qui deviennent «zélotes» (clin d’œil aux juifs) ici. Je lui soumets mon avis développé dans ce blogue selon quoi c’est le silence des musulmans modérés après le 11 septembre 2001 qui, chez nous, a rendu les Québécois méfiants à l’égard de cette identité. Que notre travail est de les responsabiliser et de leur refléter les conséquences. Elle est plutôt en accord. Elle me dit qu’ils ont (encore) peur. Voilà qui n’est guère rassurant… Cela indique qu’il faut faire quelque chose contre l’intégrisme sur le plan civil/légal, dans les écoles primaires et secondaires et dans les services publics, envoyer un message social clair au sujet de nos limites collectives. Mieux distinguer les droits et choix collectifs des droits et responsabilités individuels. Que ce soit par le véhicule de la Charte et/ou par une autre loi, comme le propose Houda-Pepin.

Le journaliste québécois Pierre Dubuc de l’aut’journal explique très bien le développement historique des droits de l’homme, privilégiant, via l’influence des États-Unis, la conception des droits civiques et politiques au détriment des droits économiques et sociaux. Il explique pourquoi la cour Suprême du Canada et de nombreux organismes de défense des droits de l’homme et des chartes des droits donnent préséance aux droits religieux sur les autres libertés individuelles et collectives, notamment l’égalité homme-femmes. Voir http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=5011

Si je me souviens bien des quelques discussion auxquelles j’ai participé avec des autochtones au sein d’Occupons Montréal (et du mouvement Occupy dans différentes villes du monde), une fange importante du Mouvement remettait en question La Déclaration des droits de l’homme sur un plan plus philosophique où on dénotait un désir de domination de l’homme sur la Nature, ce qu’on a critiqué. Si je n’ai pas eu l’occasion de me pencher sérieusement sur cette question, c’est au moins un exemple pour montrer que même les idées et les droits qu’on croyait les plus justes, peuvent évoluer différemment et de façon imprévue, plus globale. À suivre…

6 janvier

Je trouve cette photo saisissante et à multiples niveaux si vous la regardez longtemps, et ce très beau texte (si vous allez voir sur son site) de l’artiste tunisienne Souad Mani. Partout, les mêmes questions se posent…

Souad Mani_Entre elle(s)...#tunisienne

Souad Mani. Entre elle(s)…#tunisiennes

Voir http://souadmani.wordpress.com/2012/08/13/entre-elles-tunisiennes/#comment-2

25 janvier

Le Conseil du statut de la femme se range finalement dans le camps pro-charte. En Commission parlement, sa présidente, Julie Miville-Dechêne «émettra cependant un certain nombre de réserves sur l’interdiction mur à mur des signes religieux ostentatoires pour les employés de l’État.» Voir http://www.ledevoir.com/politique/quebec/398224/le-conseil-du-statut-de-la-femme-se-range-dans-le-camp-pro-charte

La semaine dernière, Fatima Houda-Pepin a dû quitter le parti libéral car elle a finalement déclaré qu’elle était en accord avec un certain contrôle des signes ostentatoires pour les postes en autorité, comme l’avaient mis de l’avant les commissaires Bouchard et Taylor en 2008, lors de la commission  de consultation publique sur les accommodements raisonnables (1). Siégeant désormais comme députée indépendante, elle se trouve dans un no man’s land politique avec une position entre les Libéraux et les Péquistes, proche des Caquistes. Depuis des mois elle préparait un projet de loi privé visant l’intégrisme religieux, qui a été rejeté par le parti libéral.

Il y a deux jours, dans le journal Le Devoir, le sociologue Guy Rocher qui avait, dans les années ’60, participé à la commission Parent sur la réforme et la laïcisation de l’éducation a rappelé qu’à l’époque, les membres «prirent unanimement position en faveur de la nécessité d’une claire neutralité de l’État et des institutions publiques en matière religieuse, à tout le moins en ce qui a trait au système d’éducation.» http://www.ledevoir.com/politique/quebec/397938/une-garantie-de-paix-religieuse?utm_source=infolettre-2014-01-23&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

«Aujourd’hui, c’est la diversité des convictions religieuses du personnel des institutions publiques neutres qu’il faudrait maintenant respecter, selon les opposants au projet de charte. Ainsi, dans le monde de l’éducation, le respect des convictions de l’enseignant(e) aurait désormais priorité sur le respect des convictions des parents, des élèves, des étudiants(e)s. Il s’agit là, en regard de notre passé, d’un renversement de la priorité du respect des convictions religieuses, inspiré à mes yeux par une conception trop individualiste des institutions destinées au service public.» «Pour ma part, je crois toujours que le respect des convictions de toutes les clientèles qui s’adressent à toutes les institutions publiques doit inspirer notre législation. Et cela, surtout dans les établissements d’enseignement. Je m’explique mal qu’on veuille exclure ceux-ci et tout leur personnel de l’obligation de neutralité et de réserve, quand on sait l’influence qu’exercent ces établissements, et surtout leur personnel, sur les jeunes qui les fréquentent, une influence sans commune mesure avec celle des policiers et des juges.» Guy Rocher

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(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Bouchard-Taylor

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