Qu’est-ce qui se passe ? Encore une autre tuerie aux États-Unis, cette fois-ci apparemment un néonazi contre des sikhs et personne n’en parle, ni au travail ni entre ami, on dirait un tabou ou un déni collectif. Ma coiffeuse, elle, m’en parle. Pour elle, c’est la fin du monde, elle attend un cataclysme qui va raser une partie de la planète, ou une implosion de l’intérieur causée par des comportements aberrants. J’essaie de la rassurer, je me moque de cette nouvelle annonce d’une xième fin du monde, comme un cauchemar qu’on répète sans jamais l’achever. Mais nous sommes tous affectés par ce genre d’événement, qu’on le veuille ou non.

Que faire, demande-t-elle? Elle préfère ne pas trop regarder les nouvelles. Elle n’est pas la première à me dire cela. Fermer les yeux ? Je lui dis, c’est pas de même que la situation va s’améliorer. Je lui dis, on doit miser sur un changement/évolution personnelle, même si c’est impossible d’être heureux dans un monde pourri. Je crois qu’on doit donc s’engager dans des causes communautaires qui nous tiennent à cœur. Le monde va changer si nous changeons individuellement, par effet de contagion sur chaque humain et si nous changeons, le monde s’améliorera sans doute aussi. C’est l’œuf ou la poule ? Puis, nous nourrir d’art et culture qui nous inspire, nous réconforte, nous pose des questions, nous amène plus loin.

Dans le temps où les bouleaux blancs
nous prenaient encore dans leur bras
ou se retrouvaient dans notre soupe

Autrefois nos premières fenêtres étaient en papier à la cire d’abeille
Aujourd’hui, quelqu’argent et technologie plus tard
On a un peu plus chaud derrière nos vitres
Mais un peu plus froid dans notre cœur
À regarder le monde passer.

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Voici la chanson du jour au petit matin qui m’a tiré des larmes de la radio sur Espace Musique; c’est le magnifique texte de Gaston Miron interprété par Richard Séguin dans les Douze hommes rapaillés, dont voici un extrait :

Pour retrouver le monde et l’amour

par Gaston Miron, chanté par Richard Séguin

«Nous partirons de nuit pour l’aube des mystères
et tu ne verras plus les maisons et les terres
et ne sachant plus rien des anciennes rancœurs
des détresses d’hier, des jungles de la peur
tu sauras en chemin tout ce que je te donne
tu seras contre moi celle qui s’abandonne

Nous passerons très haut par-dessus les clameurs
et tu ne vivras plus de perfides rumeurs
et loin des profiteurs, des lieux de pestilence
tu entendras parler les mages du silence
alors tu connaîtras la musique à tes pas
et te revêtiront les neiges des sagas

Nous ne serons pas seuls à faire le voyage
d’autres nous croiseront parmi les paysages
comme nous, invités à ce jour qui naîtra
nous devrons les chérir d’un amour jamais las
eux aussi, révoltés, vivant dans les savanes
répondront à l’appel secret des caravanes»

[…]

On peut aussi écouter gratuitement la chanson au http://www.musicme.com/#/Richard-Seguin/albums/Douze-Hommes-Rapailles-Chantent-Gaston-Miron-3661585892366.html

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