Version recadrée, d'un portrait d'Alfred de Mu...«j’attendais toujours que l’humanité me laissa voir sur sa face quelque chose d’honnête.» «Qu’importe que la conscience soit vivante, si le bras est mort ?» «Il est trop tard. Je me suis fait à mon métier. Le vice a été pour moi un vêtement; maintenant il est collé à ma peau. Je suis vraiment un ruffian, et quand je plaisante sur mes pareils, je me sens sérieux comme la mort au milieu de ma gaieté.» Lorenzaccio, Alfred de Musset, 1834.

 

UNE CERTAINE POLICE

Quand je pense qu’au printemps dernier, pendant la grève étudiante et les manifestations sociales, notre ancien premier ministre, Jean Charest, nous empoisonnait quotidiennement avec ses accusations de «violence et d’intimidation» par les porteurs de carrés rouges… je suis dégoûtée avec cette nouvelle histoire de violence policière. Qu’est-ce que faisait le gars ? Il tenait la porte d’entrée de chez lui avec une bière à la main pour laisser entrer un musicien avec tout son attirail !! «Là, je tiens la porte ouverte, je me fais interpeller, je dis :  »oui madame », puis là elle m’a crié après, elle m’a dit  »toé ». [Je réponds] :  »Oui madame ». Elle me dit :  »permis de conduire, assurance »», dit Rudy Orchietti.

La policière Stéphanie Trudeau et son partenaire procédant à l’arrestation de Serge Lavoie

M. Orchietti demande pourquoi à la policière. C’est une question de trop. Il est plaqué au sol, menotté.» Je vous dis pas la suite, bien plus horrrrible… Voir http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/10/10/004-matricule-728-spvm-arrestation.shtml

Reste à voir si on peut faire quelque chose d’autre pour ces quatre personnes arrêtées. Questionné  en disant que ce comportement était inacceptable et que la policière était sous enquête interne, le porte-parole de la police de Montréal,  Ian Lafrenière,  mentionnait ce matin (11 oct.)  qu’il n’avait pas reçu de plaintes de citoyens. Voilà une invite à ne pas manquer. Il faudrait demander à qui cette policière rapportait la situation et si c’était son supérieur, pourquoi il ne disait rien.  Le chef  de police, M. Parent, vient d’ailleurs de produire des excuses et de suspendre matricule 728 (11 oct.) http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/10/11/004-trudeau-reactions-viedo.shtml.

Le 12 octobre, nous apprenons par Radio-Canada qu’il y a eu d’autres plaintes et demandes d’enquête sur l’agente 728. On se demande avec inquiétude comment le système policier peut tolérer de tels comportements à répétition et si ce n’est pas systémique. Un fois, de plus, après les évènements du printemps érable, on perd «confiance» dans le corps policier.

Par contre des initiatives déplorables toutes aussi violentes de personnes habituées à manger de la police, du genre des menaces de mort sur des pages ou événements facebook et autres, sont également à dénoncer.

Le journal Voir a lancé une action créative et ironique à ce sujet : proposer à ses lecteurs de faire un remix musical avec les paroles de 748 et de la diffuser :  http://voir.ca/le-projet-matricule-728-remix

Une autre histoire, celle-là de profilage détaille bien la culture policière, voir:  http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/352102/recit-d-un-petit-voyage-en-metro-avec-un-carre-rouge

 

UNE CERTAINE MAFIA, UN CERTAIN GOUVERNEMENT, CERTAINES MUNICIPALITÉS, UN CERTAIN oups! DANS MA COUR…

Ah oui, bien sûr, il y a du monde correct des policiers corrects des entrepreneurs corrects des ingénieurs corrects des députés des ministres des maires des conseillers municipaux corrects des hauts  fonctionnaires corrects… Mais quand est-ce qu’on les entend ? Oui, il y a aussi des journalistes corrects qui ne cherchent pas la sensation…

À ce spectacle à la fois risible et dégoûtant, on se prend à se dire : bon, dans ma vie, autour de moi qu’est-ce qui n’est pas correct ? Quels sont ces petites aberrations que j’ai laissé passer et qui sont peut-être devenues des grandes? Puis on flanche à nouveau, bien sûr, je ne suis coupable ni responsable de rien, ce sont les autres, le problème… J’ai pas le temps, pas l’énergie… Aie ! Quand est-ce qu’on va passer à l’âge adulte, avec un certain retour de la morale privée et publique ? Ne rien faire, c’est tout simplement laisser la porte à une dictature future. Merde ! Que le printemps ne soit pas fini, les yeux ouverts, dans la plus grande vigilance active !

C’est à cause de…  c’ta cause des… « stakose » de la… comme un mantra qui veut cacher notre impuissance programmée… qui sert aussi de prétexte à notre silence. Voici des extraits biens inspirés de chansons du groupe Mes Aïeux :

«Stakose des médias, stakose du gouvernement […]

Stakose d’la malbouffe, stakose de la police […]

Stakose de l’Église, stakose de la mafia […]

Stakose de la déprime, stakose de la corruption […]

Stakose du cynisme, stakose de la construction […]

Stakose de Wall Street, stakose des pas-de-couilles […]

Stakose du stress, stakose de mon ego […]…»

La Stakose, Mes Aïeux/Stéphane Archambault, 2012 [1]

 

«Il faut que je m’en sorte

Mais je ne trouve pas la porte

Il faut que je m’en sorte

Avant que le diable ne m’emporte»

Le fil, Mes Aïeux/Stéphane Archambault, 2012

[1] http://www.youtube.com/watch?v=GMtoSZcYiFs

http://www.youtube.com/watch?v=BY8YOlSS9iI

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